Murmures_numériques
Intérêts littéraires : Revues, Littérature, Bande dessinée

Activités de Murmures_numériques

Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Overlord T.1 : Le roi mort-vivant

Par Kugane Maruyama et So-bin
(4,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Il s’agit d’un light novel nous plongeant dans l’univers fantasy d’un jeu vidéo où le personnage principal se retrouve coincé. Le « light novel » est une forme de littérature populaire, surtout en Asie, mais de plus en plus traduit chez nous. Par exemple cet ouvrage est paru en 2012 au Japon et il y a quelques jours chez nous. Généralement paru dans des magasines, mensuels ou hebdomadaires, parfois, comme ici adapté de mangas (que je n’ai pas lus). Le style se veut très accessible, direct, et lisible par n’importe qui n’importe ou. J’aime bien ce principe de « littérature détente » sans prétention mais divertissante. Parfois ça fait plaisir de plonger dans un univers différent pour y faire une jolie balade. Malheureusement ce coup-ci j’ai été pas mal déçue. Le pitch était très alléchant : un jeune homme se retrouve coincé dans l‘univers de son MMO et transporté dans un autre monde. Il doit s’y débrouiller avec ses pouvoirs et ses serviteurs, l’explorer et y faire sa vie d’aventurier mort-vivant surpuissant. Vendeur n’est-ce pas ? J’étais super motivée : j’avais envie d’un bon roman de fantasy et de combats un peu brutaux, le genre gros divertissement pour oublier mon rapport de diplôme (la technique de pause ultime quoi) alors j’attendais ce partenariat avec impatience ! Je remercie d’ailleurs vraiment les éditions Ofelbe (éditeur de ce volume) et Livr’addict pour cet envoi ! Mais si au début j’ai accroché, je me suis lassé au fil du livre : au départ la curiosité l’a emporté ! Je voulais explorer cet univers et le personnage s’il semblait assez lambda pouvait être assez juste. Petit à petit on est déçu par le peu de réponses que l’on reçoit sur ce monde, bien sûr étant au niveau du héros on ne découvre que ce qu’il sait mais du coup on est un peu sur la touche. C’est dommage parce que le tout semble vraiment riche ! Régulièrement les combats et les aventures sont prenantes, mais ce sont plus des épisodes mis bout à bout qu’un ensemble cohérent. Les coupures sur la « psychologie » des personnages cassent un peu le rythme. C’est dommage ! D’autant que les pouvoirs de Momonga (notre Mort-Vivant en chef) sont tellement supérieurs à ceux de ses adversaires qu’il n’y a pas vraiment d’enjeu. Difficile de s’attacher à un personnage qui ne craint jamais la moindre défaite. Je ne sais pas si ce défaut sera corrigé dans la suite, je suppose qu’en poursuivant son évolution dans ce monde il rencontrera des opposants à sa mesure mais ça semble mal engagé puisqu’il vainc de grands chevaliers (réputés le plus fort du royaume admiré de tous etc) sans grandes difficultés. Cependant mon soucis est vraiment avec les personnages, au départ tout va bien. Si certains sont clichés ils s’intègrent super bien dans cet univers fantasy… Ce sont bien les PNJ classique que l’on y croise. On suppose qu’ils évolueront puisqu’ils semblent développer des volontés propres, ce qui pourrait créer de vrais enjeux et des développements d’intrigues intéressants : qu’est-ce que ça donnerait si des intelligences artificielles avaient une volonté propre ? Si du jour au lendemain elles prenaient leur indépendance des codeurs ? mais ce n’est pas ce chemin qui est choisi, non, on se concentre sur le désir débordant de démons lubriques.. mais sans le coté sexy ou démoniaque de l’affaire. J’ai plus eu l’impression de regarder une scène de drague difficile et un peu forcée entre adolescents. C’est en grande partie dû au caractère « réel » de Momonga, de l’humain qui l’incarne en tout cas. Il semble assez reclus et finalement incarne le cliché de l’otaku qui n’expérimente la vie que sur un plan virtuel.. il est ainsi complètement étranger aux relations humaines et affirme lui-même qu’il est aussi bien dans ce monde et que personne ne l’attend IRL (in real life). J’aurais préféré que l’auteur appuie moins ce trait du personnages, cela a vraiment fini par me sortir de l’histoire. Je n’avais plus aucune envie de suivre ce héros beaucoup trop fort, incarné par un humain un peu trop nul. Ce n’est pas les seuls moments étranges, je pense par exemple aux combats entre les filles du jeu pour savoir qui se reproduira avec Momonga, personnages féminins qui n’ont pas d’autres enjeux véritables que ça. Je ne sais pas si c’est sensé être drôle ou divertissant mais personnellement qu’une ado de 14/15 ans parle de l’état de sa culotte à la vu d’un squelette… vraiment ça ne m’enjaille pas. Sur le plan éditorial par contre le boulot est soigné et abouti : si l’ensemble a un petit air de brique le texte est bien découpé ce qui permet une lecture fluide et les illustrations de Sô-bin sont un vrai plus. On en a deux grandes au début et à la fin de l’ouvrage (sous forme de dépliants) et une pleine page au début de chaque chapitre, c’est cool ! et puis ça permet de mieux visualiser les personnages. A la toute afin (après l’épilogue du « deuxième livre ») on a également des fiches personnages, comme dans un vrai jeu de rôle, illustrées. Ce sont des petits plus vraiment agréable. L’objet est vraiment agréable, même si la couverture est un peu confuse (j’en parlais dans le TAG sur les couvertures) et puis la tranche est vraiment classe. Avec ce premier tome j’ai également reçu un poster, qui doit être vendu avec si j’ai bien compris. Pour moi c’est un flop. Je n’ai pas apprécié ma lecture, même en repensant aux moments épiques ça ne rattrape pas le reste ! Je me demande où s’arrête l’excuse du « mais c’est du light novel, c’est pour le fun ». Ce roman est sexiste et sexualisant, souvent violent, et assez méprisant : je veux dire par la que le protagoniste utilise les autres à ses propres fins sans vraiment se poser de questions, qu’il sacrifie des gens juste pour tester sa puissance… J’aurais vraiment aimer vous faire une chronique positive, vous parler d’un bon roman pour l’été… A moins d’être fan des mangas, ou des univers de MMO médiéval-fantasy, je ne sais as si ce roman peut vous plaire. Il est d’ailleurs déconseillé aux moins de 14 ans.
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Retour en Gaule

