Activités de Thomas Dupont-Buist

Voici les activités récentes de Thomas Dupont-Buist :

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Sacré choeur de Gilgamesh

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Quelle éruption de puissance brute jaillit de cette brillante adaptation du mythe de Gilgamesh ! Porté par l’écriture et les talents théâtraux de Nadine Walsh, ce livre-cd est conçu pour satisfaire le littéraire autant que l’adepte des arts vivants encapsulés pour la postérité. L’épopée sumérienne nous est ainsi contée à trois voix, Walsh trouvant de très habiles comparses en Franck Sylvestre et Jean-Sébastien Bernard, comédiens à la maîtrise vocale irréprochable. Polyphonie, chœurs, scénographie sonore ; les moyens abondent pour rendre encore plus captivante cette histoire intemporelle. Vaine quête que celle de l’immortalité, comme vous le découvrirez ici, mais ô combien fascinante. D’autres encore s’y brûleront à l’avenir les ailes, à n’en pas douter. Mieux vaut, plutôt que d’embrasser leur quête chimérique, continuer de rêvasser à quelques encablures !

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Un monde sans rivage

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On entre dans ce livre comme dans un songe glacé, mirant sur le seuil d’un monde magnifiquement inhospitalier la fureur des embâcles se fracassant sans égard pour les fous célestes qui osent venir les braver. Gaudy, que je découvre ici avec délectation, prête la puissance de son style et le cadrage d’un œil résolument photographique à cette épopée de l’échec, maillon faible dans la chaîne glorieuse de l’histoire de l’exploration polaire. En racontant à partir de documents d’archives, en imaginant ce que la mort dans son intransigeance a biffé et en réfléchissant à ce que cette histoire dit de nous, ce roman expose l’aventure incroyable de trois scandinaves qui au début des années 30 tentèrent d’atteindre le pôle Nord en ballon depuis les îles Svalbard. Malgré leur pugnacité admirable, rien ne se passa comme ils l’avaient escompté. Gaudy en profite aussi pour situer cette expédition entre celles qui l’ont précédé, celles qui l’ont suivi et puis celles depuis lesquelles la postérité fabrique des ponts qui lient et révèlent. Magnétique !

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La femme électrique

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Championne incontestée de la littérature de réel, la maison du Sous-sol a encore déniché une perle cachée sous la montagne croissante de déchets autofictifs et de récits n'ayant de livresque que le nom. Tessa Fontaine arrive au sein des lettres américaines de façon fracassante, laissant son livre éclipser pour elle la foule de courtisans du marché de la pitié littéraire. Un premier livre personnel, donc, mais aussi universel par la force de sa poésie et qui évoque l'atmosphère des livres de Catherine Poulain. Comme la narratrice du Grand marin (se déroulant dans l'univers impitoyable des chalutiers), elle intègre un milieu profondément éloigné d'elle (celui des sideshows, cirques itinérants décalés faisant l'apologie de l'étrange) avec un entêtement lumineux qui aplani tous les obstacles qui se dressent sur son chemin. Comme chez Poulain, c'est une façon de se réinventer pour ne pas couler, de se mettre en danger pour ne pas s'encroûter. En parallèle de la découverte de ce monde déroutant et dur, plein de sabres à avaler, de serpents à câliner et de feu à cracher, on comprend peu à peu le drame qui l'a incité à se lancer dans cette entreprise. Victime de multiples attaques cérébrales l'ayant laissée muette et en partie paralysée, la mère de Fontaine ne sera sans doute jamais plus la même. Ce constat tiré, mari, mère et fille partent à la recherche de la résilience, menant leur barque comme ils peuvent au gré de la vie, par là même constituant le cœur de ce récit à fleur de peau, drôle envers et contre tout. Cathartique, porté par une voix forte et singulière, ce livre donne à espérer une œuvre de la part de cette jeune et prometteuse auteure.

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Confessions d'un masque

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C'est un présent inattendu que cette nouvelle traduction (la première en français depuis le japonais) de ce texte intime du grand Mishima. Fournissant ici d'excellentes clés de compréhension pour aborder le reste de son œuvre, l'écrivain perpétuellement soumis à la torture de désirs inavouables fait tout ce qu'il peut pour les brider sans jamais pour autant arriver à les tarir. Confessions d'un masque, c'est cet aveu d'une vie de renoncement pour un homosexuel qui ne s'acceptera jamais comme tel (que sa famille et sa société n'auraient jamais accepté comme tel?). Étude personnelle et universelle du désir réprimé dès ses balbutiements, Mishima expose dans ce livre les multiples façons de se voiler à soi-même et aux autres, que ce soit devant la pression sociale, pour se soumettre au diktat du bon goût ou pour contenter la morale bien pensante. La rationalité est une arme bien faible face à la déferlante désirante et elle ne libère personne de ce que la plupart qualifierons de perversions. Au mieux, elle est un masque; élégant, raffiné, polyglotte. Au pire, elle se fait armure où l'on s'engonce aisément. Peu doué pour le bonheur, Mishima était cependant un écrivain de haut vol, toujours recherché dans son style, érudit dans ses références et brillant dans ses observations du genre humain et les extrémités énigmatiques jusqu'où il lui arrive de voyager.

