Shaynning
Libraire @ Librairie Monet
Intérêts littéraires : Biographies, Jeunesse, Littérature, Psychologie, Arts, Bande dessinée, Loisirs

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On ne tire pas sur les fleurs pour qu'elles poussent

Par Catherine Girard-Audet
(4,0)
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"On ne tire pas sur les fleurs pour qu'elles poussent" est le premier tome d'une trilogie. La seule chose que l'on devine avec cette chose rouge qui sort d'un pot, c'est par rapport au titre. Les gens sont comme les plantes, inutile de les brusquer ou leur imposer des délais, ils ont besoin de croitre à leur rythme. Je dois dire que c'est un sujet de circonstance dans notre société occidentale porté sur la vitesse, les objectifs de vie ( par trop souvent irréalistes, en plus) et le parcours scolaire unilatéral. Néanmoins, dans les faits, la génération des millénaux et la génération Z, soit les 15-35 ans environ, sont des cohortes d'âge très portées sur les parcours atypiques. Ainsi, il n'est absolument pas rare de voir des étudiants bifurquer, slalomer et même entrecouper leur parcours scolaire, que ce soit en y insérant des pauses d'années sabbatiques ou des voyages, ou alors des changement de programmes. On commence à comprendre qu'il est en réalité ardu de choisir une ligne de parcours de vie et de s'y tenir, surtout quand il s'agit de faire des études qui dure entre 15 à 20 ans. Dans le système québecois, dès la troisième secondaire ( étudiants de 15-16 ans), on commence à parler des prérequis pour les Cégep ( collège) et l'université. Il faut donc choisir tôt le domaine d'étude, alors que les jeunes québecois.es ont souvent peu ou pas d'idées de ce qu'ils veulent faire comme métier ou même comme sorte de métier. Le système scolaire n'est pas souple sur cette question. En revanche, il est de plus en plus souple sur les petits programmes et les programmes par cumul, précisément parce que de plus en plus, les parcours scolaires sont atypiques. Là où le bas blesse, c'est quand on aborde la question de l'anxiété de performance et de l'anxiété tout court. Les étudiants sont nombreux à jongler sur la question scolaire, mais comme c'est perçu comme une sorte de "faiblesse" de changer de programme ou de couper ses études en deux, les étudiants vivent beaucoup de stress et craignent d'être jugés. S,ajoute à cela la craint de ne jamais savoir quoi faire comme métier. Maintenant que vous avez une mise en contexte du sujet principal, qu'en est-il du roman? Juliette Papillon est une jeune femme dans la vingtaine, et elle découvre, après une année achevée dans son programme d'Histoire de l'Art, qu'elle déteste ce domaine. En parallèle, elle a du mal à se remettre d'une rupture. La relation qu'elle avait avec Loïc était quelque peu singulière: d'entrée de jeu, il se dit sans attaches et compte quitter le pays une fois ses études terminées. Mais Juliette espère le faire changer d'avis par amour pour elle, ce qui ne fera pas. Pire, il n'avait aucunes intentions de lui quand il partirait. Donc, entre son absence d'idée quand à son futur et cet homme qui continue à fantasmer leur amour, à bonne distance, "Papillon" a du mal à garder le cap. Son amie Aria tente de la pousser vers les garçons et son amie Sacha lui propose un voyage dans l'ouest canadien en été. Mais est-ce réellement ce dont Papillon a besoin? Une des raisons qui m'a poussé à lire ce roman moche est le fait que je me doute que des gens me poseront des questions à son sujet, en librairie jeunesse. D'abord parce qu'ils se demanderont ce que ce roman moche cache ( ce que je vois souvent en librairie) et qu'ils se demanderont si l'autrice de la populaire série des Léa Olivier a fait un bon coup ici. J'aurais tendance, après lecture, à dire que c'est relativement réussi. Je ne peux m'empêcher de ne pas apprécier le choix des dialogues en alternance de noms, ce qu'on voit d'ordinaire dans les livres de théâtre. Vous savez, ces dialogues avec le nom, suivi d'un double point? C'est peut-être un simple goût de ma part, mais ce genre de procédé me semble paresseux. X parle, Y parle, Z parle, c'est mécanique, ça manque de viande. La langue française ne manque pas de verbes d'action pourtant. Bref, pour du niveau Jeune Adulte, nos 17 ans et plus, je trouve que ça ne lui va pas. Mais peut-être que cela plaira aux lecteurs qui aiment les successions de dialogues? Ensuite, côté plume, c'est très simple. Je veux dire par là que ça n'a rien de très recherché. On a du vocabulaire très accessible, quoique très souvent ponctué d'anglicismes, des phrases courtes, des dialogues sans fioritures. Rien de poétique. Une plume simple répondra à certains lecteurs et lectrices, qui ne veulent pas de prise de tête, mais qui pourrait aussi ne pas plaire aux lecteurs et lectrices qui aiment un minium d'élégance au niveau de la plume. Ce n'est donc ni une tare ni une qualité, cela dépendra de qui lit. "Papillon", joli surnom, a de la répartie, comme j'en ai vu dans quelques romans "girly" comme la Chick-Lit adulte. Le genre de répliques qu'on ne voit jamais en vrai, mais qui sont drôles à lire. Je trouve qu'il y en avait vraiment beaucoup et à un certain moment, je tombais dans la lune. Généralement, si cela m'arrive, c'est signe qu'il y a matière à abréger. Ça me dit aussi que selon le lectorat, certains aimeront ces moment de dialogues superflus et d’anecdotes et d'autre non. Dans un autre autre d'idée, j'aimerais vous parler de la relation amoureuse en présence, celle de Papillon et Loïc. Ou plutôt, celle qui a eu lieu. On commence le roman avec l'une des "lettres" envoyé de Loïc à Papillon, après leur rupture. Le genre de lettre qui me l'a fait aussitôt placer dans la catégorie "Égocentrique". Les lettres qui suivront ne feront que renforcer cette impression. Un homme qui abandonne une fille pour mieux cultiver son souvenir ailleurs selon ses propres barèmes, c'est d'un égoïsme rare et d'un manque d'empathie qui frôle la cruauté. Je comprend donc parfaitement le personnage d'Aria, amie de Papillon, qui a vu clair en ce personnage et qui a comprit que cette relation blesserait son amie, inévitablement. Non seulement il abandonne Papillon, il refuse de couper les ponts. Comment est-elle supposée vivre son deuil alors, avec un homme-velcro pareil? C'est donc, à mes yeux, une relation malsaine, qui ne repose ni sur la confiance, ni sur la réciprocité ( penser aux besoins de l'autre et avoir à cœur de l'inclure dans ses projets) ni sur l'engagement ( la capacité à se projeter en tant que couple dans l'avenir, faire des projets communs et cultiver le vivre-ensemble relationnel, en quelque sorte). C'est une relation fantasmée, où le sexe et le plaisir semblent être les principaux attraits, dans laquelle l'un et l'autre ont leur conception de ce que leur couple devrait être. Cependant, sans communication, se sont fait des attentes irréalistes d'un côté comme de l'autre. Papillon a refusé de voir que sa relation ne mènerait nul part, Loïc a refuser de déroger son plan de vie pour y inclure la femme qu'il apprécie ( je n'ose pas dire "aimer", ça n'a vraiment rien de l'amour). Ce que je trouve très perturbant est le fait que cet homme s'évertue à croire que ce qu'il fait n'est pas mal, alors que ça génère de l'anxiété et du malaise chez Papillon. En outre, il me semble qu'il impose SA façon de concevoir son couple, et s'évertue à l'imposer à Papillon. Tout comme le personnage d'Aria la dit , Loïc me semble être un manipulateur, et qu'il le fasse exprès ou non n'enlève rien au fait que c'est toxique d'agir ainsi. J'apprécie que l'autrice ne lui donne pas raison et fait évoluer Papillon dans un sens qu'il lui est favorable à elle. Ici, la relation toxique n'est pas glorifiée. La meilleure partie du roman est sans conteste la rencontre de Papillon avec Gabrielle, étudiante en psychologie. Comme elle le mentionne, personne n'a à faire les choix à sa place, comme son choix de rester avec son One-Night Stand ( coucherie d'un soir) , Sam, ou de partir en voyage dans l'Ouest. Nous sommes les mieux placés pour savoir ce dont nous avons besoin et quand nous en avons besoin. Il importe de normaliser les erreurs, de relativiser les échecs, d'accepter d'être faillibles et vulnérables. Mieux, c'est normal d'avoir ses mauvaises passes et on a tous des jours où on se sent misérables. Se donner le droit d'être malheureux, pour mieux se mettre en quête d'une situation plus confortable, selon nos besoins. On ne le dit jamais assez, et pourtant, il me semble que c'est la base pour être moindrement heureux. Vu le titre, je me doutais qu'on en arriverait à ce genre de constat, et heureusement, ça tient la route et c'est bien amené. Ce n'est pas juste une vulgaire phrase de psycho-pop à deux sous. Concernant la fin, j'espère seulement que la trilogie qui se construit ne finira pas en Occupation-Double ou en Ramdam sentimental de style Harlequin, avec un genre de triangle amoureux à la con. Je suis vraiment suprêmement agacée par la surreprésentation des triangles amoureux en littérature jeunesse au féminin, ils sont trop présents et trop stupides. Bref. Petit détail que j'aime bien: les personnages écrivent sans fautes leurs textos. En somme, sans dire que je suis emballé par ce roman qui l'est très mal, ça reste dans un axe pertinent, très facile à lire ( un peu trop pour mes goûts personnels) et versé dans des sujets assez propres au groupe d'âge des jeunes adultes. Pour un lectorat Jeune Adulte, 17 ans+. Pour les profs et les bibliothécaires, contrairement à ce qu'on pourrait croire, on a rien de très explicite dans ce roman.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Coming in

Par Samuel Champagne
(4,0)
1 personne apprécie ce livre
Second opus de la série #Sans Tabou, dont vous n'avez pas besoin d'avoir lu le premier tome, est un recueil de nouvelles, donc des histoires courtes, ayant toutes le même thème, à savoir la découverte de son orientation sexuelle chez cinq adolescent.e.s. C'est ce que l'auteur appelle "Le coming in", le moment où les ados comprennent qu'ils ne sont pas hétéros, mais homosexuel.les ou bisexuel.les. L'histoire de Zachary, 15 ans, est l'un des plus gros clichés de la littérature ( et cinématographie) sentimentale, avec un sportif rebuté par l'école qui est "forcé" de travailler avec le gars ayant les meilleurs notes de sa classe, ce qui fait de lui un Intellectuel aux yeux des autres. Le nerds et le Sportif, en somme. Il y a des fois où je me dis que l'école étant une micro société, le duo "sportif-nerds" est très probablement l'équivalent du Noble courtisant une paysanne (ou l'inverse). À croire que ce fantasme persistant repose sur l'énorme écart de statu social entre le haut de la pyramide et le plus bas de celle-ci, expliquant pourquoi ce genre de duo est encore si intensément présent dans les romans comme dans les films! Bref, une fois encore , on a un gars un peu trop centré sur sa réputation qui se retrouve coincé avec un gars qui prend ses études au sérieux et bien sur, découvre que même les Intellos ont des sentiments ( notez le sarcasme). Mais dans le cas qui nous occupe, notre Sportif hockeyeur et basketteur se découvre des sentiments d'une nature différente de la simple amitié et du même coup, son orientation homosexuelle. Adriana, 16 ans, fait parti d'une famille mexicaine très pratiquante et croyante, ce qui l'amène a être à l'église chaque dimanche. Le fait qu'elle soit croyante n'empêche en rien de trouver ces longs sermons passablement ennuyeux et sans intérêt. Quand elle rencontre Victor, elle vit sa première relation amoureuse, mais quand ce dernier se fait insistant, elle met fin à leur relation. Adriana fait ensuite la rencontre d'Anouk, drôle et pimpante, qui rend ses dimanche moins pénibles et lui fait une présence lors des soupers post-église avec la communauté mexicaine du quartier. Quand Anouk révèle que les filles lui plaisent, Adriana suspend leur relation, avec de grands questionnements à gérer. En fait, elle aussi se sent attirée par sa meilleure amie, mais alors, que penser de ses émotions liées à Victor? Et puis, est-ce que sa bisexualité peut être compatible avec ses croyances? Car l'Église n'a pas de tendres sentiments pour la diversité sexuelle ( même si 85 % des prêtres catholiques sont gays ( Source: Sodoma, F.Martel)). Adriana est le personnage qui a la ligne temporelle la plus longue, de 14 ans ( en Juillet) à 16 ans, en Juin, donc 2 ans. Jesse, 13 ans, entre au secondaire, une jungle sociale qu'il n'arrive pas à comprendre et qui le confine à un rang de "rejet". Il est petit de taille, roux de cheveux, très peu doué pour les sports, n'a pas de répartie et aimerait faire la chorale, alors que son père macho a des idées très arrêtées sur ce qui fait "un mâle", un "vrai". Jesse se fait, en outre, traiter de "fife"( l'équivalent de "pédale" ou "pédé" en français européen). Quand Jesse rencontre le très dynamique Matthew, alias "Garfield", il se découvre aussi une réelle homosexualité, une énième "différence", qu'il ne se sent pas prêt à assumer. Ce qu'il aurait besoin, surtout, c'est un ami, au moins une personne avec qui se tenir dans cette vaste école qu'il déteste déjà beaucoup. Maxime est une jeune ado qui ne comprend pas les filles. Elle s'insurge d'être traitée par rapport à son genre, alors qu'elle n'a rien de la fille "typique". Les robes, le rose, les bavardages insipides à propos des garçons, la fragilité physique, vraiment rien à voir avec elle, qui aime au contraire les activités physiques intenses, le noir et les vêtements confortables. Elle aimerait être traitée comme son frère. Ce côté d'elle qui est perçu comme étant "un garçon manqué" par les autres filles est aussi perçu comme du transgenre. Mais ça n'a rien à voir. Elle ne veut pas devenir un garçon, elle ne veut juste pas coller aux impositions dites "féminines" parce que sa féminité se manifeste autrement. Maxime est en colère, très en colère. Ce monde tente de la faire fondre dans un moule préconçu pour les "filles", qu'elle refuse d'adhérer. Son frère a le loisirs d'être fidèle à lui même, juste sous le prétexte qu'il est né garçon, alors qu'elle reçoit jours après jours des commentaires désobligeants, pas seulement de la part des filles de son école, mais aussi de ses parents, de son entourage. Un jour, Maxime reçoit un ballon en pleine tête par une joueuse de soccer/football. Une jeune femme aux cheveux coupés très courts, féminine à sa manière et des étoiles pleins les yeux. William travaille dans une épicerie, dans un village. La seule du village, d'ailleurs, ce qui lui donne le loisirs de porter les sacs de ses clients chez eux, selon leurs besoins. Alors qu'il revenait de l'une de ses livraisons à domicile, il croise un jeune homme de son âge sur son chemin et comme il a faillit lui foncer dedans, se propose de l'aider à transporter ses sacs d'épicerie. Sa rencontre avec Étienne, de son petit nom, est le début d'une profonde réflexion qui va durer toute la journée. William pense notamment à son cousin, Dominique, qui a quitté le village pour trouver l'amour ailleurs. C'est que ce n'est pas forcément facile de trouver l'âme sœur quand on est dans une minorité d'orientation sexuelle, dans un village où il a peu de chance d'être quelques uns à en faire parti. Contrairement aux autres personnages, William a réellement une révélation sur son orientation bisexuelle: en moins d'une journée, il a l'impression de s'être enfin comprit. Tant mieux, dans un sens, car les "coming in" n'ont pas à être tous le résultat de longues réflexion. Parfois, ça tombe comme une évidence. Donc, cinq histoires à géométrie variable, certaines longues et laborieuses, d'autres rapides et simples. Les cinq ados ont tous un thème parallèle à leur découverte de leur orientation sexuelle. Pour Zack et Jesse, nous sommes dans la composante de clivage social, en contexte scolaire, l'un ayant réussi à se hisser vers le haut, l'autre coincé tout en bas. Ça n'a rien d’inhabituel, puisque l'école est une version plus petite d'une société, régie par ses codes sociaux, ses conventions, sa hiérarchie et ses dynamiques de groupes. Pour Adriana, on est dans l'ordre de la religion, sur le fait que celle-ci peut être ostracisante, mais également accommodante, selon ce que nous en faisons. "Dieu", peut importe son nom, devrait être d'abord un concept personnel, entre le croyant et la divinité, plutôt que d'être conditionnel à moult conditions stigmatisantes. Ce n'est pas aux autres de juger qui peut être croyant et pratiquant, ou qui en est digne. Enfin, avec Maxime, on navigue entre deux concepts trop souvent corrélés, mais qui ne devrait pas l'être: celui d'identité sexuelle et celui d'identité de genre. On peut être une coquette fille aimant les paillettes et les licornes, en étant aussi homosexuelle. Au même titre, on peut être une fille aimant le confort, les sports et les couleurs foncées sans être forcément une fille gay. Genre et préférences personnelles ne devraient jamais être corrélées, mais elles le sont sans doute parce que la société a construit un seul archétype féminin de référence, contrairement aux gars, qui en ont des dizaines. Mais même les gars qui apprécient des choses qu'on associe à l’archétype idéal féminin sont sujets à moqueries et condamnations sociales, parce que même les gars ont des restrictions de genre liés aux préférences. Bref, on a du chemin à faire. Cinq points de vus différents, cinq histoires ayant leurs enjeux. Cinq pistes de réflexions. Une plume efficace et un texte facile à lire qui a été inspiré d'histoires réelles, offertes par des ados à l'auteur dans le cadre de sa démarche pour monter ce petit livre, dont vous trouverez des infos dans la préface. Vous trouverez également les numéro téléphoniques et adresses courriel des ressources d'aide et d'informations à la jeunesse à la fois Québecoises ET Françaises à la fin du roman. Pour un lectorat du premier cycle secondaire, 13 ans+. Pour les profs et les bibliothécaires: Ce recueil de nouvelles ne contient pas de scènes sexuellement explicites et de violence outrancière. Certains propos des personnages secondaires peuvent être indélicats ou légèrement confrontant, mais de manière général pas révoltants.
Shaynning a commenté et noté ce livre

