Activités de Shaynning

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Le plus fabuleux cadeau du monde

Par Mark Sperring et Lucy Fleming
(5,0)
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Pour moi qui admire déjà le style graphique de Lucy Fleming, voilà que son album conjoint avec Mark Sperring "The Most Wonderful Gift in the World" sort en français! Joie! "Le plus fabuleux cadeau du monde", sorti en 2020, porte bien son nom d'ailleurs. Olivia vit avec Gros Ours dans une maison dans la forêt et c'est l'heure de déballer leurs présents de Noël. Parmi les cadeaux qui leur furent livrés se trouve pourtant un paquet qui ne leur est pas destiné, preuve en est de l'étiquette au nom de "Petit Lapin". Olivia et Gros Ours décident donc de livrer le précieux présent à son légitime destinataire, mais la route est semée d'embuches: Des chemins périlleux, une tempête infernale et des prairies à la neige si haute qu'Olivia doit monter sur les épaule de son ami. Olivia est l’optimiste du duo. À chaque étapes ( d'ailleurs marquées par des pancartes au nom des embuches) elle rassure son compagnon. Au final ils arrivent chez Petit Lapin, qui les invite à entrer. Dans son logis, on devine qu'il s'y est installé récemment car des boîtes ne sont pas encore déballés. Le Petit Lapin ouvre la boîte et...rien. Elle semble vide. Mais sur un papier, le Père Noël a laissé une note du genre "Voici ce que tu as demandé!". En effet, nouvellement emménagé, Petit lapin a demandé ceci: " Un ami ( ou même deux) qui serait assez sincère et honnête, qui affronterait les chemins périlleux, braverait les tempêtes infernales et traverserait les prairies enneigées...juste pour venir me voir!" Les trois amis passent donc une belle veillée dans la maison de Petit Lapin. On voit souvent des messages dans les albums jeunesse de Noël qui renvoient à l'importance de la famille, mais la qualité des liens sociaux et l'importance de l’accueil sont plus rares. Dans le contexte des pays d’accueil comme le Québec et le Canada, c'est d'autant plus valable d'illustrer cette importance d'inclusion sociale dans le contexte de Noël. Mais plus simplement, ce peut aussi être les nouveaux venus qui ont déménagé, bien sur. Il me semble que ce serait un beau livre à mettre dans les écoles, pour parler justement de l’accueil, mais aussi de la qualité des liens amicaux. Après tout, l'amitié, ce n'est pas recevoir unilatéralement, mais bien de partager. Cet aspect aussi prévaut dans cette histoire. Aussi, c'est une belle histoire d'optimisme et d'entraide, car le chemin n'est pas simple pour Olivia et son ami Gros ours. Enfin, Noël, nous rappelle-t-on, est une fête de groupe, de chaleur humaine, qui transcende les biens matériaux. La joie d'être ensemble, en bonne compagnie, compte bien plus que des cadeaux. Surtout que les liens d'amitié et de filiation sont bien plus durables que des biens matériaux. Offrir son amitié et son temps est en soit un cadeau précieux, à consommer allègrement! Ça y est, me voilà gagné par la magie des fêtes! Je termine en soulignant la beauté graphique de cet album, avec une jolie nature, de beaux personnages aussi chaleureux que touchants et les nombreux petits détails qui caractérise le travail de Lucy Fleming. Visuellement, c'est très beau. À partager largement. Joyeux Noël à tous! Pour un lectorat préscolaire ( 4-5 ans) et plus.
Shaynning a coté ce livre

Le plus fabuleux cadeau du monde

Par Mark Sperring et Lucy Fleming
(5,0)

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Le plus fabuleux cadeau du monde

Par Mark Sperring et Lucy Fleming
(5,0)

