Shaynning
Libraire @ Librairie Monet
Intérêts littéraires : Biographies, Jeunesse, Littérature, Psychologie, Arts, Bande dessinée, Loisirs

Activités de Shaynning

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Le poids des seins

Par Nathalie Lagacé
(4,5)
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@Julie Escalle Un grand merci pour cette rétrospective. :)
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La belle et le fuseau

Par Neil Gaiman et Chris Riddell
(4,33)
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Réécriture de contes, entre Blanche-Neige et La Belle au bois dormant, cet album jeunesse nous livre un récit croisé entre deux princesses célèbres dans un cadre beaucoup plus sombre et plus moderne. Nous sommes dans le royaume qui jouxte celui de Blanche-Neige, devenue reine et qui approche de ses noces sans réel enthousiasme. Trois nains, qui avait décidé d'aller lui acheter de la soie comme présent de mariage, trouvent un pays troublé. C'est que depuis quelques temps, une malédiction se propage dans le royaume, endormant tous les êtres vivants sur son passage. Alors que les habitants préparent leur évacuation, les trois petits hommes rapportent les sombres nouvelles à la Reine. Loin de se laisser impressionner, Blanche-Neige fait alors évacuer ses propres citoyens, confit les reines du pouvoir à son premier ministre et, parée de sa cote de mailles, prend son destrier et son épée pour aller dans le royaume maudit en question. Si elle a survécu à un an de sommeil magique, sans doute pourra-t elle survivre au fléau de sommeil qui ronge le pays voisin? Accompagnée des trois mineurs , la jeune femme se met en route. Tout d'abord, je suis impressionnée par la qualité du texte, vraiment magnifique et doté d'un vocabulaire soutenu. Néanmoins, compte tenu de cela, ce conte sera sans doute un peu difficile à lire pour les moins de 10 ans. De toute manière, vu la complexité de l'histoire, surtout la fin, je pense que ce conte servira mieux le premier cycle secondaire, nos 13 à 15 ans et plus. Ce conte réinventé et croisé est hautement féministe, en ce sens où les hommes et les femmes sont égaux. Ici, Blanche-Neige règne sur son pays et le fait bien. Ce n'est pas juste la parure en robe traditionnelle, mais une femme qui donne des ordres cohérents et prend les armes pour défendre sa nation. Et la nouveauté? Cette Reine doute. Elle ne sait pas si ce mariage avec le prince - prince qui ne fait pas grand chose d'ailleurs- est vraiment la voie à suivre. Et vous noterez que ce n'est pas parce qu'elle craint que le prince prennent toute la place, non, elle le formule bien au début: elle se voit devenir mère, souveraine ET guerrière ( sur le champ de bataille). Pour une rare fois, nous avons une VRAIE reine, l'égale d'un Roi. Et cette même Reine est appelée à briser la malédiction de la princesse endormie ( l'alter égo de la Belle au bois dormant), mais oh, surprise, nous ne sommes pas en présence de celle que nous croyions avoir affaire. Gaiman réinterprète les évènements entourant sa longue séance de dodo et donne aux habitants du royaume endormis un rôle beaucoup plus actif, presque "zombiesque". Ce n'est donc pas un conte tout beau tout rose, mais presque horrifiant. Certains détails dans le dessin - vraiment beau - viennent accentuer cette impression, comme la présence des crânes un pue partout, dont le couvre-lit de Blanche , les coquelicots noirs - dont ceux sur la couverture - le fuseau tranchant, les toiles d'araignée, les habitants en pleine crise de somnambulisme, etc. On flirte avec le genre ténébreux de Tim Burton, mais venant de Gaiman, ce n'est pas non plus surprenant - pensons à Coraline. Attention, divulgâche. L'antagoniste, à savoir la Belle aux bois dormant, se sert en réalité de son peuple pour se rajeunir au moyen d'un fuseau, qui tisse le lien vitale autours de celui-ci. C'est pourquoi ces gens sont plongés dans le sommeil. Ainsi, nous avons une "méchante" qui se voue un tel amour pour elle-même qu'elle prête à sacrifier la vie d’autrui à cette fin. En même temps, n'est-ce pas ainsi qu'on calcule la beauté et donc la valeur d'une femme? À sa jeunesse? Elle offre même à Blanche-Neige le rôle de Reine consort, mais attention, un rôle inférieur, qui n'implique aucune égalité, mais bien une soumission. Un petit axe LGBT ici? C'est donc une histoire assez intéressante que celle-ci, mettant en vedette des personnages féminins définitivement modernes et assumées. Il y a tout de même une certaine lenteur dans le récit , peut être à cause des descriptions, mais c'est vraiment pardonnable. Le texte est soignée, les illustrations sont belles, le récit troublant mais captivant, et le final s'ouvre sur quelque chose d'inédit - enfin, pour une version de Blanche-Neige. Et j'aime beaucoup cette couverture transparente, qui évoque les toiles d’araignées du récit. On doit les superbes images à l'auteur et illustrateur Chris Riddell, auteur d"Apolline", de "Lili Goth et , plus récemment, des "Chroniques perchées". On doit à Neil Gaiman, qu'on ne présente plus,"Coraline" et plusieurs excellents romans fantastiques chez les adultes. Un excellent album pour les presque-ado amateurs de récit un peu horrifiant et les contes réinventés, ou les plus vieux qui apprécie ce style. Catégorisation: Album Contes et Légendes Réinventés anglais, littérature jeunesse adolescente, premier cycle secondaire, 13-15 ans+ ( mais de bons lecteurs du 3e cycle primaire, 11-12 ans, peuvent aussi s'y essayer)
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Tous les chemins de mon Papi

Par Céline Person et Mathilde Domecq
(4,0)
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Anthony et la gargouille

Par Jo Ellen Bogart et Maja Kastelic
(4,0)
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Merci voisin !

Par Rocio Bonilla
(4,0)
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La bonne idée de monsieur Johnson

Par Pierre Grosz et Rémi Saillard
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La fille aux arbres

Par Caryl Hart et Anastasia Suvorova
(4,0)
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Loveless