Par Claudius Rutilius Namatianus, Jean Vessereau et François Préchac
(4,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
On ne sait pas grand chose de la vie de Rutilius, mais l’introduction de l’ouvrage est bien construite et nous expose ses différentes fonctions officielles… Il a été redécouvert au XVè (il était tombé dans l’oubli depuis sa mort). Il serait originaire de Poitiers et après sa parenthèse à Rome, pour ses études et des postes de fonctionnaire, il retourne en Gaule pendant les soulèvements en Armorique. La chute de cette partie de l’Empire est proche, les révoltes nombreuses… pourtant je l’aime à cette période : qu’autant de peuples se croisent dans les allées du pouvoir, que les cultures se soient mélangées au point qu’un Pictave vénère Isis, me plait ! L’auteur est probablement païen : malgré la progression du christianisme à cette époque, il fait référence au culte d’Isis et d’Osiris, et se moque des moines à plusieurs reprises. L’auteur nous raconte son voyage pour retourner en gaule après des fonctions à Rome : il doit prendre la mer et longer les cotes avant d’arriver à destination. On n’a que le début de son voyage la suite n’a soit pas été écrite soit perdue… mais ce début est remarquable ! On commence sur un éloge de Rome, qu’on sent venu du fond du coeur ! Il sent vraiment le plaisir de vivre à Rome qui lui manquera beaucoup… Ces pages sont vraiment belles : l’ambiance italienne y est sensible, parfaitement soutenue par la traduction. Si ce texte ne sent pas l’improvisation, et qu’il a peut-être été retouché pour arranger les vers, les ciseler au mieux, dans un bureau, cela ne me pose pas de problème : après tout un carnet de voyage est aussi le souvenir que l’on en garde ! Les deux livres qui composent cet ouvrage sont très inégaux, le premier couvrant le voyage jusqu’à la frontière, le second abandonné (ou perdu) rapidement. L’auteur affirme son intérêt à ne pas s’étendre outre mesure sur son sujet, au risque de lasser son lecteur, cependant le tout semble trop précipité pour une version finale. Et puis ce ne serait pas le premier auteur a promettre de « faire court » et d’ajouter des pages et des pages après cette promesse ! Entre ces deux livres (à la fin du premier ) l’auteur s’attarde sur les constellations et les étoiles, j’ai adoré ce passage ! Il est poétique et doux, comme une pause dans un voyage fatiguant. Ce sentiment d’apaisement de savoir qu’une carte gigantesque veille nos nuits est bien transmis ainsi que leur beauté. La traduction, de Vessereau, est excellente et très agréable à lire. Elle conserve l’aspect poétique du texte originale bien que le transcrivant en prose. Editorialment j’étais aux anges : ce volume est extrêmement soigné et très travaillé. Il a le même format que les Budés, mais avec une couverture bleue (dans un papier fort être agréable sous les doigts). L’impression dorée qui est en couverture ou dans le livret d’illustration est soignée et sans accro. entre le corps du texte et le livret e notes se trouve un livret d’illustrations dorées sur papier bleu nuit, représentant des constellations (chacune correspondant à une étape du voyage). Le papier utilisé est riche, légèrement à grain, peut-être du Munken ? je serai curieuse de le savoir mais ce n’est pas mentionné dans le colophon. C’est en tout cas un très bon choix. C’est le point qui me fait souvent préférer cette maison d’édition : même pour des textes « rébarbatifs » ou entendus comme tels, pour des ouvrages qui s’adressent majoritairement à des spécialistes, des passionnés, ou des étudiants, ils soignent l’objet (je ne dis pas, certains de leurs poches ont des typo grecques peu lisibles, qui ralentissent un peu la lecture, mais je soupçonne des réimpressions de versions plus anciennes plus qu’une erreur ou une négligence). On a droit a plus qu’au papier ultra blanc et au service minimum des notes de bas de page. Certes tout cela a un prix (j’en remercie d’autant plus l’éditeur et Babelio qui ont permis ce partenariat), mais ce plaisir le vaut ! Clairement. Je regrette souvent de ne pouvoir me les offrir, après tout c’est en étudiant qu’on a besoin des meilleures éditions, mais le plan est bon puisque certains d’entre nous après s’être usés les yeux sur les versions poches, s’offriront de plus grandes pages et de belles illustrations pour la suite de leur carrière… Il y a une forme d’amour qu’on sent dans ces livres : ils sont fait par des gens qui croient profondément au savoir qu’ils transmettent et à son utilité à d’autres qui en ont besoin. Cela ne dispense absolument pas de mettre en oeuvre le meilleur des éditeurs !
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Saga T.7

