Activités de Shaynning

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Martin et l'heure du dodo

Par Till the Cat et Carine Hinder
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Incontournable personnel 2021 pour la petite enfance Après avoir lu le tome 1, Martin et les écrans, que j'ai adoré, me voilà le nez plongé dans le quatrième opus, avec cette fois l'importance du sommeil. J'ai déjà beaucoup d'album jeunesse dans le département de la petite enfance, mais très souvent, c'est sur la routine du dodo ou la peur du noir. Ici, c'est plus spécifiquement sur les conséquences et l'importance de faire de bonnes nuits quand on est un petit humain en train de pousser. L'histoire débute sur une soirée entre amis pour les parents, ce qui entraine un contexte propice pour faire "une nuit de grands" comme les appelle Martin. Des soirée où les adultes permettent à Martin de se coucher plus tard que Zoé, sa petite sœur, voir "oublient" carrément l'heure du dodo. Disons que Martin aime beaucoup pouvoir se coucher tard. Le voilà chez son grand-papa Ploc ( ou Papi Ploc), qui oublie souvent l'heure du dodo ou passe tout droit. C'est pourtant lui qui a la meilleure allégorie afin d'expliquer au petit rouquin l'importance du dodo. En effet, il compare le sommeil au temps que prennent les appareils pour se recharger, afin d'être optimaux et d'avoir de l'énergie longtemps. On voit bien le côté "geek" de ce grand-papa programmeur! N'empêche, il a bien raison et surtout quand il ajoute que "grandir demande beaucoup d'énergie", un constat qui peut être relayé aux ados, qui ont eux- aussi besoin de beaucoup de sommeil ( parallèle à faire pour les familles avec des ados). Bref! Notre Martin constate que le meilleur moyen de veiller tard est de se faire "oublier" alors il passe en "mode ninja" et Papi Ploc, occupé avec des amis, passe en effet tout droit. Mais Martin se réveille le lendemain de fort mauvaise humeur. Il se montre impatient, grognon et tout l'agace, même sa meilleure amie! À la maison, même constat. Le soir, il tombe se sommeil et son père le couche tôt. Le lendemain, c,est tout un changement, il redevient le petit garçon joyeux qu'il est normalement. Il reçoit même une invitation pour l'anniversaire de Lola, sa meilleure amie, alors pas question de se coucher tard! Après une super fête, Martin retrouve sa chambre et son lapin en peluche et lui fait la morale: Pas besoin d'avoir toujours des "soirs pour grands", parce que le sommeil c'est important pour grandir, mais aussi pour pouvoir avoir l'énergie nécessaire pour s'amuser! Vraiment, j'adore cette série. Le traitement est intelligent, pertinent, ça ne tombe pas dans le simplisme ou les clichés, ça respire le fait vécu même. J'aime quand les auteurs de la petite enfance prennent le temps de bien expliquer leur sujet. Ici, l'idée n'est pas juste d'aller se coucher tôt, parce que c'est la règle. Non, aller se coucher tôt, c'est le comportent attendu, qui s'il est ignoré, a des conséquences concrètes. C'est de ce genre de liaison comportement-conséquence qui parle le plus aux enfants, au delà du simple code morale. Il ne faut pas avoir peur de leur parler des enjeux, du pourquoi, et surtout, de ne pas les pendre pour des imbéciles! Une fois encore je saluts la variété ethnique des personnages, regardez-moi ces belles couleurs de peau variées et ses origines diverses, ces couples mixtes, c'est génial! Il faut que je reparle de ce grand-papa, ce Papi Ploc, ce vieux bonhomme dynamique à la chevelure et barbe de neige courtes, qui porte un chandail de AC/DC ( remplacé par AB/CD sans doute pour des raisons de copyright), qui a des fantomes PacMan comme oreillers de divan et une horloge en Pixels: peut-on avoir un grand-père plus cool? Programmeur de profession, autonome ( pas de mami pour le nourrir et blanchir) loin du vieux papi grabataire à moitié sourd, merci pour ce personnage actuel, très en décalage avec les plus désuets clichés de la personne âgé paternelle, c'est mon adulte préféré dans la série. Et j'aime qu'il fasse partie de la vie de ses petits-enfants. On sent que c,est une figure d'attachement importante pour Martin et c'est très bien. Le graphisme est aussi digne de mention. J'aime beaucoup la variété des postures, la fluidité des gestes, les positions des mains et la manière d'avoir donné de la personnalité à chaque personnage. Les couleurs sont magnifiques, très joyeuses. J'aime aussi la manière d'intégrer des petites images sans fond sur la page d'écritures et remplir celle de droite qui n,en a pas. Et ils ont de si jolies bouilles les personnages. Enfin, j'aime la façon dont Martin évolue, encore une fois, entre le début et la fin. En plus, au final, c'est lui qui transpose ses acquis en les enseignant à son lapin. Ça peut sembler anodin pour un adule, mais parfois, c'est bon de voir l'enfant donner une leçon, plutôt que d'en recevoir. On sent aussi que Martin a cheminé par lui-même, en faisant les constats qui s'impose , les a comprit et a ensuite changer son comportement. On appelle ça "s'approprier" un changement. Si ce peut être encourager par les adultes, demeure qu'un comportement approprié vaut mieux qu'un comportement imposé. Je le répète: "sont pas nono/stupides nos enfants!" Un autre excellent album de la part du duo Till the Cat et madame Hinder. Les autres tomes sont par ailleurs tout aussi bien et cette série est définitivement ma trouvaille 2021 préférée pour la petite enfance! Pour les enfants à partir de 3-4 ans.
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Martin et l'heure du dodo