Amande

Par Won-pyung Sohn et Juliette Lê
(3,0)
Je dois dire que je suis vraiment contente, en tant que libraire jeunesse, de recevoir sur notre rayon ado étranger ce roman venu de Corée du Sud. Nous en avons vraiment très peu. Comme ce roman m'a rendue émotive, j'ai prit le temps de décanter le tout avant de me lancer sur cette critique et ce fut une bonne décision, car en l'analysant plus à froid, certains éléments me semblent moins attrayants, au final. Une lecture mitigée, donc. Yunjae nous narre sa vie, de ses quatre ans à ses quinze ans. Il nous explique souffrir d'Alexithymie, que l'on peut définir selon deux axes: La difficultés à pouvoir communiquer ses sentiments à autrui et l' incapacité d’identifier ses sentiments et de pouvoir les distinguer de ses sensations corporelles [ Cairn; Psychoptropes, 2006]. Un déficit de l'affect qui peut être aussi bien lié à un traumatisme qu'une sous-croissance de "l'amande", qu'on appelle aussi "amygdale". Celle-ci joue plusieurs rôles, comme de reconnaître et identifier les émotions, mais aussi un rôle d'alerte et de reconnaissance du plaisir. Donc, en clair, les gens souffrant d'alexithymie ressent peu ou pas du tout leurs émotions, ont du mal à percevoir celles des autres, rêvent très peu, fantasme très peu et ont du mal à associer les éléments dangereux à la mémoire, donc ils peuvent se mettre en danger parce qu'aucunes peur n'est associé à une information mémorielle. Le garçon va devoir apprendre à se repérer dans ce monde rempli de codes et de conventions basés sur les sentiments et émotions, avec l'aide de sa mère. Vivant ensuite avec sa grand-mère comme troisième membre de la famille, Yunjae nous livre quelques anecdotes et passages de son enfance, avant le drame qui va le faire se retrouver seul. Lorsqu'un inconnu instable mentalement assassine sauvagement sa grand-mère et sa mère, qui sombre dans un coma long de plusieurs mois, l'adolescent se retrouve à gérer seul la petite librairie usagée de sa mère. À l'école, il est la cible de commérages, même les plus cruels. Mais les choses pourraient changer quand il prend l'habitude d'aller voir son voisin de palier, Monsieur Shim, qui devient son tuteur officieux, ainsi qu'avec l'arrivé d'un nouveau à son école, qui a une réputation de gars violent. L'autrice évoque, à la fin du roman, qu'elle souhaitait parler de l’interaction entre deux "monstres", un ayant trop peu d'émotions et l'autre trop, au contraire. L'idée en soi est intéressante et je ne cacherai pas le fait qu'une fois lancée dans le roman, je l'ai terminé en une lecture. Néanmoins, et c'est après y avoir réfléchit, je me demande si on peut dire que cette "amitié improbable" était saine. Et puis, je me suis aussi demandé s'il fallait impérativement avoir encore un personnage ultra-violent. On a souvent tendance, dans la littérature jeunesse, à traiter des héros masculins violents comme de pauvres petits enfants maltraités qui ne sont au final que le produit d'une société qui n'a pas suffisamment veillée sur eux. Sans banaliser le vécu de certains de nos ados, le hic que je vois dans ce genre de formule, c'est le fait de déresponsabiliser les comportements violents et même d'encourager à avoir pitié d'eux. C'est particulièrement notable dans les romances ados. Alors, je m’interroge, parce que je constate encore une fois qu'un personnage ado subit la violence physique, verbale et même psychologique d'un autre ado, qui ne sait pas gérer sa colère et cherche à entretenir une mentalité toxique du "plus fort" de la chaine alimentaire. Ici, le héro, en ayant cette particularité d'être émotionnellement restreint, ne souffre donc pas à proprement parler de la violence verbale ou psychologique - parce qu'il s'en moque. Cependant, il aura été tabassé à maintes reprises, que ce soit à coup de pied, à coup de poings ou en lui faisant des croche-pied. Ça rentre tout-à-fait dans l'intimidation et même les voie de faits. Mais pour une raison ou une autre, Yunjae cherche au contraire à s'en rapprocher. Même son de cloche du côté de Gon, ledit intimidateur. J'imagine qu'ils s'intriguaient mutuellement. Petit focus sur le personnage de Gon: En bas âge, ses parents l'ont perdu dans un parc d'attraction. Sa mère sera décédée d'une maladie avant de pouvoir le revoir. D'ailleurs, quand le père de Gon le retrouve, il est si déçu par ce qu'il a trouvé qu'il demande a Yunjae de prendre sa place pour les ultimes retrouvailles entre le fils et la mère, avant que celle-ci ne meurt. Gon a des comportements puériles, agressifs et il semble chercher l'attention. Surtout, il canalise très mal sa colère. Il a des problèmes avec l'autorité, que ce soit son père ou les instances scolaires. Une petite graine de bandit, en somme. Cela dit, si on suit l'autrice, on comprendra que Gon est en réalité très sensible et réactif. Il ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est. Ce qui peut être un peu rebutant toutefois, c'est que ce "je suis comme ça" ressemble beaucoup plus à une mauvaise excuse pour ne pas vouloir changer qu'un réel trait de personnalité ( les traits de personnalité n'étant pas, par définition, changeables). Personne, à moins de traumas ou d'éducation, ne nait violent. Ce n'est PAS un trait de personnalité. On a donc pas à accepter socialement la violence de ces gens. Mais bien sur, il importe de se montrer disponibles à ceux ( et celles) qui feront le choix de changer. C'est là que je deviens mitigée. Pour être honnête, j'ai senti qu'on cherchait à excuser Gon et son exécrable façon d'être, excusée par ses antécédents, peu claires, en fait, si on ne compte pas le fait d'avoir été "perdu". Je pense qu'il a une carence affective, puisqu'il n'a pas eu de foyer stable durant près de 11 ans. "Soyez ouverts, cherchez à le comprendre", nous évoque t-on, entre les lignes. Encore une fois, je suis bien au fait que la bienveillance et l'ouverture d'esprit sont des éléments capitaux pour favoriser l'aide aux personnes en détresse psychologique. Néanmoins, on ne peut pas "vouloir plus" que la personne. Si elle ne veut pas s'aider, ce n'est pas aux autres de vouloir pour elle. Dans le roman, j'ai senti que c'était là l'enjeu: Sauver Gon de lui-même. Je n'adhère pas à cette logique, parce qu'elle implique le sacrifice d'une autre personne. Ici, c'est Yunjae. Je n'exagère pas du tout, la fin nous l'illustre de manière limpide. Ça m,attriste un peu que, de tous les personnages, Yunjae se soit intéressé au pire prospect possible qu'est Gon. "Amande" me rappelle le roman "Dear Evan Hanssen", mais pas dans le bon sens. Les deux romans mettent en scène deux garçons dont l'un profite de l'autre. Et tout comme ce roman, "Amande" a été un succès dans son pays. Mais je me demande si, au delà du message de tolérance et de s'ouvrir aux ados qui vivent avec une différence, nous n'avons pas tendance à oublier que cela ne doit pas se faire dans un contexte toxique ou au détriment d'une autre personne. Dans "Dear Evan" , on a un ado qui, après imbroglio, est considéré à tort comme un ami d'un gars qui s'est suicidé. Et comme cela semble faire du bien autant à Evan que la famille du défunt, ce dernier porte le mensonge de leur amitié à des sommets. En clair, Evan s'est bâtit un réseau social sur le dos d'un ado suicidé. Dans "Amande", Yunjae se découvre des émotions entre autre parce qu'il a été "l'ami" d'un gars violent, qui lui même l'utilise pour passer ses nerfs. Encore une fois, je ne veux pas banaliser le vécu de certains de nos ados qui deviennent violents en réaction à des carences affectives et des sévices quels qu'ils soient, mais prétendre qu'il fait les "sauver", c'est faire fausse route. "Accompagner", "soutenir", "être attentif", oui, mais pas tout faire à sa place et certainement pas s'il faut souffrir pour ce faire. En outre, on parle vraiment trop peu des innombrables autres ados laissés pour comptes du fait d'être différents. C'est, il me semble, toujours miser sur le même groupe, celui des gars violents qui sont ou frôlent la délinquance. Le plus difficilement 'secourable", qui plus est. De plus, pour en revenir au roman, je pense que la relation entre les deux ados n'avait pas forcément à passer par la violence physique comme moyen de rapprochement. Ce rapport toxique va doucement s'amoindrir pour devenir une sorte de relation "amicale", où les deux ados se fréquentent seulement hors de l'école, surtout pour bavarder. Mais comme évoquer plus haut, Yunjae va tout de même se mettre en danger pour son "ami", alors je reste perplexe face à cette "amitié". Par contre, une relation que j'ai beaucoup aimée est celle de Yunjae avec le docteur Shim. On pourrait croire que c'est en grande partie à Gon que Yunjea se découvre des émotions, mais j'en doute, pour être franche. Gon est peut-être très sensible, son répertoire de borne à la "colère". Le reste du temps, il est juste insultant et fait dans la psycho-pop. C'est un personnage pas franchement sympathique. Mais le docteur Shim a réellement quelque chose à apporter à Yunjae et le fait de manière saine. Il est non seulement complètement ouvert d'esprit envers ce jeune en apparence froid et asocial, il est également patient, présent et réconfortant. Il vulgarise bien les concepts qui posent problème à Yunjae et il est altruiste. Il a réellement à cœur la sécurité et l'intégrité de l’adolescent, probablement en raison de son amitié pour la mère de celle-ci, mais il semble le faire de bon cœur. Si on doit quelque chose de la progression de sentiment de Yunjae, c'est surtout à lui qu'on le doit, je trouve. J'ai également du mal avec la fin, expéditive et surtout, hollywoodienne. Était-ce nécessaire d'aller dans un tel extrême? Et je doute fortement que les émotions se construisent spontanément comme cela semble avoir été le cas à la fin, comme si elles étaient simplement qu'un œuf difficile à pondre. Je trouvait justement le concept du roman intéressant pour ça: l'idée que les émotions et leur identification pouvait être travaillés, que ce pouvait être de l'ordre de l'apprentissage, comme c,est souvent le cas pour les personnes autistes. Mais ici, ça me semblait tenir plutôt du miracle, ce qui est ma foi, fort peu crédible. Pour les éléments positifs, je dirais que ça se lit tout seul. Il y a eu un énorme travail de la part de la traductrice du coréen vers l'anglais, qui se donne la peine de mettre les références coréennes en notes de bas de page et a fait prit grand soin de travailler les dialogues en fonction du bagage émotif de ses personnages. Ainsi, on sent le côté empirique et descriptif de Yunjae, pour qui les sentiments sont très abstraits, alors qu'on sent le ton vibrant et réactif de Gon. Là-dessus, il y a du beau travail. Découvrir le monde à travers le regard de Yunjae était en soi très intéressant. L'autrice y consacre beaucoup de temps, alors ne vous surprenez pas de trouver le début long. En même temps, cela nous permet d'apprécier la famille de Yunjae, la mère et la grand-mère, qui elles aussi étaient du genre colorés. Le simple fait de voir la maman travailler dur avec son fils pour qu'il s'adapte à son environnement social et physique était touchant. Ce l'était néanmoins un peu moins quand on comprend qu'elle craint surtout le jugement des autres. Sauf que, c'est là une crainte justifiée, dans un monde où les gens passent leur temps à juger autrui, c'est donc difficile de lui en vouloir. Au contraire, la grand-mère semblait croire que le petit garçon pouvait bien être lui-même et a accepté assez bien la différence de son petit-fils. Elles se complétaient bien, au fond. C'était une famille atypique vraiment rafraichissante. En outre, je conçois que le roman se veut une porte de réflexion autours de la différence. Nous avons encore tendance à ne pas savoir apprécié la diversité. Je pense aux introvertis, encore très mal comprits, aux minorités sexuelles et ethniques, aux autistes, aux personnes atypiques, aux gens ayant des syndromes, aux Intellos, aux Hypersensibles, aux doués, aux artistes, etc. Je me dis d'ailleurs que le personnage de Gon aurait pu être simplement ça: un atypique, un hypersensible ou juste un gars plus ouverts que les autres, au lieu de nous représenter pour la énième fois un délinquant en construction, largement sur-représentés en littérature jeunesse comme "personnage qui fait pitié". Il me semble que le message aurait été plus adroit et plus révélateur s'il n'était pas une furie qui déteste tout le monde. L'extrême de l'émotion n'est pas forcément la colère ou la rage, ou ce besoin stupide de dominer les autres, et je m'agace que cette logique prédomine encore, surtout concernant les personnages masculins et spécialement les personnages masculins ayant une enfance difficile. En revanche, je conçois que ce sont les gens patients, attentifs et bienveillants ( comme M.Shim) qui font une différence chez les ados différents et qui vivent du rejet de par cette même différence. Il y a un petit constat que j'aimerais formuler: L'idée que les émotions peuvent passer par les gestes. Je remarque que Yunjae, quand il a perdu sa grand-mère, et que sa mère est plongée dans le coma, a prit des décisions surprenantes pour un ado atteint d'Alexithymie. Il a continué à aller voir sa mère, a prendre soin d'elle dans ses soins corporels, même légers. Il a chercher à tenir la librairie d'occasion. Il a chercher à développer ses aptitudes sociales. Ça n'a rien d'anodin, même Gon semblait incapable de penser aux autres, mais Yunjae, dans ses comportements et actions, avaient, me semble-t-il, plus d'humanité que son "ami". Et contrairement à Gon, il était en meilleure posture pour "changer", dans le sens "d'évoluer". Peut-être était-ce par convention ou par apprentissage. Mais ne sommes pas aussi le produit de nos actions que celui de nos pensées? Prendre soin de sa mère n'était-il donc pas une preuve d’affection et d'attachement? Ah, oui et il y a une sorte de "premier amour" aussi, dans ce roman, mais là encore, ça me fait soupirer, car, évidement, on a un béguin typique des romans américains: Le GROS béguin. Il aurait sans doute été plus cohérent d'avoir un béguin tout doux, progressif et moins intense pour un personnage comme Yunjae, mais on a un gros crush assez basique ici. Quoique je dis "basique", je reste fermement convaincu que toutes les personnes ne s'empêche pas de dormir, manger, penser et vivre juste parce qu'ils ont un "béguin". Bon point pour la traductrice: elle a mit le mot "béguin" et non "amour". Il y a tout-de-même une sacrée différence entre un gros coup-de-foudre pas franchement rationnel et censé et un amour sincère et profond. Et cette "première" fois émotionnelle arrive aussi de manière expéditive à la fin du roman. Enfin, il faut préciser que ce roman étant coréen, il tient compte de certaines spécificités du pays et de sa culture. Je pense au concept "d'adolescence" en Corée. On a assez bien établit en Amérique du nord et en Europe en général que les 14 ans et plus sont des "ados". Ils sont donc responsables de leurs actes et sont traités différemment des enfants sur le plan social et même scolaire. Ici, je constate que les "ados" coréens ne semblent pas être considérés comme chez nous. Ils sont appelés "enfants" et sont traités comme tels à l'école. Un peu comme chez les japonais, qui semblent eux aussi n'avoir que trois groupes: enfants, adultes et aînés. Gon et Yunjae ont pourtant 15 ans. Donc, un roman qui a sa pertinence, mais qui aurait vraiment gagné à ne pas tomber dans le pattern quasi chronique du "sauver le bad-boy de lui-même parce qu'il refuse de faire l'effort de s'aider". Les auteurs et autrices américaines adorent ce genre de concept, mais je constate qu'il est populaire même en Asie. On aurait peut-être eu un meilleur équilibre si le début était moins long et la fin moins "fourre-tout". Reste que c'est génial d'avoir un roman qui a la saveur de la Corée, avec ses références, ses valeurs sociales. Et contre toute attente, il y a même eu des passages comiques, car sans s'en rendre compte , Yunjae porte un regard critique parfois sur les rapports entre personnes. Un avis mitigé, en somme. Oh, et prenez le temps de lire les notes de l'autrice et de la traductrice, elles sont intéressantes. Pour un lectorat Jeune Adulte, 17 ans+. **Pour les profs et les bibliothécaires, ont a la présence de termes injurieux et de plusieurs scènes violentes.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Trèfle