Par Brian K. Vaughan et Fiona Staples
(4,5)
2 personnes apprécient ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Ce nouveau tome de la série est dans la droite lignée des précédents : on retrouve nos héros exactement là où ils en étaient à la fin du tome 6. Hazel continue son récit, dans ce tome elle a 5ans (ce qui tranche avec le recul de la narratrice). J’aime vraiment cet univers et cette fois on se concentre sur une astéroïde qui à son tour est devenu le champ de la bataille opposant continentaux et Luniens. Malgré la proximité des batailles et des catastrophes stellaires la famille parvient à se poser un peu et à profiter d’un moment de répit pour profiter enfin d’être ensemble. Ce tome nous permet également de retrouver des personnages secondaires comme les chasseurs de primes, ou le Chat Mensonge et ses « humains », le duo formé par Sophie et Gwen me touche beaucoup. Qu’elles soient aussi efficace, qu’on en profite pour découvrir un peu l’histoire de la planète d’origine de la petite : l’ensemble fonctionne très bien. Au passage on découvre une nouvelle espèce spéciale de « chiens de prairies » vraiment trop mignons ! On retrouve les réflexions sur la différence qui règnent dans la saga : quelque soit les physiques des uns et des autres, leurs aspirations sentimentales ou leurs attirances ils ont tous une place dans cet univers. Et ce d’autant plus au sein de la tribu qui se constitue autour du métissage d’Alanna et Marko. Le dessin est toujours efficace et la couverture est vraiment sublime (comme les débuts de chapitre, Le 38 ayant ma préférence, avec la nounou-fantôme qui raconte une histoire à Hazel) ! Les charadesigns sont vraiment bons et j’aime de plus en plus le personnage de Petrichor. Le fait qu’elle se protège en gardant son secret me plait : même dans cette enclave de tolérance, elle sent que ça pourrait poser problème. Lui poser problème. La connivence avec l’enfant qui elle aussi, a dû se cacher est bien trouvée et accentue encore l’impression de bonté qui se dégage de la fillette. Il résulte de ce volume un monde violent et rude mais déjanté et fun qui me plait beaucoup ! J’attendais ce tome avec impatience … comme j’attends déjà le suivant ! Je suis un peu surprise que l’histoire n’avance pas plus mais ce tome met en place plein de pistes pour la suite : reste à voir ce que les auteurs en feront.
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Apprenti Assassin, l'Assassin Royal #01 (L')

Par Robin Hobb
(5,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Je l’avais lu il y a longtemps, je devais être en fin de collège je crois. J’en gardais un bon souvenir d’aventure et d’intrigues politiques… C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé cet univers. On suit un enfant déposé comme bâtard (Fitz) du prince héritier du royaume (Chevalerie, les Nobles ayant des noms en lien avec ce qu’ils sont ou ce que leurs parents veulent qu’ils soient) dans une forteresse secondaire du royaume. Il grandit peu à peu, aux soins du maître des écuries. Il entame une fois adolescent une formation d’assassin (vu le titre ce n’est pas une surprise !). On suit donc son évolution et les tensions politique de ce royaume côtier harcelé par les pirates. On suit donc la famille royale et quelques proches de la cour, un assassin, un fou… les hommes de l’ombre qui font fonctionner le royaume. On s’attache à ces personnages autant qu’au héros, chacun a ses forces et son histoires. Ils font partie de l’ambiance générale et donnent de l’épaisseur à l’intrigue, vu qu’on ne sait pas comment ils vont réagir, on a plus de mal à prévoir leur réactions, on en est donc plus souvent surpris. Dans ce monde deux pouvoirs « magiques » cohabitent : le Vif qui permet de communiquer et de partager les perceptions des animaux et l’Art qui est une sorte de force mentale qui sert à peu près à tout. Tout deux épuisent leurs utilisateurs, mais leur ouvrent de vastes possibles. Cependant si l’Art est réservé à la noblesse (à la famille royale pour être exacte) le Vif est secret et très mal vu. On ne saisi pas encore toutes les implications qu’aura l’assassin dans l’avenir de ce monde mais on en perçoit l’importance. On est conscient qu’on ne comprend pas tout des intrigues politiques qui se tissent pendant ce tome. De nombreuses rancunes en ressortiront : ça on le sait ! C’est dans ce monde tiraillé par les intrigues que l’on se retrouve sans tout comprendre, à la hauteur de notre héros. L’écriture de Robin Hobb nous permet une immersion totale. On sent les peurs et les espoirs de FitzChevalerie qui fait tout ce qu’il peut pour « garder une ligne »… comme on sent la traitrise et le mépris. On perçoit bien l’ensemble ! J’aime ce style parfois un peu direct mais qui permet à l’histoire d’avancer à un bon rythme. Malgré les éclipses temporelles (nécessaires pour couvrir toute l’enfance et l’adolescence de Fitz en un seul tome) je ne me suis jamais sentie perdue dans le récit. Si certains personnages sont purement antipathiques d’autres sont très attirants et j’ai hâte de suivre leur histoire, notamment celle du fou. J’avoue que ma lecture est biaisée puisque j’ai déjà lu les premiers tomes et je sais donc en gros ce qu’il s’y passe. Mon plaisir de lecture a pourtant été grand, l’écriture nous dévoile de nombreux secrets, des détails disséminés partout qui nous permettent de tisser pour nous même la toile des évènements à venir. Et puis la richesse qu’ils nous offrent vaut le coup d’oeil ! La Lecture commune du tome 2 est prévue pour le 15 aout, on se retrouvera alors pour mon retour sur la question ? On lira ainsi tous ensemble les 14 tomes de la série ce qui mettra un certain temps soyons honnêtes !
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Gloutons & dragons T.1

