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Valérie Harvey
Intérêts littéraires : Langues, Jeunesse, Essais, Voyages, Bande dessinée, Science/Technologie

Activités de Valérie Harvey

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Mobuko no koi (TP) T.1: Mobuko no koi (TP)

Par akane Tamura et Frédéric Malet
(4,0)
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C'est une romance infiniment douce, entre deux jeunes adultes introvertis qui tombent amoureux sérieusement pour la première fois. Les deux premiers tomes explorent les multiples pensées et hésitations qui précèdent la déclaration, d'abord du point de vue de la très timide Nobuko Tanaka, puis à partir du regard d'Irie. Ils sont amoureux l'un de l'autre sans le savoir, et ils font des pas l'un vers l'autre pour se rapprocher. On n'est pas dans les doutes qui n'en finissent plus, au contraire: les personnages agissent malgré leurs craintes, au risque de se tromper. C'est peut-être la différence avec les romances adolescentes où on les personnages hésitent longtemps, ou sont forcés d'agir à cause d'un autre perso, ou d'une occasion qui dévoile tout. Ici, Tanaka et Irie vont de l'avant, très lentement, il est vrai, mais à chaque tome, ils se comprennent un peu plus. C'est donc une romance très réaliste, remplie de petits gestes courageux (car il n'est jamais facile d'agir et de dire en amour!) Les voir franchir ainsi les étapes une à la fois nous rappellent à quel point chaque pas est important, et si symbolique, au début d'une relation! Cette romance si juste me plaît beaucoup à cause de ce rythme qui prend le temps. L'entourage des deux amoureux est très bienveillant, ils leur permettent de réfléchir à leurs sentiments. La société japonaise aussi est bien mise en scène: la chaleur de l'été, les festivals, le supermarché, les relations de travail. Quelle douce série!
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365 days to the wedding T.1 : 365 days to the wedding, Vol. 1

Par Tamiki Wakaki
(4,0)
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Dans les entreprises japonaises, le "tanshin funin" est courant: le "transfert dans un poste loin de sa famille pour une période étendue". C'est même une forme de promotion, car cette expérience dans une ville lointaine, ou à l'étranger, permet d'assumer de nouvelles responsabilités. Lorsque l'employé revient, 2-3 ans plus tard, il peut recevoir une promotion. Si l'employé travaille dans une ville à proximité en shinkansen, il revient parfois la fin de semaine, ou une fois par mois. Quand il est à l'étranger, c'est une fois par année. Ce qui est très difficile, on le devine. Cette situation est racontée dans les romans écrits par des Japonais (je pense à Aki Shimazaki), dans les mangas de romance aussi, Sensuel dilemme et Cherry Magic, par exemple. Les entreprises qui mutent les employés ainsi font parfois plus attention: on tente de sélectionner des gens célibataires et sans enfant, pour leur éviter ce stress de quitter leur famille... C'est la prémisse de 365 days to the Wedding: l'agence de voyage où travaillent Rika et Takuya ouvre un bureau à Irkoutsk (Sibérie) et personne n'a le goût d'y aller... Pour éviter d'y être transférés, ils font croire qu'ils sortent ensemble et qu'ils vont se marier dans un an... Ce jeu de situations comiques qui s'additionnent fonctionne très bien grâce aux personnages, deux êtres introvertis qui sont bien dans leur solitude. Pour sauvegarder les apparences, ils devront faire des "sorties de couple" et apprendre à mieux se connaître. On devine bien où cela les mènera, et ils sont adorables dans leur gêne et leur ouverture graduelle l'un à l'autre. J'ai pensé à Mobuko no koi version adulte. Il y a même un peu de Loid et Yor (Spy x Family), dans cette "fausse-vraie" relation. Je souligne les superbes couvertures où le couple porte des tenues de mariage de cultures différentes à chaque tome, terminant avec le tome 11 où ils sont en kimonos japonais. Quelle belle idée! La série a été adaptée en séries live, et il y aura aussi un animé bientôt!
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Les âmes enflammées