Par Till the Cat et Carine Hinder

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Martin et l'heure du dodo

Par Till the Cat et Carine Hinder

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Les enfants des saules T.1: Les descendants

Par Charlotte Bousquet

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Les enfants des saules T.1: Les descendants

Par Charlotte Bousquet
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Je dois avouer que cette superbe couverture a de quoi attirer les regards, mais c'est en regardant les personnages que ça m'a intrigué. Est-ce qu'on avait là quatre héros réellement novateurs? C'est ce que je souhaitais, mais bon, au final, ça reste dans le champ du déjà-lu. Parce que pour être honnête, la magie des quatre éléments, c'est vraiment loin d'être nouveau. Ça commence même à devenir blasant. Pensez seulement à "Winx", la redondante série "Maison de la nuit", "Le dernier maitre de l'air" et les trillions de manga qui utilisent cette quadruple magie. À cela s,ajoutent d'autre pouvoirs très communs: la télépathie, la guérison, parler aux animaux et la super vitesse. Un coin de pays campagnard et paisible, une école dans un genre alternatif, des étudiants qui se découvrent des pouvoirs, d'étranges évènements liés à une entité qui rappelle aussi bien la pollution que les ténèbres ( bah, ça c'est pas nouveau non plus), on a un cadre assez typiquement fantastique. Melvin, le personnage que l'on suit, est lié à la Terre et possède des pouvoirs de guérison. Étonnamment, c'est aussi le meneur, en cela c'est nouveau. Dans les 4 éléments, c'est soit le Feu ou l'Eau qui mènent d'ordinaire, alors tant mieux pour une fois que la tête de front soit un autre élément. Vient ensuite Jade, L'Eau, qui a aussi des pouvoirs liés aux émotions. C'est un personnage intuitif, mature, qui a vécu du harcèlement du à sa silhouette rondelette, et c'est un personnage phare, courageuse et investie. Théo arrive ensuite - lui je l'avais vu venir - est le "garçon fâché aux airs rebelles" qui caractérisent systématiquement les personnages ayant des pouvoirs liés au feu. Immanquable. Ça se voit même sur la couverture. Le cliché est néanmoins atténué par la sensibilité du personnage et son amour pour les animaux. Inaya, le Vent, est demeuré en marge du groupe, en raison de son affiliation avec les nunuches mesquines populaires ( également très convenues). Elle changera de camp plus tard, arguant qu'elle avait un secret à préserver. Ça ne l'a pas empêchée d'être plutôt mesquine avec Jade. En plus de ses dons aériens, elle entend les êtres vivants. Le méchant pour sa part est une sorte d'entité obscure, empoisonnée, destructrice, bref, "malveillante" à tous les niveaux. Je reconnais qu'il y a de bonnes idées sur les personnages, mais toute proportions gardés, c'est encore très déjà-lu ou sinon déjà-vu ( films). Il n'y a eu pour moi aucune réelle surprise, ça coulait bien, mais ça coulait sans vagues. Ce peut être un bon roman pour les non-initiés au genre, avec des héros qui apprivoisent leurs pouvoirs, des animaux an danger, des menaces de la part des méchants, un univers qui traite de fées et des plans des quatre ados pour contrer le Mal absolu, mais pour ma part, en littérature jeunesse, ça ne m'a marqué. Même la thématique "Nature contre pollution" commence à dater, surtout avec les enjeux environnementaux actuels. Néanmoins, pour des nouveaux lecteurs, ça peut plaire et au moins, les héros sont censés et relativement modernes. Leurs interactions sont également crédibles et positives. La plume est efficace, ça se lit bien, mais j'ai noté des longueurs. Un premier tome de trilogie pour les amateurs de magie élémentaire ou pour les non-initié au genre. Pour un lectorat du troisième cycle primaire, 10-12 ans.
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Sauver Mina

