Shaynning
Libraire @ Librairie Monet
Intérêts littéraires : Biographies, Jeunesse, Littérature, Psychologie, Arts, Bande dessinée, Loisirs

Activités de Shaynning

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Que veux-tu, petite mouche?

Par Marianne Dubuc
(4,0)
2 personnes apprécient ce livre
Voici un "tout-carton", ces livres en carton rigide qu'on propose à notre lectorat le plus jeune, soit les 0-2 ans ( parce que leurs petites mains ne sont pas toujours habiles, mais aussi parce que ces livres là peuvent être malmenés, héhé). Membre de la petite maison d'édition Album, ce petit livre bleu poudre à structure répétitive nous raconte l'histoire d'une mouche et d'un chat en dialogues. Un petite chat joue avec son cerf-volant, mais écrase malencontreusement une mouche posée au sol. Embarrassé, le chat l'enjoint alors de bouger , comme lui [ Il se met à danser]. Sans réponse, il l'encourage à marcher, comme les fourmis. Toujours muette, la mouche se fait alors exhorter à voler, comme les oiseaux. Devant le mutisme de l'insecte inerte, le chat s'exclame alors "Mais tu veux QUOI alors?" le chat croit entendre quelque chose. Il se penche sur la mouche. "Aaaaa, tu veux un bisou?" Alors, il lui donne un petit bec et la mouche s'envole. Car c'est bien connu: quand on fait du mal à quelqu'un, même involontairement, on offre un câlin ou bisou à cette personne pour le réconforter et aussi pour s'excuser. Quoique des excuses c'est mieux... Un mignon petit album aux illustrations sobres et douces pour les tout-petits (0-2 ans), mais qui peut aussi servir à la petite enfance ( 3-4 ans)
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Mammouth Rock

Par Eveline Payette et Guillaume Perreault
(4,5)
2 personnes apprécient ce livre
Ce petit hybride entre album et roman graphique propose l'histoire improbable d'un garçon parti sur les traces de son animal préféré - et sujet de l'exposé oral qu'il présente dans l'histoire. Louis nous explique, avec moult détails - parfois inutiles - comment il espérait trouver le "mammouth Rock", de son nom générique, petit mammouth timide ayant fuit sa trop grande célébrité. À grand renforts de notes, d'affiches, de listes, de dessins et autres mediums visuels sur papier, Louis prend de plus en plus de temps à élaborer son oral, si bien que même quand la cloche de la cloche de la récréation sonne, ses petits camarades de classe restent rivés à ses lèvres et manquent donc la récréation - faut le faire! Sa combinaison humoristique et surdétaillée d'éléments d'investigation nous mène sur des constats et des péripéties de plus de plus loufoques, à grand renforts de causes improbables et d'hypothèses farfelues, entrainant Louis dans toute sorte d'endroits. *À partir d'ici, il y aura des divulgâches. Alors que sa longue présentation achève - enfin! - son enseignante, qui n'a pas cessé de l'interrompre ( Abrège donc, Louis!) reste perplexe quand ce dernier affirme avoir trouvé son animal musical tant recherché sous une surfaceuse à glace ( la fameuse "zamboni"). "Tu as beaucoup d'imagination, Louis. J'imagine que tu as pris une photo", lance t-elle, nullement convaincue. C'est alors que Louis affirme que non. Parce qu'il a fait MIEUX! Et il sort alors un petit mammouth laineux équipé de sa guitare électrique et de ses lunettes fumées de son sac. L'album clôt sur la classe de Louis en train de danser au son endiablé de la musique rock des années 80 du mammouthus rockus qui n'a rien perdu de son talent. C'est un livre vraiment dynamique, au graphisme diversifié, truffé de divers médiums de prise de notes, à la manière du carnet d'explorateur, tout en suivant la trame principale, à savoir, l'exposé oral de Louis. Pour nos amis européens, la couverture est ce qu'on appelle dans le pays un "Cahier Canada", carnets de couleurs poudre aux pages à rayures ou à quadrillage dans lesquels les petits canadiens, acadiens et québecois font des exercices et prennent des notes en classe. Ils sont assez rependus, peu couteux, mous et minces, idéal à trimballer. D'ordinaire, on peut voir sur la couverture la forme du pays, ici troqué pour le mammouth et le titre. La référence est donc connue pour les jeunes du pays. C'est un peu comme si on lisait un cahier canada vraiment remplis. Comme je le disais plus haut, c'est un drôle d'hybride, un peu à la fois un album, un roman graphique et un carnet. C'est ce qui a fait son petit succès ici. Moins perturbant avec son absence de paragraphes, son sympathique côté manuscrit et ses nombreux dessins naïfs, plusieurs petits lecteurs moins friands de lecture y trouve leur compte. Un format qui est appelé à croître, à ce que je vois. de plus en plus de roman graphique/album/Bd hybrides apparaissent et donnent une autre façon de consommer de la lecture. Il ne faut pas oublier que la première impression d'un livre est très importante, surtout en librairie où tous les livres se font compétition. Avec son petit format, son titre rigolo et sa référence au cahier canada, on capte l'attention. Côté sujet, hormis son humour évident, je note aussi la présence intéressante des médiums de prise de note, toujours utiles à connaitre, le procédé scientifique ( Hypothèse, vérification, matériel, procédé, etc) et l'élaboration d'un exposé oral ( très long, j'en convient). Très créatif et très large spectre sur ses sujets, je comprend l'engouement autours de ce petit atypique. Je remarque également un certain vocabulaire inspiré des sciences naturelles et du milieu policier ( pour le côté investigation). La fin était inattendue, quand même! Un hybride assurément différent, cocasse, pertinent et rocambolesque qui fait lire même les moins lecteurs. À voir. Pour un lectorat à partir du second cycle primaire, 8-9 ans. Ce peut être un bel album à raconter aux 6-7 ans, mais avec accompagnement professoral ou parental. Catégorisation: Roman graphique/Album fiction québecois, littérature jeunesse intermédiaire, second cycle primaire, 8-9 ans+ Note: 7/10
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24 décembre

Par Arthur Drouin et Geneviève Després
(4,0)
1 personne apprécie ce livre
Incontournable Novembre 2022 Cet album devait paraitre initialement en 2021, mais nous est arrivé en 2022. Quelque part dans le Grand Nord, un petit lapin arctique croise son ami l'original, qui a du houx sur ses bois. Il explique la présence de ses végétaux par ses préparatifs de Noël. Enthousiasme, le petit lapin propose alors à ses amis de la région de préparer Noël ensemble. Il faudra une cheminée, qui sera constituée de neige par l'ours polaire. Le morse et le pingouin sont chargés de trouver des biscuits et des chaussettes à suspendre à la cheminée, mais dégottent plutôt des poissons et de vieilles godasses ayant coulés dans l'océan sous leurs pattes. Il faudra insister auprès du renard polaire qui ne veut pas partager ses minuscules sapins rachitiques, mais lapin arctique se montre diplomate et le convainc de participer. Avec le houx de l'orignal, ils confectionne la couronne de Noël pour la cheminée. Leur petit espace de Noël a fier allure! Ne reste plus qu'à attendre le passage du père Noël. Ce dernier passe alors que les amis se sont pelotonnés les uns contre les autres et dorment à poings fermés. "Comme ils se sont donnés du mal", est le constat du père Noël, qui leur laisse des cadeaux. Au matin, alors que les animaux découvre des vêtements de laine rouge ( les vêtements du père Noël peut-être?) ils découvrent également une lettre. Ils les félicitent pour leur travail et leur propose de venir réveillonner avec lui l'an prochain, ce qui est fort commode puisqu'il vit...à deux pas de chez eux. Grand Nord oblige! Non seulement les illustrations sont sympathiques et les personnages attachants, c'est un des plus beaux albums sur le thème polaire que j'ai vu. Chaque élément est crédible: des sapins minuscules aux vieilles chaussures laissées sans doute par le passage des marins dans le Nord. Les animaux aussi sont les bons, pas de manchots à déplorer en arctique! Une histoire somme toute simple, sur les joies de la collaboration, mais avec un final inattendu quand on se rend compte que, effectivement, ces animaux ne doivent pas vivre bien loin du Père Noël! Et ces vêtements rouges laissés par ce dernier, probablement les siens, car son traineau est vide après avoir fait le tour du monde, était une idée fort amusante. Bref, un nouvel ajout à nos classiques albums de Noël, conçu, illustré et écrit au Québec! Pour un lectorat à partir du préscolaire, 4-5 ans.
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Le temps des cerises