Par Ryoko Kui et Sébastien Ludmann
(5,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Il est assez improbable et j’ai honnêtement hésité à commencer ce manga, une nouvelle série en cours… juste avant un déménagement… Mais les avis de la blogosphère ont fini de me convaincre : tout le monde semblait unanime ! Nous suivons des aventuriers dans un donjon : l’idée c’est qu’ils veulent affronter un dragon qui a mangé l’une des leurs (la soeur du chevalier-personnage principal). Ils n’ont plus rien et ne sont pas loin de mourir de faim… Ils décident donc de manger les monstres qui pullulent partout. Ce n’est pas de gaité de coeur et ils ne sont pas très doués… heureusement ils rencontre rapidement un nain cuisinier qui se joint à la troupe. Les dessins ne sont pas extraordinaires mais ils sont accrocheurs et efficaces. On est bien dans l’univers héroic-fantasy qu’on attend de ce donjon. C’est vraiment une drôle d’aventure ! C’est un plaisir de suivre cette vision assez improbable de cet univers : on n’est rarement dans l’optique de manger les méchants ! mais finalement pourquoi pas ? Tout cela naissant d’une véritable passion pour eux.. Il s’agit au final d’un manga atypique vraiment agréable à suivre, une super découverte pour moi ! Pour ce qui est de l’édition elle est vraiment pas mal ! je n’avais pas de manga petit format chez Casterman, et je n’ai rien a re-dire. Je peux même relever la jaquette « effet carton » mat, avec une texture vraiment sympa.
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

L'enfant et le maudit T.1: L'enfant et le maudit

Par Nagabe
(5,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Ce premier tome est une merveille ! On est face à un conte tout en douceur et en retenue, un beau manga, vraiment ! On y découvre une petite fille vivant dans les bois avec un drôle d’humanoïde qui ne doit sous aucun prétexte la toucher (pas de déviance ici, juste une sorte de contagion qui les empêchent même de se donner la main). Elle semble avoir été abandonnée par sa famille et il l’a récupérée. Lui est un gentleman, visiblement très instruit, une sorte de docteur. Ce monde est médiéval à en juger par l’équipement des soldats et par le village. Cependant on en sait peu hormis que ce monde est scindé en deux : les humains et ceux qui ont été contaminé comme le Maître. La césure que l’on ressent est cependant plus entre l’innocence de la fillette, qui croit qu’on viendra la chercher, que les gens ne lui feront aucun mal, et la rudesse du Maudit qui a conscience du rejet, et qui tremble de l’enseigner à la petite. C’est un livre des contraires : tout y est altérité et opposition. C’est ce qui m’a plus. qu’il prend le temps de s’installer : le rythme est maitrisé de bout en bout et nous permet de nous installer dans cet univers qui nous est pourtant si étranger. J’aime ce temps : la gestion de la durée est très difficile surtout pour une série. J’espère que cela continuera pour la suite ! Les graphismes sont efficaces et détaillés.Surtout sur la forêt qui nous offre de beaux environnements. et des personnages expressifs et originaux. Le Maudit se permet des clin d’oeil direct au lecteur : il nous prend à témoin, vous qu’auriez vous fait ? On est mis face à notre impuissance dans une société qui a décidé de le rejeter. Ce tome est paru chez Komikku, et encore une fois ils ont fait un super boulot ! Le tome 2 est sortie en mai, mais je n’ai pas encore pu me le procurer… normalement bientôt je serai a la civilisation, et j’aurais accès a une Librairie haha
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Levius T.1