Par Catherine Cuenca
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Incontournable Août 2021 "Sauver Mina" est un roman qui marque, qui indigne et qui met en lumière de terribles évènements. Peu de livres jeunesse traitent des fanatiques religieux djihadistes, moins encore sur les groupes qui mettent leur vie en péril pour faire cesser la folie de ces hommes sur l'humanité, spécialement sur les femmes. Ironiquement, c'est justement d'une faction de femmes combattantes dont il sera question. Amal et Mina sont demi-sœurs et elles s'adorent. Elles font parti de la minorité religieuse yézidie, considérée comme satanique par Daech. Amal et son père prennent la décision de quitter Sinjar, leur ville pakistanaise, quand des rumeurs sur l'avancé de Daech, une faction de djihadistes, leur parviennent. Baba Saoud, le père des deux filles, Mina et sa tante, auront le temps de se fuir leur arrivé, mais dans les montagnes, à Kocho, Mina et l'autre partie de sa famille se fait capturer. On exécute les hommes pubères, on sépare les femmes comme du bétail: on garde les femmes mariées comme domestiques, les jeunes femmes non-mariées en esclaves sexuelles qu'on peut vendre et revendre comme de vulgaires meubles. Les violer et les battre n'est pas un crime. On exécute les femmes trop âgées. On endoctrine les jeunes garçons pour en faire des kamikazes.Un génocide est en cours et un règne de terreur commence pour les irakiens. Les djihadistes prennent un malin plaisir à s'offrir tout ce qu'ils condamnent aux autres musulmans: alcool, drogues, femmes, films porno, etc. Quand Amal tente de contacter sa grande sœur, un homme lui répond: "Mina est une "sabiyya" ( esclave sexuelle), maintenant." Comprenant dans quelle horrible situation elle se trouve, Amal refuse de fuir plus loin et intègre le YBG, une unité féminine de combattantes kurdes, et plus tard yézidie. Elles ne sont pas les seules à mener la vie dure aux fanatiques. Plusieurs autres groupes armés tentent de reprendre les villes tombées aux mains des hommes de Daech.Seul compte pour Amal le sauvetage de Mina et venger son peuple, en parallèle. Mina, de son côté, subit de terribles sévices corporels, psychologiques et sexuels, revendue à plusieurs reprises, ayant réussi à fuir à plusieurs fois. Son calvaire croise celui d'autres femmes, d'autres filles, esclaves ou alliés inespérées, et même certaines personnes qui ont radicalement changés sous la doctrine de Daech. De part et d'autre, pour les sœurs, le combat pour la survie est engagé. C'est une histoire très dure, à la limite supportable, quand on sait que ce roman est inspiré d'histoires vraies. J'ai eu la gorge nouée presque tout le long de ma lecture, c'est très émouvant. On y croise d'ailleurs trois femmes bien réelles, certaines décédés et d'autres devenus des figures phares de la lutte au trafic humain. On a donc Arin Mirkam, Nadia Murad ( Nobel de la paix 2018) et Lamia Hajji Bachar. Nous alternons entre Amal et Mina, bien que je trouve le côté de Mina terriblement perturbant vu la nature, la durée et la portée de son long calvaire, qui aura duré 18 mois. Amal était magnifique avec son courage et sa foi, à peine âgée de 16 ans, au front avec d'autres femmes remarquables. Ça m'a vraiment dérangé de ne pas avoir entendu parler de cette unité de femmes combattantes avant de lire ce livre. Pourquoi ne pas les avoir vues aux nouvelles? Ou sur les réseaux sociaux? Alors que les djihadistes sont en ce moment un des pires fléau de l'humanité et de véritables monstres à l'endroit des femmes, comment ne pas trouver ironique et jouissif l'idée qu'ils se font rembarrer par des femmes? Mais n'oublions pas les hommes: ils ont été et sont encore nombreux à lutter contre les hommes de Daech, épaulant les unités de combat ou orchestrant des évasions pour les femmes yézidis encore prisonnières. Ils n'ont pas été épargnés eux non plus, soient exécutés pour la simple raison de leur convictions religieuses , soit pour ne pas soutenir le régime d'horreurs des djihadistes, soit pour avoir porté assistance aux yézidis. C'est donc une porte sur une réalité très crue, brutale et ignoble, qui demeure le quotidien de gens encore aujourd'hui. Si les djihadistes semblent avoir reculés en Irak et en Syrie, ils viennent tout juste de reprendre Kaboul, capitale afghane. Leur folie meurtrière et leur foi extrêmement violente n'est pas près de finir. La couverture est magnifique: on comprend d'un seul regard de quoi il est question, c'est une image très symbolique et percutante. Je suis donc ravie en tant que libraire de voir ce roman atterrir sur nos rayons, ne serait que par égard au combat qui se déroule au Moyen-Orient et pour rappeler la chance que nous avons d'être dans nos pays civilisés. En outre, c'est une belle histoire d'amour sororal. Un roman "coup-de-poing" qui met en lumière la grande force et la résilience des femmes et des hommes qui combattent l'oppression, la haine et la cruauté. Un roman à faire connaître massivement! Compte tenu de la violence sous toute ses formes qui y est contenu, le roman a été classé "Jeune adulte" ( 17 ans et +). Voici les livres proposés dans le roman, "pour aller plus loin": -Nadia Murad, "Pour que je sois la dernière", LGF, 2018 - André Hébert, "Jusqu'à Raqqa. Avec les kurdes contre Daech", les belles lettres, 2019 - Viyan, avec Pascale Bourgaux et Saïd Mahmoud, "Moi, Viyan, combattante contre Daech", Fayard, 2016 - "William Roj, un français chez les Kurdes", Guerres & Histoire n.56, août 2020
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Sauver Mina