Par Agnès Lestrade et Valeria Docampo
(4,5)
2 personnes apprécient ce livre
Incontournable Novembre 2022 Décidément, la maison Alice nous déçoit rarement, que ce soit pour ses romans ou ses albums. Ici, "Le temps des cerises" me rappelle le film "Bienvenu à Pleasantville", car tout comme dans cette histoire, le monde en noir et blanc prend des couleurs. Nine vit dans un univers dénué de couleurs, celles-ci emportées par un cyclone. La jeune demoiselle n'a donc jamais connu les couleurs, celle des frites qu'elle adore, celle des cerises que portait sa grand-mère en guise de boucles d'oreille ou celle des fraises. Le monde sans ses couleurs semble bien morose. Alors qu'elle se baladait avec sa grand-mère, Nine découvre un petit coffret métallique enfouit sous terre. Dans cette boîte se trouve cinq petits crayons, un noir, un blanc, un vermillon, un bleu et un jaune. Ils appartenait à sa grand-mère. Saisie d'une idée, Nine propose d'enterrer les crayons, ce qui devrait, en théorie, faire pousser toute une panoplie de crayons! Grand-mère tempère: ça ne fonctionne pas comme ça. Mais l'imaginaire des enfants et leur esprit ouvert peuvent parfois mener à des miracles, car quand Nine plante ses crayons et en prend soin, bientôt, c'est toute une armée de crayons au nuancier varier qui émerge de la terre... Je réitère que c'est souvent le regard des enfants qui peut sauver le monde, parce qu'ils le perçoivent autrement que nous, les adultes, trop souvent défaitistes et rigides. Parfois, il suffit d'une idée un brin magique pour que s'amorce des projets susceptibles de changer le monde. Nous en avons un bel exemple avec la mobilisation des jeunes sur les enjeux climatiques. Aussi, je réitère que la littérature jeunesse a sa propre magie que la littérature adulte est dépourvue. Un bel exemple ici. Bien sur, nous avons aussi une histoire sympathique pour traiter des couleurs. Les cinq couleurs du coffret sont les bases de toutes nuances. Les artistes peuvent créer n'importe quelle couleur avec le noir, le blanc, le magenta ( rouge) , cyan (Bleu) et jaune. Aussi, on peut extrapoler sur la question de remettre au monde ses couleurs comme l'espoir revient après le drame. La typhon a certes causer des dommages, la résilience humaine saura faire surmonter les gens cette catastrophe. En outre, et là j’extrapole encore, on ne perçoit pas le monde de la même manière selon les couleurs en présence. Elles ont leur importance et elles ont un impact réel sur notre humeur, notre sommeil et même notre énergie. Enfin, les illustrations sont magnifiques, aussi belles dans la palette claire-obscure noire et blanche que celle en couleurs riches. Les personnages ont de jolies frimousses, les décors sont généreux et j'apprécie que les personnages soit de l'ethnie Noire, car ils sont encore relativement peu présents comparativement aux personnages d'ethnie caucasiennes. Une belle historie universelle qui met en scène une adorable dyade d'une grand-maman avec sa petite fille, où le miracle passe par cinq petits crayons de couleurs. Pour un lectorat à partir du préscolaire, 4-5 ans+
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Demain la forêt

Par Rosie Eve
(4,0)
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Incontournable Mars 2021 Un album vraiment idéal pour traiter des enjeux climatiques auprès d'un lectorat plus âgé, surtout avec son chevauchement graphique entre BD et album plutôt inusité. En page de garde, vous verrez un panorama désolant: dans une vaste étendue défraîchie, on y voit un peu partout des monocultures de palmiers ( pour produire de l'huile de palme), des villes, des zones déforestés et deux petits îlots de verdures éloignés l'un de l'autre. Dans ces deux îlots, il y a des communautés d'éléphants. Mimpi est une jeune éléphante. Ses aînés racontent qu'autrefois, les éléphants avaient de grands espaces pour bouger. Malheureusement, dans leur course furieuse au profit, les hommes ont fait de véritables ravages dans la région et ce faisant, on diviser les éléphants en les confinant dans de petits espaces verts. Des aînés formulent le souhait de pouvoir côtoyer leurs amis et proches laissés dans l'îlot le plus près. Mimpi apprend que la raison de cet éloignement est expliqué par le risque d'exposition. En effet, les éléphants ont peur de sortir des îlots verts qui leur assure une certaine protection. Il leur faudrait un corridor de verdure pour relier les deux îlots. Mimpi a une idée, mais quand elle la soumet aux aînés, elle rencontre de la résistance et de la moquerie. En effet, pour réussir cette idée, cela implique de s'exposer dans les zones nues et elle prendrai trop de temps. Dépité, la petite éléphante trouvera cependant une écoute attentive chez d'autres animaux. Son idée est simple: en mangeant des fruits, leurs cacas contiennent des graines. Combinés au matières fécales, qui agit comme engrais, les graines pourraient donc pousser là où on sème les cacas. Le projet est alors adopté par plusieurs espèces, qui se mettent à déféquer entre les deux zones vertes. Hélas, il manque un élément essentiel: l'eau. Heureusement, les aînés, attendris et convaincus par l'ampleur du projet leur petite membre, prennent alors les choses en mains: à l'aide de leur trompe, ils aspirent de l'eau pour l'apporter sur les pousses. Bientôt, les plantes commenent à croître, le projet fonctionne. Bientôt, grâce à leurs efforts constants et leur soins, une luxuriante ( et protectrice) forêt relie maintenant les deux îlots. Les retrouvailles sont émouvantes pour les éléphants. Sur la page de garde de la fin, on peut donc voir la nouvelle verdure, ligne verte entre les plantations de palmiers et des villes. Deux choses: Primo, l'espoir nait des projets simples, mais rigoureux et exigeant du temps. Nombre de projets à vocation reforestières ont vu le jour, et s'il aura fallu des décennies parfois, ils sont viables et font des miracles. Planter des arbres est donc en apparence simple, mais il constitue une voie sure pour l'avenir et la lutte contre les changement climatiques. Dans l'album présent, ces projets sont d'autant plus importants qu'ils sont destinés à regarnir les zones habitables de certaines espèces menacées ou géographiquement restreintes. Secundo, l'avenir repose en grande partie sur notre Jeunesse et elle a voix au chapitre, comme les adultes, sinon plus, puisque c'est à eux que le monde va revenir un jour. On a une fâcheuse manie de prendre nos jeunes pour des imbéciles qui n'ont pas assez de maturité ou de jugeote pour formuler des idées intéressantes ou s'impliquer sur des enjeux. Pourtant, chaque nouvelle génération nous prouve que nous avons tort de les prendre de haut ou de les reléguer au statut de "jeunes". C'est de la discrimination basé sur l'âge, de l’âgisme. C'est particulièrement évident en observant les adultes indolents sur la question environnementale, alors que des acteurs sociaux de plus en plus jeunes prennent les choses en mains, faute d'initiatives des plus vieux. Pléthore de scientifiques, écologistes et autres spécialistes sont pourtant sur le cas du réchauffement climatique et des enjeux environnementaux depuis des décennies. Heureusement que ces jeunes les ont prit aux sérieux, pas vrai? Bref, il faudra bien reconnaitre l'apport riche de notre jeunesse, puisque chaque nouvelle génération semble plus consciente que la suivante. C'est dans l'ordre naturel des choses, il faut dire. Graphiquement, on a un peu de la BD avec ses cases et ses bulles, mais certaines pages relèvent plus de ce que nous voyons en album jeunesse, avec des illustrations pleines et des panoramas. Le style de l'autrice-illustratrice m'évoque le graphisme propre, réaliste et aux couleurs relativement uniformes de Gilles Bachelet ( surtout qu'il a lui aussi fait des illustrations d'éléphants). Vu les sujets et les concepts écologiques évoqués, je pense que cet album serait idéal pour le second (8-9 ans) et troisième ( 10-12 ans) cycles primaire, et pourquoi pas les ados? Un bel ajout à mettre dans une bibliothèque de classe ou d'école. Pour un lectorat du second cycle primaire, 8-9 ans+
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Frankie : quel cinéma !