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C'en est trop : poèmes 1892-1962

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Les lecteurs francophones connaissent bien les romans du Nobel Hesse, moins sa poésie pourtant abondante. Comme toujours chez Bruno Doucey, l'anthologie est admirablement conçue, explorant différentes époques et les stigmates qu'elles ne manquent pas de laisser sur les mots et la pensée de ce germanophone abhorrant par-dessus tout l'idiotie des guerres de tranchées et les boucheries organisées. Tantôt lyriques, tantôt philosophiques, plus le temps fait son œuvre de mélancolie et plus les vers de Hesse se font graves. Pour les germanophiles d'entre vous, sachez que cette édition est bilingue, aussi pourrez-vous savourer la précision de l'expression allemande, son inventivité s'employant à traduire l'expérience du monde aussi fidèlement que possible. Hesse, en plus du maître de Bildungsroman qu'on le savait incarner, s'avère désormais aussi un grand poète, cette anthologie étant de l'iceberg la pointe.

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Cette maison

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Œuvre certes mineure dans la grande fresque que peint inlassablement l'immense Mitchell, Cette maison se dévore tout de même avec grand plaisir. Pastiche talentueux de roman d'épouvante, ce livre s'amuse de ses codes, les détourne à sa convenance et prend rapidement le lecteur au jeu un tantinet cruel dans lequel il a placé ses proies-personnages. En cinq temps et en cinq voix, on découvre peu à peu les mécanismes qui permettent à deux habiles sangsues de prolonger leur vie au détriment de celle des autres. Comme toujours chez Mitchell, les personnages sont mémorables, l'humour brillant et la trame imprévisible. La dernière partie fait le pont avec les autres livres du maître britannique qui tous parlent indirectement de cette grande guerre éternelle qui se joue bien souvent à l'insu des petites gens, pâté pour prédateurs impitoyables. Les inconditionnels de Mitchell y trouveront leur compte sans pour autant s'en trouver transcendés et les nouveaux arrivant dans cet univers, quant à eux, y trouveront une excellente porte d'entrée.

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Les mirages de la certitude

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C’est un long et beau voyage philosophique que Hustvedt nous propose d’accomplir en son illustre compagnie. L’érudition de cette grande dame est absolument ahurissante, de même que l’acuité de sa pensée et l’étendue des domaines de la connaissance qu’elle peut relier entre eux afin de mettre en lumière des aspects d’une problématique qui auraient pu échapper aux hyperspécialisés de nombreuses disciplines. Au centre de sa réflexion, le dialogue entre le corps et l’esprit, éternelle question remontant aux Grecs et pourtant encore sans réponse satisfaisante. Qu’est-ce que l’âme ? L’esprit est-il le produit du cerveau ou le dépasse-t-il de quelque façon que ce soit ? Peut-on le créer artificiellement ou le dupliquer ? Remontant le temps depuis l’antiquité, s’attardant plus longuement chez Descartes ou des penseurs moins connus comme Vico ou Margaret Cavendish, elle en arrive ensuite aux neurosciences et à l’intelligence artificielle, à leurs promesses transhumanistes. Pourfendant au passage les Richard Dawkins et les Steven Pinker de ce monde, vulgarisateurs aux analyses sexistes et souvent simplificatrices, elle commente avec la même intelligence des articles pointus de Nature et des œuvres éclairantes de la littérature. Tout au long de ces 350 pages bien denses, la rigueur est la même, l’engagement entier. Expériences personnelles de la vie et savoir de tout acabit sont amalgamés avec maestria, nous poussant à étendre toujours plus loin la réflexion sur ce sujet intemporel.

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Les mirages de la certitude

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Si

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Voué à devenir une magnifique pièce de votre collection, cet ouvrage suscitera la convoitise des plus fétichistes d’entre vous. Sous couverture rigide au fini aguicheur, cette édition bilingue du grand poème de Kipling est admirablement illustrée par Scott Pennor’s, équilibriste entre le royaume de l’abstrait éclaté et celui du figuratif démonstratif. Plus adaptés que traduits, grâce à André Maurois, les conseils généraux de Kipling au fils n’ont jamais aussi bien sonné en français. On ne trouvera pas plus bel écrin.