Par Nadine Robert et Qin Leng
(4,0)
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Incontournable Août 2022 Trèfle est une vraie petite douceur, comme une guimauve à la pêche, aussi léger que pertinent. Le genre d'album qui sera aussi utile aux enfants qu'aux adultes: Accordez-vous du temps et de l'importance à cette petite voix au fond de vous? Trèfle aborde cette journée avec un petit soucis. C'est que ses nombreux frères et sœurs ont tous de si bonnes idées d'activités à faire que la petite Trèfle a du mal à arrêter son choix. L'un de ses frères, quand elle lui fait part de ses tergiversations, lui recommande de choisir ce qui lui tenterait le plus, quitte à faire les autres activités une autre fois. Quand la demoiselle décide d'aller à la rivière pour écouter le chant des grenouilles, avec un certain nombre des membres de sa fratrie, elle se trouve confronté une fois encore à un choix. Alors qu'elle caressait la tête des grenouilles, une des chèvres de son domicile s'éloigne dans la forêt. Trèfle se demande si elle devrait la suivre, alors qu'elle pourrait aussi se perdre. Sur son chemin, elle demande conseil à un grand chêne. Mais si la force de cet arbre vénérable lui apporte du réconfort, il est aussi muet. Trèfle choisit donc de suivre la petite chèvre nommée Pivoine. Mais en progressant plus profondément dans la forêt, Trèfle découvrit un petit oisillon au pied d'un arbre. Il est probablement tombé, songea Trèfle. Que faire? Grimper et le remettre dans le nid? Le laisser là et continuer à chercher Pivoine? Et s'il se faisait dévorer? Trèfle s'étendit près d'une rivière, et demanda conseil à celle-ci. Écouter la rivière était certes apaisant, mais d’aucuns conseils. Trèfle décida de grimper pour mettre l'oisillon dans son nid. Quand elle prit peur, elle chercha du courage dans le son du vent. Alors que la petite fille parvenait à rapatrier son petit passager au creux de son domicile, elle entendit alors autre chose entre les vents. On l'appelait. En effet, la journée s'achevait et le ciel s'assombrissait. Les frères et sœurs de Trèfle s'inquiétaient et munis de lanternes, s'étaient aventurés dans la forêt à sa recherche. Ils la trouvèrent à cet arbre et tous heureux de l'avoir retrouvée saine et sauve, la raccompagnèrent à la maison. "L'importance de faire ses propres choix" est définitivement un des éléments centraux de cette histoire. Quand on balance entre deux choix, il est important de prendre le temps d'y penser, également. Trèfle le fait à chaque fois, et si elle demande conseil aux éléments de la Nature, bien sur, il n'y a pas de réponses. Néanmoins, on peut observer l'état qu'ils inspirent. La force du chêne, l'apaisement du ruisseau, la berceuse du vent. J'aime bien le parallèle entre la réflexion et l'environnement - au sens figuré comme au sens littéral. Il ne peut pas nous apporter des réponses, mais il peut être inspirant. Mais plus important encore, quand on prend une décision qui nous semble être la meilleure, pour x ou y raisons, on suit aussi notre "petite voix", notre instinct ou conscience, appelez-là comme il vous plaira. Enseignez aux enfants à être attentif à cette petite voix s'avère essentiel, car au delà de la logique empirique, il y a des sentiments qui sont plus abstraits, comme la compassion, l’altruisme ou l'empathie.Trèfle nous l'illustre bien quand elle pense d'abord à la petite chèvre, qui pourrait se perdre, puis au bébé oiseau, qui pourrait ne pas survivre. Chaque fois, je constate qu'elle fait le calcul du bien être d'autrui. C'est une très noble qualité. Ce qui m'amène a remarquer un autre thème, celui de la bienveillance fraternelle/sororale. Trèfle est bien entourée, elle a des aîné.e.s qui ont sa sécurité à cœur, comme on peut voir quand ils se regroupent pour la chercher, même à la nuit tombée. En outre, ils sont bienveillants, quand ils s'intéresse à elle, à ce qu'elle veut faire, à ce qu'elle choisisse elle-même son activité au lieu de prendre la décision à sa place. On le sent bien dans l'histoire, ils ont une unité et ils s'apprécient. Nous sommes loin de ces fratries querelleuses et tapageuses. Enfin, la Nature - difficile de contourner ce thème, il est partout. À travers les superbes illustrations qui respirent la vie et le mouvement, on observe des enfants qui la connaisse et la respecte. C'est leur habitat, leur terrain de jeu, leur source de subsistance. De vrais petits enfants de la campagne. Et toute cette verdure, ces eaux claires et ses adorables animaux a quelque sort de réconfortant, d'apaisant. En observant ses enfants, on se prend à se dire que nous aussi, on aimerait être là. Un album qui tient aussi du roman, avec des chapitres courts, rempli d’illustrations en aquarelle, signée Qin Leng, à qui l'ont doit tant de beaux albums jeunesse au Québec. L'objet lui même est superbe, d'un rose pivoine - ben oui, comme la chèvre! Sur l'image, c'est la jaquette qu'on peut voir, mais en dessous, vous trouverez le titre et le personnage de Trèfle imprimé dessus en fuchsia métallique. Un style qui me rappelle les vieux albums jeunesse. Bref, une réussite qui devrait séduire tous les lectorat, garçons et filles, enfants et adultes, parce que c'est une leçon pour tous que développer son autonomie et sa confiance en soi en prenant des décisions. Et quand celles-ci sont prises avec le cœur tout comme la tête, que demander de mieux? Pour un lectorat à partir de 6-7 ans : c'est une longue histoire, il y a 74 pages avec quelques phrases, il faudra donc des petits lecteurs patients et attentifs.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Mélie quelque part au milieu