Par Marie Chartres et Jean-Luc Englebert
(4,0)
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Incontournable Novembre 2022 Roman rocambolesque et déjanté, c'est le moins qu'on puisse dire, "Frankie: Quel cinéma!" propose l'histoire de deux personnages dépareillés, une jeune fille et sa tante. Frankie une jeune fille qui aime la tranquillité, préfère le confort et n'est pas du genre bavarde. Au contraire, sa tante Paulie est exubérante, extravertie et créative. Frankie vit avec sa tante depuis le décès tragique de ses parents et leur cohabitation ne se fait pas toujours sans heurts. Avec leur sens du théâtre et leur vocabulaire un peu pompeux, Alphonse et Gustave, les deux majordomes de la riche Paulie, nous raconte ce jour post-anniversaire de Frankie, alors que Paulie veut rattraper le coup avec une activité hors de l'ordinaire. En cela, effectivement, proposer un rôle sur un plateau de tournage est une idée originale. Néanmoins, du matin au soir, tout va de travers, de leur arrivé couvert d'eau de pluie à cette scène de tournage qui tourne au désastre. Entre une brioche mal perçue, un garçon trop plastique, une équipe de tournage en sous-effectifs et des cheveux beaucoup trop huilés, le duo tante-nièce trouvera-t-il tout de même quelque réconfort à tout ce bazar? Un des points forts du roman, à mon sens, est le choix de la narration par Gustave et Alphonse, de sensibles, distingués et dramatiques majordomes vraiment adorables. Un récit servit au "nous", donc, avec leur états d'âme et leurs réflexions conjointes toujours partagés. Un cas rare, en fait. L'humour est grandement servit par leur côté drama-queen, leur impuissance et leur évidente tendresse pour ces deux femmes qui partagent leur vie. Ces narrateurs témoins sont néanmoins participatifs et auront même été la cause de quelques unes des micro-catastrophes qui entraine la débâcle générale. Ce sont mes personnages préférés. Frankie est un personnage introvertie, marabout, solitaire, timide et qui déteste être sous les feux de la rampe. Elle a néanmoins une réelle passion pour le cinéma, d'où la folle idée de s'improviser une journées sur les plateaux de tournage. Ça c'est l'idée de Paulie, qui est assez contraire de tempérament. C'est une optimiste, une entrepreneuse, une grande curieuse qui ne tolère pas un "non" comme réponse. Sa façon de s'imposer peut cependant être lourde, surtout pour une jeune fille qui aspire au calme et à l'intimidé. Le personnage de Beauté est un réel rafraichissement. Je n'avais jamais vu un garçon englué dans le rôle superficiel du "Mini-Mister", car d'ordinaire, ce sont les filles qui écopent de ce rôle ingrat. Mais ici, nous avons un garçon qui fait des concours de beauté, avec un prénom ridicule, un masque de maquillage, un casque de produits capillaire et des vêtements stylés en toute circonstance. C'est un gentil petit bonhomme, un peu indélicat et naïf, mais bienveillant et enthousiasme. Nos personnages haut en couleurs se partagent donc une journée sur un plateau de tournage, où les catastrophes ( relativement mineurs) s'enchainent. On en profite pour découvrir un peu l'histoire de Frankie, devenue orpheline. On découvre aussi son éloquence, trait qu'elle peut assurément employer pour cette publicité sur du jambon qu'elle doit tourner avec Beauté et tante Paulie. Un trait qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler sa tante. Le roman traite assurément de la difficulté d'un enfant à survivre à ses parents et faire confiance à son tuteur, ici la tante Paulie, bien-intentionnée, mais souvent maladroite. Pas simple de concilier deux personnes à la personnalité si divergente. Aussi, il y a la question de prendre confiance en ses habiletés. Frankie le découvre en travaillant sur cette publicité, qui n'a finalement pas du tout la forme anticipée. Cela me rappelle les nombreuses histoires réelles de gens qui ont apprivoiser leur timidité grâce au théâtre et aux arts de la scène. Enfin, il y a la question des liens, que ce soit celui du sang ou celui de l'amitié. Frankie réalise la chance d'avoir sa tante, qui l'aime sincèrement, ainsi que les deux narrateurs, toujours aux petits soins pour elle. Également, l'une comme l'autre sont douées d'un certain engouement pour le monde des arts de la scène. C'est donc une histoire mignonne, loufoque, remplie d'action et de bonne humeur malgré les dérapages cocasses. Une histoire pétillante, mais néanmoins sensible. Un roman illustré au crayon de bois, qui permet d'admirer la sympathique tête broussailleuse de Frankie, notamment. Un petit remontant contre la morosité! Catégorisation: Roman fiction français, littérature jeunesse intermédiaire, second cycle primaire, 8-9 ans. Note: 7/10
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4 pattes pour un squelette