Par Hahurisa Nakata
(5,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Ce manga est le premier tome d’une série parue chez Big Kana. Je ne sais pas combien de tomes elle comportera, je n’ai pas particulièrement cherché je l’avoue (haha) On suit un jeune homme qui se passionne pour la boxe mécanique, un sport où le corps des combattants est amélioré grâce à des membres robotiques. Ils s’affrontent dans des arènes et les vainqueurs jouissent d’une certaine popularité (et de prix en argent qui leur permet de vivre et d’entretenir leur corps). Le héros est très jeune, ce n’est qu’un adolescent, d’apparence assez fluette, sa rage lors des combats n’en est que plus saisissante ! On apprend peu à peu à le connaitre, même si nous en découvrons finalement assez peu sur lui : des bribes sur la vie de ses parents, tout deux révolutionnaires, et sur l’univers. Si on sait pas grand chose des forces politiques à l’oeuvre on en sent la tension, comme on sent la violence qui bout dans la société civile. On aperçoit assez de pistes pour avoir envie d’explorer ce monde steampunk et espérer le comprendre. Pour cela le graphisme est au top : la ville et les environnements sont très attrayant et toujours suffisamment fournis en détails pour être crédibles et offrir de l’épaisseur à l’univers. Il rend également justice aux expressions des personnages, surtout à l’oncle du héros dont le charadesign un brin inhabituel avec son gros ventre et sa bouille de bon vivant. J’aime beaucoup ce personnage qui essaie tant bien que mal de protéger Levius. Un autre aspect de ce dessin m’a marqué : la gestion du flou. Au de la du trait dynamique, la profondeur est rendue par un travail de la focale, exactement comme en photographie, qui induit des zones de flou là où on ne fait pas la mise au point. Je trouve ça très intéressant d’employer ce principe pour de la BD. Ca change ! L’usage des trames est également bon, bien que plus conventionnel. L’édition est nickelle : rien à redire ! D’autant que j’aime particulièrement ce format un peu agrandit qui permet une meilleure appréciation des planches. Pour le coup le choix est judicieux ! J’ai eu ce tome pour les 48h de la bd il y a déjà un moment, les édition Kana le proposant à 1€ pour quelques temps : j’aime beaucoup cette action. Je ne pense pas que j’aurais remarqué ce tome sans elle, cependant je vais maintenant me procurer la suite !
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

La menuiserie

Par Aurel
(5,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
On suit ici la fin de vie d’une menuiserie familiale aux alentours de Grenoble. Cela nous est raconté de l’intérieur : par les yeux du fils « qui ne reprendra pas la menuiserie ». Son père part à la retraite et aucune solution n’a été trouvée : pas de SCOP, pas de repreneur. Il va falloir fermer. On suit tour à tour les différents employés : ceux qui sont aigris, ceux qui rêve de la suite, chacun ayant ses raisons de ne pas reprendre l’ensemble. On découvre leurs histoires, leur intimité : celui qui passe son temps à s’occuper de ses arbres dans sa ferme, le passionné de course à pied, celui qui vient du Maroc et qui est prêt a bouger à nouveau, celui qui fait ça pour changer de commercial mais sans formation adéquate… Ils sont tous différents et vraiment crédibles, on sent la réalité des êtres qui les ont « inspirés ». Que ce soit sur les apprentissages, la transmission au sein de l’entreprise, les tensions qui sont nées avec cette fin. La force de cette famille, de sa famille, apparait doucement. La grand-mère qui a soutenue l’ensemble à la mort de son mari en trouvant toutes les solutions possible pour maintenir l’affaire à flot, le père qui a abandonné ses études d’ingénieur pour reprendre le flambeau… et les enfants qui ne s’en sentent pas les épaules, qui sont partis, qui ont fait d’autres choses de leurs vies. Il y a une sorte de tristesse dans cette fermeture, sue la perte d’un héritage humain concret qui créera un vide dans la région. Qui n’en a visiblement pas besoin ! Le dessin en noir et blanc est dynamique et efficace. Bien campé que ce soit sur les détails du métier ou sur les portraits. D’ailleurs à la fin on a une notice qui détaille bien les machines évoquées au fil du récit. Le découpage est assez classique mais efficace et permet de suivre l’ensemble facilement. Les textes écrits entre les chapitres complétaient aussi les témoignages en les détaillant, ça fonctionne bien ! On entre en empathie avec ce patron qui essai de faire ce qu’il peut, qui se déclare de gauche et qui essaie de faire au mieux pour ses ouvriers. J’adhère bien à sa vision de son travail, être un catalyseur entre clients et artisans. On voit ainsi son acceptation du pvc et de l’alu, des fenêtres toutes faites, etc. J’aime vraiment l’aspect familial et l’observation de la ruralité actuelle : ça se dépeuple parce que de fait, c’est plus simple d’aller en ville ou d’intégrer de grosses boites. J’aime cette honnêteté. L’observation est directe et semble juste, soutenue par le trait mordant de l’auteur. Il nous offre une vision réaliste du petit patron local, de l’entreprise à échelle humaine qui permet un travail de qualité bien que cher. Ce témoignage est intéressant ! parce qu’il nous parle vraiment de notre société, celle qui n’est pas « tendance » qui est simplement l’évolution historique qui meurt doucement… Un recueil historique qui nous attendrira dans quelques années. Il nous rappelle aussi que l’aventure se tente même avec un diplôme d’ingénieur et des études citadines, on peut partir reprendre la menuiserie familiale au fin fond de l’Ardèche. C’est d’ailleurs la conclusion de l’auteur.
Murmures_numériques a commenté ce livre