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D'or et d'oreillers

Par Flore Vesco
(4,0)
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Incontournable d'une librairie, Mois d'Avril 2021 "D'or et d'oreillers" présente l'intérêt qu'on prête également à sa sœur "L'étrange malaventure de Mirella", à savoir que c'est une réécriture de conte et pas que d'un. Chassé-croisé entre la Princesse au petit poids et la version de Charles Perrault ( ou celle des frères Grimm, c,est selon) de Cendrilllon, nous retrouvons donc d'un côté des archétypes très connus et de l'autre une réinterprétation très intéressante. L'histoire commence par une scène, celle d'un mère qui confie une histoire à sa fille. Celle-ci pense naïvement qu'il s'agit de l'un de ces contes de princesses abrutissant qui ont court chez la petite jeunesse, mais la femme la détrompe. Cette histoire se campe dans de plus sombres thématiques et met en lumière des sujets tabous qu'on tente à tout prix de cacher aux "jeunes filles comme il faut". Mme Watkins, donc, a trois jeunes femmes, toutes plus blondes, fragiles et stupides les unes des autres, élevées pour satisfaire les goûts d'hommes riches de la noblesse et cantonnées à une vie aussi oisive qu'hermétique. Dans ce décor se profile pourtant une scandaleuse rumeur: un jeune lord outrancièrement riche veut prendre épouse, mais la nouvelle ne s'arrête pas là. Cet héritier fort casanier a, en effet, la lubie, semble-t-il de faire passer aux potentielles épouses une nuit en son château. Évidemment, le sujet fait scandale: qui courrait le risque que leurs fragiles oies blanches si chastes de perdre leur réputation ou pire, leur vertue! Mais la perceptive de voir l'une de ses filles mariée à ce lord, qui habite en outre un château très luxueux, conduit Mme Watkins a élaborer un plan pour se retrouver "inopinément" aux portes dudit château. Flanquées de leur servante, la jeune Sadima, les femmes Watkins rencontrent le Lord, qui leur explique que la "nuit passée au château" est en réalité un test, une façon de trouver la perle rare parmi les nombreuses personnes possibles. Et comme les trois sœurs acceptent de s'y prêter, voilà que le Lord propose le test également à leur servante. Laquelle y consent, avec sous ses airs ordinaires,d'intéressants talents. Autant aborder d’emblée ce qui me turlupine dans cette lecture: les stéréotypes. On reste dans un registre convenu avec une sorte de Cendrillon moderne, qui a bien sur des talents particuliers et qui a évidemment une grande beauté. On dirait que c'est encore impossible en jeunesse de sortir autre chose que ce vieux cliché de la belle héroïne persécutée, d'origines modestes qui a pourtant toutes les qualités ( Blablabla), en cela, ça me laisse perplexe. Et même du côté du personnage mâle, on a encore un mystérieux ténébreux un brin loufoque, mais Ô combien séduisant ( et glorieusement richissime en plus!). C'est le genre de conventions tout droit sorties des romans à l'eau de roses de type Harlequins ( que je dédeste prodigieusement vu la bêtise des personnages féminins). Donc, de ce côté là, franchement , on ne sort pas des conventions, même si Sadima porte un pantalon, sait chasser ( Bonjour la reviste de Katniss Everdeen) et bien sur, a des dons. C'est un élément que j'aimerais voir ENFIN bouger dans les réécritures de conte: de nouveaux archétypes, de réels changements dans les personnages, pas juste quelques "trucs cool" qu'on ajoute histoire de moderniser légèrement les héros. Ensuite, et là je lui concède volontiers, le roman fait fort avec son récit. Côté péripéties et scénario, c'est