Par Marie Tibi
(4,0)
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La maison Marmite à mots aime faire les choses autrement. Avec sa collection des "Croqu'pouces", elle propose des romans pour les lecteurs/lectrices débutant.e.s plutôt originaux. De cette même collection, j'ai fait la lecture de "Un chien trop connecté" et "Olie-Thium", respectivement sur la cyberdépendance et un Post-Apocalyptique. Ici, nous avons une histoire de fantômes habitant un château écossais. Le Sir Harold Mac Hadam allait se coucher quand il entend un jappement de chien au grenier. Il y découvre un chien fantôme, dont il ne lui reste que les os. Le vieil homme apprend, au moyen d'une photographie, que le chien se nomme Nessie et est le compagnon de Lord William Mac Habée. Il part donc en quête du défunt dans le château. Il rencontre une pelleté de fantômes tous fort colorés avant de finalement trouver l'homme en question dans la bibliothèque. Sa mission achevée, le soleil se levant, l'homme réintègre son lit, heureux d'avoir pu aider son confère fantôme. le voilà paré pour une sieste éternelle fort méritée! Tout comme les deux autres romans lus de cette maison d'édition, je me réjouis de voir le thème des fantômes exploités de cette façon dans un roman destiné au lectorat débutant. Une fin surprenante! Il y a en outre des jeux de mots, notamment sur les noms comme Mac Habée et Mac Hadam, mais aussi Lady Gaga et Alfredine Namitt. Les images sont sympathiques, le vocabulaire plutôt riche pour ce niveau de lecture ( rhumatisme, austère, vocifère, acariâtre, extravagance, effervescence, pour ne nommer qu'eux). La police est dite "adaptée au troubles DYS", mais l'aération aurait pu être plus soutenue, avec de plus grands interlignes, justement pour être plus faciles à lire. Le roman est étiqueté à partir de 6 ans, mais je pense que c'est trop soutenu comme vocabulaire pour la première année du primaire dans le système québecois. Il sera peut-être mieux adapté à la 2e année, voir à la 3e pour les enfants ayant des défis en lecture. À voir! Pour un lectorat du premier cycle primaire, 6-7 ans.
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Plume et l'ombre du dragon

Par Agnès Marot et Céline Deregnaucourt
(4,0)
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Incontournable Novembre 2022 Agréablement surprise par la richesse de ce roman relativement court, "Plume et l'Ombre du dragon" propose une héroïne remarquable, mais également une ode au deuil lié à la disparition d'un parent et de l'importance des histoires. Plume est une piratesse d'ombres, ce qui fait d'elle une chapardeuse professionnelle. La jeune fille a la capacité de voir et de convaincre les ombres de quitter leur maître, qu'elle peut ensuite vendre au marché noir contre un peu de nourriture. En réalité, elle ne le fait pas souvent, car elle garde avec elle un nombre appréciable d'ombres de toute sorte, avec qui elle partage sa grotte. Chaque nouveau membre partage avec eux son Histoire. Voilà qu'en libérant l'ombre d'une licorne peureuse, Plume découvre par son ombre, Bucéphale de son nouveau nom, qu'un ultime dragon existe encore. Que d'histoires elle doit connaître cette ombre! L'audacieuse et intrépide piratesse s'embraque donc pour une aventure, en quête de cette ombre. La critique va contenir des divulgâches - et des ombres sympathiques. Déjà, quelle idée charmante que d'avoir imaginé une voleuse d'ombre telle que Plume. Son tempérament frondeur, son culot et sa détermination me rappelle le personnage désormais célèbre de Lyra Ballecroix, de la Croisée des mondes. Je trouve de plus en plus de ces héroïnes charismatiques, culottées et courageuses dans la littérature jeunesse. Juste ce mot-ci, il y a eu "Une vie pour Matzi", "Ilona Melville et les zéros de l'histoire", ainsi que "Bande à part". Bref! Je me réjouis de voir ces héroïnes que rien n'arrête et qui ont une impertinence délicieuse. Plume a néanmoins une belle empathie, qui lui confère ce charme attachant auxquels semblent sensibles les ombres. Il s'agit davantage d'une relation de famille qu'une relation de maître-domestique qui caractérise la relation de Plume avec ses ombres. Alors qu,elle devait vendre Bucéphale au marché noir, elle y renonce, quand elle voit à quel point Bucéphal lui est reconnaissant de s'être fait libéré. Dans cet univers Fantasy aux inclinaisons de Merveilleux, de Contes et de Folklore, les Ombres sont les doubles de chaque entité vivante. Ils sont coincés sous leurs pattes et ne possède pas de noms. C'est donc toujours étonnés d'avoir été "vus" qu les ombres de Plume la rencontre. Ils se donnent alors un prénom et raconte leur histoire. Nous avons tout un tas d'origines: une belette, une licorne, un poisson volant, une reine sans royaume, un tricératops à trois tête, un renard à neuf queues, un loup déguisé en grand-mère, un serpent-liane narcoleptique, etc. Plume peut percevoir leur texture et ils disparaissent dans un environnement trop sombre. Ils voyagent généralement dans la sacoche de Plume. J'aime beaucoup qu'on malmène le stéréotype de la licorne idéale, ici petite, mollassonne, froussarde et pas franchement magnifique. Plume a perdu sa mère, mais elle entretient l'idée qu'elle l'a abandonnée pour vivre des aventures de piratesse. Cependant, on comprendra vers la fin qu'il n,en est rien. Cette maman aimait sa fille, elle ne l,aurait pas abandonnée. La réalité est qu'elle a souhaité sauver le dernier dragon, qui mourrait littéralement d'ennuis, plongé dans un état catatonique. Hélas, ce dernier n'aurait pas supporter de perdre son unique lien social et l'a dévorée et dépossédée se son ombre, pour qu'elle lui tienne compagnie. Le thème de la solitude est donc central. Plume craint d'être seule au monde, au point de faire du déni quand à la véritable disparition de sa mère. Elle comble ainsi son vide affectif avec les ombres, même si une amitié sincère semble caractériser les liens entre elles. Le dragon est dans une situation différente, mais teintée du même sentiment. Dernier de son espèce, porteur de milliers d'histoires, il vit la malédiction d'être une créature quasi immortelle, alors que s'enchainent les vies des autres êtres vivants. Paradoxe amusant, il est en froid avec son ombre, qui aspire à plus de liberté. La seule réelle entité qui pourrait meubler sa vie sociale est aussi la seule dont il ne peut rien tirer, hormis des morsures aux fesses. Le dragon a aussi deux défauts majeurs: il ne fait pas confiance et se montre têtu. Deux tares importantes en relation, peut importe la nature de cette relation. C'est ce qui l'a d'ailleurs ramené à la case départ quand il a dévoré la mère de Plume. Cette dernière lui en veut d'ailleurs beaucoup, de l'avoir dépossédé de sa mère. Pourtant, Plume va trouver la force de lui pardonner, alors à deux doigts de lui voler son ombre. La jeune fille comprend que la solitude peut rendre fou. Elle donne cependant le choix à l'Ombre du dragon de rester avec lui ou pas, car c'est elle qui en a payé les frais en demeurant toujours confinée dans l'ombre, incapable de sortir. Ultimement, Plume propose son amitié au dragon esseulé, elle même en ayant besoin. la différence est que plume a su se bâtir des amitiés, alors que le dragon l'impose. C'est ce qui différencie une relation saine d'une relation malsaine, d'ailleurs. L'amitié, c'est comme l'amour, ça ne s'impose pas, ça se partage. Petit focus sur le texte: Plume est désopilante par moment. Elle y a de se commentaire pas toujours très délicats ni polis, déteste l'inaction et possède un sens aiguisé de la justice. Elle gagnera à être connu du dragon, mais également d'un phénix. C'est une jeune fille vraiment fière et orgueilleuse, qui cherche toujours à garder la face, même devant une mort imminente. Ça c'est pas banal, quand même. C'est également la narratrice. La dernière partie du roman, où Plume rencontre le dragon et l'ombre de sa mère, est particulièrement poétique, c'était inattendu ça aussi. C'est le passage où Plume démontre qu'elle a grandit, qu'elle a évoluer et qu'elle fait le choix de passer à autre chose, de passer l’ultime étape de son deuil: l’acceptation. Enfin, je remarque que la couverture est fabuleuse. le graphisme me rappelle la BD "Bergères guerrières", dont l’héroïne aussi en a dedans! Un super petit roman dont l'action n'empêche pas une certaine profondeur et je met au défis les jeunes garçons ne pas tomber sous le charme de cette piratesse effrontée et débrouillarde. J'aime bien que cette histoire tienne en un livre, surtout pour mes jeunes lecteurs, en librairie, qui préfèrent les tomes uniques ou pour qui la lecture est occasionnelle, plutôt qu'assidue. Une petite pépite! Pour un lectorat du second cycle primaire, 8-9 ans.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Kate mène l'enquête T.2 : Sur les traces du cacadoa argenté