Par Tsuru Ringo Star
(4,0)
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4.5 Ce livre m'a bouleversé à plusieurs reprises. On y suit des histoires d'injustices et d'inégalités et, à chaque fois, un personnage étrange entouré de flammes apparaît devant le personnage, Homura. Grâce à lui, "la personne en face de lui peut enfin se voir de manière objective. Sans lui, mes personnages se seraient beaucoup trop seuls." (explications de la mangaka, p. 430) Homura est l'intuition qui repose, la conscience que la situation n'est pas correcte et qu'il faudra bouger pour survivre, pour suivre son chemin. Plusieurs courtes histoires explorent différents contextes, avec des personnages de tous les âges: femme au foyer débordée avec un bébé; lycéen qui aimerait se maquiller; lycéenne qui se questionne sur l'amour et son identité; femme de carrière discriminée au travail (une de mes préférées); femme au travail qui se sent toujours inadéquate; écrivaine monoparentale qui a combiné sa passion et sa famille (ma préférée); nouvelles retraitées qui remettent en cause la conjugalité. La première nouvelle est un peu plus "didactique": on voit que la mangaka passe un message sur ses propres apprentissages. Mais ça devient de plus en plus fluide, avec des personnages bien définis, des interrogations précises. Certains mots/expressions utilisés par les lycéens sont plus typés "français de France", mais on comprend le sens dans le contexte, même si on est moins familier. Par exemple: "T'as intérêt à te faire beau comme un camion!" (p.58) que je ne connaissais pas du tout (et qui est positif, si j'ai bien compris). L'édition a un beau format, ni trop grand ni trop petit, avec une superbe couverture, mais les pages intérieures m'ont semblé minces et fragiles. Si le Japon actuel vous intéresse, avec ses défis quotidiens, son plafond de verre (comparé ici à une cage), et les efforts que doivent faire les femmes (tout particulièrement) pour aspirer à des vies qui leur conviennent mieux, c'est un manga à lire. Plus de 400 pages qui explorent bien plusieurs enjeux sociaux avec beaucoup d'émotions.
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Arion T.1 : Arion, Vol. 1

Par Yoshikazu Yasuhiko
(5,0)
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Arion est un chef-d'oeuvre. Si vous aimez la mythologie grecque avec ses dieux remplis de failles qui se soucient peu des soldats qui les servent, les histoires complexes où les combats et la politique s'entremêlent, c'est pour vous. J'ai été surprise par la qualité de la narration, avec des révélations qui arrivent juste aux bons moments, des inspirations puisées dans différents personnages de la mythologie, avec lesquels le mangaka joue habilement. Dans l'une des entrevues en bonus (très intéressante), Yoshikazu Yasuhiko raconte qu'il voulait montrer la violence de ces mythes, que le Japon a eu tendance à vider de leur côté sombre. C'est fort réussi: les batailles sont sans pitié, les morts se comptent par dizaines, et les retournements sont nombreux. Pensez à God of War en version dessinée, avec un héros adolescent qui fait de son mieux pour ne pas être manipulé dans cette histoire qui le dépasse. Les dessins sont magnifiques. Ce mangaka explique qu'il utilise la plume, n'étant pas à l'aise avec les crayons habituels des mangakas. C'est d'une puissance redoutable, qui colle magnifiquement bien à cette histoire mythologique. L'édition grand format de naBan permet d'apprécier vraiment ces oeuvres, avec de nombreuses pages couleurs, pages en bichromie et des illustrations. Un excellent travail de l'éditeur, qui me donne le goût de se procurer Venus Wars, du même mangaka, qui sortira bientôt.
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The world is dancing T.1 : The world is dancing, Vol. 1