Par Alice Oseman et Valérie Drouet
(4,0)
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Incontournable Mars 2022 "Loveless" a été amorcé en mars, mais voilà que Décembre s'achève, ainsi que l'année 2022, donc je dois amoindrir ma pile-à-lire de libraire jeunesse si je veux commencer mon année sans 25 livres à finir. Donc, malheureusement, j'ai du abréger ma lecture. Ce n'est pas un mauvais roman, au contraire, mais il est costaud et je pense en avoir cerné l'essentiel. Et puis, je dois avouer que cela me fait très plaisir d'avoir un personnage qui correspond à la lettre "A" du LGBTQIA+. Notre protagoniste se nomme Georgia Warr et a 17 ans, elle fait parti de ces filles qui, en dépit d'un amour et d'un certaine idolâtrie pour les histoires romantiques, n'a jamais été en couple. La future universitaire se met beaucoup de pression à trouver un jeune homme avec qui former un couple, mais elle semble avoir un certain dégout pour tout ce qui est rapprochement intimes, même les baisers. Espérant sortir un peu de sa coquille, la jeune femme intègre une équipe de théâtre, une fois rendue à l'université. Entre ses anciennes amitiés profondes et les nouvelles, Georgia sera appelée à redéfinir sa vision des choses quant à son orientation sexuelle et l'importance de ses amitiés. Après tout, être asexuelle ne signifie nullement être incapable d'amour. J'aimerais préciser un aspect concernant l'asexualité: comme toutes les autres orientations, elle ne possède pas une définition nette et finale. Georgia est ce qu'on appelle "asexuelle aromantique", ce sont ceux et celles qui ont très peu, voir pas d'appétit sexuel pour les autres, mais qui ont en outre très peu ou pas d'attrait envers les genres. En ce sens, certain.es. sont hétéromantiques, homoromantiques ou même panromantiques: ils/elles ont peu ou pas d'appétit sexuel, mais sont tout-de-même attirés par un/des genre.s, que ce soit le même qu'eux ou non. En outre, certain.e.s pratiquent la masturbation, d'autres non. Certain.es. seront en couple sans sexe, d'autres en auront, que ce soit dans une relation de longue date qui a un aboutissement en ce sens ou qu' avec le temps, des compromis ont été faits sur cette question. Bref, si on y regarde de plus près, il existe bien des façons d'être asexuel.le, et généralement, leur trait commun est leur très faible libido et leur attrait vraiment bas pour le sexe. Georgia n'est donc qu'une façon de l'être, mais certainement pas la seule. Ce personnage semble avoir un dégout pour tout ce qui est rapports intimes, dont le fait d'être embrassé. En outre, elle semble surtout victime de la pression sociale. N'oublie pas que nous sommes dans une ère hypersexualisé, après de longues périodes historiques ou le sexe a été diabolisé et condamné. Ce retours de balancier ne vient pas sans heurts: Il semble que maintenant , le sexe soit devenu un sport national: il régit les codes esthétiques corporels, il s'émissent dans la culture, autant dans les romans que les films, il soumet les hommes à la pression d'être ultra-performants même en âge avancé, aux femmes d'être des bombes sexuelles ultra-désirables, aux ados d'être précoces et même, s'amalgame beaucoup trop à la notion "d'amour". Nous en avons des exemples flagrants avec des romans comme les Twilight, ou la seule préoccupation de l'adolescente est de baiser le beau vampire, quitte à se mettre en danger et à se déshumaniser pour cela, dans les Fantasy comme Palais de Roses et d'épines, ou on surutilise le sexe pour augmenter la tension "de désir" ( je n'ose pas dire "amour", ce n'en est pas) ou dans les douze romans École de la nuit, ou une ado collectionne les mâles toxiques, trop beau et ténébreux. Pire, si on regarde les romans ado et jeune adulte seulement, on remarque même que les personnages féminins sont souvent envoyés au sexe comme un passage obligé et histoire de mettre du drame, on les confine au rôle de petite brebis vierge pure et gentille. Enfin, les personnages féminins sont d'abord utilisés comme des objets de romance, comme si la seule finalité des filles était d'être en couple. Ce n'est vraiment pas le cas des personnages masculins, en revanche, pour qui la romance est plus souvent un bonus, et ce avec une fille qui a toutes les qualités. Bref, oui, l'hypersexualisation met de la pression, parce qu'elle est partout et qu'elle régit plusieurs sphères sociales. Imaginez maintenant être asexuel.le dans ce monde là. La fin du roman s'ouvre justement sur la question de la pression sociale en matière de sexualité, spécialement chez les ados. Pour certains, devenir adulte, c'est baiser une première fois. Quand entend-on plutôt que c'est le premier amour, ou le premier travail ou même que c'est vers 25 ans, quand le cerveau humain est enfin pleinement opérationnel ( le cortex pré-frontal finit de se développer à 25 ans)? Aussi, c'est entre nous que cette pression s'exerce et ce souvent de manière inconsciente. On ne se rend pas compte dans notre façon de ridiculiser les célibataires, dans notre façon de glorifier les couples sur les réseaux sociaux et de mettre autant d'importance sur le "statut" que nous créons un monde qui met la pression à être en couple, et pour les mauvaises raisons en plus. Combien de livres ai-je lu ou des petites ados effarouchées sortaient "pour de faux" avec des bad boys ténébreux..."Faire semblant d'être en couple", pour mieux le devenir après, est un comble de fausseté relationnel, mais il se vend comme des petits pains chauds, parce que c'est socialement ce qui est voulu: être un célibataire, c'est être "loser", tous les moyens sont bons pour redorer son image, quitte à sortir avec un salaud. Terrible, je trouve. Il faut dire aussi que comme Georgia nous le montre, le fantasme amoureux peut devenir vicieux, quand nos seules références relèvent des histoires écrites par des filles qui n'en savent elles-mêmes pas grand chose ou qui se réfèrent à des fantasmes. Carburer aux romans sentimentaux et érotiques n'est pas une mauvaise chose en soit, mais elle peut néanmoins biaiser la réalité, quand on en sait pas distinguer la réalité de la fiction . Georgia nous en parle, elle aime ces histoires où tout est tendre et parfait, mais malheureusement, la réalité est que la première fois sexuelle est bien souvent maladroite et risque d'être décevante, que les "Amour avec un grand A" sont rares et que le couple requiert beaucoup plus qu'un état de béatitude stupide. Je remarque donc que ce personnage a de quoi être déçue parce qu'elle a des attentes irréalistes. Pire que ça, elle ne tient pas compte du fait que tout ce côté sexualisé ne lui convient pas. Georgia tient surtout compte de la norme, à tout le moins sa conception de ce qui est la norme, en fait, cette espèce de ligne directrice qui veut que "les filles aiment le sexe et les rapports amoureux et que l'un oblige l'autre". le danger de suivre ce qui ressemble à la normalité est que nous risquons aussi de ne pas remettre en question ou explorer de ce convient à nous. Autre élément: le sexe et l'amour ne sont pas forcément reliés. On peut aimer sans faire l'amour, autant qu'on peut baiser sans amour. le problème est qu'encore une fois, on présente la sexualité comme un incontournable de l'amour, parfois même un prérequis à l'amour et très souvent on présente l'acte seuxel comme le paroxysme de la romance, l'aboutissement final, autant dans la culture littéraire que la culture cinématographique. Quand on sort de cette fausse logique, on se rend compte, et c'est particulièrement vrai pour les asexuels, que c'est la personne qui devrait être au centre du sentiment amoureux, pour sa personnalité, sa complicité, ses projets communs, ses qualités, son charisme et/ou son intelligence. En claire, aimer la personne pour son fond et non sa forme. Dans le roman, on joue sur ce thème, parce que le jeu des apparences est quelque peu faussé pour Georgia, qui navigue avec la fausse logique sexe=amour. "Je ne veux pas finir sans amour", disait Georgia. Ce qui est intéressant dans ce roman et qui peut être très pertinent autant pour les asexuels que les autres groupes sexuels est le fait que tous les humains ont besoin d'amour. C'est la base, c'est même l'enjeu le plus évident en matière de sain développement de l'humain. Cependant, dans nos sociétés. peu importe laquelle, nous avons hissé le couple au dessus de tout, comme l'ultime réussite sociale et affective. Une erreur, je pense. Après tout, qu'en est-il des amitiés sincères? Des familles tissées serrées? Des communautés ? On oublie que le/la conjoint.e n'est pas le seul garant d'affection. Dans le roman, on le voit bien se profiler: Qu'importe si Georgia n'est pas en couple, elle a des amis en or, impliqués, présents, complices et tendres. Pour certains humains, avoir une famille et des amis aimant est suffisant et même plus important que ce couple tant glorifié. Et ça compte. Toutes les affections saines comptent. En même temps, c'est une réelle inquiétude pour les gens ne ne pas finir seuls, en cela, la préoccupation de Gergia est légitime. Nous sommes des animaux grégaires, nous évoluons et vivons en groupe. Avoir le sentiment d'être inclus, d'être apprécié et de recevoir de l'affection est donc naturel, voir essentiel. Mais comme je le disais, le calcul que ne faisait pas Georgia était de considérer d'être possiblement "entourée" autrement que par un homme avec qui elle formerait un couple. Je remarque que je parle peu de l'action du livre, en fait. Il faut dire que je me suis rendue au tiers et lu la fin. Je dirais que l'action est plutôt lente et que ma nature introspective passait son temps à philosopher à chaque constat pertinent, ce qui me ralentissait encore plus. Je retiens surtout que c'est une jeune femme qui découvre l'université, un univers beaucoup plus libre que l'école secondaire ( surtout que les jeunes états-uniens ne connaissent pas le Cégep, qui constitue une excellente préparation et transition vers l'université au Québec) et qui favorise une ouverture différente sur le monde. le théâtre est un thème récurent chez les auteurs des États-Unis, je trouve, comme si c'était la seule avenue possible pour les introvertis de se découvrir une expression de soi, ce qui tend à m'agacer un peu. Néanmoins, ça reste un roman pertinent sur le sujet de la scolarité, des amitiés et de la vie des vieux ados qui amorcent leur vie de jeunes adultes. Autrement, le rythme est lent, le traitement doux, comme le furent les heartstoppers de l'autrice. Je déplore encore ce titre en anglais, absolument pas nécessaire et facilement traduisible. Un bon roman pour les lecteurs qui apprécient les tranche-de-vie et les histoires de coeur qui sortent des sentiers battus ( pour ne pas dire "asphaltés" rendu à ce niveau de déjà-vu), ainsi que ceux et celles qui souhaiteraient découvrir une des façon d'être asexuel.le. Pour un lectorat à partir du second cycle secondaire, 15-17 ans+
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L'école de minuit