Par Hannah Peck
(4,0)
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Second opus de la série, cette fois, notre reportaire stagiaire est sur un bateau, le Béchamel ( sans doute en raison de sa couleur blanche) et a été mandaté par son idole, la reportaire Catherine Rodrigez, pour élaborer une critique des plats de crevettes servis sur la bateau. Cela n'intéresse guère la jeune fille, surtout vu la questionnable cuisine de la Capitaine Mayo ( encore du blanc, tient!). Lors du "Célèbre Championnat de la Croisière Culinaire Crevesttesque Bisanuelle du Béchamel" ( le CCCCCBB, Kate fait une curieuse pêche: le carnet d'un très peu modeste zoologiste Clarence Adamaris Dubourgeon en quête du rarissime ( et non-officiellement répertorié) Cacadoa argenté. Avec la collaboration d'un membre de l'OVOL, Berty, un champion de l'aiguisage de crayons un peu étourdi et de Rob, son fidèle compagnon souriceau intuitif, Kate tente de retrouver ce fameux oiseau. À partir d'ici, la critique contient des divulgâches: Un peu à la manière du premier, on découvre finalement que ce n'est pas du tout ce qui semblait être à priori: l'enquête de Kate était, comme l'a souligné Rob, un "peu trop facile". Tout cela est en réalité le plan du zoologiste déguisé en Chef de l'escouade Ovol, obsédé de découvrir cet oiseau qui l,a tourné en ridicule. Ça me rappelle la trame du film "Là-Haut", de Pixar. Mais au final, il n'est pas question d'oiseau légendaire, mais bien d'un trio d'oiseaux tapageurs et moqueurs qui prennent plaisir à tourmenter les indésirables touristes humains. Un comportement justifiable, ma foi, quand on comprend que ces même humains tentent de capturer les oiseaux. L'univers de madame Peck est truffé de "drôleries", que ce soit les nombreux mots inventés - surtout de la part des oiseaux - les objets bizarres, les noms abracadabrants, les organisations aux acronymes farfelus, bref, ça foisonne d'idées délirantes, comme dans le tome 1. Nous avons également dans le roman l'aspect de leadership nocif. Le Général, qui est le meneur de la petite troupe de L'OVOL, sort de scouts amateurs d'oiseaux, est rigide, agressif, insultant, autoritaire et désagréable. Les enfants n'ont donc aucun plaisir et Berty en particulier se sent dévalorisé. Les oiseaux encouragent Berty à faire valloir son droit au respect ou a tout le moins de ne plus se laisser rabaisser par le Général. Bertu va d'ailleurs dénoncer les sombres projets du Général. Le roman a aussi des airs de roman graphiques, avec ses pages illustrées intégrées au texte, au texte écrit à la mains, les jeux de formes du texte, la présentation des personnages au début avec le plan du Béchamel et même le carnet de chants de l'OVOL à la fin. Cela m'évoque également les univers très graphique de Chris Riddle, un autre auteur anglais. La couleur vert guacamole nous suit dans les illustrations, tout comme l'orange suivait le tome 1. Tout comme le tome 1, nous avons une page du personnage Catherine Rodrigez qui prodigue des conseils,en pages 55-56 et 70-71, sur l'importance de ne pas laisser de trace quand on se balade en nature et sur la façon de crocheter un cadenas ( Chez soi) . C'est le seul livre que j'ai lu contenant le B-A-BA du détective aussi clairement proposé. C'est un roman pétillant, souvent improbable, très déjanté et avec un message plus ou moins sous-entendu sur l'importance de respecter son environnement.Une bonne idée pour les jeunes lecteurs qui voudraient passer du roman au roman, aux initiés du roman policier léger et un passe-partout potentiel pour un cadeau fait à un lecteur/une lectrice qu'on connait peu. Pour un lectorat du second cycle primaire, 8-9 ans.
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L'habit spectaculaire

Par Kat Patrick et Hayley Wells
(4,0)
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Incontournable Novembre 2022 Une histoire adorable sur une demoiselle qui va faire sa première fête avec des invités. Tout semble bien se profiler, mais reste la question de ce qu'elle portera. Frankie ne veut pas de ces robes qu'elle déteste ou son chandail préféré. Elle veut un "habit spectaculaire". Elle le croque sur le papier, mais comment espérer l'avoir avant la fête qui a lieu le lendemain? de dépit, elle le chiffonne en boule et l'abandonne au sol. Ses proches découvre le dessin et d'un commun accord, décide de lui confectionner cet habit si ardemment désiré. Mieux, elle peut même porter les fabuleuses lunettes de sa soeur et gommer ses cheveux avec la couteuse cire pour cheveux de son frère. Son look fabuleux est salué pat tous ses invités. J'aime bien ces petits histoires qui malmène gentiment les stéréotypes de genre. Après l'album "princesse Kevin" qui mettait en vedette un garçon déguisé en princesse pour Halloween, j'attendais un équivalent pour nos filles. J'adore le fait que toute la famille se mobilise pour Frankie, pour lui permettre de porter quelque chose qui la rend fière et authentique. Les images sont simples, avec des couleurs homogènes dans une palette composée d'un bleu royal, un jaune d'oeuf, du noir et un orange vif. Enfin, j'observe une diversité ethnique et d'orientation sexuelle parmi les personnages secondaires. Pour un lectorat préscolaire, 4-5 ans.
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Le tout petit monsieur et la très grande dame