Par Mylène Goupil
(4,0)
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Incontournable Août 2022 Ce roman intermédiaire de la collection Gulliver, aux éditions Québec Amérique, fait suite à "Mélie sous sa bonne étoile" de la même autrice, mais il n'est pas nécessaire d'avoir lu le premier pour apprécier le second. Mélie est une jeune fille vivant avec sa mère comme seul parent depuis longtemps. Son père n'était pas du genre à se taire, ce qui, on le devine, leur a causer des soucis. Néanmoins, ce père sort est en route pour le Québec, il va réintégrer la vie familiale. Cela ne se fera pas sans heurts, car l'homme ne parle pas français, ce qui complique sa communication avec sa fille. De plus, il est en proie à une peur, du genre à lui faire craindre de quitter leur appartement. Il ne sort que de nuit et accompagnée de Sofia, la mère de Mélie. Mélie n'est pas sure des sentiments qu'elle éprouve pour ce père qui fut longtemps absent, mais les premiers pas sont difficiles à faire. Quand elle rencontre par hasard Monsieur Xavier, son ancien professeur, elle découvre que son conjoint et lui sont devenus les papas d'une petite fille, Mei-Li. Entre son nouveau rôle de gardienne pour la petite fille qui a le même prénom et ce père qui ne se laisse pas facilement approcher, Mélie nous raconte avec sincérité à quel point les gens qui nous tiennent à cœur sont aussi ceux qui nous demandent le plus d'authenticité et surtout, de temps. Une histoire sur l'apprivoisement, en somme! Je n'ose pas imaginer comme ce doit être confrontant et inconfortable de se retrouver du jour au lendemain avec un étranger chez soi, tout papa que ce soit. Dans le contexte, Sofia n'a pas beaucoup parlé de ce papa à sa fille, ni même désirer lui apprendre sa langue. Du coup, Mélie n'a presque rien qui la relie à son père, au delà du strict lien filial. Et comme dans nos sociétés nous valorisons ce lien entre un père et son enfant, il peut paraitre logique de l'aimer sans conditions, simplement par le fait que ce soit un géniteur. Néanmoins, "être parent" et être géniteur sont deux choses. Pour qu'il y ait amou inconditionnel, à tout le moins, il doit y avoir un attachement affectif. Ce qui, dans le cas de Mélie, est inexistant. Entre ce qu'elle "souhaite" et ce qu'elle pense devoir ressentir pour ce papa, la marge est large. Elle pense devoir l'aimer tout-de-suite, mais dans les faits, et il est dur de lui en vouloir, elle ne ressent presque rien. Lorsqu'elle offre une carte pour la fête des pères, celui-ci lit un message du genre: Tu es le meilleur papa du monde, je t'aime. Et le papa de la traiter de "menteuse" ( Mélie demandera à une amie de traduire le mot en question). Ce passage marque bien que ni l'un ni l'autre n'est dupe au sujet de leurs émotions, mais les conventions sociales marquent le pas: On aime son papa, peut importe les circonstances. Mélie est bien sur blessée par ce mot, mais je me demande si c'est plutôt parce qu'il a vu juste? Il faudra donc partir de zéro, y aller à coup de petites victoires, d'abord avec les mots, puis avec les gestes. Il faudra du temps, BEAUCOUP de temps. Entre les lignes, on comprend que le père a subit une expérience traumatisante. On peut deviner qu'il vient d'un pays qui ne tolère sans doute pas la libre expression ( ou quelque chose du genre) qui l'a mené à l'emprisonnement. On peut imaginer que cela ne furent pas des années heureuses. C'est son comportement méfiant, craintif et même parfois proche de la panique qui laisse croire tout cela, mais rien n'est écrit à ce sujet. Mais il est pertinent de voir ce genre de personnage, de manière à illustrer que certains adultes venus de l'étranger peuvent arriver avec un bagage bien lourd à porter, au sens figuré. C'est donc aussi lourd pour ceux qui accueillent ces personnes. Il y aura beaucoup d'adaptation à faire, d'un côté comme de l'autre. Mélie nous en parle beaucoup, de son "cocon" qui n'est plus aussi douillet, de cette personne qu'elle ne connait pas et qui demande beaucoup d'énergie de la part de sa mère, ce qui leur laisse moins de temps pour elles. Il faut dire qu'entre-temps, Mélie observe un écho de sa situation ailleurs: Luc et Xavier sont devenus papas d'une petite fille. Xavier en particulier semble avoir du mal, on sent qu'il se sent maladroit et doute de ses compétences parentales. Il pense que son conjoint "a plus la twist" avec bébé Mei-Li. Bref, l'apprivoisement se fait différemment entre les deux hommes, mais Xavier semble plus anxieux à ce sujet. Je dois dire que j'aime le parallèle entre les deux situations. Accueillir une nouvelle personne dans sa vie, surtout un membre de la famille, c'est tout un engagement! On veut que ça réussisse, on veut faire au mieux, et bien souvent on doute. Ce qui est normal, après tout, il s'agit d'un processus, pas d'une ligne droite. Ce que nous voyons bien dans l'histoire est le fait que c'est le temps, le meilleur allié, donner le temps à ses émotions, donner le temps de se côtoyer et de bâtir la confiance. L'écoute est importante, bien entendu. Avoir un support social également. J'ai particulièrement trouvé beau le passage quand Mélie a cherché une solution à la barrière de la langue. Ce n'est pas anodin comme action, car au-delà du fait de chercher à communiquer, elle s'est aussi mise a chercher un moyen de faire que sa relation avec son père avance, progresse. Aussi, Mélie emploie une qualité fondamentale en relation sociale: l'empathie, la capacité à se mettre à la place de l'autre. Bref, tout ça pour dire que je trouve cet "apprivoisement" touchant et réalistement malhabile. Soyons francs, apprivoiser, ce n'est pas facile! Surtout que Sami, le papa, n'est pas facile d'approche. Il est aussi bon de montrer que les adultes aussi, ont leur vulnérabilités et leurs défis. Bien sur, ce doit être confrontant pour les plus jeunes, car leurs parents sont aussi leur piliers. Néanmoins, ça arrive que les parents connaissent des moments difficiles et ils ne sont pas indignes de leur rôle de parent pour autant. D'ailleurs, et bravo à lui, Sami fini par accepter de voir un psychologue pour surmonter sa peur tenace de sortir dehors ( et, pourquoi pas, de parler des sujets pénibles en lien avec son incarcération?). Admettre qu'on a un problème est une étape difficile, mais c'est LA première étape sur la voie de la guérison. Enfin, je mentionne que le titre évoque bien le ressenti du personnage. Mélie a l'impression que sa place est floue, compromise ou pas clairement définie. Un peu comme ses sentiments à l'endroit de son père, sans doute eux aussi "quelque part au milieu". Il ne faut jamais banaliser le vécu émotionnel des plus jeunes, précisément parce que leurs expériences avec les émotions sont moindres et les mots pour les définir pas encore apprises. Et ils les vivent avec la même intensité que les adultes. C'est la seule chose que je me suis trouvée à lui souhaiter plus à ce personnage, une oreille attentive et une mains réconfortante. Je pense qu'en cela, les deux papas de Mei-Li ont eu leur part à jouer. Ce qui est étonnant aussi, c'est qu'encore une fois, nul besoin de grands philosophes grecs pour cogiter sur des sujets profonds. Ici, on a un roman jeunesse intermédiaire, peut compliqué, dans ses mots simples, car c'est dans la perspective d'une enfant d'âge primaire. J'ai donc bien aimé ma lecture, qui traite à la fois de la famille reconstituée ( ou plutôt "réorganisée") , de l'adoption, du rôle de parent, des sentiments parfois complexes, qui n'ont pas de nom et peu de référents, ainsi que cette merveilleuse qualité du règne animal qu'est l'apprivoisement. Une histoire douce, mais franche, qui parle autant aux enfants qu'aux adultes. Pour un lectorat du second cycle primaire, 8-9 ans, en montant ( et pourquoi vous, qui me lisez?).
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Bayuk

Par Justine NIOGRET
(4,0)
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Incontournable Août 2022 Version courte: Récit fantastique, quelque part entre le bayou poisseux de la Nouvelle-Orléans du 17e siècle et la mer des Caraïbes, entre magie africaine et folklore maritime, nous suivons Toma, jeune fille de 14 ans, restée bien protégée dans un patelin du bayou, jusqu'au jour où elle est maudite par la mère de jumeaux assassinés par une Capitaine Pirate d'une cruauté implacable. Sa mère. Obligée de fuir de sinistres entités, elle part en quête de rédemption et d'identité, par la même occasion. Un récit envoutant, entre vivants et morts, dans une Nature enveloppante et une histoire savamment ficelée, où justice, piraterie, amitié et épanouissement s'amalgament. Et où souffle un furieux vent de liberté. Version exhaustive (Parce que les bons romans méritent qu'on s'y attarde): Pour ma centième critique de cette année, et mon premier roman de la maison 404, il me fait assez plaisir de découvrir cette histoire où la piraterie, la Nouvelle-Orléans et tout une bande de personnages hétéroclites s'amalgament, dans un univers fantastique où la magie yoruba ( dite "vaudoue") et les légendes maritimes prennent vie. Ce n'est pas seulement l'histoire d'une enfant maudite, mais également d'une enfant qui doit apprendre à devenir une femme. À Coq-Fondu, petit patelin perdu aux fonds d'un bayou louisianais, abrite un petit univers de gens bien particuliers. Parmi eux, Toma, 14 ans, pour ainsi dire "l'enfant du village", dont tout le monde a soin, plus ou moins. La jeune fille découvre un jour une aînée mourante, qui a cheminé jusqu'au village à la recherche de ses jumeaux. Atterrée à l'idée que l'aïeule ait fait une si longue route pour chercher ses garçons qu'elle sait déjà morts, l,adolescente propose de les chercher, quand sa mère, une capitaine pirate, viendra la chercher. Hélas, la mère de Toma est aussi la responsable de la mort des jumeaux et quand celle-ci l'apprend, elle utilise une forme de magie afin de maudire l'enfant de la Capitaine meurtrière. Catastrophée par le cercle peuplé de symboles qui a été créé sur le sol de sa maison avec de la farine, Toma sollicite l'aide de Roi-Crododile, qui a une certaine connaissance en magie yokuba ( que les français appellent "vaudou"). Si les gribouillages semblent inexactes et le message incohérent, il n'en reste pas moins que l'adolescente vit des symptômes de malédiction liée au monde des défunts. Avec le support de la "prêtresse" Roi-Crocodile et d'un jeune homme qui cultive aussi bien le déni que la colère, Boone, Toma doit retrouver les jumeaux pour échapper à la malédiction qui pèse sur elle. Comme c'est souvent le cas avec les romans intéressants, il y a plusieurs choses que je souhaite relever. Déjà, l'élément qui m,a le plus étonné est sans conteste la beauté de la plume. Comparaisons habiles, descriptions précises, personnifications, l'inerte comme le vivant pulse sous nos doigts, on pourrait presque sentir la soupe organique des marais de la Louisianne, tout comme le puissant parfum de l'Océan. Vraiment, les descriptions étaient magnifiques et rend bien hommage à la Nature, plus puissante que tout. Puisque nous sommes dans le volet des décors, je constate qu'à plusieurs reprises, je me suis sentie dans l'un des films des Pirates des Caraïbes, de Disney, avec cette ville de bateaux raboutés qui rappelle la "Baie des Naufragés" du troisième Opus de la franchise, ainsi que le bateau fantôme, qui fait écho au Hollandais Volant de Davy Jones. Ce n'est sans doute pas anodin, ceci-dit, car les bateaux fantômes font parti des légendes maritimes. Je note aussi qu'à l'instar des décors de Pirates des Caraïbes, les décors sont "sales", grugés par le sel et le sable, un brin putride. Ce n'étais pas l'époque la plus salubre, disons, et c'est également là qu'on constate que les constructions humaines sont bien fragiles et éphémères quand elle subisse les éléments naturels. Bref, le roman navigue dans des décors souvent peu ragoutants, où la Nature est omniprésente, et où l'atmosphère change à de nombreuses reprises. Certains passages évoquaient les romans d'épouvante, sinistres et mystérieux, alors que d'autre respiraient l'aventure et la découverte. La dimension magique aussi avait quelque chose de fascinant. Déjà, il faut savoir que "Yoruba", qui est évoqué dans le roman comme une sorte de croyance, en est effectivement une. Elle regroupe les croyances et pratiques originelles du peuple yoruba, fondées sur le culte des orishas ( Divinités d'origine de l'Ouest). Les Yorubas sont également une ethnie, particulièrement visée par la traite des esclaves, à cette époque où se déroule l'histoire. On peut supposer assez justement que Roi-Crocodile est d'origine africaine, comme ses parents, et elle évoque d'ailleurs avoir réussi à s'échapper. Elle pratique donc une partie de son héritage culturel religieux. Il est si rare d'en entendre parler, du moins pas à travers le prisme occidental du "vaudou". Donc, avec les descriptions précises et le traitement respectueux aidant, nous découvrons un pan de la culture africaine ( surtout celle de l'Ouest) très intéressante et versé sur la présence de nos aïeux et des membres de la famille comme messagers. Ça n'a rien de diabolique et de fanatique, comme j'ai pu parfois le constater dans certains romans d'auteurs américains. Quand on quitte le sol pour l'océan, on passe également aux mythes et légendes des mers, comme les krakens ou les Feux de Elme ( un phénomène physique dont on croyait autrefois qu'il s'agissait de revenants ou de feux follets), ou encore les bateaux fantômes. Que ce soit le yoruba ou le mythe maritime, les duex sont liés au monde des morts. La connexion entre les deux est d'ailleurs bien trouvée. Je constate en outre que rien de catholique n'y est abordé, ça fait changement! C'est donc assurément un roman fantastique, avec quelques formes de magie folklorique. Un autre élément qui m'aura impressionner est le traitement des personnages. Nous sommes en présence de pirates et autres gens peu éduqués, certes, mais ces âmes humbles et parfois même assez près de la bêtise, sont étonnamment souvent très humaines. Comme l'a mentionné la Capitaine Laflamme, nombre de pirates étaient des hommes ( et des femmes) avides de liberté ou fuyant l'asservissement. Mais comme c'est souvent le cas dans nos société, nous sommes plus souvent au fait des conneries de la minorité que de la réalité de la majorité. C'est que les ignominies des pirates sanguinaires qui ont parcouru les caraïbes et les autres mers du monde ont de quoi faire frémir et c'est volontiers ce ces histoires dont sont friands les gens. Cela-dit, loin de cette catégorie, les boucaniers de l'équipage du Ménestrel sont plutôt une bande d'humains malmenés par la vie, plus ou moins moraux, mais pas cruels non plus. Certains des plus intelligents sont même de sacrés philosophes, qui n'ont pas apprit la vie par les mots, mais par l'expérience. Je pense au personnage d'Acab, l'aubergiste, empathique et bienveillant. Je pense à Sandy, perfectionniste, droit et juste. Il y a également la Capitaine Laflamme, une force de la Nature, d'une honnêteté tranchante, mais sans mesquinerie, en quête de liberté et elle-même jusqu'au bout. Marteau, le cuistot aussi, a eu quelques paroles pertinentes. Je remarque que ces hommes et ces femmes ont tout eu, chacun à leur manière, une influence positive et/ou constructive sur le personnage principal, Toma. Après tout, ne dit-on pas qu'il faut un village pour élever un enfant"? Ici c'est deux fois plutôt qu'une: un village et un équipage de pirates. Toma, notre protagoniste, va vous sembler naïve et empotée, et avec raisons. N'oubliez pas qu'elle a vécu dans un minuscule village en pleins marécage, avec une pelletée d'individus amochés par la vie pour la protéger. Ça n'a donc rien de très illogique ou d'insensé. Au contraire, il faudra qu'elle s'émancipe et grandisse, situation périlleuse oblige. Toma a toujours juste 14 ans, n,a pas d'éducation, ou si peu. Elle est impressionnable, souffre aussi d'une forme de carence affective et semble avoir peu expérimenter la peur. Ce n'est pas seulement la malédiction qu'il lui faudra fuir, mais également son identité à construire. Pour la majeur partie de sa vie, son avenir reposait sur une certitude: Celle que sa mère pirate la retrouverait. Cependant, rien n'est moins sur, puisque sa mère semble être une femme extrêmement mauvaise. On en apprendra sur ses origines et ce qu'on en apprend change complètement la donne et même la vision qu'on aura eu d'un personnage. Roi-Crocodile ( quel nom original!) était en quelque sorte le pilier du trio. Elle a des connaissances et a du vécu. C,est une jeune femme stoïque et pragmatique, qui a une logique parfois froide, mais un bon fond. Jeune africaine à l'enfance et à la famille volée, elle est encouragée par ses ancêtres à aider la jeune maudite, mais son attitude dénote qu'elle l'aurait sans doute aidée de toute manière. Roi-Crocodile est le personnage sur qui repose les solutions et semble la plus à même de concevoir les plans. C'est également une personne au grand courage, mais pas au courage imbécile. Boone ( dont j'ai passé la moitié du roman à appeler "Bones") a 26 ans, une dégaine de grand flan mou trop bronzé et il parle à un palétuvier, avec qui il entretient un monologue assez unidirectionnel. C'est le genre de personnage qui a conçu une carapace de tank autours de lui, mais à savoir de quoi il se protège, là est la question. Boone semble avoir à coeur le bien-être de Toma, mais sa maladresse émotionnelle et ses nombreuses défenses mentales le rende parfois distant. C'est dans l'action que son réel souci pour la jeune fille se manifeste. On le comprendra plus tard, Boone a eu une sale vie lui aussi, avant de finir à Coq-Fondu. Ce qui n'amène à traiter d'un thème qui semble partout dans le roman: la parentalité indigne. Nombre de personnages sont des adultes sans enfance, ou des enfants jamais parvenu à l'âge adulte psychologiquement. Des enfants malmenés, rejetés, esseulés. Des survivants. Des gens qui ont soif de liberté parce que c,est à peu près la seule chose qui valent la peine d'endurer un mode de vie chaotique et dangereux comme la piraterie. En même temps, ces personnes semblent tous se comprendre dans cette solitude et ont donc des valeurs beaucoup plus humbles, loin des artifices et de la hiérarchie sociale. Il y avait quelque chose de touchant dans cette bande de pirates, pour cette raison. Leur capacité à vivre au quotidien, à apprécier les bons repas et à travailler leur sens de la camaraderie. Attention, je ne dis pas que les pirates sont des agneaux, mais dans le roman, clairement, il étaient plus des brutes sympathiques que cruels, intéressés et cupides. J'apprécie toujours les envers de médaille, parce que le monde est en nuances, non en blanc et noir. Bref: il y a avait cette idée des adultes qui ne méritaient pas d'être des parents. Une vérité qui fait mal, mais une vérité néanmoins. Il y a une réelle différence entre être un parent et être un géniteur. Toma s'en rendra compte bien assez tôt. Dans un autre ordre d'idée, je constate que le roman est très féministe, en ce sens où la parité et l'égalité homme-femme est très équilibré. Je dirais même que les femmes occupent souvent des rôles de meneuses et de bonnes têtes, alors que les hommes sont souvent sensibles, versés dans des métiers ( aubergiste, traducteur, cuisinier) et tendres. Ce que nous découvrons sur les habiletés parentales de la Capitaine Écarlate s'oppose durement à la tendance paternelle de Boone. La finesse d'esprit et la tempérament solide de Roi-Crocodile et du Capitaine Laflamme côtoient la tendresse protectrice d'Acab et le désir de civilité respectueuse de Sandy. Je trouve tous ces personnages complémentaires les uns par rapport aux autres et je me surprend à trouver leur unité attendrissante. Ce n'est pas du tout ce que le contexte et le sujet auraient pu laisser croire au début. Et quand on voit au contraire la cruauté de certaines de leur histoire, on veut bien croire Marteau quand il dit que la vie est parfois brutale, tout en étant magique. Petit sous-point: J'ai toujours trouvé que les protagonistes garçons avaient des quêtes identitaires, alors que les protagonistes filles se contentait de tomber amoureuses ( du mauvais gars, très souvent). Ici, le thème de l'amour n'est pas lié au couple hétéro classique, il est plutôt d'ordre amical et collectif, presque de l'ordre de la famille de substitution. Aussi, Toma est bien un personnage féminin qui vit une quête de soi, même si le but premier est de contrer la malédiction qui l'afflige. Elle va en sortir plus mure, plus sure d'elle, avec une acuité nouvelle sur le sens de la vie et le sens des liens entres personnes. En cela, c'est rafraichissant. Le scénario est bien structuré, le récit bien ficelé et certaines formules, comme celle du prologue, donne beaucoup de saveur et d'additivité. Parfois, le rythme devient calme, ce qui permet de se transporter dans la tête des personnages et d'apprécier le ballet de leurs pensées. Madame Niogret semble aussi à l'aide avec les descriptions naturelles que les schéma psychologiques. On le reconnait aux introspections des personnages et à la complexité des schèmes de pensées. Enfin, il existe dans ce roman un thème que j'affectionne, la Justice. Ça n'a pas à être forcément celle des Hommes, mais il est doux de songer que les plus odieuses personnes de notre monde puisse être punis pour avoir inutilement fait souffrir autrui pour assouvir leurs égoïstes besoins. Et certains personnages en présence ont soif d'une forme de justice. La Malédiction elle-même repose sur ce désir. C'est donc assez étonné de constater que dans ce monde salissant et dangereux nous puissions avoir des personnages philosophes, des croisement de magie et des vérités universelles. Il existe dans cette histoire un degré de profondeur que peuvent savourer les lecteurs en même temps qu'une formidable aventure dans un rare décor entre le bayou louisianais et la mer turquoise des Caraïbes. Une histoire d'enfances volés, d'ancêtres fantômes intrigants, de vies reliées, de soif de justice, de liberté maritime et de quête de soi. Pour un lectorat du second cycle secondaire, 15 ans+. PS. Je me suis demandée ce que pouvait signifier "Bayuk". Le plus plausible est "Bayuk" signifiant "bayou" en français cajun ( les francophones de la Louisiane). En fouillant un peu, j'ai trouvé ceci: "Bayuk" est un nom de famille qui a plusieurs référents. En Ukrainien, ce serait un surnom dérivé du mot "Bayati", signifiant "Raconter [ des histoires étonnantes] ou "Briser un sort". Une alternative suggère que "Bajuk" dénote une "petite personne pauvre ou insignifiante" et une forme d'origine italienne dénote plutôt un "petit coin perdu". Une version d'origine turc, du mot "Bayik", signifie "Honnête". Dans tous les cas, ça colle! Chapeau à l'autrice d'avoir trouver un mot qui signifie cinq choses en même temps.[Source: Ancestry]
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Je peux avoir un petit chat ?