Par Maëlle Desard
(4,0)
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Incontournable Décembre 2022 Comme plusieurs Lecteurs, cette lecture fait suite à la série pour les vieux ados "Les tribulations d'Esther Parmentier", qui m'avait vraiment déçue, surtout en raison de son scénario bancal et de son sempiternel triangle d'une humaine débilisée par un gros béguin, entre un vampire trop beau et un loup-garou friendzoné. Ici, l'autrice emploie des personnages plus jeunes et un sujet qui l'est aussi: L'école secondaire/Lycée pour monstres. Si je devais formuler une phrase pour ce livre, je dirais qu'à l'instar du visage du personnage de Joël, c'est un patchwork de divers éléments qui tiennent ensemble un peu par la peur, mais qu'on finit par trouver sympathique. Siméon St-Paul entre à l'École de Minuit, qui se trouve sur Midi. École de niveau secondaire, elle accueille à la fois des ados issus du monde des monstres (Minuit) et certains issus de celui des humains (Midi), dont Siméon. Ce dernier espère enfin avoir une vie sociale, celle-ci déjà grandement amenuisée par le fait d'être un demi-vampire allergique au soleil dans un monde ensoleillé. L'ado de 15 ans n'est en outre pas du tout le type de vampire idéalisé dans les romans sur cette espèce, il faut dire. Néanmoins, Siméon n'est pas le seul étudiant trainant des soucis. Alors qu'il amorce son année avec deux prospect en amitié, le sirein Colin, un peu trop obsédé par sa personne, et la liche Joël, à l'humour douteux et aux fréquentations discutables, il semble que certains étudiants disparaissent sans trop que cela perturbe les instances professorales. La directrice a un comportement incohérent, un mystère plane sur leur camarade Prune et la louve-garou Eir semble avoir un traitement préférentiel qui contraste avec le rejet social dont elle est victime. Il y a très certainement une anguille sous la roche, peut-être même tout un tas en fait...En tout cas, quand la sœur de Siméon, Suzelle, véritable vedette de l'école, disparait également, Siméon et ses nouveaux amis mènent l'enquête. Je pense encore une fois que l'humour de l'autrice est son point fort, à condition d'aimer son style d'humour, bien sur. Très souvent sarcastique, abondamment comparatif et souvent référentiel, le ton autodérisoire est aussi amusant. Cela dit, il faut que je mentionne que certaines références ne seront peut-être pas comprise du lectorat adolescent, parce que ce sont des références de ma génération, voir celle d'avant. Je constate que l'autrice a peaufiné ses personnages, aussi. Dans sa série d'Esther Parmentier, j'avais entrevu des idées originales sur le plan des représentations de personnages, en dépit des gros clichés. Ici, elle le fait beaucoup mieux, avec moins de clichés et ça donne une force à son roman. Siméon ressemble d'ailleurs à Esther Parmentier. Ils ont le même humour décapant et la même autodérision sur leur intellect moyen, leur physique ingrat ( et peu avantageux), ainsi que leur particularité unique. Alors qu'Esther est une sorte de nihiliste magique, Siméon est l'addition des tares ou des désavantages de deux espèces. Dans les deux cas également, ils s'improvisent détectives, au talent très relatif. Cela dit, avoir des "héros moyens" fait beaucoup de bien, car les Héros ont la fâcheuse manie d'être difficiles à s'y identifier, quand ils ne sont que beauté et perfection. Mieux encore, Siméon éclipse cette espèce d'idéalisation du vampire tel que détourné par les romans-navets pseudo-romantiques en littérature adolescente des dernières années. Je reproche beaucoup à cet archétype, qui propose des personnages toxiques toujours excusés, alors qu'ils sont souvent de belles ordures - Littéralement. Dans le roman, on en parle d'ailleurs souvent du côté "faussement parfait" de ces prédateurs buveurs de sang dont on a oublié le fait qu'ils sont d'abord et avant tout des créatures prédatrices manipulatrices et égocentriques, que nulle jouissance sexuelle ne saurait compenser, du moins quand on a un minimum de cervelle. Pour en revenir à Siméon, on table sur le fait que d'être vampire comporte sa part de problèmes, à l'instar des autres espèces monstrueuses. Obligé de porter un voile de veuve pour se protéger, incapable de manger quoique ce soit autre que le sang( ce qui limite m'a toujours semblé être une terrible malédiction), physiquement plus près de l'humain et même myope, Siméon se fait en outre rappeler sans arrêt que l'hybridité peut aussi comporter sa part de réussites en la personne de sa sœur. Suzelle est l'archétype de la figure sociale aboutie: physiquement plus près du vampire, physiquement jolie, forte et dotée de magie, imperméable au soleil, très intelligente et investie d'un talent en pratiquement tout, c'est en soi la fille qui a tout pour elle, selon les standards sociaux et canons esthétiques occidentaux. Un aspect qui doit être bien lourd pour le cadet de la famille, incapable de rivaliser avec cela. Cet élément de l'histoire aurait vraiment gagné à être plus central, mais reste de surface. Il sert surtout à marquer le statut du personnage principal, complexé et cultivant un sentiment d'infériorité. On a pas l'impression que le personnage ait évolué sur cette question, en dépit du fait qu'il comprend que sa sœur l'apprécie comme il est ( ce qui ajoute une certaine forme d'humilité au tableau des qualités de Suzelle, d'ailleurs). Au chapitre des thèmes, de manière générale, il y avait présence de thèmes sympathiques, tels que la camaraderie, la stigmatisation, le besoin de reconnaissance, l'inter-ethnicité ( pour parler des diverses races) et le Vivre Ensemble, mais pour reprendre l'idée d'un autre Lecteur, l'action avait préséance sur les enjeux , ce qui donnait donc un manque de profondeur. Un peu comme si l'autrice avait peur de piler franchement sur ses thèmes, au risque d'ennuyer le lecteur. Mais, bon, peut-être n'est-ce pas son but non plus de rentrer dans ces enjeux. À partir d'ici, la critique peut contenir des divulgâches. Au volet des personnages, j'aurais aimé des explications et des descriptions sur les types de monstres. Il y en a eu beaucoup sur les vampires, les loups-garous et les liches, mais très peu sur certains autres. Comme plusieurs folklores et créatures mythologiques se croisent, cela aurait été pertinent, mais aussi important, car à certains moments, les points d'interrogations s'accumulaient au dessus de ma tête, ce qui rend l'histoire un brin floue. Je remarque que Colin n'a pas été appelé "triton", mais bien "sirein", forme masculinisé de "sirène", une mot intéressante. La plupart des personnages sont attachants et ont un bon équilibre entre vulnérabilité et forces, sans tomber dans le clivage tout-blanc-tout-noir. Les feux follets Calcifer ( très amusante référence au "Château de Hurle", je souligne) et Sköll sont particulièrement amusants, l'un pour sa grande sensibilité et l'autre pour son côté "vieux oncle indélicat". Deux choses cependant: si les feux follets invoqués doivent rester près de leur invocateur, je ne comprend pas pourquoi Saphyr, celui de Suzelle, est aussi formidablement absent? Ensuite, ç'aurait été intéressant de savoir pourquoi Sköll, entité non invoquée, a choisi de suivre Eir, puisque s'il a volontairement rejoint la meute d'Eir, il a donc volontairement suivi la jeune louve dans cette école. Ce qui me fait penser que je ne sais pas trop pourquoi elle est l'exception à la règle, finalement. On nous explique pourquoi elle peut être là, mais pas du pourquoi et ÇA m'aurait intéressée aussi. Hum. Je constate encore des questions restées sans réponses. L'idée de la "thaume", dont je présume la filiation au terme "thune" ( signifiant "argent" dans le jargon français) est un axe déjà exploité. J'ai lu et vu souvent des histoires d'énergie appelée à manquer, mais qui régissant le monde, doit être impérativement remplacée. Je pense au roman "Labyrinthe des rêves" et à de nombreux films de science-fiction. Ce qui est bien avec ce genre de scénario est la prise de conscience de la rareté ou précarité des énergies et le dangers des méthodes lies à son exploitation, comme en témoigne la "grande révélation" de ce roman-ci. Utiliser les laissés pour compte, outrepasser les règles les plus élémentaires d'éthique et carrément tomber dans les expérimentations humaines sont des sujets déjà exploités et pour être honnête, j'envisageais ce genre de scénario dès que le personnage de Joël a parlé de la thaume limitée et dispendieuse. Donc, il y a eu relativement peu de surprises pour moi dans ma lecture. Même son de cloche pour la disparition de Colin, dont le personnage de Luca a parlé de la préciosité de ses écailles. Mais ce peut être une force de l'autrice de semer des indices au fil des pages. Entre autres détails: j'apprécie que Siméon et Joël aient trouvé le comportement possessif et harceleur de Colin toxique, et non "normal" ou "juste intense". J'ai aussi apprécié le travail sur les références, souvent drôles, parfois même appuyées par des bas de pages et souvent tournés de manière moqueuse quand elles sont absurdes. J'apprécie aussi le côté "geek" assumé. Enfin, il y a une certaine ironie à voir deux ados hybrides humain-vampires porter le nom d'une figure phare du christianisme, Saint-Paul, ainsi que le surnom de Suzelle "La papesse" et son déguisement en pape à Halloween. Rappelons que monstres et religion chrétienne ne font pas bon ménage sur le plan politico-social, folklorique et spirituel, comme en attestent les chasses aux sorcières ou la censure sur les univers magiques par les écoles chrétiennes. Sur les choses qui m'ont moins plues, je réitère le manque de détails sur certains éléments, parfois sur les évènements, parfois sur les personnages. Les transitions entre chapitres manquent de fluidité et on perds des détails laissés en fin de chapitres parce qu'éludés au début du suivant. J'aurais aimé une plus franche présence de cours, de vie scolaire et de professeurs, parce que nous sommes dans une école. Un élément d'autant plus questionnable que dès le début du livre on nous parle de cette Académie comme d'un endroit pour élites, dont chaque dossier est soigneusement évalué et dont on attend une attitude irréprochable. Ce que j'y ait vu ressemblait bien plus à une petite école secondaire de quartier défavorisé et sous-financée. À certains moments, j'oubliais le cadre scolaire, tant les personnages n'avaient ni devoirs, ni cours, ni cadre ( sérieux, cette école est d'un laxisme irréaliste). Enfin, l'espace temps était parfois incohérent. Certains évènements avaient lieux et soit tombaient dans un espace temps trop petit, soit ils arrivaient tous trop près pour que cela soit logique avec les marqueurs de temps. Il y a peu de repères temporels aussi. Sur le scénario, je n'ai pas comblé tous les trous creusés par mes interrogations. Le "plan"' de notre antagoniste central comporte des failles, il a évoqué des aspects qu'il a préféré laissé en plan malgré leur importance ( notamment les preuves sur le bureau de Colin), on ne fait pas de retours sur "l'expérience" menée sur les élèves, ni sur Siméon, qui en a eu une assez dramatique, ni sur Prune. On suppose que ça n'a pas marché, mais rien n'est ramené à ce sujet. Ç'aurait été pertinent. La fin a été expéditive et a livré des détails plutôt tertiaires au regard de la situation, je trouve. Et encore une fois, je suis médusée par la stupidité, voir l'inertie des adultes en présence. Certes, certains étaient "sous contrôle", mais quand même, c'était vraiment indolent tout ça. Le manque de consistance des adultes est un problème récurrent en polar jeunesse. Il faut dire que le sous-genre "Polar tranquille", dont le présent roman a quelques codes, souffre en plus souvent d'un scenario bancal, parce que tous les détails de l'affaire sont en grande partie couverts par des enjeux extérieurs et la bêtise assez généralisée des acteurs sociaux en présence. Bref, c'est un sous-genre qui mériterait de connaitre des réussites en matière de scénario. Ce n'est pas parce que ça se veut drôle que ça doit rester peu aboutie sur le mystère - et sa cohérence surtout. Mon humble et impertinent avis, bien entendu. Donc, en résumé, c'est un bon roman pour divertir, avec ses originalités amusantes, son humour et ses personnages aux accents anti-héros, ainsi que le large spectre de monstres en présence. Mais un tel univers aurait mérité beaucoup plus de viande autours de l'os et une colonne temporelle plus solide. Il y a matière à faire une série, à approfondir cet univers du genre Fantasy ( Bas) "Ténébreux Sympathique" et à aller jouer sur les cordes des enjeux sociaux qu'il a gratté un peu maladroitement et qui sont intéressantes. Reste que comparé aux Esther Parmentier, cette histoire est plus solide et moins bancale sur le scénario. Et aucun béguin superficiel ne vient abrutir notre protagoniste, qui plus est. À voir. Pour un lectorat du premier cycle secondaire, 13-15 ans+. Pour les profs et bibliothécaires: Il y a la présence de quelques vilains mots, mais aucunes scènes sexuellement explicites ou de violence outrancières.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Emergence 7