envoutant, frissonnant et très sensuel. Cette dernière qualité est asse rare en jeunesse, mais rien n'est plus délicieux que les non-dits portés par de jolies phrases. Et niveau jolies phrases, Vesco sait faire! Tournures élégantes, jeux de mots, figures de styles, on a aussi des palindromes ( des mots qui se lisent dans les deux sens et constituent une forme d'anagramme) et des rimes pour les sorts. On sent le plaisir de l'autrice à jouer avec les mots et en cela, c'est un régal. Les amateurs de belles plumes devrait aimer, ne serait-ce que pour cet aspect. Il y a aussi de nombreux clin d’œil, justement à l'univers des contes ( Peau d'âne, Cendrillon, le petit chaperon rouge, etc) et quelques fois à des œuvres jeunesse plus récente, par exemple "Narnia". L'histoire n'est pas non plus sans rappeler le mythe oriental de Turandot, cette princesse mongole de légende qui contraignit ses indésirés prétendants au mariage à trois énigmes pour gagner sa mains, tout comme le Lord Handerson ( Clin d'oeil à Andersen, célèbre auteur de contes) fit passer trois épreuves pour trouver son épouse. Il y a aussi un ton moqueur que j'ai bien aimé et qui concernait toute la bêtise entourant les Nobles femmes. Tenues dans une ignorance crasse de leur propre sexualité comme de toutes forme de tout savoir intellectuel, elles sont dépeintes comme de jolis vases fragiles, désespérément souffreteuses, blanches et condamnées à la servitude patriarcale du mariage de cette époque et dont la seule valeur réellement importante est leur réputation ( à comprendre, leur virginité). Toute l'ironie entourant les contrats de mariage et le fait qu'on juge un homme d'abord à son argent bien plus qu'à ses qualités ou son physique a de quoi faire sourciller. Et pourtant, historiquement, on en voit la réalité. Jane Austen était justement de ses autrices qui ont eu plaisir à dénoncer toute la culture de bienséance hypocrite des aristocrates, bourgeois et nobliaux de son époque et la façon dont les femmes elle-même contribuaient à leur propre asservissement. La façon de Vesco de traiter le sujet m'y a fait penser. Sinon, ce roman est une sorte de mélange entre magie et romance, cultivant le mystère de son lieu principal avec finesse, même si, malheureusement pour moi, le "mystère" du château était déjà-lu. Reste que malgré des héros convenus, certains thèmes sont assez nouveaux en jeunesse, telle que la masturbation féminine , dont le mot n'est jamais nommé, le plaisir sexuel lié aux sens et aux fantasmesé Je trouve rafraichissant ce personnage masculin qui a assez de jugeote pour concevoir qu'une épouse , ce n'est pas juste de prendre la plus belle et la plus ingénue du lot! Il m'a plu pour son approche davantage "cartésienne" que romantique de la chose, plus logique. Pour lui, trouver l'âme sœur ne relevait pas de ce fantasme de conte systématiquement lié au hasard le plus complet, mais sur une recherche méthodique, où apprendre à se connaitre, avoir des choses en commun et développer des affinités prévalent sur le simple physique ou la classe sociale. Même l'aspect "corporel" est inclut, en ce sens où apprendre à connaitre le corps de l'autre est aussi une façon d'apprendre à se connaitre. Bravo, monsieur le Lord, enfin quelqu'un de censé! Oui, bon, en même temps, on apprend plus loin qu'il a un plan derrière la tête, mais son approche reste excellente ( quoique révoltante pour l'époque). En somme, une belle œuvre qui mérite de l'attention, mais qui aurait gagné à bousculer davantage de conventions sur ses personnages. Pour un lectorat du second cycle secondaire, 15 ans+.
Shaynning a coté ce livre