Par Kazuto Mihara
(4,0)
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C'est un manga comme nul autre. Je n'arrive pas à le comparer, à le classer dans une catégorie. On y raconte l'histoire d'un jeune garçon qui deviendra le grand Zeami, fondateur du théâtre noh. Cet enfant, né dans un monde d'artistes, s'interroge sur le sens du corps, des gestes, de la forme, de la beauté. À travers différentes rencontres, il se connecte peu à peu avec son destin. C'est une histoire à la fois magnifique et très dure. On n'épargne pas la représentation de cette période difficile de l'histoire japonaise (Muromachi 1336-1573). La misère, la mort, le désespoir se présentent aussi aux yeux du jeune Oniyasha, qui ne comprend pas tout, mais qui ressent ces paradoxes entre l'extrême noirceur de la société, et la danse qui permet de sublimer la tristesse. Vous le comprenez, ces histoires tranche-de-vie sont à la fois poétiques et philosophiques, parfois même mystiques! À la fin du tome 1, un texte très intéressant, à saveur tout à fait scientifique comme les experts savent en écrire, nous en apprend plus sur des détails de l'histoire japonaise. Il y a d'ailleurs plusieurs termes et spécificités japonaises, qui sont bien expliquées à travers le manga. Voilà un manga rare en six tomes, qui ne plaira pas à tous les lecteurs, mais qui permet d'explorer la fondation d'un art traditionnel encore important au Japon. Merci à la Boite de Diffusion/Vega-Dupuis pour le tome 1, ce fut une découverte exceptionnelle. Nous sommes chanceux que cela ait été traduit en français (et de si belle façon, bravo à Satoko Fujimoto!)
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Le goût des fraises T.1 : Le goût des fraises, Vol. 1

Par Irono
(5,0)
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Je suis complètement tombée sous le charme de ce manga! Pourtant, je ne suis pas fan des romances avec de grandes différences d'âges entre deux personnages. Mais on traite ce "age-gap" de façon réaliste, avec une femme qui prend souvent les devants pour lui faire comprendre son intérêt (même s'il ne comprend pas vite!) Un point particulier: on est dans la tête et les réflexions des deux protagonistes. C'est très drôle! Car Sara s'imagine qu'il doit la voir comme une gamine et que ça explique pourquoi il ne réagit pas à ses "messages discrets"; et Minori se dit plutôt qu'il va passer pour un pervers s'il montre son attirance pour elle (elle est majeure, mais ils ont 13 ans d'écart). J'ai vraiment adoré l'humour de cette courte série (elle comptera quatre tomes)! C'est certain qu'en tant que lecteur, on sait absolument tout des pensées des personnages. On rit quand Minori se retient de réagir et garde sa "poker face" alors que le coeur veut lui sortir de la poitrine. Et c'est encore plus drôle quand Sara est surprise de sa non-réaction, et se dit que ça doit être "la maturité"! Le tome 1 offre une page de stickers. Je trouve un peu dommage qu'on ait abandonné le fond des fraises mignonnes de la couverture originale pour opter pour un design remplis de carrés. Mais ce premier tome est rempli de chapitres très courts qui enchaînent les explications de la culture de la fraise et comment ils apprennent à se connaître. C'est vraiment charmant, léger et adorable... en plus de donner le goût de manger des fraises, absolument!
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Called Game T.1