Par Vincent Mondiot et Enora Saby
(4,0)
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Incontournable Décembre 2022 "Heurtée de pleins fouet" serait sans doute la première chose qui me vient en tête si je devais résumer mon état d'esprit après cette lecture. On ne s'y attend pas. En quelques phrases simples mais efficaces, cadrées sur des fonds graphiques habilement choisis, ce récit apocalyptique crée en peu de temps un univers carrément horrible, et il le fait bien mieux que nombre de pseudo dystopies pour ado que j'ai pu lire et qui n'arrivaient pas même un laps de temps beaucoup plus long à recréer la charge émotive, l'exactitude psychologique et le degré d'absurde violence que je retrouve ici. Comme quoi, je le réitère, il vaut mieux un récit authentique, simple et sobre que tout un tas de détails scabreux à la psychologie défaillante mollement accumulés les uns sur les autres, comme une pile de pâtes lasagnes molles et sans goût. Là où Émergence 7 frappe fort, c'est que vous pourriez glisser ce récit dans la tête de n'importe quel personnage en pleine guerre, ou en pleine folie meurtrière humaine ou catastrophe naturelle réelle, et ce serait crédible. Sérieux, woah! Je compte bien divulgâcher allègrement, alors si vous n'êtes pas convaincus de le lire, laissez votre lecture de côté et plongez dans ce drôle d'hybride roman-roman graphique. Autrement, suivez moi. Alors que Léon revient sur cette île ou sa vie a dramatiquement basculé, il y a 20 ans, nous observons à travers ses yeux ce qui est advenu, le jour ou la 7e émergence s'est manifestée. Léon attendait le ferry, avec les six adolescents qui habitaient l'île. Il a en tête son déménagement prochain, dont il se garde bien de mentionner aux autres. Comment leur dire? Mais bientôt, sorti de nul part, une entité titanesque émerge prêt de l'île. Ses pas écrasent tout sur son passage. Les sept ados sont alors confrontés à des scènes inimaginables, des douleurs aussi physiques que psychologiques et peut importe leurs décisions, le fait est qu'ils sont bien peu de choses face à ce monstre. S'il s'agit bien d'un monstre. Il convient, dans un premier temps, de parler de l'objet en soi. C'est un roman, en atteste les paragraphes en prose qui sont employés. Néanmoins, on retrouve le roman graphique en raison des pages illustrées, parfois comme de simples arrières plans, parfois en double pages pleines sans texte. Un hybride donc, que j'espère se voir multiplier joyeusement. J'ai beaucoup de jeunes lecteurs qui apprécie la présence graphique et malheureusement pour eux, sont considérés comme des sous-lecteurs parce que ce sont des amateurs de BD et de mangas. Le médium ne devrait jamais être blâmé, mais le contenu , alors là oui! Je m''inquiète mille fois moins pour mes amateurs de BD pertinentes à ces petites ados qui plongent dans les romans porno et qui risquent de se faire croire que le sexe toxique est la base des relations. Mais je m'égare. Je voulais juste préciser que j'aime ce nouveau genre hybride qui allie la présence de texte au graphisme, car ils deviennent ainsi le "No Man's Land" entre la littérature jeunesse et la littérature BD, idéal pour concilier ces deux merveilleux mondes. Fait étonnant, le graphisme est décalé. Ce que je veux dire, c'est qu'avec leur jolie bouille mignonnes, leurs membres courts et leurs yeux en points, je trouve au graphisme des airs de "South Park", qui proposait des personnages "mignons", dans un univers trash. Un choix intéressant , je dirais, parce qu'avec ses couleurs, son style graphique rondelet sans contours et ses petits personnages, ça rend le tout moins lourd. J'observe que l'illustratrice a choisi un style qui me rappelle la peinture à la palette, en ce sens où les coups sont visibles, il n'y a pas de contours, ce sont les couleurs qui, placés l'une sur l'autre ou l'une contre l'autre qui crée le clair-obscur et les nuances. Les nuanciers sont homogènes, très légèrement agrémentés de plis, de traits ou de textures. C'est que accentue leur côté mignon, je trouve. Mais les personnages sont relativement simples ( attention, pas dans le sens "simplistes!", dans le sens "naïfs"), les décors eux, sont des amas de couleurs , aux formes plutôt flous. Ça leur donne de la douceur et ça rend les éléments perturbants, comme le sang, moins agressant visuellement. Je remarque que ce qui est remarquable avec ces illustrations, c'est de réussir à faire parler l'histoire juste en choisissant un angle, une perceptive ou même un élément de décor qui, placé avec le texte, révèle des éléments sur le récit. Quelques exemples: La page où la petite Nina se fait soigner son œil est terrifiante, parce qu'on y voit les personnages détourné les yeux, pincés très forts, avec le personnage d'Elliott, carrément en retrait, mais c'est le personnage en premier plan. Juste en voyant l'emplacement des personnages et leur expression toute simple, on devine l'horreur de la situation. À leur non-verbal, on devine que Nina hurle. Pourtant, aucune onomatopée pour le certifier. Mais la page juste avant, celle qu'il faut tourner pour avoir la scène, on a cette phrase: " le hurlement de Nina lorsqu’Alex a commencé à soigner son œil, je l'entends encore au fond de ma tête, en permanence, depuis vingt ans". Puis, la scène, sur deux pages, sans le moindre texte. Ça prend aux tripes. Un peu plus loin, quand Léon, qui porte Nina sur ses épaules, fuit le retours du monstre, on le voit dans une double page sans texte, tout petit, dans un coin de la page, dans un décor de ciel embrasé et enfumé, dans une palette chaude de bruns, d'orangés et de jaunes. En arrière de lui, trois autres personnages sont aussi courbés sous l'effort et la douleur que lui. Ils sont minuscules dans cette immense décor de fin du monde et si vulnérables. Donner ainsi de l'espace à l'air et au ciel est fabuleux, car ça illustre bien qui prend toute la place à ce stade de l'histoire: le chaos, la désolation. Le feu. Et eux, petites choses insignifiantes. Un exemple sympathique se trouve quelque part au centre ( aucune pagination dans le livre, alors difficile de préciser), il y a la porte de la chambre de Romane, lieu mystérieux que Léon et Joachim avait entreprit d'explorer. Sur la page de droite, on a la porte entrouverte, on peu y voir le flou des éléments près de la porte. En tournant la page, la page de droite reprend au centimètre près la précédente et cette fois, tout est clair. Dans le miroir, on peut y voir les deux personnages, tout émerveillés, qui ont passé la porte. Nous sommes donc de leur perspective. Vraiment chouette comme concept. Le graphisme est vraiment intelligent, il ajoute du contenu non spécifié dans le texte, arrive à exploiter en peu d'images l'essence de l'histoire, varie beaucoup dans sa forme, occupe parfois tout l'espace, d'autre fois à peine. Il fait écho au récit, mais d'autre fois, est légèrement décalé pour accentuer un aspect du récit ( comme la scène de l’œil de Nina). J'aime également beaucoup les objets en apparence banal, mais qui ont tous leur pertinence. Les chambres. Quelle idée astucieuse. Elles apparaissent toutes, pour les sept personnages adolescents. On en apprendra plus avec ces pièces qu'avec une panoplie d'adjectifs. Celle de Joachim m'a bien fait rire. Prêtez-y attention. Les chambres sont nos