D'or et d'oreillers

Par Flore Vesco
(4,0)

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D'or et d'oreillers

Par Flore Vesco
(4,0)

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Seul contre elle

Par Jessica Di Salvio
(4,0)
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Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas la collection dont fait parti ce livre, il s'agit de la collection "Tabou" aux éditions De Mortagne, une série québecoise de livres en un seul tome, menée par plusieurs auteurs et autrices. Elle est destinée aux adolescent(e)s et jeunes adultes, sur des sujets qui les touchent directement, mais qui peuvent être très sensibles, tels que les maladies mentales, les divers formes de violences et abus, les enjeux familiaux, amicaux et amoureux, ainsi que les orientations et identités sexuelles ( LGBTQIA+). Dans ce tome-ci, soit le #59 de la série, nous abordons à travers l'histoire fictive de Noam l'agression sexuelle vécue par un garçon, plus spécifiquement par un agresseur de sexe féminin. Un sujet qui fait écho au mouvement MeToo, qui dénonce les abus sexuels. Pour la version courte de ma critique: je dirais que c'est un roman complet, pertinent, à large spectre sur son sujet, qui soulève des réalités et mentalités bien réelles, soutenu par une rigueur psychologique crédible, des personnages attachants et au final, porteur d'espoir. Le tout reste sobre, même s'il y a beaucoup d'éléments et plusieurs histoires qui se croisent, ce qui ajoute au drame. Il y a présence de contenu sensible, cru et parfois perturbant, mais en même temps, c'est un peu l'objectif, histoire d'éveiller les consciences et informer. Un bon roman pour s'initier à cette réalité sociale encore très mal comprise, parce que ternie par des stéréotypes tenaces, des mentalités étriquées et une mauvaise conception des rapports de genre, surtout quand il s'agit des formes de violences. Version exhaustive: Noam Williams a 17 ans, il est en dernière année de l'école secondaire et est un enfant d'un couple divorcé qui se sent délaissé par son père, qui a fondé une nouvelle famille. Noam a un tempérament calme, est du genre introverti, n'a qu'un seul ami qui se sert de lui qu'en cas de dernier recours, aime les jeux vidéos PC et ne sait pas trop, comme bien des jeunes, ce qu'il va faire comme métier plus tard. Bref, un ado qui n'est pas au sommet de sa forme côté estime personnelle. De plus, il sent la pression de la part de Maxime sur le plan sexuel: ". les gars de son âge ont intérêt à avoir passé à l'acte", dirait-on. Son "ami" Maxime est à peu près tout son contraire et réussi à convaincre Noam de venir - pour une fois - à l'un des partys de Sébastien Vaillard, un jeune homme populaire de leur école - et accessoirement l'archétype du parfait couillon. Sur place, Noam se laisse convaincre de jouer au beer bong, ce qui lui fait boire un peu plus que de raison et comble de chance, il arrive même à passer du temps avec Judith Hamel, LA plus belle fille de l'école. Ce que Noam ignore, c'est que la belle Judith a des plans le concernant et ce qu'elle veut n'a rien à voir avec ce qu'il désire, lui. Pour Noam, la première relation sexuelle a quelque chose de sacré et de profondément intime. Pour Judith, "c'est juste du cul". Le jeune homme se retrouve alors dans une situation inconfortable qui va tourner au drame: Judith l'agresse - je vous épargne les détails. Arrivé chez lui, son état de détresse convainc sa mère de l’emmener au poste de Police pour porter plainte. On a tôt fait de l'envoyer aux urgences pour récolter des preuves, également. Pour Noam, c'est le début d'un long et difficile processus de guérison, qui se fera à travers le mépris collectif qu'en au fait que "ça ne se viol pas un homme" parce que "ça peut se défendre", une mentalité qu'avait d'ailleurs son propre père, au début de cette histoire. Il sera victime d'insultes, de moqueries, on lui fera même douter de son orientation sexuelle et son bref retours à l'école sera bien amer: Judith a su gagner un capital de sympathie grâce à son statut et aux gars qu'elle a comme sbires de service. Elle ne comprend pas du tout la porté de son geste. Néanmoins, elle saura s'enfoncer elle-même en raison de son piètre jugement et de sa mentalité , lors d'une entrevue avec une sexologue, au bulletin de nouvelles. Entretemps, Noam reçoit l’appui de Camille, une élève avec qui il a fait sa scolarité, elle-même victime d'agression sexuelle, et c'est elle qui le mènera au groupe de soutient Anti-Dégénerescence. Ce groupe de soutient est composé de femmes , mais aussi d'hommes victimes d'abus sexuels. Il rencontrera notamment Gaël, qui a été la victime d'un de ses ex-conjoint, dont l'agression n'a jamais été punie, faute de plainte et faute de preuves. Gaël et Camille constitueront les garde-fous de Noam. Sa famille devra s'unir également pour lui venir en aide, spécialement quand un secret de famille vient tout chambouler et qui a aussi un lien avec les agressions faites sur les hommes. Ultimement, Noam espère que le procès contre Judith l'aidera à faire entendre sa cause, qui est devenue, d'une certaine manière, celle de plusieurs hommes laissés dans l'ombre. Ouf! Je ne vais pas vous cacher que c'était aussi intéressant qu'éprouvant cette lecture. Déjà, c'est toujours difficile quand il s'agit d'agressions et de justice défaillante, mais ici s'ajoute le spectre encore trop présent des stéréotypes de genre, qui ont la vie dure. On oublie encore trop souvent que les enjeux sociaux à majorité féminine n'empêchent nullement la présence des garçons. On comprend encore très mal que le viol n'est pas juste une histoire de rapport de force physique et de pénétration. On oublie et on mésestime l'importance des sévices que peuvent subir les hommes, encouragés au silence par une société patriarcale