Par Claire Renaud et François Ravard
(4,0)
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Incontournable Novembre 2022 J'ai craqué pour cette petite douceur romantique douce comme une petite meringue, destinée au lectorat débutant, mais qui est magnifique même pour les adultes. Je réitère que la littérature jeunesse n'est pas seulement destinée à la jeunesse, car elle a sa magie propre dont les adultes auraient sans doute davantage besoin. Monsieur Marcel est un homme d'une extrême élégance, d'une grande gentillesse et d'une immense générosité. Amateur de trompette, de western, d'échecs et de baba au rhum, il aussi su employer sa petite taille à diverses activités, dont le rugby, la natation et le frisbee. Il est bijoutier et adore son gros Saint-Bernard, presque aussi haut que lui. Madame Hélène est une grande dame au sens figuré comme au sens propre. Également gentille, généreuse et élégante, madame Hélène a pratiqué de sports tels que le basketball, l'escalade et le saut en hauteur. La joueuse de contrebasse est devenue électricienne et a adopté une petite boule de poils féline. Les deux personnes sont las d'être seules et tentent donc une inscription sur un site de rencontre. Rapidement, leurs intérêts communs et leur personnalité recherchées les mènent l'un vers l'autre. Il est donc convenu de se rencontrer une première fois dans un restaurant. Néanmoins, l'un comme l'autre ne voulant que leur taille sabote leur tentative, ils préfère trafiquer quelque peu la réalité en optant pour des termes moins spécifiques tels que "pas très grand" au lieu de "petit" et "grande" au lieu de "immense", et préfèrent une photo en contre-plongée pour lui, en plongée pour elle. Leur rendez-vous arrivant, ils tentent par toute sorte de moyens d'amoindrir ou de ne pas révéler leur véritable taille. Mais il est manifeste qu'ils se plaisent. Le temps semble s'évaporer quand ils sont ensemble, ils se complètent merveilleusement bien dans leur activités quotidiennes et ludiques et partagent de nombreux centre d'intérêt. Surtout, ils apprécient leur personnalité. Leur perspective du monde a changé: elle a évolué. Désormais, ils habitent une petite maison aux hauts plafonds. "Et le petit monde de chacun devient leur vaste monde commun." On ne se le dira jamais assez: L'amour, c'est la complémentarité, le bien-être et l'impression de devenir meilleur parce que nous sommes avec une personne qui nous fait sentir devenir meilleur. Les plus belles histoires d'amour sont très souvent les plus simples, en apparence, mais elles revêtent un caractère profond, un travail d'équipe sincère, un réel désir de s’accomplir avec la personne aimée et d'avoir des projets communs. Et surtout, le vrai amour ne fait pas dans le superficiel, car le superficiel est éphémère. Il est cependant naturel de se demander si nos différences peuvent nous nuire. Cela dit, quand il s'agit d'un amour sincère, ce qui nous semble être une différence handicapante est peut-être tout le contraire dans les yeux de l'autre, comme ici. À certains égards, cette jolie petite histoire me rappelle le duo Karl/Ellie dans la film "Là-Haut", une des plus belles histoires romantiques pour la jeunesse que j'ai pu voir. L'amour n'est pas dénué de défis, mais certainement, il fait ressortir le meilleur de nous et exige une véritable authenticité. Le petit roman est accompagné d'illustrations douces, à l'image de son récit. Et j'apprécie, enfin, qu'il ait présence de poésie entre les lignes, ça rend le tout plus touchant encore. Pour un lectorat débutant, 6-7 ans, mais je pense que ce genre de roman court peut être intéressant pour le lectorat des aînés qui ont besoin de courtes histoires pour le maintient des acquis cognitifs, dans les CHSLD et autres centres de soins longues duré pour aînés non-autonome et semi-autonome. C’est particulièrement pertinent pour les aînés ayant eu une courte scolarité. La police de caractère est par ailleurs assez grosse, comme dans les romans à gros caractère destiné au lectorat adulte ayant des handicap visuels.
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Ilona Melville et les zéros de l'histoire T.1: Mission

Par Marine Orenga
(4,0)
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Incontournable Novembre 2022 Une lecture franchement rafraichissante, à l'humour vif et aux répliques tordantes, mettant en vedette une relativement rare petite canaille impertinente, mais au combien attachante, ainsi que quatre figures historiques mal en point - enfin, presque toutes! Je réitère que je nous en souhaite plus des héroïnes de cet acabit et je nous souhaite autant de romans qui, comme celui-ci, porte le français haut et fort. Ilona Melville est à l'image des femmes qui ont marqué l'Histoire dont elle raffole: non-conventionnelle, insoumise, audacieuse et d'une impertinence toute relative, selon qui observe. La jeune ado est en outre fille de génie scientifique, à savoir la généticienne Alice Melville. Quand un mégalomane typique crée une secte en Antarctique et que ce dernier, sans surprise, décide de partir à la conquête du monde avec ses sbires, aucune stratégie contre-offensive ne semble en venir à bout. Mais le plan "diaboliquement génial" d'Ilona est retenu par le comité international qui planche activement sur une possible sortie de crise et implique le génial cerveau de sa maman. Le plan est relativement simple sur papier: faire revenir quatre génies de l'Histoire réputés pour leur esprit stratégique et redoutable, afin de mettre fin aux prétentions planétaires du dictateur aux bottes en peau de bébé phoque. Si Ilona souhaitait initialement faire venir des femmes (Nzinga, Phoolan Devi et Calamity Jane), a opter pour des hommes. Pour reprendre le mots d'Alice Melville: "les militaires que nous devons convaincre sont des hommes, qui combattent des hommes et qui ne confieront leur destin qu'à d'autres hommes". Ainsi sont choisis le français Napoléon Bonaparte, le Carthaginois Hannibal Barca, l'autochtone apache Geronimo et le mongol Gengis Khan pour sauver les fesses de l'humanité. C'était sans compter le sabotage d'un intrus dans ce projet ultra-secret et dont va résulter quelques variations: Un Napoléon pas très grand et pacifiste, un Gengis Khan aveugle, un Hannibal Barca qui a six ans et...un personnage historique qui n'était pas sur la liste?! Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de commencer par la plume de l'autrice, qui est purement délicieuse. Sarcastique par moment, cyique à d'autre, le texte est habile et il a un riche vocabulaire. Les textes au "je" en jeunesse souffrent souvent d'un manque chronique de diversité de vocabulaire, comme si les jeunes personnage étaient incapable de pondre des phrases moindrement sophistiquées. Ce n'est pas le cas ici, et je m'en réjouit. Ilona a le sens de la réplique et des monologues, un trait qui colle bien à son côté "meneuse". Il y a parfois des parenthèses, des listes et des variations de police pour rendre le récit plus vivant. Bref, j'ai vraiment apprécié la qualité du français et tous ces savoureuses tournures de phrases amusantes. J'ai un faible pour les personnages atypiques ( car je ne digère plus les clichés et les stéréotypes depuis un bon moment et que les atypiques sont sympathiques). Bon, l'antagoniste Évariste le "Juste" est une caricature de tyran mégalomane et dont les prétentions souveraines sont désormais convenus chez ce type de "méchant" et je déplore son manque de fond. Ç'aurait été amusant de savoir pourquoi il tenait tant à conquérir le monde (et la Lune). Ça m'a amusé qu'il ait une voix aigu, cela dit. Pour les protagonistes, cependant, je les ai tous aimé. Ilona incarne ce type de personnage qu'on a longtemps manqué du côté des héroïnes, de celles qui sont classées "turbulentes", "perturbatrices" ou "calamité" ambulante par la société bienpensante. Elle assume aussi pleinement ses forces, ce que les conservateurs aiment appeler "la vanité". Ilona est peut-être un peu de tout cela, mais ce n'est pas une brute ni une fille mesquine qui cherche volontairement les ennuis. Disons plutôt qu'elle a une vision des choses qui contraste avec le "parfait petit modèle féminin" trop souvent imposé aux filles. Ilona est kinesthésique: c'est une boule d'énergie qui aime bouger et foncer, n'en déplaise aux autres personnages qui en sont incommodés. Quand elle a une idée en tête, elle ne l'a pas dans les pieds, démontre une remarquable loyauté et un sens de la justice aiguisé. J'adore son allure également, qu'on peut voir sur la couverture. À bien des égards, elle a beaucoup en commun avec son idole, la très explosive et authentique Calamity Jane. Comme je le souligne souvent, c'est avec ce genre de personnage qu'on maltraite des stéréotypes de genre et qu'on renforce l'idée que les filles aussi peuvent être des héroïnes. J'ai encore trop de garçons en librairie qui boudent les héroïnes parce qu'ils les associent aux chamailleries entre filles, aux amourettes et à la fragilité. Ilona ne s'embarrasse pas de ces sujets trop souvent puérils, préférant jouer les vraies héroïnes, celles qui veulent sauver le monde, à grand coup de pieds dans le c*l. Il y a une profondeur inattendu chez les personnages historiques qui partagent la vedette avec Ilona. Gengis Khan a une sagesse et une patience qu'on ne lui aura pas soupçonnée; Napoléon prouve qu'on peut être pacifiste et lutter contre l'injustice tout à la fois; Hannibal Barca est une terreur malgré ses six ans et Calamity Jane est la plus audacieuse et entrepreneuse du groupe. J'aime beaucoup la délicatesse des personnages masculins, malgré leur réputation. Gengis et Napoléon auront été de bons conseils et de bonne écoute dans les moments de doutes d'Ilona. Leur complicité collective est touchante. Je souligne avoir été attendrie par la relation complice d'Ilona avec sa mère et j'apprécie la manière de traiter les handicap des trois héros masculins, qui ont pleins d'autres manières d'être efficace, quoiqu'en pense les instances militaires. J'apprécie tout le mordant humoristique de cette aventure riche en action et capable de sous-tendre une panoplie de petits thèmes. Enfin, c'est une manière sympathique de jouer sur les stéréotypes de genre, autant en employant des modèles féminins savantes, capables et farouchement déterminées, tout en employant des modèles d'hommes qui peuvent gérer leur émotions, leur vulnérabilité et leur handicap (Et n'en être pas moins "forts"). Vous trouverez à la fin de plus amples informations sur les personnages historiques, incluant l'absent Geronimo, ainsi qu'une ligne du temps pour les situer selon leur époque. Un roman moderne aussi rocambolesque qu'improbable, explosif, drôle à souhait, sur les thèmes de la différence et de la collaboration, aux accents de science et d'Histoire. Recommandé pour tous les amateurs d'action, de personnages originaux et de mission impossibles! Un bon remède contre la morosité, qui promet une suite. Des intéressés? Si ce roman était un met, je pense que je le comparerai à une "Potion magique", ces barbotines/slush amalgamé de crème glacée/glace à la vanille et de bonbons extra-pétillants. Un cocktail super sucré carrément explosif pour les papilles, qui font généralement la joie des plus jeunes. Pour un lectorat du troisième cycle primaire, 10-12 ans.
Shaynning a commenté et noté ce livre