sanctuaires, elles révèlent beaucoup de nous, pas seulement pour leur contenu, mais aussi dans le traitement ce ce même contenu. Le meilleur exemple est celui de la chambre du personnage d'Alex, car elle est n'est pas véridique, mais bien hypothétique. C'est Léon qui l'imagine et pour l'imaginer, il doit justement se fier à ce qu'il connait d'Alex, ses goûts, son tempérament et ses habitudes. C'est donc des personnages qu'il sera question, en second temps. Intriguants. Ceux-ci sont bruts, attachants, réalistes et diversifiés. On leur découvre une complexité malgré la rapidité du récit. Ce sont des personnages de ce calibre là que je cherche toujours dans mes lectures, car j'estime que nos ados méritent de bons héros, pas de la bouillabaisse dépersonnalisée, stéréotypée et d'une affligeante stupidité ultra-normés. Léon, notre héro, est du genre discret et un brin mélancolique. Une âme sensible et poète, aux accents existentiels. Un bon choix de narrateur vu sa nature introspective et son regard aigu. Il a des airs asiatiques, mais peut-être océanique aussi. Un amateur de bandes dessinés, d'histoires et de contemplations par la fenêtre ( oui, oui, je t'ai vu le faire dans ta chambre, Léon!). Léon est un garçon capable d'être réaliste aussi bien que créatif, mais semble déteste la confrontation, alors il garde souvent ses opinions pour lui. Il est amoureux d'Alex, mais avec les évènements, ce premier béguin devient plutôt un germe d'espoir et un élément stable auquel se raccrocher dans sa vie adulte. Romane, merci d'être l'archétype physique de l'intellectuelle à lunette, mais d'être clairement pas cela, au final. Romane a un langage cru, un comportement rustre, voir rude, et elle a un attachement sincère envers Nina, dont elle est la gardienne. Ce n'est pas qu'elle n'aime personne, au contraire, son comportement envers Nina prouve qu'elle est capable d'être protectrice, c'est plutôt qu'elle le fait de manière fermée. Un peu comme ces vieux messieurs qui ont eu une éducation basé sur la punition et qui ont fermé toute manifestation d'émotions pour passer pour de vrais durs à cuire, mais qui ont des gestes qui laissent apercevoir leur sensibilité. Elle me fait penser à ces messieurs, mais comme c'est une jeune fille, quel originalité! Sa coiffure évoque Mini Mouse et elle porte du rose, avec des chaussettes à rayures montées jusqu'au mollet. Tout en elle me semble paradoxal, parce que ce sont des éléments très connus qu'on ne met pas ensemble d'ordinaire, et j'adore ça! Joachim, le meilleur ami de Léon et petit frère de Romane est "affublé d'une tonne de TOC*, d'un vocabulaire bien trop étendu pour son intégrité physique dans la cour de récré, et d'une propension malheureuse à s'exprimer sur n'importe quel sujet, il a très vite agacé, sur cette île ou se cacher dans la foule n'est pas une option." Le "Trouble obsessionnel-compulsif", qui entre dans les troubles anxieux, l'amène à garder un contrôle maniaque sur son environnement, spécialement sa chambre et à procéder à des rituels pour soulager son anxiété, comme se laver les mains 14 fois, compter, classer, lister, etc. Joachim est donc un personnage très anxieux, mais il a aussi une grande intellectualité. C'est un amateur de films et de Bd, un intérêt qu'il partage avec Léon. Tout comme Romane, il est d'ethnie noire. Puisqu'on parle de TOC, je me fais la réflexion que nos sociétés occidentales ont un TOC collectif: celui de faire rentrer les gens dans des cases ( pour ensuite leur reprocher de ne pas rentrer dans les bonnes cases). Dans cette veine, je remarque que Joachim n'entre pas dans la case "apparence de geek" typique, car il n'a ni lunettes, ni vêtements ringards/démodés. Nina est la plus jeune du groupe, une petite blondinette toute mignonne friande de sports, en atteste les affiches de sportives qui tapissent les murs de sa chambre et tous ses articles de sports. C'est un personnage doux, mais qui démontre aussi une force de caractère remarquable. On apprendra qu'elle sera la représentante des survivants une fois adulte. Sa relation avec Romane est réellement attendrissante, elles pourraient tout aussi bien être des soeurs. Priscille, que Nina aime bien taquiner en l'appelant "Priscilla", n'aura pas fait long feu dans cette histoire. Sa mort a d'ailleurs un aspect choquant: elle prend une photo, ils sont tous projettés dans l'eau, elle se noie. Bêtement. Aussi rapidement que ça. Parce que dans la vie, la mort n'a pas souvent le côté théâtral qu'on lui prête bien souvent, au contraire. Elle peut être abrupte et stupide. Priscille était ce genre de fille qui trippe sur les boys bands coréens, très guirly et pas franchement commode et un peu snob. Ça m'a semblé ironique de sa part d'oser critiquer l'œuvre Bd de Léon et Joachim quand son genre de lecture, ce sont les Twilight ( en atteste le livre représenté sur sa commode), à mes yeux un des pires romans jeunesse. Quelque chose me laisse penser que Priscille était un peu la meneuse du groupe, celle qui décidait et proposait. Bref, Priscille n'aura pas été présente bien longtemps. Elliott, visiblement très attaché à Priscille, m'a semblé être le personnage qui a "poussé croche", comme un plant de tomate sans tuteur. Pas très futé, impulsif, il provient d'un milieu qu'on pourrait qualifier de "peu favorable". Un père ivrogne, une maison qui n'en est pas vraiment une, des ressources matérielles limitées et une famille qui a une sale réputation, Elliott n'est pas parti avec de bonnes cartes en mains dans la vie, mais même s'il se comporte comme un imbécile, il semblait avoir un bon fond. Enfin, Alex, l'ado qui fume, qui détonne et qui semble la plus solitaire du groupe. Enfant laissée à elle-même, fille de milieu très favorisé matériellement, Alex a pourtant une maturité que les autres personnages n'ont pas encore. Ce petit groupe de 7 nous plongent en pleins chaos, aussi soudainement que certains évènements graves peuvent plonger les gens. Confrontés aux cadavres qui s'accumulent, à la destruction de leur ville et de leur maison, en perte totale de repères, ils sont en mode "survie". Ce qui est intéressant dans cette œuvre est le travail autours de leur état mental. On l'oublie trop souvent dans les romans dystopiques ou post-apocalyptiques, le fait est que nous sommes aussi fragiles que résilients sur le plan mental. Nos comportements peuvent devenir incohérents, notre personnalité devient exacerbée ( plus de place pour la politesse, les convenances et façades ) et notre esprit se met à se donner mille et une raison de ne pas rester en place, d'aller de l'avant, pour ne surtout pas songer au fait que tout vient de changer, définitivement. Devant l'ampleur du phénomène Émergence , les ados nous le démontrent très bien. Ils se surprennent à faire des choses qu'ils ne se croyaient pas capables, dans le bon ou le mauvais sens. Devant la menace, il existe deux façon de réagir: se battre ou fuir. Mais quand la menace est partout autours de soit, difficile de faire l'un ou l'autre. Il y a un aspect qu'il ne faut pas oublier et le récit nous fait tendre vers celui-ci : Dans la vraie vie, il n'existe pas forcément de "bon" et de "méchant". "Tess" ( pour "Sept" inversé), le "monstre", est une entité immense. Sa simple taille détruit tout, mais peut-on dire qu'elle cherchait vraiment