Activités de Shaynning

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La belle Jeanette

Par Rémi Courgeon et Rozenn Brécard
(4,0)

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Olie-Thium et le secret d'avant

Par Caroline Triaureau et Stéphanie Alastra
(4,0)
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Incontournable Octobre 2021 "Olie-Thium et le secret d'avant" est le premier tome d'une série qui fait parti de la collection Croqu'Pouces aux éditions La Marmite à mots. de cette collection, j'avais déjà lu "Un chien trop connecté". Depuis, je surveille plus assidument l'évolution de cette collection destinée aux débutants lecteurs , car leurs thématiques sont très actuelles, et leurs histoires originales. Mélange de Robots ( des Studios Blue Sky) et Wall-E (des Studios Pixar), le petit roman nous présente un univers post-apocalyptique dans lequel la planète est un vaste monde pollué d'arbres morts, où le ciel est voilé et où il n'existe plus rien de vivant, a priori. Comme tous les habitants, Oli-Thium est monté sur des matériaux métalliques, plastiques et électroniques, où les coeurs sont des métronomes et les poumons des soufflets. Il habite Pétroville, où les usines continue de polluer le monde sans restrictions. À l'école, on étudie la pétrologie, la "science de la vie" et jamais on évoque le "Avant". Mais le petit humanoïde rêve d'un être aux yeux verts qui se promène dans un lieu où les arbres sont chargés de feuilles vertes. Intrigué, il pose des questions à son professeur, qui le rabroue aussitôt. Pressant son meilleur ami, Samramax de questions, ce dernier lui confie alors un secret: dans leur monde, dans un lieu secret, subsiste un dernier être humain. Sédémar est un vieil homme à la peau d'ébène, aux cheveux aussi blancs que ses yeux. L'homme sage va alors confier au petit robot des secrets sur sa propre vie d'avant. Je me réjouit de voir enfin un roman du genre science-fiction post-apocalyptique sur fond d'enjeux environnementaux pour ce groupe d'âge. Les 7 ans de la deuxième année primaire ont rarement la diversité de genre des autres groupes d'âge, alors un gros merci à la Marmite à mots pour leur travail en ce sens. Les dessins sont magnifiques et remarquablement détaillés. On reconnaitra sans peine les divers composantes des personnages aux corps recyclés: pièces métalliques, bouteilles de plastique, tensiomètre, thermomètre, divers filages électroniques, une bombonne de propane, divers cannages , des outils de cuisine et même un autocuiseur/cocotte! Et à travers tous ces gris, bruns et noirs, on note de jolies couleurs. Les images sont aussi adorables que tristes, vu le sujet, mais en même temps, les histoires de ce genre spécifique appelle à la prise de conscience. En ce sens, c'est logique de voir des images qui frappe l'imaginaire, comme cette baleine triste qui avale des sacs plastiques, ou en p.39 cette planète qui passe de bleu et vert à un nuancier de gris, chargé de marteaux à siphonner le pétrole, d'antennes radio et de coupes à blanc, avec des yeux larmoyants comme expression. Les noms sont mignons: Olie-Thium, des mots "Piles au lithium", Maxagaz, des mots "Masque à gaz", c'est amusant ces jeux de mots! J'aime bien cette idée où les humains sont devenus à ce point déconnectés de la nature qu'ils ne sont même plus organiques eux-même. Rapiècement de boulons et autres objets, ils ont même coupé les ponts avec leurs souvenirs d'une planète bleue et verte, incluant leur propre espèce. Mais, en latence dans son esprit, Olie-Thium s'en souvient: il renoue avec sa vie d'humain. Un peu comme l'homme de fer blanc du magicien d'Oz, il se découvre un coeur. Peut-être qu'avec ce nouveau coeur qui résonne en musique en lui, "Oliver", de son ancien nom, va faire progresser doucement cette humanité perdue vers ses racines? À suivre! Une autre belle trouvaille pour vos petits explorateurs et amis de la Terre de 7-8 ans. Pour un lectorat du 2e cycle primaire. Ce roman est en outre adapté aux DYS, avec une police particulière.
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Olie-Thium et le secret d'avant