Chambre 213

Par Ingelin Angerborn et Johanna Kuningas
(3,0)
Ce roman intermédiaire suédois propose une histoire de fantôme dans un camp de vacances, avec les manifestations surnaturelles qu'on leur associe. Personnellement, j'ai trouvé le scénario bancal par moment et "l'enquête" tournait en rond plusieurs fois. Elvira, 12 ans, est acceptée in extremis dans un camp de vacances, qu'elle fréquentera pour la première fois. Avant d'arriver sur les lieux, elle croise un véhicule immatriculé ROOM 213, ce qui a quelque chose de malaisant quand elle découvre que c,est le numéro de sa chambre et pas seulement un numéro immatriculation un pue atypique. Elvira partage sa chambre avec deux autres jeunes filles, laquelle chambre a des antécédents mystérieux. Disparitions d'objets, présence perturbante, les manifestations surnaturelles ne tardent pas et dans le trio, la méfiance règne. Une lecture en demi-teinte pour ma part, je dirais. Dans les éléments qui m'ont moins plus, il y a le fait que l'enquête des filles tournent en rond très longtemps, au point que s'en devient agaçant. On a l'impression qu'elles retournent indices sur indices, sans parler de leur manie de se jouer dans le dos en raison de leur méfiance. le fait que les trois filles ont une amourette aussi m'agacent quelque peu: oui, ce sont des filles, alors forcément, elles doivent toutes les trois avoir leur béguin de camp de vacances. On aurait pu faire sans, je pense, surtout avec une histoire d'investigation surnaturelle qui est déjà intéressante, ou à tout le moins en faire une, mais pas trois. Enfin, j'ai été perplexe de deux éléments du scénario: "Attention, divulgâche* La mort du fantôme m'a semblé stupide, je veux dire, mourir de s'être cogné la tête contre le bord d'un lit, ça ne me semble même pas possible et le fait de ne pas avoir eu de secours suite à l'incident quelque peu improbable. En outre, si le fantôme pouvait habiter/posséder Elvira tout ce temps, pourquoi avoir attendu la fin pour leur dire de pas avoir peur d'elle, en voyant la commotion qu'elle causait dans la chambre? Dans les éléments intéressants, il y a le fait que le fantôme n'est pas une entité agressive ou mesquine. Il y a avait de bons passages angoissants, même si les amourettes ont eu tendance à leur en faire perdre leur lustre. Certains personnages étaient clairement placés pour nous mener sur de fausses pistes, mais les plus jeunes lecteurs moins habitués aux polar ne les verront probablement pas venir. Personnellement, je n'ai rein vu de particulièrement novateur ou notable, restant dans le confort des normes du polar jeunesse surnaturel: un lieu mystérieux, une investigation truffée de fausses pistes, une tierce personne qui a la clé manquante permettant aux héros de dénouer le mystère et une bonne dose de peurs. Et ça reste somme toute "gentillet" pour un roman surnaturel. Cela dit, cela peut plaire aux lectrices qui sont facilement apeurées. D'ordinaire, je soulignerais que les romans n'ont pas de genre, mais ici, je ne pense pas certaine que ce roman intéressa vraiment les garçons, avec tout le volet expérimentation sentimental et les chamailleries de filles. J'ai déjà du mal à convaincre les garçons de donner une chance aux héroïnes en librairie jeunesse , mais là, c'est beaucoup trop "fifille" et pas dans le bon sens. Bref, dans son genre, ce roman ne m'a pas convaincu ni impressionné et la fin m'a laissé sur ma faim. Oh, le jeu de mots. Mais il pourrait intéresser les filles de 10-12 ans qui apprécie les premiers béguins combiné au surnaturel. Pour un lectorat du troisième cycle primaire, 10-12 ans.
Shaynning a apprécié et noté ce livre

C'est du boulot!