de part trop campée sur ses vieux modèles de genre. "Un gars, c'est "tought", et quand ça bande, ben ça veut dire qu'il a du fun!". Ish. On a encore du progrès à faire en tant que société. C'est donc un sacré plaisir de voir ce sujet arriver sur les tablettes jeunesse, parole de libraire! On oublie - oui, on OUBLIE, je me répète - que c'est par la jeunesse, nos plus ouverts d'esprit et potentiellement éducables citoyens, que passent les changements sociaux les plus marqués. C'est donc toujours important de permettre la circulation des enjeux sociaux dans la littérature jeunesse, même les plus "corsés". Surtout les plus corsés qui les concernent directement, j'ose dire. Je ne vais pas vous le cacher, ce roman est dur, particulièrement au début, parce que Noam est un personnage en double souffrance: celle d'être la victime et celle de ne pas être prit au sérieux - sauf par sa mère et par les divers intervenants. Mais au final, c'est tout-de-même un scénario "positif", dans plusieurs angles. La mobilisation autours de lui, pour commencer, de sa famille, de deux membres de soutient, de son avocate, de la direction de l'école et plus tard, d'une portion de citoyens. En outre, j'aime la présence de la sexologue, même brève, qui a des choses très intéressantes à formuler et qui mettent à mal des stéréotypes tenaces - et dommageables. Ensuite, Noam amorce lentement sa guérison, on voit les diverses phases, d'ailleurs. Et sans trop divulgâcher, disons que Noam s'en sort très bien, pas de la manière escompté, qui se révèle plutôt en accord avec la réalité, malheureusement, mais tout-de-même, on a un final rempli d'espoir et de projets. J'ai été touché par les efforts de sa famille, du progrès réalisé par son père très "macho", du courage et de la volonté des deux personnages également victimes, Gaël et Camille. De très beaux personnages de soutient et - dans la vraie vie - ce qu'on appel des facteurs de résilience, des éléments qui favorisent la guérison et renforcent l'espoir. J'ai beaucoup apprécié la proximité et le réalisme psychologique du personnage de Noam, mais aussi celle de ses parents, notamment sa mère. C'est important, je pense, dans ce genre de roman, de tabler sur le ressenti, sans tomber non plus dans le psychodrame - comme le font trop souvent les auteurs des états-unis- car plus que l'on pense, l'agression physique ne fait pas moins de dégâts que l'état psychologique et mental - dans le cas de Noam, bien sur. On ressens bien son choc, sa détresse et son désarrois qui se traduisent aussi bien en comportements, qu'en pensées et en réactions physiologiques. J'imagine bien l'autrice avoir fait des recherches, c'est très précis. On navigue donc aussi sur le spectre de la dépression ou de l'ESPT ( État de choc post-traumatique). On voit que subir une agression provoque des dégâts psychiques longs à guérir et qui nécessite la batterie de spécialistes requise: psychologues, travailleurs sociaux, groupes de soutient, médecins et autres intervenants. Hélas, et le roman l’illustre, le Québec souffre d'un manque de financement gouvernemental chronique quand il s'agit de santé mentale, ce qui laisse donc bon nombre de gens dans leur état de détresse - peu importe la cause. J'apprécie que cet élément ait été relevé, car il est vrai et c'est honteux. Enfin, j'apprécie la dimension des réseaux sociaux, vecteurs de diffamation autant que de support social, qui ont aussi leur importance dans l'histoire. Côté écriture, sans dire que c'est poétique, c'est efficace et précis. Je l'ai littéralement dévoré. Comme ce roman est destiné aux vieux ados et jeunes adultes, on notera la présence de jurons ( des "sacres" surtout), des termes crues - on ne censure pas. Et oui, les personnages adolescents, surtout les "populaires", n'ont pas un français très élégant. Pour nos amis européens, oui, c'est en québecois, mais rien d'insurmontable, à mon humble avis. L'oral n'est donc pas toujours très distingué. En revanche, les adultes et les descriptions ont presque tous un français plus international. Donc, une écriture qui sert très bien son sujet et qui est addictive. Je sors de cette lecture assez convaincu. Il faut dire que ce sujet n'est pas juste rare: c'est un tabou dans un tabou, en quelque sorte. C'est étonnamment crédible, c'est également inclusif: on a l'histoire de d'autres personnages qui s'y greffe, des enjeux plus "macrologique", en ce sens où on part de Noam vers le système en lui-même, à plus large échelle. L'histoire de Noam fait tremplin sur une réalité plus large, en somme, qui traduit des mentalités étriqués, des mythes biologiques, la faiblesse du système de santé mental, la mécompréhension d'un enjeu social et les rapports entre les générations. Oui, franchement, c'est fort bien tout ça! Ça soulève pleins de débats et de questions, ça serait presque chouette de le voir dans les cours de sexualité. Et petit détail à ajouter, l'image de couverture sert aussi bien son roman avec ce jeune homme aux yeux clairs et tristes, porte-parole malgré lui d'une cause. Un bon roman pour s'ouvrir à ce sujet particulièrement tabou, en attendant qu'il y en ait d'autres, on se le souhaite. Vous noterez également la présence des numéros de téléphone et sites d'aide et soutient aux victimes de crimes sexuels, de dépression ou de support psychologique plus général, au Québec, mais aussi en France! Puisque qu'il a une scène d'agression, des termes crus et des jurons, de la violence sous diverses formes et des scènes sexuellement explicites, ce roman a été classé en Jeune Adulte ( 17 ans+) pour lecture solo, mais si la lecture est accompagnée par des profs, intervenants ou même les parents, ça peut aussi convenir aux ados de 15-16 ans du second cycle secondaire. C'est le genre de roman où il est bon de faire des retours de lecture.
Shaynning a aimé ce livre