Par Caroline Triaureau et Stéphanie Alastra
(4,0)

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Olie-Thium et le secret d'avant

Par Caroline Triaureau et Stéphanie Alastra
(4,0)

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L'étrange manoir de hoarder hills

Par Mikki Lish
(4,0)
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Incontournable Novembre 2021 Bien qu'il ait une apparence qui rappelle davantage le roman mystère entre horreur et Halloween, c'est pourtant un roman du type fantastique où la magie côtoie Noël. Et quand on dit "magie", on parle de plusieurs formes, dont celle des prestidigitateurs de scène, celle d'un manoir habité d'objets magiques et de créatures qu'on n'a encore jamais vues, au cœur d'un drame familial. Une histoire qui pourrait sembler banale sur la base, mais qui au final, surprend par sa construction. Lorsqu'ils faisaient route pour trouver le manoir de leur grand-père John, Hedi, 11 ans, et Spencer, 8 ans, ne s'attendaient pas à ce qu'un corbeau blanc guide le véhicule de leurs parents jusqu'audit bâtiment. À bien des égards, cette immense maison donne quelque peu froid dans le dos avec son air ancien et tous ces objets étranges qui s’accumulent dans la maison. Les enfants devront pourtant bien y passer les deux prochaines semaines, car leurs parents archéologues ont d'importantes fouilles à mener en Espagne. Ancien illusionniste de renom, leur grand-père est néanmoins devenu bien morose depuis ce numéro de boîte magique qui s'est tragiquement soldé par la disparition définitive de Rose, son assistante et épouse. Depuis, il semble s'adonner à une sorte de collection d'objets hétéroclites et mène une vie solitaire. Néanmoins, ce fatras d'objets est tout sauf inoffensif et ennuyeux, et comme un mystère vient rarement seul, une présence appelle les enfants à l'aide grâce à un message dans la poussière et un autre avec les magnétiques sur le réfrigérateur. Une personne qui tient à être trouvée. Aidés de leur cousine Jelly, de divers autres magiciens, morts ou vifs, de petites entités discrètes et chapardeuses, ainsi qu'un sympathique duo d'animaux empaillés, les enfants van Berr investiguent autant le lieu que leur propre histoire filiale. Ah les bâtiments mystérieux remplis de secrets, ça je connais! Des histoires de ce genre , il y en a pleins en littérature jeunesse. Étonnamment, ce roman est réellement intéressant, même si on se doute bien que la présence est sans doute leur grand-mère disparue. Le tout est de la trouver. Les enfants se trouvent confrontés à toute sorte de mystères, on navigue entre des créatures ésotériques, d'autres enchantés et d'autres assez nouvelles telles que les petits Espionboisés. Certains décors me rappellaient la maison hanté de Disney World, avec les portrait d'êtres anthropomorphes, le fantôme pianiste et le jardin de statues. Bien montée, une histoire dans une maison mystérieuse est un vrai régal, et ici, je dirais que le duo d’écrivaines tient le pari. J'ai aimé que la magie qui opère ici semble tenir de plusieurs sortes. On a celle des magiciens de scène, de tout genres, celle plus "enchantée" avec des objets doués de parole ou de vie, certains plus ésotériques, comme les fantômes et la "possession", d'autres carrément de l'ordre spatial comme la salle de la Pie ou celle du Kaleido. J'ai aussi reconnu en ces mains dorées de magiciens celles de l'univers de Willy Wonka, les ailes attachables vues dans la BD "Locke & Key", des clin d’œil peut-être? Bref, ça foisonne de magies! J'ai aussi trouvé réaliste la présence et les rôles des personnages adultes, car trop souvent dans les romans de mystère on retrouve des enfants un peu trop brillants avec des adultes quasi inexistants un brin trop débiles. Ici, c'est assez crédible. Certes, les enfants mènent le gros des recherches, mais là où ils sont limités, les adultes sont de bons appuis. Côté écriture, ça se lit très bien, c'est addictif et créatif, on se sent rapidement investis dans leurs recherches. Les personnages de Doug et Stan apporte une note humoristique et chaleureuse, là où le sinistre personnage de Personne ajoute une touche frissonnante. Aussi, il y a une forte présence de personnages objets, beaucoup sont même muets, mais ils contribuent à donner l'impression que beaucoup d'êtres sont au cœur du récit. Bon nombre sont attachants et originaux. Enfin, je remarque qu'il faudra attendre le milieu du récit avant de voir poindre un réel antagoniste, ce qui est peu commun, et ce d'autant plus qu'il n'a pas le rôle qu'on pourrait avoir tendance à lui prêter. Ça vous intrigue? Petite remarque sur la couverture: elle est parfaitement en phase avec le récit, vous y trouverez beaucoup de références. Je sais qu'elle prête à confusion: on ne devinerait pas la saveur "Noeëllesque" à cette couverture sombre au titre en vert fluo. Comme quoi il ne faut jamais se fier aux apparences! Également, je me suis interrogé sur la signification du nom de l'endroit. Un "hoarder" se dit "thésauriseur" en français, un mot peu employé qui fait référence à une personne qui amasse des richesses, de l'argent. Ça rejoint le côté "accumulateur" du grand-père, qui amasse précisément des "richesses", surtout vu de l'extérieur. Un nom tout à fait de convenance Une belle petite trouvaille pour votre presque ado qui a tout lu et qui aime les histoires passe-partout de ce genre où Mystère, Fantastique et investigation se tressent ensemble. Un roman signé par deux australiennes, mais qui a été publié par une maison d'édition anglaise. Le roman, par sa fin, pourrait appeler une suite, grâce à une petite ouverture bien angoissante. À suivre? Pour un lectorat du troisième cycle primaire, 10-12 ans.
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L'étrange manoir de hoarder hills