Par Catherine Cuenca

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Sauver Mina

Par Catherine Cuenca

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Politiquement incorrect

Par Pier-Luc Lasalle

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Politiquement incorrect

Par Pier-Luc Lasalle

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Politiquement incorrect

Par Pier-Luc Lasalle
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Dans la dernière fournées de romans ado québecois arrivent ...des melons? Bah oui, tient, leur couverture verte, leurs pages de garde rose piquetées de pépins, le petit melon moutardé sur le dessus, ce sont bien des melons d'eau! Des pastèques, pour vous, cousins européens. Mais en quoi un melon a-t-il rapport avec ce titre, "politiquement incorrect"? Devant ma perplexité, ma collègue libraire me dit que ce melon tartiné de moutarde pourrait être une référence à des vidéos de Tik Tok, dans lesquels des jeunes se gavent de melon recouvert du célèbre condiment jaune - Heh? Mais quelle idée, c'est si bon tout seul. Enfin, bref, ça m'a amusé de voir ce roman en forme de fuit, et je pressent un lien avec les réseaux sociaux - à moins que ce ne soit qu'une simple lubie de maison d'édition. Donc, que cache ce fruit rempli d'eau, au juste? Un roman pour vieux ados, comme j'aime appeler les 15-17 ans. Et si la couverture reste un mystère, le titre nous donne d'emblée le ton: oui, messieurs, mesdames, on va jaser de politique, mais qu'à cela ne tienne, c'était étonnamment addictif! Procédons de manière organisée: d'abord, l'histoire. Nous suivons un ado, Hugo, un étudiant de l'école privée depuis le début de son secondaire et qui passe maintenant sa dernière année à l'école publique. Non, ce n'est pas parce qu'il s'est fait prendre à acheter ou vendre des drogues de "riches' qu'il y est, comme semblent le penser ses nouveaux camarades de classe, mais parce que sa mère est candidate pour le Parti Populaire du Québec, et pressentie pour devenir la Ministre de l'Éducation. Or, déjà qu'il est généralement mal vu d'être à l'école privée ( j'y reviendrai), il serait certainement mal vu pour une Ministre de l'éducation d'avoir un fils dans une école privée. Hugo est un jeune homme anxieux et pessimiste, qui tient à sa vie privée et déteste tout le bazar entourant la politique, les faux semblants, les dialogues vides et les belles promesses. Malheureusement, il se retrouve impliqué. En outre, si sa mère et son Parti ont gagné les élections, voilà que madame Morais se retrouve avec la "patate chaude" du Parti: le ministère de l'environnement, soit le seul ministère dont son Parti n'a pas l'ombre d'un plan, malgré les urgences climatiques et les enjeux associés. Et pour ajouter un peu de moutarde à la situation, voilà que Jade, la fille dont Hugo est intéressé, va se présenter pour la présidence de son école. Heureusement qu'Hugo a ses séances chez sa psy pour tenter de voir plus clair en soi. Sauf qu'un psy, ce n'est pas une machine à donner des réponses. Bon, d'abord, petite précision de contexte pour nos amis européens. Au Québec, il y a deux systèmes éducatifs: le publique et le privé. On pourrait croire que le "Privé", avec ses écoles rutilantes et modernes, son matériel à la fine pointe de la technologie et ses nombreux discriminants en matière de sélection d'étudiants ne serait qu'accessible aux riches, mais comme le privé est subventionné aussi par le publique ( énorme problème ici) , on a aussi des étudiants de la ( haute) classe