Seul contre elle

Par Jessica Di Salvio
(4,0)

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Shaynning a coté ce livre

Seul contre elle

Par Jessica Di Salvio
(4,0)

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Shaynning a commenté ce livre

Felix ever after

Par Kacen Callender
(4,0)
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J'attendais, depuis quelques temps déjà, la parution de ce livre sur nos tablettes du québec ce livre à la jolie couverture orange, j'en ai même fait une demande de service de presse, qui n'est jamais venue. Ça ne m'a pas empêché de sauter dessus une fois arrivé d'outre-Atlantique et comme je le pressentais, j'ai beaucoup aimé, malgré quelques petits anicroches. Ce roman est le premier de l'auteur, ce qui peut expliquer certains points sur le plan de l'écriture, mais globalement, difficile de ne pas aimer ce trop rare roman qui met en lumière un personnage transgenre. Avec le roman "Birthday" de M.Russo, c'est donc mon deuxième roman sur le sujet. Je précise que l'autrice.eur est trangenre, iel parle donc en connaissance de cause. Nous suivons Félix Love, 17 ans, né fille, en voie de devenir garçon, mais au en pleins requestionnement identitaire. Élève possédant un certains talent en art, surtout dans les portrait, Félix aspire à entrer dans une prestigieuse école où un cursus double en design lui semble la meilleure option, d'autant plus qu'une bourse est octroyée à un étudiant méritant. Pourtant, bien loin de travailler sur son "book" ( on appel ça un "portfolio" ici au Québec), Félix semble démotivé, veillant aux petites heures du matin, enchainant les joints, les soirées arrosées et les grandes questions existentielles. Il ne quitte pratiquement jamais son meilleur ami Ezra, qui malgré son statut de fils de riches privilégié, a lu aussi des griefs contre ses parents. En effet, le père de Félix a bien du mal avec la transformation physique de son enfant, et sa bonne volonté ponctuée d'erreurs de pronom et de noms semble ne pas être assez pour le jeune homme. Un jour, en entrant dans son école dont il suit un cursus d'été, Félix est confronté a une exposition de photos dont il est le sujet. Des photos agrandies de lui, plus jeune, alors qu'il était une fille. Cet attaque à sa vie privée est accompagnée de textos d'un "troll" anonyme qui s'attaque à son identité de genre. Blessé et humilié, Félix ne songe alors qu'à se venger et met ce exposition et ce troll sur le dos de Declan, ancien petit-ami d'Erza sont il tiens rancune pour son attitude. Il cré un faux compte Instagram dans le but de se rapprocher de lui et trouver un élément susceptible de lui nuire. Néanmoins, ce n'est pas la personne responsable de l'expo et Félix, le premier surpris, réalise qu'en fait, c'est agréable de converser avec Declan. S’ensuit alors une sorte de triangle amoureux entre Erza, Félix et ce dernier. En parallèle, Félix est en pleine quête identitaire, papillonnant entre ses amis, un groupe de soutient LGBTQIA+, son père et sa classe d'art en espérant trouver à la fois des réponses sur son identité et un moyen de surmonter le blocage créatif pour amorcer un portfolio digne d'entrer dans sa prestigieuse école. Comme je l'expliquais plus haut, le fait de n'avoir pratiquement pas de romans sur le sujet tend à me faire dire que ce roman mérite une plus grande attention. Nous avons peu de romans qui questionne l'identité de genre transgenre, non-binaire et, comme je l'ai découvert ici, l'identité "demiboy", un terme que je connaissais pas du tout. Il en existe déjà plusieurs pour l'homosexualité, mais pour le transgenre, je n'en ai vu que cinq, dont deux sont de la même autrice. Ce roman-ci couvre large sur les identités, en cela, il est assez unique - du moins pour le moment. Je pense que malgré ses petits travers de forme et son côté "américain sensationnel" , ça reste une œuvre notable et utile. En outre, on fait aussi la connaissance du vocabulaire de la communauté, comme le "iel". Que veux-je dire par "Sensationnel américain"? Je constate une sorte de constante dans les histoires qui nous viennent des auteurs et autrices états-uniens.iennes, et c'est cette manie de faire dans le "gros, grand, wow"! On dirait qu'ils ont du mal avec la notion de "terre-à-terre". C'est souvent plus grand que nature et ça perd en crédibilité. Difficile alors de se projeter complètement quand ça semble si invraisemblable et grandiloquent. Mais bon, c'est peut-être un genre qu'ils se donnent, en harmonie avec leur tendance à faire dans le "rêve américain". Dans le roman, c'est encore