Par Céline Claire et Sébastien Chebret
(4,0)
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Album jeunesse destiné à la petite enfance, nos petits 3-4 ans environ, "Je peux avoir un petit chat?" est un album qui procède par accumulation. A priori, notre petit protagoniste demande ( tout bonnement) un petit chat. Sa mère refuse, parce que... Puis, il propose d'avoir un petit chien. Sa mère dit non et argumente que..Puis il réclame un petit verre de terre. Sa mère rejette sa demande, alléguant que...et ainsi de suite. Un petit âne, une petite giraffe, un petit crocodile, un "petit" hippopotame...À chaque scène s'ajoute un nouvel animal et l'espace commence singulièrement à manquer! Mais après un énième refus, à travers le raffut, le chat rugit un miaulement qui fait déguerpir toute ce beau petit monde. La mère abdique: "Bon, très bien, tu peux avoir le chat". Les fervents défenseurs félins seront donc bien heureux de voir le chat gagner le pari ( très peu équitable) de ce garçon qui souhaitait un animal de compagnie. Il est à noter que durant cette enfilade de questions, les divers ajouts animaliers interagissent entre eux durant ce temps. Le chat court après la sourie, le ver s'emberlificote dans l'antenne de la radio, certains jouent dans la terre laissée par le ver, certains s'empilent les uns sur les autres, bref, c'est très dynamique! Et les couleurs du graphisme sont vives, très captivantes. Comme quoi ce qui était a priori une mauvaise idée peut devenir la moins pire des solutions! Et puis, comment résister à ce "petit" chat? Perso, j'aurais prit le croco, parfait contre les colporteurs importuns! héhéhé Pour un lectorat Petite Enfance, 3-4 ans.
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L'ile de maria

Par Victoria HISLOP et Gill Smith
(4,0)
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Incontournable Juillet 2022 Version courte: Dans cet album qui tient aussi du roman, on se laisse attendrir par la beauté de ces relations entre personnage comme de ses illustrations. Et par le panorama aussi, ayant rarement des histoires se déroulant en Grèce. Maria, l'héroïne, est un personnage tranquille, qui ne fait pas de remous au début, mais qui se montre tenace sur les sujets réellement importants. Elle a une grande maturité et fait preuve de beaucoup de courage. Dans cette histoire qui traite de la maladie de Hansen ( La lèpre), il est bon de rappeler que la maladie fait doublement de ravage quand elle est marquée d'incompréhension et de fausses croyances. Ce n'est pas en rejetant qu'on s'en prémunie et ce n'est pas en niant que la solution va se manifester. Bref, une belle histoire, qui traite de tolérance, d'amour sincère, d'espoir et de l'importance de la démarche scientifique, adapté pour les 10 ans et plus. Version exhaustive: Voir un album jeunesse naitre d'un roman adulte est toujours une joie, car il peut être accessible aux plus jeunes. Après "La Tresse" ou "Les Glorieuses", me voici sur le cas de "L'Île de Maria", version album jeunesse de "L'Île des oubliés", de Victoria Hislop. L'album est un hybride, plus exactement, car il revêt le texte du roman, amalgamé aux illustrations et au format de l'album jeunesse typique. Rita visite chaque été sa grand-mère Maria, en Crète ( En Grèce) et en observant des photographies, la jeune demoiselle interroge sa "giagia"( Grand-mère) sur sa famille. Lorsqu'elle évoque Plaka, son village d'enfance , Rita demande si elles peuvent d'y rendre. Une fois sur place, l’aïeule commence un récit, celui de son enfance, où au début du 20e siècle, une maladie commençait à se rependre dans le pays: La lèpre. Source d'inquiétude en raison de son absence de traitement et la nature même de la maladie, une autre composante s'ajoute à l'angoisse d'en être porteur/porteuse: Le rejet social. Vu comme une punition divine, une marque d'impureté, les habitants contaminés sont aussitôt envoyé des quatre coins de la Grèce sur l'île de l'autre côté de Plaka, Spilalonga. Mais la quarantaine imposé aux condamnés n'est pas la seule marque de la maladie. Les proches des malades sont aussi évités, comme si la honte frappait ceux qui avait le malheur d'être affiliés à des lépreux. La propre sœur de Maria, Anna, vaniteuse et égocentrique, n'a pas hésité à rompre le contact avec sa mère, puis sa soeur, pour cette raison. Maria voit en effet sa mère rejoindre Spilalonga, lorsqu'une tache insensibilisée est trouvée sur sa nuque, peu de temps après le meilleur ami de Maria, Dimitris. La femme et le jeune garçon quitteront d'ailleurs Plaka ensemble pour cette île qui rassemble les condamnés lépreux, pour qui, hélas, aucuns traitement ne peut les sauver. Mais après plusieurs années de correspondance entre mère et fille, Maria pleure sa mère, décédée des suite de la maladie. Peu de temps après, Maria est infectée à son tour et part pour l'île. Elle retrouve Dimitris, qui est entretemps devenu professeur de l'île et ensemble, se bâtisse une vie, sur cette île étonnamment magnifique et fonctionnelle. Les choses vont changer quand un médecin, non-lépreux, vient sur l'île avec l'intention de trouver une cure pour cette maladie. Je précise ne pas avoir lu le roman qui est à l'origine de ce roman-album jeunesse. Cela-dit, l'histoire, même raccourcie et adoucie ( du moins je le présume) demeure pertinente, touchante et bien ficelée. On ne parle que très peu de la maladie dans ses symptômes, en réalité. On mentionne à peine deux ou trois fois que les gens perdent des membres, mais on ne perd pas de temps sur sa "laideur". L'accent est mit sur la famille, sur la correspondance entre deux îles si près et pourtant si loin, entre une petite fille qui cultive l'espoir et sa mère qui cultive la beauté de la vie. Une correspondance qui s'accompagne de dessins et de salutations de la mains et du châle, chaque matin. À travers la maladie, les deux côtés travaillent à garder contact et c'est ce qui est touchant. Alors que les autres gens détournent les yeux de ces malheureux qui ont été contaminés ( et non pas "maudits") Maria refuse cette attitude. Maria, donc, va se retrouver sur l'île, c'est en quelque sorte le second volet de cette histoire. Optimiste infatigable et scientifique dans l'âme, elle tente de se faire une science par elle-même au moyen de manuels et de magazines scientifiques. Son objectif: trouver un moyen de guérir la maladie. Alors quand M.Kyritsis débarque un beau jour avec la même idée en tête, l'espoir connait un regain. Maria a fait de rigoureuses prises de données, a participer activement aux recherches du médecin et l'aura assisté durant les essais cliniques, en tant qu'assistante. Dans l'histoire, M.Kyritsis ramène un traitement expérimental pour les patients et devant les pronostics peu encourageant, Maria se propose pour l'essai. Après des fièvres coriaces et beaucoup de faiblesse, la tache à son mollet a disparu. Elle est guérie. L'île pourra laisser ses patients reprendre leur vie, même si les préjugés à leur endroits vont certainement être un gros défis pour eux. Maria et le médecin auront entretemps développer une complicité qui s'est mue en affection et ensemble, auront parcouru le monde en tant que couple, afin d'aller guérir d'autres gens ayant la lèpre. Petit fait historique: C'est la chimiste Alice Augusta Ball, première afro-américaine à faire une maîtrise de Chimie et c'est à elle que l'on doit le remède, même si l'homme qui a compléter ses recherches, à son décès prématuré, n'aura pas spécifié que le remède était le résultat du travail de mademoiselle Ball. Je joins plus bas le lien qui résulte de cette petite parenthèse. Les illustrations sont douces, elles ont une palette de couleurs différentes selon l'époque. la palette du présent est vive, avec un bleu lavande à l'honneur. La palette du passé est dans les tons sépia, avec des ocres, des bruns, des noirs, des gris et du corail foncé. J'aime cette distinction, ça lui donne un cachet un peu "vintage". Le trait a un côté enfantin, comme des dessins d'enfants, mais avec une gravité d'adulte. Je pense que le crayon de bois côtoie l'aquarelle, l'un plus pour la texture et tracer les détail, l'autre pour le remplissage et l'ombre et lumière. C'est sobre et cela sert bien l'histoire. J'aime bien ces cadres qui suivent les pages avec des motifs lavande et corail, on dirait que le récit est suivi par de la broderie. En somme, on se laisse attendrir par la beauté de ces relations entre personnage, que ce soit entre Maria et Dimitris, Maria et sa mère, Maria et son père. Et par le panorama aussi, j'ai rarement la chance d'une histoire se déroulant en Grèce. Maria est un personnage tranquille, qui ne fait pas de remous au début, mais qui se montre tenace sur les sujets réellement importants. Elle a une grande maturité et fait preuve de beaucoup de courage. En outre, il est bon de rappeler que la maladie fait doublement de ravage quand elle est marquée d'incompréhension et de fausses croyances. Ce n'est pas en rejetant qu'on s'en prémunie et ce n'est pas en niant que la solution va se manifester. Bref, une belle histoire, qui traite de tolérance, d'amour sincère, d'espoir et de l'importance de la démarche scientifique. Pour un lectorat à partir du troisième cycle primaire, 10-12 ans. Lien National Geographic : Alice Ball, la scientifique qui a découvert un traitement contre la lèpre, a failli tomber dans l'oubli : https://www.nationalgeographic.fr/sciences/alice-ball-la-scientifique-qui-a-decouvert-un-traitement-contre-la-lepre-a-failli-tomber-dans-loubli
Shaynning a commenté et noté ce livre

