Activités de Élaine

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Virginia

Par Emmanuelle Favier
(3,0)
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« (…) mais allez savoir ce qui anime un esprit et un cœur victoriens soumis à l’épreuve argentique. » Emmanuelle Favier s’y est collée dans cette biographie romancée de Virginia Woolf, dont elle a scruté la jeune vie, de sa naissance en 1882 au sein d’une famille reconstituée jusqu’en 1904, où à vingt-deux ans, Virginia prend la décision de se consacrer à l’écriture. Empruntant un ton parfois badin parfois solennel, l’auteure, « du bout de sa lorgnette » d’au-delà du temps, nous entraîne au cœur des remous familiaux dans lesquels baigne Virginia, l’avant-dernière d’une fratrie de quatre enfants (Vanessa, Thoby et Adrian) nés des mêmes parents, ceux-ci ayant apporté avec eux dans le mariage d’autres rejetons nés de précédentes unions. Comme le veut l’époque victorienne, les apparences doivent être sauvegardées au prix de silences, de secrets et de règles strictes. L’été se passe au bord de la mer dans les Cornouailles, le reste de l’année dédié aux réceptions et aux visites dans la maison londonienne. Virginia s’ennuie mais, dans le même temps, son regard s’acère sur autrui. Son imagination débordante s’amuse à inventer des histoires qu’elle s’empresse de coucher sur le papier pour s’amuser, immense exutoire à une vie sans but. C’est ce long parcours parsemé de doutes, d’envies, de jalousie, de deuils et de passages à vide que nous livre avec émotion Emmanuelle Favier. « Nous en sommes au point d’imaginer, qui est la plus sûre façon de savoir. » Au diable, photographies et correspondances, il faut savoir lire entre les lignes. J’ai adoré cet ouvrage tout en finesse et en subtilité qui m’a permis d’entrevoir la jeune Virginia Stephen au seuil d’une autre existence, m’exhortant ainsi à lire ses romans, une lacune que je me dois de combler maintenant au plus vite.
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Par Emmanuelle Favier
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La Société du feu de l'enfer

Par Rawi Hage
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« Pauvres idiots que nous sommes, se disait-il; toutes les histoires qu’on se raconte. » Pavlov a repris le commerce des morts tenu par son père, à Beyrouth en pleine guerre civile. Sous les bombardements, il ramasse les cadavres afin de les rendre à leur famille et ainsi leur procurer de dignes funérailles. Sauf que Pavlov préfère le feu aux enterrements, contrairement aux chrétiens et aux musulmans, ses principaux clients. Seule exception, une confrérie de personnes vivant à l’encontre des règles sociétales libanaises (épicuriens, athées, sybarites, femmes ou hommes licencieux de tous genres), réunies dans la Société du feu de l’enfer, dont faisait partie également le père de Pavlov. Dans une maison éloignée de la ville, au bout d’une route montagneuse, Pavlov, et son père avant lui, brûle les corps de ceux qui en ont fait le souhait, en secret. Rawi Hage bouscule toutes les croyances religieuses dans ce roman aux allures de conte ancien. Dans un contexte de profonde injustice et de cruauté causées par une guerre civile aux origines religieuses, les personnages du roman peinent à vivre tout simplement, cernés par les morts et les bombes. Une histoire sombre illuminée par le feu de la crémation et les tirs des fusils, mais que je suis parvenue à apprécier pour sa prose et les questions qu’elle soulève.
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La Société du feu de l'enfer

Par Rawi Hage
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Ce que je ne veux pas savoir

Par Deborah Levy
(4,0)
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« Que fait-on du savoir qui nous empêche de vivre? Que fait-on de ce qu’on ne veut pas savoir? » Une enfance passée à Johannesburg sous un sévère régime de ségrégation raciale, l’emprisonnement de son père pour ses convictions anti-apartheid, un exil familial en Grande-Bretagne et le divorce de ses parents ont façonné la femme de lettres qu’elle est devenue. Deborah Levy se raconte, dans ce court ouvrage primé Femina Étranger 2020, en passant obligatoirement par cette partie de sa vie qui l’a enfermée dans un mutisme et un effacement auxquels l’écriture a mis fin. Le récit débute à son troisième séjour dans l’île de Majorque, alors qu’une rencontre fortuite avec un épicier chinois philosophe la convie à un retour sur son passé, l’amenant ainsi à se définir en tant qu’écrivaine. J’ai trouvé le propos souvent décousu mais toutefois fort intéressant. Serait-ce en lisant ses romans qu’on pourrait vraiment percevoir qui est Deborah Levy? Je vais continuer cependant ma découverte de cette auteure avec Le coût de la vie, me réservant ensuite la lecture de son oeuvre romanesque.
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Ce que je ne veux pas savoir