Par Mikki Lish
(4,0)

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L'étrange manoir de hoarder hills

Par Mikki Lish
(4,0)

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Willy & Fenris T.1 : Le complot de l'engrenage

Par Johan Heliot et Artemisia
(2,0)
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Cette œuvre jeunesse est tirée de la collection Moustik aux éditions Fleurus, une sorte de combinaison entre BD et Roman imbriqués ensemble. Le résultat est quelque peu désolant, pour plusieurs raisons. D'abord, l'élément de genre. Nous sommes dans un univers Steampunk, où ses composantes sont, hélas, très déjà-vu et dont le nom même de la ville fait soupirer: Mékanya, une ville mécanique. On aurait pu faire mieux. Cet univers contient la panoplie attendue: des trucs en métal, des rouages, des engins volants à air ( notamment des dirigeables) et des automates. En cela, on pourrait dire que ça ouvre les jeunes lecteurs au genre, bien que le volet Bd l'illustre beaucoup mieux que le volet roman. On a cependant ajouté la Magie à l’œuvre, ce qui n'est pas systématique dans le Steampunk. Néanmoins, c'est au niveau du scénario que le tout perd des plumes...enfin, des rouages. Les clichés pleuvent, de cet automate qui fait un clin d'oeil pas très subtile à King Kong, aux répliques exaspérantes des personnages. On a en outre le traditionnel cliché du duo Natif-Citadin, doublé du cliché Canidé-Félin ( Faut le faire!) et qui bien sur, s'envoient des insultes à la tête parce que leurs Nations respectives ne s'entendent pas. Comprenons-nous ici: s'envoyer des vannes aussi puériles que pourries parce qu'on aime pas l'autre est un comportement d'enfant, alors que nous avons ici des personnages adultes. Ça ne colle pas et le pire, c'est que les insultes ont parfois des fautes. "Matou mité" devrait être "matou miteux", et dit à voix haute, franchement, ça sonne comme une mauvaise blague. Enfin. Les Rats habitent les bas-fonds ( comme dans le "Soutermonde" ou comme dans les "Chroniques perchées" ou comme dans "Ratatouille"...) parce que Heh! Des rats, ça se place bien dans des égouts et visiblement, tous les auteurs jeunesse sont ravis de nous le faire savoir. Enfin, on a le traditionnel génie mécanique qui conçoit des trucs pas très réglementaires et c'est évidemment un homme. Et Mekanya a beau être une merveille d’ingénierie, reste que les policiers de cette ville sont à ce point incompétents que deux terroristes présumés leur échappent assez facilement. En jeunesse, c'est presque un running gag à ce point: tous les policiers sont présentés comme de fieffés imbéciles. Bel image à donner aux enfants. Le cliché que je déteste le plus, parce que des centaines de romans et de BD jeunesse lues plus tard, je revois ENCORE le même cliché chez le SEUL personnage féminin de la BD. Beauté en vêtements extra moulants-corset inclut - à la poitrine bien en évidence, aux yeux bleus, cette unique femme est aussi la seule victime d'enlèvement...Évidement. Évi-de-ment. Les personnages secondaires et tertiaires sont tous plus insipides et stupides les un que les autres, les gros méchants de service sont bien entendu deux capitalistes en mal d'expansion et à tendance ego-maniaque allègrement narcissique, et quoi de mieux pour conquérir des territoires que de faire tout foirer à la convention pour la paix? Et bien sur, quoi de mieux que de mettre les attentats sur le dos de ceux qui les ont eux-même déjoués - à savoir nos deux super-héros-je veux dire "Protagonistes"! Et tant qu'à faire, quand notre ambassadrice beauté-en-décolleté se fait enlever, on déclare la guerre l'après-midi même aux autres Nations, sans tenter de la retrouver, sans pourparlers, on soulève