Alderamin on the Sky T.2

Par Bokuto Uno, Taiki Kawakami, Sou Sanba et Ryutetsu
1 commentaire au sujet de ce livre
On reprend l’histoire là où on l’avait laissée : nos héros sont à la frontière et cherchent un moyen de rentrer chez eux avec la princesse. Ils s’en sortent. Mais la n’est pas l’intérêt de ce tome ! Je pensais qu’on passerait beaucoup plus de temps avec cette intrigue de frontière. et pas du tout ! Ils rentrent dans l’Empire et reprennent leur vie. L’enjeu est sur leur récompense,sur leurs projets. On en apprend beaucoup sur Ikta (notamment sur sa famille) ce qui lui offre une vraie épaisseur. On en sait toujours très peu sur la place de la science dans cet univers, mais on en apprend plus sur le fonctionnement politique global (c’est toujours ça). Je suis agréablement surprise par cette série, j’espère que ça va continuer. Pour ce qui est des graphismes, ils sont toujours bon, sans être absolument exceptionnels, ils font l’affaire. Je tiens quand même à souligner le charadesign de l’empereur qui m’a vraiment surprise et que finalement j’aime beaucoup (#moustache) ! Sur le rabais de la jaquette l’illustrateur nous confie adorer dessiner ces personnages « très humains surtout Matthew » et je suis assez d’accord ! C’est pour cela que l’équipe fonctionnent ils sont tous humains. Encore une fois le tome se conclut sur un suspens (merci Matthew) qui me donne vraiment envie de lire le tome 3 ! Au niveau éditorial : je n’ai toujours rien à redire et vraiment, j’aime vraiment les couvertures de cette série qui mettent en avant un personnage (Chamille pour ce tome 2) tout en laissant une place en arrière plan à un second (ici Ikta). Ce principe est conservé jusqu’au tome 6 (au moins) au Japon donc aucune raison que ça change chez nous ! J’aime bien aussi les symboles de chapitrage avec une rose des vents, c’est pas compliqué mais cet vraiment sympa ! Comme d’habitude je ne regarde pas d’animés et ne lit pas de light novels, alors soyez indulgents :p
Murmures_numériques a apprécié et commenté ce livre

Désobéir

Par Frédéric Gros
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Frédéric Gros, je vous en avais déjà parlé pour Marcher, une philosophie (sorti en 2009), est prof de Philo à Sciences Po Paris. C’est dommage, j’aurais bien aimé l’avoir ! Un peu comme pour Marcher il s’agit ici d’une sorte de cours sur la désobéissance, l’ouvrage fourmille de références (heureusement les notes sont bien faites et l’explication est claire). Le tout découpé en chapitres assez courts et très articulés. En somme pour quelqu’un qui n’est pas expert de la question et qui ne tient pas à lire une vingtaine d’ouvrages sur le sujet avant d’en avoir une vision d’ensemble ce livre est une mine d’or ! En ce moment je vois passer pas mal de livres sur ce thème (mentionnons juste la parole contraire dont je parle par ici), je ne sais pas vraiment à quoi c’est du… peut-être à la nécessité criante de bouger ? C’est de ce postulat que part l’auteur : Comment faisons nous pour être si immobiles ? Pour accepter ainsi ? Les philosophes ne nous ont donc rien appris ? Finalement ce n’est pas la désobéissance qui est surprenante mais notre constance à supporter un monde qui part en vrille. L’obéissance, qui est tour à tour présentée comme un élément fondamental de la société, une aliénation ou une acceptation consciente est peut-être encore plus étudiée que son opposée. Car plus présente dans nos vies, par notre obéissance aux lois mais de façon plus insidieuse dans notre conformisme. On sent l’interrogation permanente de l’auteur nous rappellent du Reich à Antigone ce que l’obéissance donne : des bourreaux et des injustes. La paix clique mise en avant n’est pas forcément le synonyme idyllique du bonheur qu’on nous vend. Mais comment ne pas comprendre que ceux que cette paix place au plus haut de l’échelle, nous en vantent les vertus ? J’ai particulièrement apprécié les résumés qu’il nous offre, notamment de la pensée de Platon : l’écriture est si vive et légère ! On saute de Kant à Dostoïevski, de Thoreau à l’expérience de Milgram, tout ça sans que ça pose le moindre problème. Le tout avec ce qu’il faut de provocation pour réveiller le lecteur et le confronter véritablement à sa propre situation, plus efficacement (car plus contemporain) que le discours de La Boétie. Notre propre jugement est finalement le garde fou de notre comportement : pourrais-je vivre avec telle ou telle action sur la conscience ? Même en obéissant aux ordres qui me sont donnés, puis-je me pardonner mon action ? L’exemple de l’homme ayant fait les repérages pour le lancement de la bombe atomique à Hiroshima est frappant. J’ai obéis mais je ne peux le supporter : c’est MOI qui l’ai fait. Cet aspect de la réflexion m’a vraiment intéressée. Au delà de la classique accumulation de références, replacer l’individu conscient au centre me semble fondamental. Certes depuis l’école (coucou Kant) nous sommes formés à l’obéissance mais ce n’est peut-être pas la finalité absolue que cela semble être… Notre conscience (notre « bonne » conscience dirais-je) nous accompagnant également dans cette obéissance parfois nécessaire. Vivre avec soi est après tout une nécessité, autant se faciliter la cohabitation ! Le dernier chapitre m’a beaucoup plu, il résume très bien l’ouvrage Tout en reprenant l’avis réel de l’auteur, le « sourire de la pensée ». Ce n’est pas de ces ouvrages de philo qu’il faut reprendre 10 fois pour espérer parvenir à la fin (d’autant qu’il est plutôt court), C’est prenant et bien mené. Logique et rieur. Un peu dans la veine de « ceci n’est pas un manuel de philosophie » de Charles Pépin bien que ce dernier soit ouvertement plus scolaire. La simplicité d’accès de ce livre est un vrai point fort : parler philo sans devenir chiant c’est agréable ! Un ouvrage nécessaire que j’aimerais voir dans toutes les bibliothèques…
Murmures_numériques a commenté et noté ce livre