moyenne. Mais comme vous le devinez, le "privé", c'est "L'élite", qui n'est d'ailleurs pas forcément méritante. Les enfants à difficulté d'apprentissage ou de comportement, les enfants ayant des handicaps, les turbulents, les moins intelligents, les moins performants n'ont pas leur place ( sauf les petits riches, sauvés par les dons de leur parents). Le publique , pour sa part, rassemble la vaste majorité qui reste, les enfants allophones en intégration , les enfants en difficulté, les Privés rejetés du Privé, les enfants de parents pas assez riches ou incapables de s'endetter, et les enfants dont les parents n'adhèrent pas à l'idée de mettre autant de pression sur les épaules de leurs jeunes. Parce que, vous savez quoi? Au fond, privé ou publique, on finit tous aux même Cégeps et c'est au Cégep que commence la sélection pour l'Université. Alors pourquoi tant de drame pour le primaire et le secondaire, si on finit tous à la même case, finalement? On a un système très inéquitable et injuste, qui démonise l'école publique autant que le privé, dépendamment de quel groupe social vous faites parti. C'est important de comprendre ce contexte, parce que ça explique les réactions des personnages, surtout au début. Ça explique surtout pourquoi il serait inconvenable pour une député devenue Ministre de l'Éducation - et par extension la représentante du système publique, avoir un enfant dans un somptueuse école privé qui fabrique des élites. Dans la vraie vie, la vaste majorité des politiciens envoient leurs enfants au privé, parce que la vaste majorité adhèrent aux vieux stéréotypes: Le privé forme des citoyens parfaits, le publique c'est pour le peuple, le Privé est sécuritaire, le publique dangereux, le Privé ouvre des portes, le publique, par manque de matériel et d'effectifs, forme surtout des décrocheurs, etc. C'est très divisé. Hugo se retrouve donc dans l'école publique juste à coté de chez lui, avec pleins d'idées fausses à son endroit, bien sur. Pour bien des gens, les écoles secondaires publiques sont des trous à drogués, à ados blasés et à graines de bandits ( une sacrée ironie quand on sait que le trafic de drogues dures est surtout un problème dans le Privé). Mais en fait, son école est surtout très laide, parce que sous-financée et désuète, mais Hugo y fera la connaissance de personnes assez sympa, dont Jade, intense, bavarde et idéaliste. Hugo est un personnage principal effacé, qui ne veut surtout pas faire de vague, introverti, cynique et qui a la culpabilité facile. Enfant privilégié, il a tendance à même s'en vouloir de ne pas être plus humble. Il a aussi une forte tendance anxieuse, à anticiper, fuir et saboter. Les relations sociales, c'est pas sa force. Il est suivi par une psy, dont les séances entrecoupent le récit. C'est un ado qui, clairement, se cherche et n'arrive pas à se valoriser. De fait, il doute de tout, surtout de lui-même et cela entrave ses relations avec les autres, même Jade, qui a le béguin pour lui. Cet aspect de l'histoire, la psychologie entourant Hugo, était très intéressante. On a pas tant de héros ado de son âge qui aborde autant d'aspect de leur personnalité et de leur ressenti dans la littérature jeunesse. Plus souvent qu'autrement, ce sont soit des héros "épiques" ou des "beau gars" spécifiquement présents pour le personnage féminin principal. La dernière fois que j'ai vu ce genre de héro, c'était avec "Dear Evan Hanssen", qui au final, est vraiment un con d'avoir monter pareil mensonge sur le dos d'un suicidé. Mais c'est typiquement