de terre la ville - sous les exclamations des citoyens trop heureux d'entrer en guerre - et on va ensuite la déplacer comme une arme de guerre géante ( avec les citoyens dedans, je vous rappelle). Cette araignée semble tout droit sortie du film "Les mystères de l'ouest", dans lequel on trouve une araignée à fonction vapeur géante capable de tirer des charges explosives. Désolé, rien de neuf de ce côté là , non plus. Cette histoire est le genre de récit qui montre à quel point c'est facile de faire dans les trucs incohérents et redondant, spécialement en jeunesse, parce qu'on ne s'inquiète pas que les lecteurs découvrent le non-sens de cette affaire. Donc, on les prend pour des idiots et ça m'exaspère au plus au point parce que c'est trop courant! Et l'écriture, Ô par tous les pépins de la pomme de Newton - l'écriture! Des réplique "à deux balles", des insultes à la limite de la blague, des scènes d'action hollywoodiennes invraisemblables que se partagent cases et paragraphes remplis de dialogues plats. Le texte est sauvé par des descriptions relativement justes. Je suis d'ailleurs étonné que le tout soit si moche sur l'écriture car j'avais lu la série "Dragonland" de Heliot et ces romans ne souffraient pas d'autant de clichés et de répliques creuses, c'était même assez rafraichissant. La BD pour sa part, est entre deux: de beaux personnages, des couleurs sous la palette Sépia légèrement teintée de turquoise ( joli). Côté présentation avec la couverture et sur le visuel des personnages, ça marche bien. Côté action, fluidité et mouvement, c'est très figé, parfois caricatural sur les expressions faciales. Petit problème aussi avec les yeux de Willy, le tigre blanc, dont on ne sait pas toujours où il regarde, parce que l'éclairage est presque toujours au centre de l’œil, contrairement à Fenrir- oups scusez- Fenris ( J'ai passé mon temps à la confondre avec le loup-garou d'Harry Potter - Fenrir Greyback) qui a des iris plus faciles à voir, et donc donnant une direction plus claire. C'est donc blasé, agacé et furieusement exaspéré de voir encore ce genre de navet scénaristique peuplé de personnages archi-clichés, histoire de faire un truc "Novateur" qui ne l'est absolument pas au final. Certes, la couverture rend bien, le genre Steampunk a la cote en ce moment et je conçois la bonne volonté de Moustik ( Fleurus) de faire des combinaisons entre BD et roman. Mais pour ma part, cette lecture aura été une succession de constats décevant et de soupirs agacés devant un scénario bancal, un français basique près du "pas terrible" et au final, rien de consistant à se mettre sous la dent. Vous devez peut-être me trouver dur, après ces constats peu élogieux, mais je dois vous expliquer une chose: En librairie, les livres et les Bd sont nombreuses, il y a beaucoup de choix et heureusement, il y a de très bonnes œuvres jeunesse réellement bien écrites, originales et novatrices. Alors quand je vois ce genre d’œuvre, clairement le libraire en moi voit quelque chose de sous-classé et de peu abouti, qui séduira sans aucun doute par sa couverture et son coté BD/Roman, mais c'est le genre d’œuvre que je ne suggérerait pas. Donc, mon conseil, ne pariez pas sur l'hybridité de cette œuvre, préférez lui un bon roman ou une bonne BD Steampunk. Oui l'objet en lui-même est beau, mais c'est bien son principal atout, selon moi. Et il existe d'autres romans BD-Romans beaucoup plus pertinents et scénaristiquement bien fait. Ce n'est que mon avis bien sur. Reste que ce n'est pas la pire BD que j'ai vue...Disons seulement que je ne lui trouve pas de points forts et beaucoup d'éléments défavorables. Pour un lectorat du second cycle primaire, 8-9 ans.
Shaynning a coté ce livre