cette fin grandiose, cette façon de faire un "happy ending" en apothéose qui me donne surtout cette impression de trop en faire. Aussi, c'est très "dramatique" quand aux relations entre les personnages. Sur l'écriture, comme certains autres l'ont mentionné, c'est un peu trop "oral", mais ce qui ajoute un peu au problème est cette façon des traducteurs de France de mettre leur jargon de "jeunes" plutôt que d'opter pour des termes plus internationaux. Du coup, ça contraste beaucoup. On coupe beaucoup certains mots en deux, "putain" revient souvent, ça jargonne allègrement. Ce n'est pas illisible, mais ça donne encore l'impression que les jeunes ne savent pas parler, encore une fois. Néanmoins, à d'autres moment, les descriptions des émotions sont jolies, on a pas de difficulté à suivre le ressenti de Félix et c'est tant mieux, parce qu'à mon sens, c'est ce qu'on s’attend à avoir avec une histoire comme la sienne: être capable d'avoir de l'empathie pour lui. Aussi, il manque des espaces entre les dialogues et les paragraphes et les textos auraient pu être mit dans des bulles de texte, pour plus de clarté. Je note cependant que les textos sont bien écrits et les mots complets, dieu merci. Côté personnages, j'ai eu un coup de cœur pour Tully, le grand-père de Declan, qui malgré ses deux courtes apparitions, est l'un des personnages les plus adorables du roman et on en souhaiterait des millions des comme lui, de part le monde. Il est ouvert d'esprit, chaleureux et a de meilleurs compétences parentales que bien des gens. Le personnage de Leah est également notable, un super personnage féminin qui a une bonne tête et un grand cœur. Félix , pour sa part, rentre un peu dans le standard de personnages principaux américains: beau ( mais il ne le sait pas), désirable ( mais il ne le sait pas), au centre d'un triangle amoureux ( encore une fois), rempli de talent ( qui ne demande qu'être révélé aux autres) et différent ( mais ça fait de lui un être exceptionnel). Assez typiquement américaine comme formule. Mais il reste attachant, sensible et tout compte fait, on a pas beaucoup de personnages queer à la fois afro-américain et transgenre. Sur le plan de la psychologie, comme mentionné, on a pas tant de représentants personnages pour cette catégorie de gens et c'est là que ça détonne. Le côté "drama" adolescent USA , on connait, mais l'aspect d’identité de genre, on en a beaucoup moins. J'aime la façon que les autres personnages ont teinté la perception de Félix vis-à-vis de lui-même, mais aussi de l'adolescence en général. Tous les ados se cherchent, c'est une vérité universelle. C'est même ça qui distingue cette période où l'on découvre qu'on est une personne distincte et unique. En cela, Félix n'est donc pas le seul. Ce qui est différent, c'est qu'il cherche très précisément "l'étiquette" de genre qui lui convient. Là, je dois dire que le débat est ouvert: a-t-on vraiment besoin d'avoir des étiquettes? Bref, je dois dire que c'est tout un pan de questions et d'identités de genre que je ne connaissais pas qui se sont matérialisées dans le roman, et pour ça je trouve que ça vaut la peine de le lire. Ce n'est pas simple de concevoir quels sont les questions et les tracas des ados qui ont des identités de genre autre que celles qui sont connues. Bon nombre de débats sont ouverts juste en lisant cette histoire, puisque bon nombre de personnages soulève des questions pertinentes , mais au final sans réponses. En somme, c'est un bon roman, différend à certains égards, typiquement américains sur d'autres, le tout peuplé de beaux personnages en nuances, sur des thèmes comme la famille, la différence, l'Art visuel, les relations amicales et amoureuses, ainsi que la découverte et l’émancipation de soi. J'aimerais voir ce roman rejoindre les étagères des bibliothèques et servir les professeurs, particulièrement pour servir l'éducation sexuelle et promouvoir la diversité de genre. Ce roman ne contient pas de contenu sexuel explicite ni violence outrancière, mais il y a certaines violences psychologique ( le harcèlement que vit Félix, par exemple) et sociales ( le rejet parental d'adolescent(e)s queer notamment). Il y aussi beaucoup de jurons français. Ce peut donc être une bonne lecture pour le second cycle secondaire (15-17 ans), avec accompagnent professoral ou d'intervenants, mais demeure un roman classé "Jeune adulte", 17 ans+. PS: Il y a une erreur à la page 363, dans les quatrièmes de couvertures de livre suggérés. On y présente "Jemima Small" avec le descriptif du roman "Filles Uniques".
Shaynning a aimé ce livre