Nish 01 : Le Nord et le Sud N.E.

Par Isabelle Picard
(4,0)
Incontournable Mai 2021 Isabelle Picard, ethnologue originaire de la ville Huronne-Wendate Wendake, près de la capitale québecoise, nous propose une série jeunesse avec "Nish", dont voici le premier tome. Un des rares roman jeunesse qui nous donne un tour d'horizon très intéressant des communautés du Nord québecois. Éloïse et Léon sont jumeaux et ces ados de 13 ans vivent au Nord du 55e parallèle, dans la communauté innue de Matimekush. Alors qu'un homme disparait sans laisser de traces, incluant sa motoneige, des recherches sont entreprises pour le retrouver, mais se révèlent infructueuse. Le mystère reste entier. Et alors que Léon apprend que lui et son équipe, les Étoiles du Nord, vont aller affronter la ligue autochtone de hockey à Québec, Eloïse pourrait bien avoir trouver un moyen de faire connaitre sa communauté par l’intermédiaire des réseaux sociaux.Les jumeaux doivent cependant composer avec une réalité difficile: leur père est atteint d'un cancer et doit donc se rapprocher de la capitale pour ses traitements. Les deux ados vont donc devoir vivre sans leur père pendant plusieurs mois. Et une ultime surprise les attend en fin d'année, qui promet de changer leur vie radicalement. Je suis particulièrement ravi de voir ce roman arriver en département jeunesse avec tout ce qu'il contient! Nous avons un visuel très intéressant sur la petite communauté et qui couvre large. On aborde notamment: les enjeux alimentaires dus à la pauvreté et à l'éloignement géographique, ce qui a un impact sur la santé générale des habitants, les enjeux psychosociaux, liés aux pensionnats pour les plus vieux, l'alcoolisme, les déplacements forcés pour l'exploitation des ressources ( qui ne profitent jamais aux autochtones d'ailleurs), l'absence du réseau cellulaire, la difficulté de recrutement du personnel soignant et autres spécialistes de la santé, le fait que le français et/ou l'anglais sont encore plus courant dans les écoles que la langue Innu-aimun, les enjeux environnementaux, le taux de décrochage scolaire ( la majorité de parvient pas au secondaire 5) et j'en oublie sans doute d'autres. Mais n'allez pas croire que tous ces enjeux empêche les petits miracles dans la communauté. On y trouve aussi beaucoup de beauté, surtout dans les rapports humains et avec la Nature. Cette histoire est en quelque sorte "tressé", car elle suit trois axes: la maladie du père des jumeaux, l'aventure de Léon pour son Hockey et les investigations d'Éloïse. D'ailleurs, les jumeaux se partagent la narration. J'ai beaucoup aimé suivre leur aventures, à les entendre parler avec fierté de ce qu'ils aiment de leur village, en nous lâchant de temps à autre des phrases en innu-aimun. On en a les traductions en bas de page. Comme tous les ados, ils ont des aspirations, des amis et des ambitions. Comme bien des ados, ils se sentent concernés par les enjeux autours d'eux et sont solidaires entre eux. Ce qui est particulièrement vrai quand on a un papa malade et obligé de rester très loin pour ses soins. Comme le laisse entendre le sous-titre, on aura cette comparaison entre Nord et Sud ( le sud étant Montréal et Québec), parfois drôle, parfois plus sérieuse. Il faut comprendre que si les personnages sont fictifs, les enjeux socio-économiques sont quant à eux bien réels. J'ai trouvé l'équipe de Léon magnifique, les discours de l’entraineur très touchants. Nous avons une belle leçon sur le sport, sur ses plus beaux aspects, comme la collaboration, le cœur au ventre et le plaisir.Un sport tel que le hockey, c'est avant tout une formidable expérience de travail d'équipe. Il faut aussi dire que contrairement aux habitants du sud, la petite équipe a longtemps du composer avec le manque d'équipement et l'absence d’aréna. C'est une formidable incursion dans un monde qui, malheureusement, est aussi méconnu des gens du monde que de nous, leurs voisins du Sud. Certains québecois pensent même encore que les autochtones vivent dans des tipis et se revêt de peau, bien loin de leur actuelle réalité, évidemment. Au final, et c'est bien le message, les ados du Nord sont comme ceux du sud: ils aiment les même modes vestimentaires, les même jeux vidéos, les même sports et ont sensiblement les même soucis. Là où les différences pointent sont davantage dans leur Histoire, leur enjeux sociaux, leur culture et leur éloignement urbain. On a donc un beau roman bien écrit, intriguant, polyvalent, intéressant et qui offre une belle fenêtre sur une Nation qui ne demande qu'à être mieux connue. Un grand merci à Madame Simard pour cette œuvre, qui aura d'ailleurs une suite, qui promet d'être aussi intéressante si je me fis à la fin. Un roman destiné aux lecteurs d'environ 10-12 ans.
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Chroniques post-apocalyptiques d'une enfant sage

Par Annie Bacon
(4,42)
7 personnes apprécient ce livre
1 commentaire plus récent
Par l'autrice des séries "Pétronille Inc" et "Victor Cordi", voici les chroniques d'Astride, 13 ans, ainsi que d'Armand Beauséjour, un professeur qui allait prendre sa retraite. Montréal a connu un désastre sans précédents qui ne laisse pas beaucoup de survivants. Astride doit la sienne aux connaissances et à la présence d'esprit de son père, mais maintenant, elle se retrouve seule dans les ruines de la métropole. Elle établie son nouveau chez-soi dans la bibliothèque du Plateau Mont-Royal, où elle apprend à se composer une routine dans ce nouveau monde. Avec les rivalités entre gangs de jeunes pour les ressources, Astride tâche d'être discrète, disciplinée et proactive. Elle paie même les ressources qu'elle trouve par les livres de la bibliothèque. Peu à peu ,Astride semble voir se profiler un avenir. Pour sa part, monsieur Armand survit sans problèmes sans son école, Jeanne Mance, où il s'est donné le mandat de faire les mémoires de l'humanité. Il avait lui aussi trouvé une routine somme toute agréable quand il réalise que les restaurants qu'il visite ont tous en commun de petites piles de livres sont le sujet est toujours lié à la cuisine qu'on y servait. Ses miettes de lettres pourraient bien le mener à croiser la petite gardienne de la bibliothèque. Cette histoire est vraiment adorable, un mot qui peut sembler étrange pour récit post-apocalyptique et pourtant! Astride est débrouillarde, organisée, autonome, timide, incroyablement honnête et scrupuleuse. Très loin de ces ados un peu écervelées et dépendantes affectives que je vois en Dystopie Jeunesse actuellement. Une jeune fille au tempérament anxieux, mais aussi discret, ce qui semble jouer en sa faveur. Elle garde même certains réflexes qui peuvent sembler inutiles, mais qui trahissent justement ce besoin d'avoir des repères, comme le nettoyage de son appareil dentaire, par exemple. Un personnage vraiment attachant qui pourrait bien réussir à survivre. En parallèle, nous avons les mémoires courts du professeurs, teintés parfois d'ironie, qui dépeint certains grand thèmes humains, comme le travail, l'argent, les livres, l'amour,etc. Ce roman est tenu à la fois comme un journal, avec des dates et même des listes, mais il a aussi une forme poétique, avec des vers. C'est épuré et facile à lire, tout en étant intéressant et même attendrissant. La fin laisse présager une suite. Je me demande comment les survivants vont se débrouiller dans l'avenir, car si c'est l'été dans le roman, les hivers rudes du Québec vont assurément poser problème. Je suis curieuse de voir la suite. Un excellent petit roman de science-fiction catastrophe qui peut convenir au dernier cycle primaire ou début secondaire ( et à tout ceux que ça intéresse bien sur!), qui porte à la réflexion et qui regorge d'infos très intéressantes.
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L'hiver écarlate T.1 : Endestad

Par Eve Patenaude
(5,0)
2 personnes apprécient ce livre
Force de caractère, courage, loyauté sont tous des mots qui définissent très bien cette belle histoire. L'écriture est magnifique à un point tel que nous ressentons le froid glacial et que l'on s'imagine très en train de gravir les glaciers et surmonter les épreuves comme le font si bien les différents personnages. On s'attache rapidement à Meike. Très hâte de lire la suite. Bonne lecture à tous!!
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Les soeurs Hiver