à semer la destruction? Un peu comme si un chien écrasait des fourmis en courant partout. Cette créature a, en outre, employé la force quand ce qui ressemble à l'armée s'est mit à tirer sur elle. Oui, "elle". Les calamités ont le féminin facile. Peut-on alors songer qu'elle était en position de défense? Il y a dans cette histoire une dimension spirituelle, en ce sens ou face à tant de destruction et de violence, on est en droit de se demander pourquoi on veut encore croire aux dieux. C'est ce que Léon finit par se demander. Un des grands paradoxes des religions, surtout la chrétienté ( parce que cette religion possède un Dieu supposément "magnanime"), est de faire croire aux gens que Dieu permet cette violence et tend même à la glorifier. "Dieu nous met à l'épreuve", ai-je souvent entendu. Qui a t-il de pire: penser qu'une entité nous soumet volontairement à la souffrance , incluant les enfants, pensant qu'il faut gagner son paradis à travers la violence pour en être dignes, ou bien de croire que des hommes ont pu imaginer un Dieu pour se préserver mentalement d'une violence qui viendra de toute façon? Une chose est sure, devant tant de souffrance, Léon est en droit de douter de ce concept. Enfin, le traumatisme est un thème central. Il faut survivre à ses blessures, mais celles qui marquent l'esprit sont bien plus difficiles à traiter que les physiques. Tout est bousculé pour Léon et ses amis survivants: plus de famille, plus de maison, plus de communauté, des blessures graves pour certains, des questions graves sans réponses, des morts peut-être évitables, des visions qui les hanteront pour le reste de leurs jours, l'incapacité à les effacer ou les atténuer. Les traumatismes ne marquent pas les esprits faibles, ils marquent tout le monde. Aujourd'hui, on parle généralement de l'États de choc post-traumatique (ESPT) et le grand drame est le fait que peu de moyens sont réellement mis à la disposition des personnes qui en souffrent. Aussi, et on le voit dans l'histoire, le déni et la minimisation des instances gouvernementales face à la catastrophe est une épine de plus dans le processus de guérison des survivants. Plutôt que de gommer la réalité avec de jolis mots mensongés et des commémorations plus ou moins sincères, une transparence et une réelle empathie auraient certainement fait moins de mal. Mais non. "Tess" incarnait la menace, une menace peut-être même connue des gouvernants, et elle fut abattue. Il se dégage de toute cette folie un goût amer de non-dits, de communication défaillante, de déresponsabilisation, et elles font plus mal encore que les évènements eux-mêmes. Certains trouveront la motivation de se battre contre cet état de flou, comme Nina, qui a peut-être trouvé ainsi sa façon de survivre aux évènements. Mais pour Léon, le combat était introspectif. Comment donner un sens à quelque chose qui en est dénué? Comment rationnaliser quand il n'y avait peut-être rien de très causal à tout ça? Deux mondes sont entrés en collision et il y a eu des morts. La réponse est peut être aussi moche et plate que ça. Et maintenant, comment y survit-on? La vie est précaire. La violence n'a aucun sens et n'en aura jamais. Donc, que reste-il comme possibilité? Sombrer ou aller de l'avant. Fuir ou lutter. Certains trouveront leur chemin plus tard que d'autres, comme ce fut le cas pour Léon, qui avait besoin de "boucler la boucle" en allant sur l'île. Parfois, ce sont les tempérament ou l'expérience qui serviront de remparts, comme ce fut le cas pour Alex. D'autres fois, c'est la rage face à l'injustice qui donnera un souffle nouveau, une cause à défendre, une raison de vivre, comme pour Nina. D'autres ne semblent pas s'en remettre, comme Romane. La résilience est différente pour chacun et se manifestera de manière différente. Certains en auront presque naturellement et d'autres moins, dépendamment de facteurs aidants ou aggravants, du tempérament, de l'expérience et de bien d'autres éléments encore . Mais la résilience est l'une des grandes forces de l'humain, sa capacité à surmonter les obstacles et de s'adapter à sa nouvelle réalité. Aussi, le processus de guérison est présent, bien que peu extrapolé. Il implique parfois d'accepter qu'on n'ailles pas toutes les réponses, comme ici. Il implique du temps, parfois beaucoup ( 20 ans pour Léon) et comme il s'agit d'un processus, les étapes peuvent fluctuer, ce n'est donc pas une ligne droite. Par ailleurs, un enfant ou un ado traumatisé devient soudainement adulte et ne peut revenir en arrière. C'est un drame, parce que cela signifie que le développement sain de l'enfant ou de l'adolescent est compromis, peut-être de manière irrévocable. Léon nous en glisse un mot quand il parle de sa propre chambre, teintée de ses hobbies, de ses aspirations et dans laquelle il pouvait être parfaitement lui-même. Ce sanctuaire lui semble bien loin, tout comme cette époque insouciante ou il songeait à Alex, ses Bd et son déménagement. Depuis l'émergence, chaque jour est une lutte. Enfin, je remarque un phénomène très universel: notre fâcheuse tendance amnésique. Heureusement que des gens se font les défenseurs de la mémoire collective, autrement, on se lasse et on se rabat sur les derniers trucs d'une inanité débilitante , histoire de ne pas trop se rappeler que certaines choses sont à travailler et que nous devons rester minimalement vigilants. Et après on se demande pourquoi on refait les mêmes conneries... J'aime bien cette fin ouverte, quand Léon se promet d'aller de l'avant si Alex revient. Et elle revient. J'aime penser que les survivants ont quelque chose de précieux à partager, une sorte de compréhension mutuelle, une bienveillance empathique. Ce n'est pas pour rien que les groupes d'entraide existent: souvent ce sont les personnes qui ont vécu l'enjeu qui peuvent mieux le comprendre. L'empathie est la qualité humaine qui fait le plus grand bien et j'aime que cette qualité ait eu de la place dans ce récit. Sur le plan du texte, j'ai trouvé le tout franc, poignant et pourtant assez accessible. Si la première partie est très axée sur l'action et la présentation des personnages, le dernier quart est plus axé sur la vie des personnages survivants, sur Léon surtout. Il se pose de bonnes questions, il relativise est s'affranchit progressivement de son fardeau - pas totalement, mais un peu. Il y a donc une dimension philosophique et psychologique à travers cette histoire, très intéressants et surtout, très accessible. J'apprécie aussi que nous soyons dans la tête de Léon, personnage sensible et capable d'introspection, qui nous propose une certaine critique sociale par le fait même. J'ose croire que les lecteurs et lectrices qui s'aventureront dans ce récit y trouveront de quoi réfléchir et regarderons peut-être leur vie différemment par la suite. Peut-être. Je leur souhaite. Pour les bibliothécaires et profs: certaine scènes sont choquantes: Nina perd un œil, Joachim se fait exploser une partie de la tête et ont voit des traces de sang dans quelques scènes. Ce n'est pas le degré de détail des mangas seinen, cependant, car le graphisme atténue le tout. Il ya également la présence de gros mots tels que "Vos gueules". "connasse", "con", ce genre de mots. Pour un lectorat du second cycle secondaire, 15-17 ans+
Shaynning a commenté et noté ce livre