américain: pas moyen de faire simple. Ici, on est en littérature québecoise, et ça parait, ça reste simple ( attention, pas "simpliste!"). On navigue dans des thèmes très humains: la relation de Hugo avec sa mère, jamais vraiment présente, adhérant à des idées différentes, l'embarquant malgré lui dans la comédie de façade des futurs élus en "mode séduction". Mais ne démonisons pas Madame Morais, Hugo n'est pas simple à vire non plus. Au fond, c,est très commun de ne pas s'entendre avec sa famille. On a aussi les éléments soulevés avec la psy: le changement, la confiance, les mécanismes de défense, l'estime de soi, etc. Un vrai ado en quête identitaire, en somme, comme le sont souvent les personnages adolescents. L'environnement est aussi présent, plus vers la fin, pour cette génération "d'éco-anxieux", en opposition avec les générations de grands pollueurs qui les ont précédés. On a une présence d'humour au deuxième degré, beaucoup de comparaison crues - en fait le langage n'est pas censuré. On aura la présence de certains sacres (Osti, Criss, notamment), plusieurs termes pas très élégants, mais en même temps, c'est un roman pour les 15-17 ans en montant, alors ce n'est pas non plus inapproprié. Certains des termes sont dans leur contexte, je pense notamment aux insultes sur les pancartes électorales, hélas, bien réelles. Ce qui m'amène à soulever une réalité mit en lumière par ce roman: la politique pour les femmes. On sent que la mère d'Hugo sert des ambitions de la part de son Chef de parti, surtout quand il prend des décisions paternalistes à son endroit. On sent aussi le discours très vulgaire et rabaissant à caractère sexuel quand il s'agit de femmes politiciennes. Il y a encore un certains sexisme politique dans la province, sans doute parce qu'on a encore des vieux de la vieille encore très machos et des hommes pas très éduqués pour dire que le monde de la politique est un monde d'hommes. Hugo va finir par comprendre cet aspect, on le comprend vers la fin, et en confrontant sa mère, ironiquement, je pense qu'il l'a met sur un réel pied d'égalité. Enfin , le roman est très aéré, les chapitres minuscules, le tout découpé en trois grandes parties: Judith ( la maman d'Hugo), Jade, puis Hugo. Sa forme est sans doute ce qui permet une lecture fluide et addictive, je l'ai fini en quelques heures, d'une traite. La plume n'est pas spécialement gracieuse ni poétique, elle est même crue, directe, sans fioritures. Le langage n'est pas très élégant, ponctué d'anglicismes et de syntaxe défectueuse, à la manière des gens peu articulés. Cependant , je dirais que ça sied au personnage narrateur, Hugo, mais PAS parce que c'est un JEUNE, ce n'est pas automatique de s'exprimer avec un français moche juste parce qu'on est jeune. En revanche, la plume est claire, les descriptions du ressenti également. Je termine en disant qu'on a pas beaucoup de roman sur le sujet et que celui-ci se lit comme un charme. On garde l'axe politique, mais on touche pleins d'autre sous-thèmes intéressants. J'aime beaucoup l'intergénérationnalité de l'histoire, l'actualité des sujets, l'imperfection des personnages, la force de caractère des filles, la sensibilité des garçons. Ce roman était une vraie promenade, qui en plus a le mérite de soulever des sujets importants. À voir! Pour un lectorat du second cycle secondaire, 15-17 ans. Pour les bibliothécaires et profs: présence d'une scène sexuelle explicite, présence de sacres ( pas beaucoup, néanmoins) et d'un vocabulaire peu élégant.
Shaynning a commenté ce livre