Felix ever after

Par Kacen Callender
(4,0)

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Shaynning a coté ce livre

Felix ever after

Par Kacen Callender
(4,0)

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Shaynning a commenté ce livre

Roselionne

Par Nancy B.-Pilon et Marish Papaya
(4,0)
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Une nouveauté 2021 pour la collection Bilbo des éditions Québec Amérique, il s'agit d'un court roman en petit format sur la thématique de la "bulle". La "bulle", c'est cet espace vital autours de nous, notre limite physique par rapport aux autres et qui varie selon notre degré de confort avec le toucher. On a pas tous la même bulle et elle change selon la personne en présence. On inculque de plus en plus le concept de "bulle" aux enfants , surtout pour parler des abus de tout genres sur le corps, mais parfois, c'est plus anodin, comme ici. Ça ne veut pas dire cependant que c'est de moindre importance! Roseline a de magnifiques cheveux, une crinière rousse qui lui cache le dos au complet. Ça donne envie à plusieurs camarades de classe de toucher ses cheveux. Le problème est que ça ne plait pas du tout à leur propriétaire ! D'autant plus que certains de ces camarades sont de parfaits inconnus. Roseline est, en outre, timide et fige quand vient le temps de s'affirmer. Bref, rien pour l'aider à se dépêtré de cette situation. Elle tâchera de trouver une astuce pour parer les intrusions, mais peine perdu. Heureusement, il y aura des gens pour l'aider à verbaliser sa situation et faire comprendre aux gens de sa classe que ses cheveux sont SA propriété et qu'il faut SA permission pour les toucher. Les parades ne valent pas la saine communication. C'est une amusante histoire pertinente, sur un sujet qui peut sembler banal, mais qui est en réalité important, que ce soit par rapport aux limites corporelles que sur l'affirmation de soi. J'ajoute également le respect de l'autre dans les thèmes. Il y a en outre des dessins pour ponctuer le récit. Aussi, la couverture est bien trouvée et visuellement jolie. Pour un lectorat du second cycle primaire, 8-9 ans.
Shaynning a aimé ce livre

Roselionne

Par Nancy B.-Pilon et Marish Papaya
(4,0)

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Roselionne

Par Nancy B.-Pilon et Marish Papaya
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