Par Jolan Bertrand et Tristan Gion
(4,0)
1 personne apprécie ce livre
Incontournable d'une librairie, Mai 2022 Un coup de cœur pour ce roman jeunesse Intermédiaire, qui amalgame folklore scandinave et mythologie viking, dans un récit hivernal aussi magique que touchant. Alfred a dix ans et il a toujours connu des hivers glacials et rudes. C'est que depuis une quinzaine d'année, l'Hiver est anormal. Il existe deux Hiver dans cette partie du monde, l'une Petite, l'hiver doux et léger, alors que l'hiver de la Grande est rude et brutal. Depuis une quinzaine d'année, la Petite a disparu, ce qui a rendu la Grande triste et aussi en colère, laissant s'abattre sur les vikings et le peuple Saami de terribles hivers. Alors que se rassemblent les citoyens de son village, Alfred apprend que son oncle Ragnard souhaite entreprendre une expédition en solitaire pour trouver la Petite Hiver. C'était sans compter les paroles de la voyante Frid à Alfred, qui lui confie que s'il part seul, on ne reverras jamais Ragnard. Alfred part donc sur les traces de son oncle, sans se douter qu'il fera la connaissance de créatures magiques, se heurtera à un sortilège lancé par une renarde aux yeux de feu et devra venir en aide à la Petite Hiver. Dans un premier temps, je ne peux pas passer sous silence la couverture de ce roman, un vrai bijou. Et c'est un travail qui se poursuit dans le roman, avec les illustrations d'inspiration scandinave, dont le dessin me fait penser à la très sympathique BD "Bergère Guerrière", elle aussi inspiré des peuples du Nord européen. J'ai beaucoup apprécié l'apport visuel des illustrations, car de manière générale, on a pas foison de romans sur cette région du monde. Voir les objets, les habitations et les créatures magiques étaient donc bien avisé. Bref, un beau travail sur le visuel, l'objet risque même de gagner le cœur des jeunes lecteurs simplement avec son apparence ( même si je ne soutiens pas du tout cette approche! La couverture ne fait pas le livre!) ah, et la page 111, où Alfred lance Cheveux Violet, était hilarante ( Ce dernier cri "OOOOUIIIIIIIiiiiii" dans un magnifique vol plané. héhé) J'ai apprécié l'histoire, où un duo de sœur est séparé par une tierce personne qui souhaitait s'accaparer l'une des deux, sans égards pour la seconde. Une amitié toxique, dirait-on. Mais bon, quand on voit de qui il s'agit, c'est tout de même pas très surprenant, quand on a une base sur la mythologie viking ( ou d'avoir regarder la franchise des "Thor" et des "Avengers" de Marvel). L'action est fluide, les évènements s'enchainent bien, ça se savoure comme une crème glacée. Les personnages sont rafraichissants ( sans jeux de mots). Alfred n'est pas le petit héro mignon qu'on voit souvent en littérature intermédiaire, mais plutôt un petit farceur introvertis, qui a parfois des élans mélancoliques et n'aime pas spécialement les gens ou les rassemblements. L'amateur de blagues apprécie le Dieu de la ruse et amateur de chaos Loki, qu'il appelle souvent à l'aide. Le personnage de Ragnard, pour sa part, est un des rares transgenre que j'ai pu voir dans la littérature jeunesse, surtout pour les enfants. Femme à la naissance, Ragnard s'est toujours senti "homme" et après s'être renommé, porte désormais la barbe. Guerrier agile au pas léger, c'est une excellent chasseur et il est apprécié de tous. Il faut dire que c'est somme toute crédible pour un viking d'être capable de changer de genre quand on sait que ce peuple était égalitaire sur la question du genre. Avec appuis, nous avons une forgeronne, Mila, et une guerrière émérite, Valka, qui a un bégaiement, ainsi qu'un certain personnage qui est androgyne ( À la fois homme et femme, mais pas en même temps). Dans la représentation des diversités, l'auteur sait y faire. Reste que Ragnard a ma préférence, c'est un personnage courageux, tendre et bienveillant. Il est devenu en quelque sort le père de substitution de notre protagoniste et le rôle qu'on lui donne vers la fin du roman témoigne de sa préciosité en tant que personne. Nous avons aussi l'attachant personnage de Cheveux Violet, un troll, qui a été un guide et un aide précieux pour Albert et Petite Hiver. Particularité dans le pronom, l'auteur emploi un "ul" singulier et un "uls" pluriel pour désigner les trolls, comme s'ils avaient un genre neutre. Enfin, le personnage de Frid, aveugle sage et voyante du village, qui a su ruser contre un ennemi aussi rusé, sans attendre de gloire, présence phare entre notre monde et celui des créatures magiques. C'était en quelque sorte le garde-fou ou le pont entre les différents personnages, à leur insu. Après tout, c'est elle qui a poussé Alfred a partir sur les traces de son oncle. L'importance des liens est en quelque sorte le thème central du roman. Non seulement entre les deux soeurs Hiver, entre Alfred et Ragnard, c'est aussi entre Alfred et Cheveux Violet, le petit troll qui lui a servi de guide, et des villageois les uns pour les autres. Dans l'histoire, les trolls dérobent des objets, les plus précieux. Pas précieux dans leur sens commercial, mais dans leur sens émotif. L'idée était que le temps que nous passons avec nos proches, le collectif comme affectif, se répercute dans nos objets. Avec cette logique en tête, les trolls ont dérobé les objets précieux des vikings et du peuple Saami, pour apaiser la tristesse et le chagrin de Grande Hiver, dévastée par la solitude. Là est le drame: le matériel ne peut substituer le lien affectif. Il peut très minimalement le remplacer, mais jamais l'égaler. Un constat très pertinent à notre époque surconsommatrice et portée sur le bonheur matériel. Un autre bon constat sur les liens concerne la notion de profondeur relationnelle. Dans l'histoire, "l'ami" de Petite Hiver lui a jeté un sort pour qu'elle puisse le/la suivre dans ses festivités, sans se soucier du sort de Grande Hiver ou de faire culpabiliser Petite Hiver quand elle découvrirait le pot aux roses. Iel évoque le fait que Grande est "mélancolique", que peut importe à quel point on passe du temps avec elle, elle ne sera jamais pleinement joyeuse. Grande évoque cependant que la présence de petite Hiver est très importante au contraire, car au moins, elle sent que quelqu'un se souci d'elle quand elle a ses périodes tristes. Que le pire d'être seule est le fait qu'on se sent alors important pour personne. de plus, si Grande et petite sont à même de composer avec les faiblesses de l'autre, c'est précisément parce que leur lien est profond. À l'opposé, vivre dans un plaisir continu sans considération pour l'autre, se l'approprier comme une possession ne forgent pas les liens. Et l'ironie, c'est que "l'ami" de Petite Hiver est justement dans cette logique: des relations superficielles, un sentiment de n'avoir de valeur que dans l'utilité et d'être laissé de côté le reste du temps. Donc la dimension des liens était bien touchante autant qu'elle est pertinente, dans le roman. Enfin, mention à une petite leçon de vie: Quand c'est au détriment des autres, que ça engendre de la détresse, du chagrin ou de la honte, alors ce n'est PAS un blague. Les blagues, les vrais, font rire et ne porte guère à conséquence. On aura aussi mention des Dieu d'Asgard, les Ases, dont Loki est le plus fréquemment nommé. On va d'ailleurs le croiser. Un personnage contrasté, que ses mensonges cachent une certaine vulnérabilité et dont la ruse qui fait sa renommé n'est pas volée. Les trolls aussi font parti du folklore des pays scandinaves, mais contrairement à ceux rencontrés dans "La Reine des neiges, de Disney, ceux-ci sont minuscules, chapardeurs, mais bienveillants. Uls sont de pierre et possèdent une force de fourmi, capables de soulever des charges très lourdes. Vous en verrez un sur la couverture, coin droit en bas. le corbeau revient également, ainsi que le renard, deux animaux qui reviennent dans les récits et légendes vikings. Le peuple "Saami" ( ou "Same") existe bel et bien. Il s'agit d'un peuple autochtone du Nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. On retrouvera certains de leurs attributs et si on ne les rencontre pas, ils font parti du paysage de l'histoire. Une attention appréciée. Ils semblent en bon terme avec les vikings et leur fête de Yüle se tient conjointement. Petite Hiver a d'ailleurs leur chapeau et leur ceinture colorées traditionnelles. C'est vraiment un beau roman, dans son sens graphique et narratif. On reconnait là la qualité des romans de la maison École des Loisirs, ils nous ont donner de belles oeuvres encore cette année. Ce livre m'aura évoqué la superbe BD "Rêve de renard", de la bédéiste finnoise Minna Sundberg, que je vous invite à regarder de plus près, pour le lectorat adolescents. Je pense que ce petit roman aura une saveur universelle et intemporelle, du genre qu'on saura savourer même dans quelques décennies. Un roman qui aura eu beaucoup d'amour, autant de son auteur que son illustrateur. À mettre joyeusement dans toutes les écoles et les bibliothèques. Pour un lectorat à partir du second cycle primaire, 8-9 ans. ** Monsieur Jolan C.Bertrand, tout comme son personnage de Ragnard, était une fille qui se savait "homme" en réalité. Il a décidé de prendre le nom d'un personnage viking de son enfance ( Je soupçonne le personnage de Jolan de la série "Thorgal") et parcours le monde entre deux coup de plumes. Vidéo promotionnel: https://www.facebook.com/watch/?v=279272224319147
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Court toujours : sortir du placard

Par Rachel Corenblit
(4,0)
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"Sortir du placard est le 14e membre de la collection "Court Toujours" aux éditions Nathan, et comme ses désormais nombreux grands frères, sa version papier vient accompagné de versions numérique et audio. Rita a dix-sept ans et à ce jour, malgré quelques tentatives peu fructueuses, n'a pas eu de petit ami. Alors qu'elle est au bars avec sa mère - qui n'en rate jamais une en ce qui concerne de potentiels prospects comme petit ami pour sa fille- Nathalie les rejoint. Et alors que la mère de Rita fait un commentaire malaisant à propos du serveur qui aurait "regarder" sa fille, Nathalie, ami de yoga de sa mère, fait un commentaire qui va bousculer la vie de la presqu'adulte: "Peut-être qu'elle ne les aime pas? Les garçons". On l'aura comprit au titre, c'est une sortie de placard, mais pas à l'américaine, avec trompettes, fanfare et crises de larmes hollywoodienne ( sans vouloir banaliser les vrais sortie de placard difficiles). J'apprécie justement ce petit roman pour ce traitement qui nous sort des mélodrames états-unis, toujours "too much" et négatifs. Ici, de l'étonnement, un peu de confrontation de la part du père, qui s'imagine que sa fille a "contracté" l'homosexualité, la "faute" à son absence. Oui, bon, certes, on est pas encore au scénario parfait, mais c'est mieux qu'un rejet unilatéral. D'ailleurs, Karine, la conjointe de son père, assure que son père va "procéder doucement", donnons-lui le temps. On ne peut pas nier que certaines personnes ont encore des croyances que homosexualité est un résultat, qu'il est "causé par", au lieu d'être considéré comme un état. J'ai trouvé mignon le passage où la grand-mère, qui visiblement souffre d’Alzheimer, laisse entendre qu'elle est gay elle-aussi. Ça me rappelle le roman "Ma vie autours d'une tasse de John Deere", dans lequel deux Étienne, de deux générations très différentes sont gay, mais n'ont pas pu le vivre de la même manière précisément en raison de leur divergence d'époque. Le roman n'est pas juste l'histoire d'une ado qui se découvre une potentielle homosexualité ( au début, elle tergiverse quand à son attrait pour les filles), c'est aussi l'histoire d'une mère avec sa fille. Amélie est une femme qu'on pourrait qualifiée de "Carencée affective". Elle a manqué d'attention et d'affection et cela paraitra sans doute toute sa vie. Cela affecte sa façon d'être, mais aussi sa façon de vivre sa relation avec sa fille. Mais au-delà des irritants, les deux femmes ont aussi de beaux moments de complicité, surtout quand Amélie confie à Rita qu'au fond "l'essentiel, c'est de s’accepter tel qu'on est". Vérité clichée si elle en est, elle n'en demeure pas moins pertinente et fondée. C'est un roman léger, humoristique ( oh, joie, du sarcasme, je ne m'en lasse pas!) et où l'homosexualité fait réagir de manière somme toute positivement. C'est un petite balade dans le quotidien bousculé d'une ado étonnée, de sa mère un peu casse-pied et de leur joyeuse famille qui apprécie les débats pimentés! Pour un lectorat du premier cycle secondaire, 13 ans+. Pourrait ne pas convenir aux gens agélastes* ( réfractaires à l'humour, ben oui, ce mot existe).
Shaynning a commenté et noté ce livre