Par Kaneyoshi Izumi et Anaïs Koechlin
(4,0)
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Une partie "called game" est une expression tirée du baseball. Cela indique que le match est interrompu parce que les conditions météorologiques, l'état du terrain ou des circonstances particulières rendent la poursuite de la partie impossible, sans mettre en danger la sécurité des joueurs. L'arbitre déclare donc la "called game", sans pénalité pour le pointage des équipes ou des joueurs. La mangaka a probablement choisi son titre (elle emploie le terme anglais en japonais, transcrit コールドゲーム) pour représenter le fait que le jeu est dangereux. Et qu'il faudrait bien qu'un arbitre, ou une autorité reconnue, déclare la "called game" car rien n'est sécuritaire pour les joueurs... Ou plutôt les joueuses, dans ce cas-ci. Car on débute avec six reines, six possibilités pour un roi au leadership contesté, dans un pays divisé. On pourrait reprocher à la mangaka d'y aller rapidement: il est un peu difficile de suivre les enjeux politiques où on nous plonge dès le début... De la même manière, le début du chapitre 6 (tome 2), qui change le temps de narration (quelques années dans le futur) pendant quelques pages, est mélangeant et il arrive trop tôt dans l'histoire. Mais on comprend vite que le but de ce jeu dangereux est de faire tomber les rivales pour espérer accéder au trône. La détresse de ces femmes, prises dans un engrenage sans pitié; de ces personnages qui sacrifient leur humanité pour avancer et survivre; est bien explorée à travers les différents tomes. La mangaka raconte agilement le passé de chacun des personnages-clés, de ses drames et motivations. Connaître l'histoire de l'Angleterre, particulièrement la période Tudor avec les six reines d'Henri VIII peut aider à mieux saisir le sous-texte utilisé pour l'histoire de Called Game. À certains moments, j'avais l'impression de regarder le drame de la pièce de théâtre Les reines de Normand Chaurette qui m'avait tant marquée! Nous en sommes au tome 8 et personne n'a encore l'autorité de déclarer la "called game" pour arrêter le massacre. Mais l'idée d'Alna de changer son identité pour devenir chevaleresse l'a probablement déjà sauvée une fois, et cela fait d'elle un personnage à l'évolution fascinante. J'aime vraiment cette série!
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Ramen Akaneko T.1 : Ramen Akaneko, Vol. 1

Par Angyaman
(4,0)
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Oh que j'ai ri avec ce manga! Si vous êtes amoureux de chats et de ramens, c'est LE manga à lire. Il y a une telle originalité dans ce mélange des genres! Bien sûr, on a le côté mignon des chats (comment faire autrement?), même si ce n'est pas aussi prononcé que dans d'autres mangas qui misent complètement sur cet aspect (Nekodamari par exemple, maître sur ce point). Ici on raconte aussi une histoire dans un récit de type tranche-de-vie, qui permet au lecteur de connaître graduellement les personnages, comme Tamako, la protagoniste humaine qui se met à travailler dans ce restaurant particulier. J'ai beaucoup aimé le côté "exclusion sociale". Car si la popularité du restaurant repose sur les humains qui apprécient les chats, certains "trolls" veulent accumuler les clics en dénonçant de faux problèmes et en déclenchant des scènes. Les chats, n'ayant aucun droit dans notre monde de lois humaines, ont bien peu de leviers pour s'en sortir... Ce qui donne toutes sortes de solutions-surprises! Avec ces chats qui parlent et qui s'occupent d'un restaurant, ces humains qui les visitent comme si cela était presque normal, j'ai pensé au manga Léo (de Moto Hagio) qui utilisait également ce procédé "d'humanisation" animale de belle façon. Dans Ramen Akaneko, on dénonce toutefois davantage les injustices de notre monde, les exclusions de toutes sortes à l'endroit des chats, mais aussi de certains humains du récit. C'est fait tout en douceur, à travers les aventures, toujours avec cette touche d'humour qui m'a beaucoup plu. Le trait d'Angyaman est parfois un peu maladroit, on sent que c'est son premier manga. Mais son ton, le propos, l'originalité rendent son manga génial. Et j'ai terminé avec l'envie féroce de commander un immense "Akaneko Spécial" avec ces nouilles "faites à la patte"! Bon appétit!
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Tsugai - daemons of the shadow realm - tome 3

Par hiromu Arakawa
(4,0)
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C'est un tome qui nous permet d'en savoir un peu plus sur les motivations et le passé des personnages principaux. Le monde se met en place, avec les possibilités des tsugai, la diversité des forces. Les combats ne sont pas tellement présents dans ce tome, mais les menaces nombreuses. En fait, on comprend de mieux en mieux qu'il est difficile de bien cerner qui sont les alliés et les ennemis... C'est l'un des traits de cette mangaka: les personnages font partie d'immenses enjeux, sans contrôler grand chose. Elle sait placer ses pions et le lecteur est toujours surpris de voir tout se mettre en place en finale. Je suis contente de la voir déployer son art, et nous dévoiler graduellement les secrets de son histoire, c'est fascinant! Et les quelques pages finales apportent encore plus de questions...
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Le palais des assassins T.1 : Le palais des assassins, Vol. 1