Robot sauvage

Par Peter Brown
(5,0)
1 commentaire au sujet de ce livre
Ce roman est paru il y a à peine quelques mois chez Gallimard Jeunesse. J’ai craqué quand je l’ai vu à la librairie jeunesse à coté de chez moi (il me semble également que le « Lire » de cet été en a parlé, quelque part). Son style épuré et son titre m‘ont vraiment intriguée ! L’idée d’un « robot sauvage » me parle : comment un objet aussi technologique peut retourner « à l’état sauvage » ? Peter Brown est d’habitude plus connu pour ses albums jeunesse. Mais cette fois il nous conte l’histoire de Rozzum 7134 qui, suite à un naufrage, se retrouve activée par des loutres… pour le moins surprises par leur découverte. Heureusement pour notre héroïne (car oui le robot est féminin) elle a été doté d’une intelligence artificielle lui permettant d’évoluer et de s’adapter. On la suit donc dans son évolution pour survivre dans ce monde plutôt hostile aux robots. Je trouve le jeu de pronoms véritablement intéressant : quand notre héroïne parle d’elle-même elle se genre au féminin, mais le narrateur prend souvent le masculin pour reprendre « robot ». Je ne m’étais jamais vraiment posé la question du genre d’un robot et je pense qu’en anglais le jeu serait avec le neutre, mais tous les animaux l’acceptent au féminin. Le fait de montrer aussi doucement aux enfants que c’est avant tout une question de perception de soi me plait beaucoup. Après tout, puisqu’elle n’a pas de distinction physique il n’y a aucune raison qu’elle soit masculine ! Elle s’inscrit peu à peu dans un rôle maternel : très bien ! Alors tous les animaux se lient à elle. J’aime cet appel d’espoir : quelque soit la perception qu’ils ont d’elle au départ ni ce qu’ils en pensent, quand la vie d’un petit est en jeu ils sont tous prêts à aider. Quoi de plus beau à transmettre ? Cependant les prédateurs existent et tuent, les animaux meurent, que ce soit par le froid, la faim, par accident ou que sais-je. La Nature n’est pas idéalisée et le processeur qui sert de cerveau à Roz énonce assez froidement les faits. Puisqu’elle l’accepte et ne le dramatise pas je pense qu’un enfant le prendrait également avec un certain recul. Cette vision est belle à offrir, la mort fait partie de la vie, surtout dans ces milieux sauvages où un rien peut mettre en danger l’équilibre de toutes ces vies. Si la nature a tout au long du roman cet aspect plutôt positif et doux, la « civilisation » revient avec toute la violence qui lui sied…Nous suivons par moment des animaux migrateurs qui rapportent sur l’ile les nouvelles du changement du monde extérieur, la violence humaine et le dérèglement climatique. Ce dernier se faisant ressentir jusqu’au coeur de cette enclave paisible. Rien de dramatique, encore une fois, juste le récit quotidien de la vie de ceux qui en sont victimes sans le savoir. L’écriture est assez simple mais très fluide, parfois un peu naïve ce qui lui donne une légèreté et une objectivité touchante. Les apostrophes au lecteur fonctionnent très bien et on se retrouve vite immergé dans cet univers paradisiaque (ou presque). Le livre est entièrement illustré dans un style tout à fait adorable qui accompagne à merveille l’histoire. J’ai vraiment aimé ces parenthèses, qui encadrent le texte. C’est un vrai plus pour de très jeunes lecteurs qu’un livre aussi épais pourraient rebuter. Je le conseille vraiment à tous les enfants : j’y vois un très bon moyen de prendre confiance en ses capacités de lecteurs. L’objet en lui-même est agréable avec ses rabats. Il s’agit d’une version ultra contemporaine de Robinson Crusoe qui a su me convaincre à 100%, en un mot c’est un roman grave tout en douceur ! Un merveilleu cadeau pour tous les petits oisons qui vous entourent !
Murmures_numériques a apprécié et commenté ce livre