Willy & Fenris T.1 : Le complot de l'engrenage

Par Johan Heliot et Artemisia
(2,0)

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La prophétie de Béatryce

Par Kate DiCamillo et Sophie Blackall
(4,0)
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Incontournable Novembre 2021 Autrice à qui l'ont doit des romans jeunesse très appréciés, notamment "L'Odyssée Miraculeuse d'Édouard Toulaine" et "Les aventures de Flora et Ulysse", Kate DiCamillo nous propose cette fois une histoire qui a des allures de récit du moyen-âge, enluminures et illustrations incluses. Cette histoire est celle d'une jeune fille, au cœur d'une prophétie, qui a un don qu'aucunes femmes ou presque n'avaient à cette époque. Le frère Érik possède l'âme sensible de ces hommes qui savent percevoir de manière innée la beauté du monde, mais également un esprit que ces semblables trouvent quelque peu fantasque, que n'aide en rien cet œil "fou" qui regarde dans toutes les directions. C'est pourtant ce singulier personnage qui aura été aux origines de la prophétie qui touchera cette même enfant qu'il trouve, un matin, couchée près d'Angelica, chèvre de son état. L'animal, d'une exceptionnelle vivacité d'esprit, capable de catapulter n'importe qui dans les airs d'un simple coup de tête, prend l'enfant sous son aile à compter de ce jour. On eu dit qu'elle connaissait le futur grandiose dont Béatryce était le levier. Gardée, puis veillée par le frère Érik et Angelica, quelque part dans le royaume, un Roi envoie ses soldats chercher la fillette au cœur d'une prophétie qui devait mettre fin à son règne et "occasionner un grand bouleversement" du même coup. Amnésique, les cheveux rasés, Béatryce ressemble désormais à un jeune moine. Un constat d'autant plus pertinent qu'elle en a aussi les qualités: cette jeune fille sait lire et écrire. Impensable. Impossible. Et pourtant. La jeune fille est appelée à partir sur les routes, ne pouvant rester au monastère, les moines craignant les foudres du Roi. Elle y trouvera des alliés, à l'histoire aussi improbable qu'elle, et qui l'aideront à accomplir cette prophétie qui la concerne. Et quelque part ne route, elle retrouvera aussi ses souvenirs, qu'elle aurait préféré gardés scellés. Une fille qui sait lire et écrire, à cette époque, c'est plus que marginal, c'est condamnable. Il faut bien sur relativiser: seuls les moines et quelques rares nobles souvent royaux avaient des bases dans les deux domaines, la vaste majorité de la plèbe était donc analphabète. Époque qui se termine par une Église radicale ayant une mainmise absolue sur le Savoir et préférant ses ouailles bien ignorantes, le Moyen-Âge n'était donc pas la meilleure période pour les écrits et les lectures, davantage destinées à servir l'Église (L'éducation passait plus souvent par les fresques peintes, d'ailleurs) Alors imaginez une fille de 10 ans savoir faire les deux? C'est très peu probable et dans l'histoire, c'est effectivement en "enfant démoniaque" qu'elle est souvent présentée. Maintenant, la question est " pourquoi sait-elle lire et écrire? Dans cette jolie histoire où se côtoie une douce poésie naturelle et des personnages lumineux, on suivra cette atypique jeune fille dans sa quête pour se trouver et pour retrouver les siens. On aura parmi les protagonistes une chèvre aussi maligne qu'imprévisible, un moine peureux, mais d'une incroyable