Selma et Samir

Par Mymi Doinet et Nicolas Trève
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Incontournable Septembre 2021 Ce petit roman de la maison Nathan nous raconte l'histoire de deux enfants, mais pas à travers leurs yeux. Nous sommes plutôt à travers celui de leurs objets, de part et d'autre: le crayon, le bandana, le cellulaire de Selma, petite française, les chaussures usées, le sac à dos, la lampe de poche, l'harmonica, la photo ( sur laquelle se trouve la grand-maman de Samir) de Samir, migrant du Mali. On a aussi deux chapitres racontés par Jonathan le goéland. C'est original cette façon de sortir des personnages et de faire parler les objets, dont chacun nous donne d'ailleurs des indices sur leur possesseur. L'usure des souliers de Samir nous donne un aperçu du chemin parcouru, le cellulaire de Selma nous informe de sa passion pour les photos, par exemple. C'est une histoire simple, plutôt joyeuse ( peut-être trop, même pour un sujet aussi grave que le sort des migrants, mais soyons bon joueurs, c'est destinés aux 8 ans). Nous suivons Samir, qui va quitter le Mali en prenant un bateau avec d'autres migrants, dans des conditions précaires. Il a du laisser sa grand-mère là-bas, la dame n'ayant pas la santé pour faire ce genre de voyage. Son long périple l'amène en France, où il s'installe sur une plage avec d'autres migrants. Selma entend parler de ce petit campement et va y faire un tour. Elle y prend une photo de Samir, mais perd également son bandana. Il sera récupéré par le jeune Malien. La mère de Selma est en contact avec les migrants car elle fait parti d'un programme d'alphabétisation et c'est là que les deux enfants vont se retrouver. Avec un autre ami, ils font un spectacle de musique. C'est en exposant la photo la "nahéma" ( grand-maman) de Samir durant le spectacle qu'un journaliste apporte au garçon des nouvelles d'elle. Heureusement, elle se porte bien. On a pas beaucoup de ce genre d'histoires pour les 8-9 ans, alors c'est bien d'en avoir une ici. L'aspect narratif est original et on valorise les arts comme moyen d'expression. C'est un beau petit livre dans son genre. À voir! Pour un lectorat débutant lecteur, 7-8 ans.
Shaynning a coté ce livre