L'étrange Noël fantôme

Par Karine Glorieux
(3,0)
1 personne apprécie ce livre
Au début, je m'interroge. Ce pourrait être un roman qui combine le frisson d'Halloween au thème de Noël? Mais non. Ce doit être ce genre de roman où le personnage est endormi et que, malgré les pincettes auto-infligées, se croit éveillé. Un peu dans le style de la chute dans le terrier façon Alice aux pays des merveilles. Mais pour être honnête, je n'ai rien comprit à ce petit roman. L'histoire s'ouvre sur Mirka, une jeune fille québecoise qui souhaite ardemment avoir ce qu'on appelle dans la province "un Noël blanc", c'est-à-dire un 25 décembre avec un décor enneigé. Or, il n'y a rien dehors et cela la turlupine. Alors qu'elle s'endort, morose, elle a soudain l'impression d'avoir passé sa nuit en une seconde. Elle s'éveille dans sa maison, observe un cadre posé à l'envers, se fait catapulter dehors par une mère en robe du soir qui lui enfourne une chocolatine dans la bouche et un père en maillot de bain. En ce 24 décembre, on la pousse à aller à l'école. Mais une fois là-bas, toujours vêtue de son pyjama, elle rencontre deux élèves qu'elle connait. À partir de là, vous expliquer ce qui arrive reviendrai à réécrire le roman, parce que je ne sais pas trop par où commencer. Bon, essayons. On a d'abord une mission pas claire, donnée par un prof d'éducation et un "représentant de tous les profs passés", qui confie la tâche aux trois enfants de faire des cadeaux aux enfants de leur quartiers, parce que le père Noël est trop vieux. Mais ça devient ensuite une invasion d'étudiants fantômes. Fantômes qu'ils parviennent à voir avec des lunettes 3D, ces lunettes en papier avec une lentille plastique bleue et une lentille rouge. Et heu...ensuite, le narrateur nous fait promener dans l'école, on rencontre un étudiants qui s'éclate un tympan ( ou un bout de cervelle) en passant son bras dans sa tête?! C'est ben dégueux! Puis il nous confie que c'est pas facile d'être le onzième d'une famille et que l'important, à Noël est de donner plutôt que de recevoir. Puis, on bricole de la neige en classe d'arts plastique et pouf! Mirka se réveille et il a neigé. Pour ressembler à un rêve étrange et pas clair, on a effectivement un roman étrange et pas clair, mais ce n'est pas un compliment. Je ne sais pas du tout où l'autrice a voulu nous mener, mais j'ai surtout l'impression de sortir d'un rêve désagréable dont ce qu'il m'en reste ne collent pas ensemble. J'ai l'impression d'avoir du brouillard dans la tête, un peu comme après une séance particulièrement intense de révisions d'examens de neuroscience ou de psychopathologie. Ce n'est pas une impression que je me retrouve à avoir souvent en lecture, je dois dire. Alors, que dire? Le narrateur m'a énormément agacé. Sorte de narrateur de connivence, il nous parle à nous, le lecteur, comme un copain de classe. Mais entre une proposition, une remarque impertinente, un ton arrogant et des parenthèses inutiles, on perd encore plus le fils pas claire de l'histoire. Il nous fait remarquer qu'il n'a pas le choix d'utiliser souvent le mot "étrange", ce qui est concernant vu le fait que tout est anormal. On a comprit, merci! C'est une histoire étrange, pas besoin de revenir la dessus trois fois! Je déteste le martèlement narratif.... Sinon pour les personnages, à part le fait qu'ils sont "étranges" avec leur accoutrement bizarres et leur comportement illogique, sont aussi des caricatures. On a le "bôlé" Gaspard qui bien sur, rajoute des tas d'infos sur tout parce qu'il aime l'école, et Joseph, son antithèse, qui déteste l'école et qui bien sur parle avec des anglicismes navrants. Mirka, le personnage principal, n'a pas vraiment de personnalité. L'endos du livre stipule: " un roman illustré sur l'esprit de Noël, à l'ère de la surconsommation". S'il n'y avait pas eu cette phrases, je n'aurais jamais imaginé ce thème présent dans le livre. À mon sens, c'est l'histoire sans queue ni tête d'une fille qui rêve en gris foncé de son désir d'avoir de la neige. Mais "l'esprit et les valeurs de Noël"? Où ça? Parce qu'il y a un personnage qui a dit avoir comprit que les cadeaux donnés sont mieux que ceux reçus? Parce que Joseph trippe un peu trop sur les jeux vidéos, comme si s'était le seul cadeau digne de ce nom? Parce que Mirka affirme que Noël, c'est être ensemble et partager? le problème, c'est que rien n'est ficelé ensemble, alors ces phrases sonnent creuses. Nous n'avons même pas de contexte à ces affirmations. Il y a des illustrations, mais je ne les trouve pas jolies, sauf peut-être la couverture. le personnage supposément "mignon" en page 44 est carrément traumatisant. le niveau de finesse est assez bas et les proportions mal calibrées. Certaines scènes me laisse plus l'impression d'illustrations pour un roman d'épouvante qu'un roman sur Noël. Bien sur, il est possible que ce style plaise à d'autres lecteurs. C'est donc un gros flop pour ma part, avec un scénario carrément incohérent, un sujet beaucoup trop flou ( voir intangible) et un style narratif extrêmement agaçant qui se voulait drôle, mais qui rendait le récit encore plus laborieux à comprendre. Je suis en même temps très curieuse de voir ce que des jeunes en dirait de ce récit, ce qu'il en conserverait à la fin de leur lecture? Surtout, s'ils y comprendraient quelque chose. Mais à mon sens, ce roman ne vaut pas de débourser pour lui. Je ne suis pas même parvenue à répondre à la question de la 4e: "Que veulent donc tous ces revenants"? Oui, en effet, que voulaient-ils? Mais bon, peut-être n'y a-t-il rien à comprendre d'un mauvais rêve? En raison de la complexité du sujet, nous plaçons ce roman en troisième cycle primaire ( 10-12 ans).
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L'enfant et grand-mère

Par Benji Davies et Mim
(4,0)
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Cet album est disponible en deux versions, celle en papier et celle en carton. N'ayant pas lu la version papier, je ne pourrais dire si le texte est moindre dans la version carton que dans celle en papier, mais les illustrations semblent être les même. Noé vivait au bord de la mer avec son pap et leur six chats. L'été étant arrivé, Noé va passer les vacances chez sa grand-maman. Celle-ci habite une autre petit île dans ce qui ressemble à la coque d'un bateau renversée. Il y a toute sorte de curiosités dans cette maison et la grand-maman a une façon de vivre différente de ce que Noé connait. La vieille femme est occupée et donc n'est pas disponible pour jouer. Noé décide de partir en expédition. Quand il découvre un gros rocher, quelle n'est pas sa surprise de faire également la rencontre d'un petit oiseau è l'intérieur dudit rocher. Une tempête s'annonce, la mer a engloutie le chemin par lequel il est passé. Heureusement, une voile apparait: Sa grand-mère est venue le chercher. En route pour la maison, les deux marins rescapent d'autre oiseaux, qui devaient voyager ensemble. Les volatiles passent donc la soirée avec eux, avant de rependre leur route le lendemain. Seul est resté celui rescapé par Noé et tous les trois passèrent le reste de l'été a explorer les environs. Les illustrations sont jolies et foisonnantes de détails. Ce petit garçon, avec son espèce de cache tête noir, a toujours la même expression, un peu comme un personnage de Charlie Brown. La maison de la grand maman est vraiment intéressante sur le plan visuel et on se laisse entrainés par le beau panorama marin. Mention spéciale au choix de couleurs, vraiment agréables à l'oeil. J'aime bien ces auteurs et autrices qui nous offre des grand-parents dynamiques, autonomes et explorateurs, loin des clichés qui en font trop souvent des grabataires sourds très genrés. C'est particulièrement vrai dans le cas des grand-mamans, je trouve. C'est une petite histoire sur les joies de la découverte et de l'exploration, mais aussi sur la notion d'empathie, avec ce sauvetage d'oiseaux. Une histoire toute simple pour bercer nos plus jeunes lecteurs, avec le cachet des albums jeunesse destinés aux plus grands Lecteurs/Lectrices. À voir! Pour un lectorat Tout-Petits, 0-2 ans, mais qui convient aussi aux lecteurs de 3 à 6 ans.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Contes culottés