Par Tabasa Iori
(4,0)
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On a beaucoup dit que Le Palais des assassins se comparait à Les carnets de l'apothicaire. Si le thème (la Cour intérieure où résident les concubines de l'Empereur) et les costumes chinois sont similaires, la trame narrative est complètement différente. Mao Mao (dans Les Carnets) n'a pas de but précis, sauf en apprendre davantage sur les poisons et les médicaments, en se faisant remarquer le moins possible. C'est une série de type thriller détective, avec des enquêtes résolues par les déductions intelligentes d'une héroïne loin de la naïveté. Alors que Karin (le Palais des assassins) est assoiffée d'amitié, elle cherche par tous les moyens à gagner la confiance de ses collègues... Cela ne fonctionne pas, car elle est la fille d'un homme redoutable de la cour. Et qu'elle a un visage qui fait peur, en plus d'avoir des capacités de combat digne de la réputation assassine de sa famille. On est donc dans un tranche-de-vie aventure et comédie. Karin, et toutes ses tentatives infructueuses, est très drôle, et cet humour sert à désamorcer les tentatives redoutables autour d'elle pour gagner du pouvoir à la cour. Elle est un peu naïve, comprend mal les non-dits par ses collègues, mais ses mésaventures apportent une touche unique à ce manga. J'ai adoré la voir en action également, se transformant en efficace combattante quand c'est nécessaire. Quant à moi, j'ai hâte de rencontrer son père, qui fait peur à tout le monde! C'est un excellent début!
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Leo

Par Moto Hagio
(5,0)
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Manga de chat et Moto Hagio? C'est une combinaison qui ne me venait pas facilement en tête. J'ai lu Le Clan des Poe (vampires), j'explore en ce moment Barbara (SF), et il est clair que Moto Hagio a de multiples talents. Et son récit du petit Léo, inspiré par son propre chat (dont on peut voir la photo et qui ressemble beaucoup au dessin!), est très réussi! Je lis beaucoup de mangas de chat, et celui-ci est unique! Léo est un chat bien spécial, qui parle et qui intègre parfois directement le monde humain. Les gens voient bien que c'est un chat, mais on tente de le traiter comme les autres, ce qui occasionne certains enjeux... Que ce soit lors de sa première journée à l'école, de son travail comme assistant-mangaka, ou des rencontres arrangées pour trouver une fiancée (humaine)! Ce qui crée des situations comiques, mais qui envoient aussi des messages intéressants (je pense aux rencontres arrangées, ou aux exigences de l'école). Quelques aventures sont davantage axées sur la vie d'un chat, par exemple l'histoire de la pluie. Ce mélange entre vie de chat et les chocs avec les habitudes humaines est très amusant. Léo a des attentes disproportionnées (comme lorsqu'il veut devenir une vedette au cinéma), mais c'est ce qui le rend très attachant. On est moins dans le manga de chat adorable que dans la comédie, et c'est rafraichissant! C'est un manga qui pourra plaire autant aux enfants qu'aux plus grands, je le conseille à tout le monde! J'aurais bien pris plus d'histoires du petit Léo!
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Comme une famille T.1 : Comme une famille, Vol. 1