sensibilité, un jeune garçon rapide comme une flèche à la mémoire formidable et un homme des forêts qui a préféré une vie libre et minimaliste, ponctué d'une joie capable de le faire rire de tout. À la fois une hymne au Savoir, à la beauté et la bonté du monde, le récit de Béatryce est aussi un roman qui sert des thèmes qu'on aimait déjà au Moyen-âge dans les récits de chevaliers: la bravoure, le triomphe de l'amour et la lumière du bien chasser la noirceur du Mal. C'est une histoire construite sur plusieurs petites histoires,celles des personnages , mais aussi de la fiction presque allégorique de la sirène. Le récit me fait penser à une tapisserie de cette même époque: une multitudes de fils qui finissent par se rejoindre pour constituer le final. Quand à la prophétie, elle rejoint un peu la même tangente que celle que j'ai vu dans le septième opus des Harry Potter: une prophétie n'a d'importance que celle qu'on lui accorde. Autrement dit, elle n'existe que parce qu'on veut lui donner une importance. Preuve en est que l'antagoniste de l'histoire s'en sert comme d'un outil. J'attire aussi votre attention sur une curiosité: si nous sommes bien dans un univers lié à la chrétienté, n'empêche qu'on y retrouve l'idée de réincarnation, lié traditionnellement au bouddhisme. On retrouve en effet une abeille qui est décrite comme la réincarnation de Mamie Bisbi ( notez d'ailleurs le son du nom similaire à celui des ailes d'une abeille- "bz-bi") Enfin, à un certain niveau, une sorte de "magie" semble subtilement imprégner l'histoire, à commencer par cette chèvre anormalement sagace et costaude, mais qui ne relève pas du fantastique net et précis. Le tout est léger, aéré. Les chapitres sont très courts et on a de nombreuses images au crayon de plomb, dans le style de l'époque ( mais avec des personnages beaucoup mieux travaillés que ceux de l'époque, assurément, les artistes du Moyen-Âge étant de piètres et naïfs dessinateurs, histoire de l'art à l’appuie). J'ai beaucoup aimé les personnages, particulièrement le Frère Érik, avec sa façon de voir le meilleur autours de lui, malgré son côté anxieux. Béatryce pour sa part, est le personnage qui attire tout le monde à elle, comme un aimant. Elle a bien eu besoin du support des autres, mais au final, c'est qu'ils ont vu en elle tout le potentiel de faire bouger les choses en ce monde et de les instruire. Ce n'est donc pas juste un être fragile dépendant des autres, c'est une porteuse de Savoir et de renouveau. Elle de nature curieuse, elle veut comprendre les choses, en cela c'est une qualité singulière pour une fille de cette époque. Enfin, Angelica, cet animal improbable qu'on ne peut qu'aimer. J'aime l'idée que l'être vivant le plus instinctif, protecteur et bienveillant soit l'animal du groupe, qui voit clair dans le cœur des humains et ne trahit aucune peurs. Et puis, vous en voyez souvent des ânes dans les histoires? C'est donc une petite pépitte atypique et ensoleillée en ce mois gris de novembre que cette histoire où une jeune fille apporte avec ses mots et ses Lettres le Savoir et l'espoir, épaulés de comparses qui auront grandit à son contact. "La prophétie de Béatryce est une ode aux histoires, à la connaissance et à l'amour universel. Pour un lectorat du second cycle primaire, ( 8-9 ans) en montant.
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Le grand magasin de Noël