Prince charmant.com

Par Michel J. Lévesque
(3,0)
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Je remercie les éditions ADA pour leur envois de ce service de presse à notre librairie. Jasmine ne se remet pas de la disparition de Christophe, son conjoint décédé dans un accident d'automobile. La jeune femme de 26 ans se fait pousser à s'inscrire par sa meilleure amie à une agence très particulière,Prince Charmant.com, qui propose à des tarifs peu raisonnables de vous monter le scénario romantique de vos rêves. 15 jours de "Grand amour", ni plus ni moins. Vaguement convaincue que cela l'aidera à sortir de son état morose et à profiter d'un peu de tendresse, elle accepte. Elle choisit le scénario de "L'étranger ou le beau danseur", un conte québecois, alors que son amie Cyndi opte pour celui de "La petite pantoufle de verre". Mais quand le jour J arrive, ce n'est pas un, mais deux individus qui pourraient correspondre à son "prince". Comme les acteurs ne peuvent révéler leur statu, question d'être réalistes, Jasmine fait le pari de tester les deux, mais en cherchant à connaitre la vérité sur qui est qui, elle pourrait bien soulever des secrets bien gardés sous la moquette, et pas seulement par ses deux "prétendants", mais aussi par ses meilleurs amis. Sauf qu'au jeu des apparences et des mensonges, on risque d'y perdre pied. "Prince charmant.com" n'est pas sans rappeler un service d'escorte de luxe, mais avec la dimension "Conte" qui lui est greffée. Un peu à la manière de "Host club", un manga dans lequel, dans une école pour extrêmement nantis, des jeunes filles pouvaient "acheter" du temps avec l'un ou l'autre des six plus beaux spécimens mâles de l'école, de vrais "princes charmants" jouant chacun un rôle selon un trait de personnalité princier distinct ( pas de sexe inclut, par contre, ce sont des ados!). Il est clairement mentionné dès le début 'que ce n'est rien de réel. C'est un jeu, une pièce de théâtre grandeur nature. La "cliente" choisi son conte, aura 15 jours d"Amour avec un grand A et après, fini, interdiction totale de revoir ledit "prince". Donc, un gros show de boucane à fort tarif supposer combler les besoins affectifs de leurs clientes. Le genre d'expériences qui doit créer des dépendances affectives, si les clientes n'en souffrent pas déjà. Je vis beaucoup d'ambivalence suite à cette lecture. Il y avait beaucoup d'éléments qui se croisait, notamment deux triangles amoureux, dont un des trois prétendants à la demoiselle principal est un foutu cinglé qui tient à la fois du prédateur et de l'homme violent. Ish. Je ne pensais pas que ça allait devenir si compliqué! Pour reprendre le thème du conte québecois "La légende du Diable à la danse", je dirais que c'était une danse endiablée ce roman, et ça donne un peu le tournis. Il y a trois axes amoureux quand même! Celui avec "le prince" ( l'acteur engagé à cet effet), le "meilleur ami" et "Le diable" ( ce personnage dont on ignore encore s'il est le véritable prince ou celui qui est là par hasard). Ça faisait beaucoup à gérer. Il y a un élément qui m'a semblé moins claire parmi le nombre important d'informations à saisir: Le scénario, pas celui du roman, celui de l"Agence Prince Charmant.com. Selon le choix de Jasmine, qui a opté pour "La légende du Diable à la danse" ( ou "La légende du beau danseur"), c'est donc un "prince ténébreux" , incarnation du Diable, dans ses beaux vêtements sombres, ses chaussures à 500$ et sa grosse bagnole onéreuse, qui aurait du avoir la vedette, pas l'autre prince très typique, qui devrait incarner le fiancé inconduit du conte. Comme je connais le conte évoqué, c'est donc ce que j'imaginais. En même temps, pour la même raison, je me doutais qu'il y aura non pas un, mais deux acteurs, justement à cause du conte d'origine. Même constat décevant pour le scénario "Cendrillon" de Cyndi, la meilleure amie. Son "prince" avait l'entregent d'un spaghetti mou et le charisme d'un lampadaire. Mais qu'est-ce que c'est que cette agence pas sérieuse? Dommage, c'est l'aspect du roman qui avait l'air amusant. Coté références, elles abondent. Que ce soit les nombreux intertextes, les citations, les noms de personnages et des lieux pratiquement tous issus de l'univers des contes, les divers incursions dans les univers de la poésie, de la littérature, du cinéma, de l'astronomie et des légendes. Mais tout ce fatras d'informations rendait le tout lourd et parfois, certaines informations sont carrément inutiles. Faire le lien entre tous ces éléments fut, en outre, quelque peu ardu. Il fallait gérer le triangle composé de Jasmine avec ses deux potentiels princes, celui entre elle, sa chum et son chum de gars, le scénario du conte, l'auteur préféré de Jasmine, l'accident de son anciens copains, un stalker de l'école secondaire...oula! Heureusement, après l'avoir achever, tout semble concorder, merci à cet univers étonnamment petit où tout le monde est étroitement lié parce que tout le monde se connait. À peu près personne dans ce roman n'a jouer franc jeu, mais ils sont TOUS liés! Chapeau! ( Notez les sarcasme) Il y a aussi beaucoup de thèmes. Un majeur est le deuil: Jasmine a perdu son copain dans un accident, en même temps que celui de sa meilleure amie. Dans le processus, les deux jeunes hommes ont fauché la vie d'une petite fille. On a donc une héroïne qui tente de se refaire une vie, qui se sent responsable ( parce que la petite fille en question est la petite fille de sa patronne) et qui a une amie dans la même situation. Elle a du mal à imaginer une relation future et pense ne jamais en guérir. D'où l'idée de se payer une "cure sentimentale" ( qui n'en est absolument pas une). Mais je ne vois pas les différents stades d'acceptation, c'est donc peu aboutit comme thème et il devient même assez secondaire. Je trouve même que Jasmine s'est fait beaucoup de mal inutile avec cette histoire. C'est malheureusement le genre de personnage qui se met les pieds dans les plats toute seule et qui n'a pas assez de jugeote pour en sortir elle-même. Je ne suis pas sure de trouver tout ça très...sain? Non en fait, maintenant que j'ai fini le roman, je suis malaisé. Il me semble que le principe même de "prince charmant à louer" donnait d’emblée le ton d'une panacée pas très efficace à une blessure très profonde. Mais au lieu d'aller en ce sens, d'illustrer quel point l'idée du "prince charmant" est plutôt surfait et fantasmé, on réalise que l'un des acteurs est un foutu sociopathe et que l'autre est le grand amour tant attendu. Et ben, quelle chance! Les deux extrêmes se rencontrent! Encore mieux, il y avait bel et bien un prince charmant, et ce dernier a même un rôle supplémentaire: c'est une personne idolâtrée par notre héroïne! Ça fait drôlement beaucoup de qualités pour un même gars, en plus de sa belle apparence et de son charme fou. Et qui devait, en théorie, ne plus jamais se voir... En fait, toutes les règles et les promesses faites par l'Agence n'ont pas tenues, en fin de compte. Côté "anonymat et mystère", c'est complètement raté. Il faut dire qu'il y a eu beaucoup de "réalité" qui s'est immiscé dans le scénario. S'il y en avait un. Parce que je ne l'ai pas senti du tout. Du reste, que ce soit l'acteur sensé être le vrai prince ou l'autre ( celui qui n'est pas un acteur, mais en fait, s'en est un) ils étaient en réalité pas très entreprenants et souvent hors décor. Donc, tout le volet "Agence", le scénario et les acteurs, c'était pas très réussi. Même le "prince" loué par sa meilleure amie était médiocre. Si le but était de vendre du rêve, c'est vraiment raté. J'ignore si c'était le but de l'auteur, mais toutes choses relativisé, on passe bien plus de temps dans les imbroglios sentimentaux de peut-être-vraie-personnes qui sont parfois des personnages que dans le "scénario" de l'agence. Beaucoup de mensonges, beaucoup de mauvaises décisions, des relations à la communication très défaillante, beaucoup de chassé-croisés maladroits entre qui est qui et qui fait quoi et qui manipule qui. Un casse-tête digne d'Occupation Double. Jasmine, l’héroïne, ne m'a pas convaincu. Elle ne correspondait vraiment pas au "client type". Oui, elle est désespérée, elle passe son temps à nous le dire et vu son comportement illogique et imprudent, je lui concède volontiers. Elle se trouve stupide, là aussi je suis d'accord. Je ne calcule pas le nombre de mauvaises décisions qu'elle a prise sous le charme de l'un ou l'autre de ses prospects. Elle n'était absolument pas capable de jouer le jeu. Tout comme sa meilleure amie, d'ailleurs. À quoi ça sert de se payer des acteurs professionnels pour jouer les princes si les clientes se montrent désagréables, entêtées quand à savoir s'ils sont les princes envoyés par l'Agence ( ce qu'ils doivent nier, pas soucis de réalisme) et ne passe que quelques jours avec eux, tout comptes fait? Comment peuvent-elles espérer vivre leur trip si elles ne les laissent pas jouer leur rôle, bon sang! Et il apparait que notre héroïne se comporte en princesse Disney: elle tombe amoureuse en moins de quelques jours. J'avais l'impression de lire trois histoires emboitées: l'une sur deux filles qui se sont loués des beaux bonhommes, l'une sur une jeune fille qui vécu un cas de harcèlement par un gars trop entreprenant et possessif qui ne sait pas distinguer l'amour de la prédation, et l'une sur une fille endeuillée, dont les deux meilleurs amis trainent des squelettes dans le placards à grand coups de mensonges et de non-dits. Le sociopathe du secondaire, il était prévisible à un certain point. Je ne suis pas fan d'histoires de mensonges, surtout à ce degré, parce que c'est malsain et que trop souvent, même si les menteurs se font démasqués, ils s'en sortent plutôt bien. C'est navrant. Mais ici, il y a tout le volet "théâtral" payé, qui fini malgré tout en amour véritable, qui me met également mal à l'aise. Je ne calcule plus le nombre affligeant de "romances" qui se basent sur cette prémisse, que "quand le mensonge devient trop vrai" il devient un sentiment vrai...heu...et l'amour sans confiance, c'est supposer exister? Ah! Si, ça s'appelle un "coup de foudre", mais ce n'est pas de l'amour. Un aspect qui me déconcerte aussi est toutes ses mentalités artistiques qui se croisent, des malsaines comme des censées. Les histoires de marin, d'auteur, de Diable, de poètes écorchés...à un certain point, je me suis perdu. Il y avait trop d'axes, trop de non-dits, trop de figures de styles compliqués entre tout ça, je ne voyais pas de finalités. Un peu comme si on avait des poupées russes aux morceaux mélangés ensemble et qu'ils ne s'emboitent pas tous. Les intertextes n'avaient pas toujours de liens, nous envoyait sur de nombreuses fausses pistes. Il y a des tas de contes dont on capte des morceaux sans savoir quoi en faire. Aussi, à un moment, l'acteur qui joue le "Diable" devient "Le prince Noir" qui devient "Le faire-valoir de l'autre prince"...mais ça n'a pas de sens. Le Diable, c'est l'incarnation même de ce tout ce qui est attrayant, alors comment une telle incarnation peut faire de la lumière une incarnation comme le prince charmant? Ça aurait été peut être logique dans un cas de figue comme le Lac des Cygnes, avec un Vilain vraiment salaud et un prince réellement gentil, mais on est dans le conte du "Diable danseur", c'est l'inverse! Bref. Je comprend l'idée que les gens ne sont pas ce qu'ils semblent être, avec ici un prince qui s'avère être un trou-de-cul foutrement malsain et un "ténébreux" au cœur d'or façon Monsieur Darcy...mais le problème, c'est le contexte de jeu. Comment prendre quoi que ce soit au sérieux à travers un "scénario" ( même si ledit scénario n'est pas claire)? L'idée aussi que l'amour n'est pas logique est au cœur du récit, mais là encore, c'est un message plus ou moins cohérent. Déjà, vu le niveau de tendresse et de confiance qui existe entre les personnages, c'est étonnant qu'ils soient encore amis...alors amoureux? Le triangle entre les trois amis était étrange, mais ça n'a rien d'étonnant, vu qu'ils ne sont pas honnêtes les uns envers les autres et se parle de manière agressive. C'est un peu ce qui me dérange: Si l'amour est synonyme de souffrances, c,est peut-être pas tant de l'amour que de la fixation, voir de l'entêtement. Ou de l'obsession? Honnêtement, je n'ai vu aucune relation convaincantes ici. Elles sont toutes malsaines à certains degrés, certaines plus que d'autres. Et oui, l'amour, le vrai, requiert de la confiance, de la complicité, de l'empathie et de la saine communication, choses qui leur ont tous fait défaut. Sauf Madame Merryweathers, elle a une bonne empathie. Côté plume, je dirais que c'est prenant. Je l'ai deux en deux temps, ça se lit bien. Il y a un niveau de dialecte québecois très présent, beaucoup d'injures et de "slangs", en anglais aussi. Je me suis retrouvé avec des tas de point d'interrogations à la fin quand à la nature des sentiments et des comportements des personnages, mais au niveau du scénario, tout semble bien s'emboiter. Un dernier détail que je souhaite répertorier ici est que l'idée de départ était bonne. En effet, les services d'escorte existent pour de vrai et ce qui est aussi malheureusement vrai, au-delà du côté sexuel de la chose, c'est le besoin affectif de certaines personnes qui souffrent de solitude. Ce n'est pas pour rien que les arnaques du genre "amoureux lointain en détresse financière" fonctionne si bien: beaucoup de gens sont prêtent à payer pour un peu d'attention, de tendresse et d'affection, même feinte. Cette dimension là était intéressante et n'a malheureusement pas été exploitée davantage. Parce que c'est probablement ce que l'agence va récolter de toute manière: des femmes désespérées, seules, malchanceuses en amour ou incapable de trouver des bons gars. On aurait pu explorer cette dimension des relations, le rapport à l'apparence souvent biaisé, la difficulté relationnelle, la violence domestique même! Plusieurs thèmes ont été survolés, mais on est resté sur les trucs les plus superficiels et les plus immatures. "Prince Charman.com" se cantonne donc aux mêmes standards qui prévalent en littérature sentimentale: une héroïne super belle, mais pas brillante, deux ou trois mâles en compétition, des sentiments pas très nobles et peu profonds, rapidement délivrés, un scénario qui tourne autours des relations amoureuses ou amicales, beaucoup de chamailleries entre les personnages et un certain degré de manichéisme ( tout blanc/tout noir). Il y a avait des idées de base intéressantes, mais selon moi, mal exploitées. Je conviens que la construction du roman est bien, peut-être un peu trop d'intertextes pas pertinents et de citations, mais efficace sur le rythme et la structure. Idéal pour les amateurs de romances compliqués mêlés de drame et de suspense. Pour un lectorat Jeune Adulte, 17 ans+. Pour les profs et les bibliothécaires: Contient des termes injurieux, en québecois et en anglais, aucunes scènes sexuellement explicites, mais quelques allusions sexuelles.
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Pas de climat, pas de chocolat

Par Christophe LEON
(3,0)
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Incontournable Avril 2022 Petit roman de la collection "Tertio" aux éditions Alice, "pas de climat, pas de chocolat" aborde de manière assez évidente l'engagement de la jeunesse concernant les enjeux climatiques, le choc des génération qui peut en résulter et présente même quelques gestes éco-responsables. Tristan, 16 ans, a un béguin pour une fille de sa classe, Nina, une fille engagée à lutter contre les changement climatiques. Quand elle appelle à la mobilisation pour une marche un vendredi, à la manière de Greta Thunberg, Tristan y voit l'occasion de se rapprocher d'elle. Ainsi commence les assemblées et les réunions. Les soucis aussi. Entre les parents récalcitrants et la directrice qui condamne cet initiative, les ados devront faire preuve de détermination. Comme l'a mentionné une autre Lectrice, il y a un aspect qui m'aura quelque peu déçu et c,est le fait que Tristan ne fais pas de réelle prise de conscience des enjeux climatiques. Oui, il apprend quelques éléments intéressants , certes, mais le gros de sa motivation est en réalité de sortir avec la fille de ses rêves. Il n'y a rien de mal à ça, mais le sujet du livre étant l'engagement de la jeunesse pour cette cause, on se serait attendu à au moins un éveil quand à la situation catastrophique en matière d'environnement. Parce qu'au final, peut importe la cause supportée par Nina, il aurait embarqué. C'est même légèrement hypocrite. En même temps, on pourrait se dire que c,est par leurs modèles que les jeunes adhèrent à certaines cause, et Nina pourrait en être un pour Tristan. Et puis, il faut dire que j'ai lu très souvent des filles admirer des gars, l'inverse arrive bien moins souvent, surtout quand il est question de courage et de détermination. Nina, c'est la meneuse. Elle a une cause à défendre et elle compte bien aller au bout de son projet. Ce qui est navrant, c'est la réaction des adultes. La directrice interdit toute forme de "propagande politique" alors que les enjeux climatiques sont de l'ordre de la survie. Le père de Tristan pense que c'est une mode et ne croit pas vraiment aux enjeux environnementaux. Pour certains personnages adultes, ce n'est là qu'une vague contestataire de quelques ados en mal d'attention. Il y a un certain degré d'aveuglement volontaire et de déni chez eux, je dirais, mais il permet de constater que les enjeux climatiques n'ont pas trouvé écho chez tout le monde, et pas de manière uniforme dans les générations. Certains adultes, dont les parents de Nina, sont très au fait de l'état de la planète et font des actions concrètes pour réduire leur emprunte écologique. Ce qu'on voit, c,est que tous les gens ne sont pas rendu au même stade d'acceptation. Certains nient, d'autres sont en mode "solution". Reste que la génération Z, les ados actuels, semblent être les plus largement mobilisés. Dans la chronologie, nous débutons en pleine débandade, Tristan court comme un fou pour échapper à on-ne-sait-quoi. Puis, on revient une semaine plus tôt. À partir de là, nous voyons les étapes de concertation et de préparation de la marche. Je me fais la réflexion qu'il faut être minimalement familier avec ce genre d'évènements, parce qu'il y a beaucoup de détails logistiques et pratiques. C'était intéressant, il y a des détails que je ne connaissais pas. Donc, "pas de climat, pas de chocolat" se démarque par son sujet ( du moins pour le moment), et me semble plus informatif qu'addictif. Il peut être un bel outil en classe pour les profs et une belle porte d'entrée pour les jeunes qui seraient curieux sur l'engagement, même de manière générale. Le personnage de Tristan est introspectif, alors nous avons le fil de ses pensées et de ses émotions, ce qui est franchement bien. Un roman qui met en lumière le potentiel et le désir de changements de notre jeunesse, qui est militante, mobilisée et déterminée ( malgré les quelques abrutis qui infiltrent des manifs juste pour faire de la casse). Pour un lectorat du premier cycle secondaire, 13 ans+.
Suggestions de lectures pour Shaynning

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Par Jean-Philippe Baril Guérard
Éditeur DE TA MERE
Paru le 9 octobre 2018
Par Emmelene Landon
Éditeur Gallimard
Collection BLANCHE
Paru le 23 janvier 2019