Selma et Samir

Par Mymi Doinet et Nicolas Trève

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Shaynning a aimé ce livre

Selma et Samir

Par Mymi Doinet et Nicolas Trève

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Les petits mystères à l'école

Par Dominique Demers, Bertrand Gauthier, Isabelle Lafortune, France Lapierre et Isabelle Larouche
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Incontournable Septembre 2021 Après "Les mystères à l'école" et "Les nouveaux mystères à l'école", le collectif d'auteurs récidivent avec ce nouveau recueil de nouvelles, cette fois adressé à un cycle plus tôt, les 8-9 ans, avec quelques petits ajouts et une littérature assistée. Le roman est écrit avec la police de caractères adaptés "Andika", conçue pour facilité la lecture aux enfants dyslexiques, dyspraxiques, dysorthographiques, ainsi que les troubles visuo-perceptifs et visuels. Elle est notamment beaucoup plus grosses, espacée et les lettres plus près de celles apprises en classe. Ce recueil s'amorce avec une nouvelle écrite par Richard Migneault, soit le directeur du collectif d'auteurs. Cette nouvelle introduit les autres et explique, en outre, ce qu'est une nouvelle. On retrouvera également dans cette nouvelle des éléments qui appartiennent aux autres nouvelles, comme des objets. Une façon chouette d'introduire et d'instruire sur le sujet. Ensuite viennent les nouvelles de treize autres auteurs et autrices québecois(es), qui situe tous leur histoire dans une école - forcément vu le titre, heh! Certaines histoires sont frissonnantes et d'autres mystérieuses. L'une d'elle se situe en Guadeloupe, alors qu'une autre est narrée en pleins Grand confinement par un mystérieux narrateur dont on doit décoder le nom à la fin. Une autre se déroule dans les années 30. La plupart des histoires impliquent des élèves et des enquêtes. le tout a donc un côté "polar". La nouvelle "Miroir, miroir, qui est Bloody Mary?" par I.Larouche a été écrit en collaboration avec les élèves de 5e et 6e année primaire de l'école Rotiwennakéhte de Kanesatake, un village iroquois de la Rive-Nord du Grand Montréal, et se déroule donc en ce lieu avec de jeunes personnages autochtones. Mention spéciale à la nouvelle "l'enfant vide", très percutante sur le thème de la différence" où un enfant de la classe est qualifié de "vide", alors qu'il a un don avec les animaux. Très touchant. À la fin du livre, on nous propose de lire des fiches remplies par les auteurs et autrices, pour ensuite deviner à qui elles correspondent. Il y a donc un bon degré d'implication de la part du Lecteur dans ce recueil. L'écriture est agréable et fluide dans tous les cas, et on est pas en reste côté vocabulaire. C,est le genre de livre un peu "passe-partout" qu'on pourrait offrir à peut près tout les enfants. Les moins lecteurs pourront lire à leur rythme selon les histoires, les plus gros lecteurs pourront le lire d'une traite, c,est commode. J'apprécie que le collectif ait changé la police d'écriture pour être plus inclusif, c'est important. À voir! Pour un lectorat du second cycle primaire, 8-9 ans en montant.