Par Kai Asou
(5,0)
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La prémisse est presque identique à Entre les lignes, une de mes séries manga préférées. Une femme écrivaine voit surgir dans sa vie deux enfants (14 et 5 ans), neveux de son amoureux, qui viennent de perdre leurs parents dans un accident. Et de la même manière que la Makio d'Entre les lignes peut dire sans mal ses quatre vérités aux gens qu'elle côtoie, l'écrivaine Kinaho ne gêne pas non plus! Elles partagent également le fait de ne pas vivre la "vie normale" d'une femme: elles ne sont pas mariées, n'ont pas eu d'enfant, ne gardent pas l'appartement en ordre parfait... Ça me fait un peu rire que les écrivaines soient si inspirantes quand on questionne les normes sociales. Ce n'est pas un hasard, étant donné que les mangakas sont aussi des artistes qui travaillent de la maison et qu'elles ont probablement un type de vie qui ressemble à ce qu'elles dessinent. Personnellement, ma vie d'autrice y ressemble un peu, je dois l'avouer! Quand à mon franc-parler, il faudra demander à mes proches! ;) La série "Comme une famille" a tout de même ses caractéristiques propres, étant donné l'âge du plus petit (5 ans), et le fait que l'amoureux vient vivre avec eux. On est plus proche des multiples enjeux du quotidien (changement d'école, uniformes, exigences pour les bentos, jeux au parc et clique qui se forme...) On est moins dans le deuil des enfants (même si on l'aborde aussi), et davantage dans leur adaptation à leur nouvelle vie imprévue, avec l'amoureux qui en apprend aussi sur la gestion d'une routine! C'est un récit très réaliste. J'ai lu les deux premiers tomes, et déjà, on a abordé plusieurs enjeux sociaux: les mères monoparentales, le conjoint qui ne s'était jamais vraiment impliqué à la maison, la maltraitance, les cliques parentales, la conciliation travail-famille, la pression de performer, les attentes des écoles... Et même le couple homoparental est présent! Tout cela est fait avec beaucoup de naturel, ce qui rend ces quatre personnages très touchants! Et je compatis avec l'écrivaine: moi aussi, j'ai besoin d'un appartement vide pour écrire de façon vraiment efficace... Je comprends ses défis! ;) Définitivement, une excellente série sur la famille et la société du Japon actuel!
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Une sacrée mamie T.1 : Édition double

Par Yôshichi Shimada et Saburo Ishikawa
(5,0)
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Il n'est pas facile de parler de la guerre, et bien souvent, c'est le drame qui prendra toute la place. Quelques rares artistes abordent les choses différemment, certains réussissant même à utiliser l'humour, comme dans le film La vie est belle. Ainsi, une oeuvre qui réussit à insérer le rire dans l'horreur met encore plus de l'avant l'absurdité des conflits. Une sacrée mamie raconte l'histoire vraie de ce petit garçon qui a grandi dans un Japon qui sort de la 2e guerre mondiale. Sa famille est tellement pauvre que sa mère doit l'envoyer vivre avec la grand-mère à la campagne. Mais la mamie est un peu particulière, elle garde le moral malgré la misère. Pendant qu'ils ramassent les légumes jetés à la rivière, après le marché public, son petit-fils lui demande: "Mamie, est-ce que nous sommes pauvres?" Sa réponse donne le ton de toute cette série: "Quoi?! Tu ne le savais pas? Écoute-moi bien, Akihiro. Il y a deux sortes de pauvreté: la sombre et la gaie. Et nous, nous sommes pauvres gaiement! Nous sommes des pros de la pauvreté! Nous sommes pauvres depuis des générations, alors aie confiance en toi!" Malgré les injustices, les difficultés, les épreuves qu'ils affronteront au cours de ces années avec sa grand-mère, le jeune Akihiro ne se décourage pas, grâce au regard de sa mamie qui lui montre la solidarité, la débrouillardise, l'empathie. Une sacrée mamie, c'est donc un récit sur la guerre, mais qui se concentre sur l'humanité à travers le drame. On y montre le plus beau de ce que nous pouvons être, avec la sagesse de cette mamie qui a vécu son lot d'épreuves, mais qui a compris le plus important. Ironiquement, on en sort avec le sourire, nous aussi. Et l'envie de faire du bien autour de nous. Voici l'un des plus beaux tranche-de-vie que l'on peut lire.
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Clown doctor