Par Deborah Levy
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Par Deborah Levy
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Autour de Dédé Fortin

Par jean Barbe
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« Pourquoi moi? Pourquoi j’écris ce livre? Parce que je suis encore vivant. (…) J’écris ce livre pour comprendre, à travers le personnage de Dédé Fortin. J’écris ce livre pour ne plus jamais mourir avant mon tour. » Jean Barbe connaît ce qu’est la souffrance de vivre, n’être bien nulle part, encore moins à l’intérieur de soi. André Fortin aussi. Dédé s’est donné la mort à coups de couteau chez lui après d’âpres combats intimes menés tout au long de sa vie d’adulte. Il a surpris, par ce geste ultime, ses proches amis. Rien ne pouvait plus le retenir. Jean Barbe trace le portrait d’un homme inquiet, angoissé, incapable de se poser; idéaliste, ayant soif d’absolu. Protégé par son statut de rock star, le monde qu’il découvrait lui apparaissait plutôt moche et cupide. Ses histoires d’amours désastreuses résultaient aussi de ce mal-être sociétal. Son dernier album avec son groupe Les Colocs, Dehors novembre, contenait une charge immense de tristesse et sa composition l’avait attiré dans des zones d’ombre dont il avait peine à revenir. « Il descendait au fon de lui-même et ramenait les perles noires de ses chansons. » Jean Barbe croise sa voix à celle de Dédé Fortin, dans un ensemble imparfait contenant toutes les blessures de l’âme. J’aime beaucoup la prose de Barbe et les chansons de Fortin, toutes deux réunies dans ce court ouvrage profondément émouvant, lu en quelques heures d’une grande intensité.
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Autour de Dédé Fortin

Par jean Barbe
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Des vies à découvert

Par Barbara Kingsolver
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« Elle pense que nous sommes à découvert à la banque, au niveau de notre espèce, mais que nous ne voulons pas l’entendre. » Des vies à découvert se veut un roman de l’intime qui embrasse l’universel et qui mieux que Barbara Kingsolver (et aussi bien sûr Joyce Carol Oates) pour tisser un tel récit simple et complexe à la fois. Willa Knox, la narratrice, habite une ancienne belle maison maintenant délabrée, héritée de sa tante, à Vineland, New Jersey, Etats-Unis. Entourée de son mari Iano Tavoularis, de sa fille Antigone (Tig), de son beau-père malade Nick et de leur chienne Dixie, le sauvetage pourtant essentiel du bâtiment chambranlant se révèle toutefois hasardeux, compliquant une situation économique familiale déjà instable. Et l’arrivée de son fils Zeke avec son bébé Aldus (Dusty), tous deux endeuillés, compliquent encore plus les choses, considérées toujours d’un point de vue financier. En parallèle, on suit les activités de Thatcher Greenwood, un instituteur installé dans la même maison avec sa famille, en 1875. Promoteur des découvertes de Charles Darwin, il se lie d’amitié avec sa voisine Mary Treat, une entomologiste professant les mêmes idées scientifiques. Mais leur communauté reste fermé aux nouvelles théories de l’évolution, influencée en cela par le fondateur de la ville, Charles K. Landis, leader vénéré des habitants qu’ils soient de condition modeste ou aisée. Barbara Kingsolver révèle tout son talent dans ce roman socio-politico-scientifique. Un début accrocheur, une narration fluide soutenue par une prose intelligente et subtile, un savant maillage avec le passé grâce auquel le présent prend tout son sens, cela donne une œuvre brillante qui fait écho à nos préoccupations actuelles. Une auteure que je chéris depuis longtemps et de qui il me reste heureusement d’autres lectures à découvrir.
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Des vies à découvert

Par Barbara Kingsolver
(4,0)

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