Par Caroline Barber et Elo
(4,0)
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Incontournable Novembre 2022 Les Tout-Cartons, livres destinés à nos plus jeunes lecteurs sont définitivement les moins critiqués sur les réseaux et les plates formes du Livre. Mais même si ce sont des livres destinés à nos tout-petits, ils n'ont pas tous le même degré de réussite. Alors je vous présente l'un des réussis de cette année, le sympathique "Contes culottés", dans lequel il sera question de culottes et de personnages de contes. Avec des pages tripartites en carton, le livre propose un petit texte avec à sa droite la culotte mentionnée. Puis, on rabattant la page droite, on découvre l'illustration du personnage qui porte la culotte. Ainsi, vous avez, en ordre: Petit Chaperon rouge, Cendrillon, Boucle d'Or, les Trois Petits cochons, la Belle aux bois dormants, Hansel et Gretel, Raiponce, la Petite sirène, le Chat botté, le Petit Poucet, Blanche-Neige et la Princesse au petite pois. Intercalé entre les contes, nous avons aussi le Loup, qui, plus sophistiqué que les autres, possède une culotte pour chaque jour de semaine. Les pages du loup sont sur fond rouge vif et sur les culottes on peut distinguer des personnages: Chaperon rouge pour le Lundi, Pierre ( Pierre et le Loup) le Mardi, la grand-mère du petit chaperon rouge le Mercredi...et le jeudi, les trois petits cochons le vendredi, les sept chevreaux le samedi et rien du tout pour le dimanche. Le loup termine d'ailleurs en disant " D'habitude, pour finir la semaine, je ne ne mets ni dessous ni bas de laine. Mais à te regarder, ça me donne envie d'en porter! Laisse moi t'attraper. Mon slip du dimanche est déjà préparé!" Avec son texte drôle en rime, ses culottes rigolotes et ses personnages un brin "culottés", ce livre nous illustre bien qu'on peut faire des livres vraiment chouettes pour les plus jeunes. Avec une palette de couleurs vives et des personnages au physique naïf, il sollicitera les regards. Je note que ce livre peut tout-à-fait convenir aux lecteurs plus vieux de 3 à 6 ans, surtout si on veut faire des devinettes. "Bon, à qui pourrait être cette culotte en pâtisserie? Ou cette culotte en paille?" Une petite trouvaille à mettre dans les incontournables tout-cartons de cette année et fièrement conçu au Québec! Pour un lectorat Tout-Petit, 0-2 ans, mais aussi pertinents aux 3-6 ans.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Six of Crows T.1

Par Leigh Bardugo et Anath Riveline
(4,33)
2 personnes apprécient ce livre
Une œuvre comme on en fait pas beaucoup! Dans ville de Ketterdam, dans le pays de Kerch, la vie s'organise autours de gangs qui se partagent le pouvoir et les gains se font à travers l'escroquerie, le vol, les drogues et les bordels. Les "Dregs" ont un atout en la personne de Kaz Brekker, un expert magicien-voleur doté d'une intelligence des chiffres hors norme, surnommé "Dirtyhands", car il ne rechigne pas à faire tous les jobs payant, même les plus odieux. Lorsque le jeune homme est amené de force devant un mercurien (marchand), Van Heck, et qu'il se fait proposer un job inhabituel à la limite du réalisable, Kaz y voit l'opportunité de devenir riche et de réaliser une vengeance personnelle. Pour arriver à ces fins, il compose une équipe tout aussi improbable de six hors-la-loi, lui comprit: Jesper, un Dreg , un joueur compulsif à l'humour ironique, le tireur du groupe; Inej, une Suli surnommée Le "Spectre" , une acrobate devenue espionne et qui réalise des prouesses en grimpant partout et Dreg également; Nina, une Caporalki grisha ( une sorte de magicienne spécialisée en guérison et modelage émotionnel) et ancienne soldate du pays Ravka; Wylan, un fugueur mercurien doué en explosifs et en dessin: Matthias, un ex-Drsükelle ( ou chasseur de Grisha) du pays Djerda , qui s'est retrouvé en prison, et qui depuis rumine une sombre vengeance. Leur mission: faire évader un fabriquant de drogue d'un forteresse de glace. Si leurs capacités respectives sont impressionnantes, les "Six of Crows" ont néanmoins beaucoup de problèmes personnels qui menace la cohésion de l'équipe. Réussiront-ils a mettre leurs différents de côté pour mener à bien leur projet quasi-impossible? Bien que les mots qui font référence aux titres, aux lieux et aux magiciens soient nombreux et non-expliqués dès le début du livre, l’histoire et les personnages sont formidables! Cet univers sombre et violent de gang et de guerres de pouvoir est fort différent de ce que j'ai pu lire jusqu'ici. On y trouve beaucoup d'action, des liens entre les personnages parfois complexes et des éléments surprenants. L'auteur semble beaucoup travailler sur les dualités, si on regarde les relations entre les membres des Crows: l'amour-haine entre Matthias et Nina, la relation sauveur-sauvé entre Kaz et Inej et la différence de classe entre Jesper et Wylan. Intrèsinquement, chacun des protagonistes lutte entre deux parties d'eux même et sont tous des survivants à leur manière, avec leur lot d'angoisses et de traumatismes. Il y a beaucoup de pont et de liens avec des thèmes variés: les Gang de New York à la période de la prohibition, l'esprit de révolte contre les élites et le gang des Rooks d'Assassin'S Creed syndicat, les escrocs des jeux de cartes et des voleurs de la Nouvelle-Orléans, le Cirque, le genre de gang improbable et doué à la Dany Ocean.... Bref, un très belle œuvre où le suspense ne se tarit pas et où les Six gagnent tous à être connus. Une œuvre à lire absolument.
Shaynning a apprécié, commenté et noté ce livre

Le lac des monstres

Par Leo Timmers
(4,0)
1 personne apprécie ce livre
**Erratum: Le titre est en réalité "Le monstre du Lac". Un album comique qui ne contient que des dialogues relativement courts, c,est un album qui peut se lire aux lecteurs plus jeunes de la petite enfance (3-4 ans) autant que les enfants d'âge scolaire. Éric et ses copains canard barbotaient gentiment dans leur mare quand un autre oiseau leur propose d'aller au lac. Éric émet des réserves. Il paraît qu'il y a un monstre dans ce lac. Mais non, Éric, voyons, y a rien sous le lac. Que des poissons et des grenouilles. Éric reste dubitatif. Vraiment? "Tu peux nous croire" répondent de concert les trois canards. Mais sous leurs pattes, dans l'eau profonde, un museau bleu apparaît. Vous verrez à la fois ce qui se déroule au ras de l'eau, avec les canards, mais en même ce qui se déroule sous l'eau. Il y a donc un chevauchement de deux histoires. *Attention, divulgâches. Quand Éric jette un coup d’œil sous l'eau, il voit un monstre bleu, peinard, qui se balade, mais portant quelques accessoires. Mais quand il s'exclame "Un monstre!" les trois autres canards ne prennent pas le temps de regarder sous l'eau et concluent qu'Éric voulait leur faire peur. Ils détournent la tête ( C,est pas drôle, Éric! Tu nous a fait peur!), mais au même moment, ledit monstre perce l'eau du lac , directement sous Éric. Tout sourire, Éric comprend avec surprise que ce monstre est en réalité super sympathique. Il plonge alors avec le monstre sous le lac, alors que ses comparses poursuivent leurs commentaires ( Les monstres, ça n'existe pas!). Sous l'eau, Éric découvre avec stupeur un univers cosmopolite urbain foisonnant de couleurs et de formes. Il y a même un métro! Alors qu'Éric profite de ce monde sous-marin, les trois amis s'inquiètent: Mais où est Éric? Et si...Et s'il avait été mangé par ...UN MONSTRE! Mais Éric réapparait alors que les canards fuit le lac vers la berge. Rassurés de le revoir, ils lui demandent s'il a vu le monstre. Un monstre, quel monstre, il n'y a pas de monstre. "Tu es sur?" lui demandent les canards. Et alors que derrière leur dos, les amis monstres saluent Éric, ce dernier réplique: Vous pouvez me croire!" Deux univers, donc. Celui avec ces canards aux yeux ronds hilarants et celui des monstres, sous l'eau. Il est à noter que lorsque notre canard Éric plonge, il y a alors une quadruple page pour déployer l'univers sous-marin. Une idée fabuleuse, qui permet d'apprécier la charge de détails amusants de ce monde contemporain sous-marin, qui a des allures de Cherche et trouve. Les couleurs sont vibrantes et les canards vraiment drôles. Une histoire à chute qui allie la boucle du texte avec la boucle des croyances: On part d'un canard superstitieux aux trois autres canards, à la fois sur leur inquiétude, mais aussi sur leur façon de répondre : "Tu/Vous peux/pouvez me croire". Comme quoi c'est un argument pas très solide, au final, que de prétendre croire sur parole quelqu'un sans valider l'information. Enfin, tous les monstres ne sont pas forcément monstrueux. Parfois, quand on ne connait pas, il vaut mieux éviter les préjugés. Un album drôle qui se lit rapidement et qui devrait arracher des sourires. Pour un lectorat à partir de la petite enfance, 3-4 ans.