Par Vincent Guigue et Loïc Méhée
(4,0)
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Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Mascottes sanglantes et pizzas frettes

Par Pierre-Yves Villeneuve
(4,0)
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Il y a, me semble-t-il, un certain engouement pour les romans qui se donnent des airs de nouvelles, en librairie jeunesse. La maison La Bagnole en offre un ici, avec ce titre rocambolesque de "Mascottes sanglantes et pizzas frettres" qui porte un peu mal son nom du fait qu'on ne trouve ni l'un ni l'autre. En fait, il y a une mascotte et des pizzas, mais les deux sont assez accessoire. Bref, voici: Il était un soir un ado travaillant dans une pizzeria, quelque part à l'Assomption. Mal située, mais largement appréciée, les bonnes pizzas contrastent avec l'atmosphère glauque du lieu, spécialement vu de l'extérieur. N'empêche, ça paie bien et c'est là l'essentiel dans le "grand plan" de vie de notre ado de 16 ans, Gabriel. Après une soirée chargée qu'une équipe de gars restreinte ( pénurie de mains d’œuvre oblige), Gabriel apprend qu'il doit s'occuper du "close" ( la routine de fermeture) puisque son meilleur ami et collègue Jean-Pascal a un souper de famille. La sœur et jumelle de JP, Joséphine, vient récupérer son frère tout en confiant à Gabriel, qui est son chum, qu'elle compte faire quelque chose de "spécial" pour souligner son anniversaire. Laissé seul pour la soirée, Gabriel est surpris par un trio atypique de clients. Trois hommes aux vêtements griffés et aux bijoux ostentatoires viennent faire un sort à une large extra-bacon extra extra-viande ( des carnivores ostentatoires, tient) et comme il est hors de question de salir le précieux suède de la Bentley, ils comptent ne pas tenir compte de la règle posée par Gabriel, à savoir que seules les commandes pour emporter sont acceptées. Mais l'imagination de Gabriel s'emballe. Les deux policiers qu'il avait croiser à son entré ne l'avaient-ils pas justement mit en garde contre les gangs de rue venus de Montréal? Indéniablement un roman d'horreur, mais à la couverture, vous ne vous seriez pas attendu à autre chose, n'est-ce pas? Le titre porte à confusion, mais je vous rassure: pas de mascottes sanglantes! la quatrième aussi porte à confusion, car la réplique "Ça serait bête qu'il se mette à y avoir des morts" n'est pas dans le roman. Alors, de quoi est-il question? De gangs avides de sangs? De D'invasion zombies? D'une suite d'erreurs aux conséquences gravissimes? Attention, à partir d'ici, la critique contient des divulgâches - et une spirale infernale. Donc, pour mes profs et mes biblios, voici la suite: Dans le roman, on apprend que JP et sa soeur, malgré leur différence physique, ont tout deux le même attrait pour les films d'horreur. Le pauvre Gabriel en est d'ailleurs victime au début du roman, quand JP simule s'être coupé le doigts. Mais cet évènement en apparence insignifiant donne la clé de la suite, car ce petit "incident" était en réalité un prélude. Les jumeaux font irruption dans la soirée avec Axel, le livreur de pizza également présent au début. Joséphine est blessée, les deux jeunes hommes l'ont ramenée à la pizzeria pour la soigner. Ce qu'ils décrivent alors laisse Gabriel dans un état de stupéfaction: en voulant aider les accidentés d'une collision automobile, Joséphine se serait fait mordre par l'un des automobilistes. En claire: ils se seraient fait surprendre par des gens zombifiés. Aussi, quand JP propose de couper le bras de sa soeur pour ralentir le poison, Gabriel le convainc d'aller raisonner Joséphine d'abord - d'un coup que ce n'est pas un vrai cas de mort-vivant amateur de chaire humaine. Hélas, il la surprend en pleine bouchée de son collègue livreur. Alors quand elle tente de lui sauter dessus, il parvient à utiliser un crayon comme arme blanche et lui enfonce dans le cou. Alors que Joséphine git au sol dans son sang, son meilleur ami revient avec une part de gâteau dans une mains et une caméra dans l'autre. On pourrait croire que cet incident tragique s'arrêterait là, mais non. Il poignarde accidentellement son ami JP. Quand il réalise qu'Axel est un témoin bien vivant mais donc bien compromettant, il se fait la réfléxion que des deux, c'est lui qui a le plus d chance de réussir dans la vie et décide d'étrangler Axel. Ce que Gabriel n'a pas calculé, en revanche, c'est que sa facheuse manie de bruler les feux rouges, combiné au brouillard ambiant nocturne, ne lui ferait pas survivre à cette "nuit d'horreur" qui a vraiment tournée à l'horreur. "L'horreur d'erreur...l'idée que Gabriel va faire tous les mauvais choix possibles et imaginables: Il va creuser sa propre tombe" ( M Pierre-Yves Villeneuve, Capsule Éclair, Saon du Livre, 2022) Terrifiant sujet, en effet. Mais j'aajouterai mon constat personnel, qui est le suivant: n'est-il pas glaçant que ce charmant personnage travaillant et visiblement sympathique prenne un visage aussi calculateur et froid quand il étrangle Axel, sur la base de leur parcours de vie? Qu'Axel, fumeur de pote et "raté" déscolarisé ait donc une vie moins estimable que Gabriel, qui a déjà tout une "stratégie" pour faire fortune dans la vie? L'horreur n'a pas à chercher bien loin, le visage de l'humanité peut bien souvent être plus terrifiant que n'importe quelle entité monstrueuse. Enfin, il est tout-de-même drôlement ironique que les amateurs de blagues d'horreur se fassent ainsi servir leur propre médecine. Sinon, dans sa forme, le roman rappel la nouvelle avec sa fin surprenante et sa formule courte. J'aime bien ces petits romans, surtout pour les lecteurs qui viennent en librairie et qui ne sont pas des Lecteurs assidus ou même convaincus. Je pense à mes ado.e.s qui n'aiment pas lire, mais qui "doivent" lire davantage, mes ado.e.s qui reprennent la lecture comme certains reprennent l'école, mes ado.e.s qui sont en apprentissage du français ou tout simplement mes lecteurs et lectrices ado qui ont peur des pavés littéraires. Bref, les romans courts, ont les apprécie à leur juste valeur, quand ils sont de qualité. J'ajoute qu'on a pas souvent de petits romans d'Horreur/Épouvante. Sur le plan du français, on navigue à la fois sur du très familier et sur du français un peu plus soutenu. C'était d'ailleurs amusant de voir le "gangsta" Dent-en-or ( qui n'en est peut-être même pas un) parvenir à faire entrer les deux catégories dans son vocabulaire, comme "pissed" , "bro" et crew" avec des mots tels que "logistique", "épineuse" et "inévitablement". Je note la coquine présence de deux "sacres". Petite précision qui a son importance pour la représentativité en littérature jeunesse: les personnages principaux sont d'ethnie Noire. Seconde petite précision: Les références géographiques manquent de précisions quand on n'est pas un conducteur habitué des artères routières ( comme bien des ados) ou un Assomptionniste ( oui, oui, les habitants de l'Asssomption se désigne ainsi). Idéalement, évitez de manger quoi que ce soit en lisant ce livre, parce qu'il y a certains passages rempli d'hémoglobine, qu'elle soit réelle ou artificielle. Je n'irai pas jusqu'à dire que ces scènes sont "trash", mais elles ont , disons, "du relief". Si ça ne conviendrait pas à un jeune public, ce n'est pas non plus outrancièrement violent. En outre, les références et le traitement sont définitivement plus orientés vers le lectorat adolescent. Pour un lectorat adolescent, à partir du premier cycle secondaire, 13 ans+.