Par Maudie Powell-Tuck et Hoang Giang
(4,0)
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Pour faire écho aux autres commentaires: "Noël n'est pas arrivé - mais ça s'en vient! - et me voilà le nez dans un album de Noël", mais à ma décharge, c'est parce que je suis libraire jeunesse et que je me dois de les avoir lus avant vous! Hah! Bon, trêve de bêtises... Donc, que cache cette superbe couverture agrémentée de lignes en papier doré? Sans vous tenir en haleine plus longtemps: cet album traite d'un magasin de Noël! Tada! Mais pas n'importe lequel, certes non. Vous voyez, Lucas marchait d'un air dépité. Un air en grande partie explicable par le fait que sa famille n'a pas les moyens de vivre le faste Noël que l'on retrouve bien souvent dans les livres et dans la classe moyenne et favorisée. Lucas aimerait amener les bonheur dans sa maisonnée avec des présents et quelle n'est pas sa surprise quand apparait à son côté un immense magasin tout en baie vitrée et lumière dorée visiblement spécialisé en présents Noëllesque. Dans une sorte de folle virée dans les départements hauts en couleur et magiques, Lucas trouvera pour chaque membre de sa famille un présent à la juste mesure de son amour pour eux. Je suis de ceux qui n'apprécie pas le dicton "C'est la pensée qui compte" quand il s'agit d'un présent, lui préférant la phrase "Mauvais présent, mauvaise raison". À quoi bon donner un cadeau quand l'intention n'est pas sincère? Y aurait-il un/e pardon/intention caché la-dessous? Pourquoi je vous raconte ça? Parce que dans cette histoire, le sujet est justement le cadeau bien intentionnée, pas celui qui vaut cher ou qui suit une mode. le cadeau songé, réfléchi, en phase avec la personne et/ou ses besoins. Lucas cherche l'émotion derrière le cadeau: la joie, le sentiment d'être bien dans sa peau, le bonheur. Ce qu'il amène au delà des objets, c'est un état. Oui, penser aux autres, c'est ce qui devrait motiver les cadeaux , d'une certaine façon, plutôt que la convention sociale de donner simplement parce que c'est Noël . Si aucune joie ni empathie ne sous-tend le cadeau, pourquoi offrir? ( mon humble avis- vous n'êtes pas obligés d'être d'accord) Franchement, j'aime bien cette histoire avec toute la réflexion derrière chaque présent, le fait que ce serait dont bien d'avoir ce genre de lieu pour combler les gens qu'on aime de choses à la juste mesure de leur amour et au gré des besoins émotionnels qui jalonnent nos vies. Ce serait bien. Ça fait rêver. Et les dessins y sont pour beaucoup, c'est dynamique, tout en lumière et en fantaisies. Allez, ouvrez dont la première page pour voir... Et Joyeux Noël! ( Enfin, bientôt!) Pour un lectorat préscolaire ( 4-5 ans) en montant, mais je pense que les enfants du premier cycle primaire ( 6-7 ans) vont mieux percevoir l'aspect "émotionnel" derrière les cadeaux et le facteur "pauvreté" évoqué au début.
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Le grand magasin de Noël

Par Maudie Powell-Tuck et Hoang Giang
(4,0)

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Par Maudie Powell-Tuck et Hoang Giang
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La prophétie de Béatryce

Par Kate DiCamillo et Sophie Blackall
(4,0)

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Par Kate DiCamillo et Sophie Blackall
(4,0)

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