Par Shi Feng et Cory Ke
(4,0)
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Oh wow! Quel exceptionnel manhua (ou T-manga, comme on appelle parfois les bandes dessinées venues de Taïwan). J'ai été vraiment touchée par l'histoire de cette adolescente qui fait la paix avec son passé, à travers sa formation, ses apprentissages et son travail de Docteur Clown en pédiatrie. L'histoire se concentre en un seul tome, alors on sent qu'on a dû faire des choix difficiles pour adapter le roman original. Mais on réussit à bien suivre l'évolution des personnages. J'ai été très émue à plusieurs moments, c'est un ouvrage qui parle d'enfants malades, alors on a le coeur serré parfois! Toutefois, au-delà de la tristesse, c'est davantage le plus beau de l'être humain qui est mis de l'avant, la faculté qu'on peut avoir de connecter et de soulager l'autre. Je ne connaissais pas l'existence des Dr Clown. La Fédération française des associations de clowns hospitaliers fait une excellente préface pour nous expliquer ce travail. Au Québec, j'ai vérifié et il y a également la Fondation Dr Clown. Comme le titre de l'ouvrage est en anglais, je me disais que c'était peut-être ainsi qu'on les appelait en France, mais je remarque que les associations françaises utilisent "clown hospitalier" ou "docteur clown". Le choix du titre est dû à un effet de mode, peut-être? Grâce aux explications de Cory et Feng Shi, on comprend qu'ils ont dû prendre quelques libertés sur la réalité de leur travail pour créer cette fiction, mais que la recherche a été exhaustive. Les dessins de Cory sont très habiles, souvent magnifiques (seul le père est un peu moins réussi): la joie, la tristesse, le plaisir de jouer se transmettent au lecteur. Mentionnons que ce livre a gagné l'un des trois Prix Argent de l'International Manga Award remis par le gouvernement japonais en 2021 (15e édition). On a rarement la chance de lire les ouvrages des récipiendaires de ce prix international dont les jurés sont des mangakas réputés. Merci Nazca de l'avoir publié en français!
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What did you eat yesterday? T.1 : What did you eat yesterday?, Vo

Par Fumi Yoshinaga
(4,0)
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Ça fait deux jours que je suis plongée dans ce tome double de "What did you eat yesterday?", la version francophone de Kinô nani tabeta? (littéralement "T'as mangé quoi, hier?"). Vous le comprenez, le titre m'irrite parce qu'il est en anglais, mais aussi parce que c'est beaucoup plus familier en japonais que celui choisi qui ressemble à "Qu'est-ce que tu as mangé hier?". Oui, c'est dommage pour le titre, mais après deux jours à lire, j'ai cuisiné un excellent repas japonais ce soir... à cause de ce manga! Alors mes papilles (et celles de toute la famille) vous encouragent vivement à vous procurer ce manga si vous êtes des gourmands. Je le comparerais à l'effet qu'a eu "Les Gouttes de Dieu... Mariage" qui m'a enseigné comment faire une excellente ratatouille. Ou à la découverte de la fabrication du saké et des légumes bios dans Natsuko no saké. Ce n'est pas une série qui plaira à tout le monde. Il faut apprécier la cuisine japonaise. Si on ne connaît pas déjà les ingrédients souvent utilisés, il y a un lexique à la fin du tome qui sera très utile. Je me souviens la première fois qu'on m'a offert un livre de recettes japonaises, je ne comprenais rien aux ingrédients... Je l'avais apporté au Japon, et je suis allée à l'épicerie pour demander certains items aux employés. Ce furent mes premiers apprentissages! Avec ce lexique, ç'aurait été beaucoup plus facile! Chaque chapitre se termine avec des recettes. De délicieux plats où on montre bien comment on les prépare, comment mélanger les saveurs, équilibrer les goûts. Si la question-titre est posée de façon si familière en japonais (T'as mangé quoi, hier?), c'est parce que l'histoire qu'on y raconte est celle du quotidien. De deux hommes qui travaillent dans des milieux différents, qui sont en couple et vivent ensemble, et qui partagent leurs soucis à propos du travail, de la famille, du fait d'être gay au Japon, de leur âge qui avance (ils ont dans la quarantaine). C'est très réaliste et actuel. Ces brefs moments de discussions interrompues, de passé partagé, de calme autour des repas, c'est tellement juste! Je comprends pourquoi la série est toujours en cours au Japon (avec 22 tomes publiés): on peut poursuivre longtemps cette vie commune comme le fait La cantine de minuit...