L'assassin royal T.2 : L'assassin du roi

Par Robin Hobb
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Nous retrouvons donc Fitz à son retour à Castelerf. L_Assassin_du_roi_L_Assassin_royal_tome_2.jpgOn suit son rétablissement et sa réinstallation. On suit aussi de près l’évolution de la nouvelle reine servante : ce qui est très intéressant ! La politique se déploie avec son cortège d’intrigue de cour. On sent que Fitz en a de plus en plus les clés tandis qu’il les explique à Kettricken. Elle est touchante de bout en bout, toute jeune, à tenter coute que coute d’être la meilleure possible pour son peuple alors que tout le système monarchique l’empêche de faire ce qu’elle veut. Notre héros s’affirme plus : il commence à mettre en doute les ordres qu’il reçoit, et à les questionner publiquement. Sa vie personnelle prend également plus d’importance (normal vu qu’il grandit) ce qui lui donne un peu plus d’épaisseur. Plus largement les personnages principaux, comme Vérité, le Fou ou le maitre des écuries, gagnent en humanité. Ce qui est de bonne augure pour la suite ! Ce tome est aussi passionnant que le premier ! J’étais vraiment contente de plonger dedans ! même si le temps écoulé entre ces deux lectures m’a fait du bien je pense que je n’aurai pas le courage de les enchainer. Le style de l’auteur est très fluide et colle bien à cet univers même s’il n’est pas exceptionnel. On voit le Forgisés qui errent dans les villes et on sent la peur des habitants.
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Personne ne gagne

Par Jack BLACK et Thomas Vinau
(4,5)
2 personnes apprécient ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Vous cherchez un bon roman de cowboys ? Ou plutôt : vous voulez un bon bouquin ? Parce que j’en ai trouvé un ! YOUPI arton19453-50bb6-1Personne ne gagne nous raconte l’histoire de Jack Black, un cambrioleur devenu reporter (pour faire court, parce que ce serait vraiment dommage de faire un récit détaillé de l’histoire !). On le suit de son enfance à la fin de sa carrière de bandit de 1890 à 1910 à peu près. On est immergé dans la poussière et la chaleur quand il va au sud, dans le grand froid quand il passe au Canada, on plonge et on le suit. Il y a un véritable plaisir à errer sur les route et dans les trains. On traine avec lui dans les prisons, pénitenciers, on rencontre bons et mauvais flics, mauvais traitements et rudesse des hommes. Passages aussi sombres que ceux sur la route sont solaires et heureux. Je ne suis pas particulièrement familière de cet univers de bandits, je n’ai jamais été fan de western ni particulièrement intéressée par la littérature américaine. Pourtant la lucidité du héros m’a beaucoup touchée il le dit lui même ce n’est pas une bonne idée. C’est même plutôt l’enfer comme vie, et ça ne va pas aller en s’arrangeant. C’est atrocement dur et violent, mais c’était SON choix, et ce sont ses décisions qu’il nous raconte. Le tout enrobé dans une plume honnête, parfois un peu crue, mais prenante, simple et fluide. On voit bien ce qui l’entoure : on est dans sa tête pour visualiser ses souvenirs (qu’il est conscient d’avoir modifié avec le temps). L’introspection est excellente ! Ce roman est quasiment dépourvu de femmes, la seule qui a un véritable rôle est Mary, elle est forte, droite et juste. Elle assure et sauve la peau des uns et des autres : elle est toujours là pour tout un chacun. Elle déchire ! Comme la plupart des personnages elle a sa part de mystère et d’irrationnel, ses rapports avec les autres protagonistes sont évoqués, mais en douceur. Tout ce petit monde se croise, noue des liens, se déçoit ou se trahit, parfois brille et se rachète une conduite. Ils sont humains, profondément : ils font des erreurs, ils font surtout ce qu’ils peuvent. De bout en bout on entr’aperçoit les passifs de tout ces « hobos », et peu d’entre eux sont joyeux ! Pourtant l’auteur évite avec brillo l’écueil du tire-larme, ce sont des « bad guys » quelque soit leurs parcours ça ne change rien, ne légitime rien, et ne les excuse en rien. On a un brin de moral, quand ils peuvent ils braquent les gens assurés, ou très riches, pas les simples ouvriers qui galèrent autant qu’eux… Quand ils peuvent. Un autre petit point qui m’a touchée c’est la fascination du protagoniste pour les romans d’aventure/de cowboys, il nous en parle quand il parle de son enfance : il en est tombé amoureux et s’en est nourri. Au point de plonger à son tour dans cet univers ! C’est brillant ! La lecture ponctue son évolution : il retrouve les livres en prison, et comme il y passe souvent il en profite. Ce livre est paru chez Toussaint Louverture en 2017, et qu’est ce que j’aime cette maison ! A la base je me suis offert ce livre pour son édition : la jaquette est travaillée à l’argent, la couverture est très épurée comme toutes celles de la collection des « grands animaux » qui rassurent monsieur Toussaint Louverture et nous offre un merveilleux écrin pour ce texte superbe. Je vais pas tarder à lire l’autre volume de cette collection : « et quelquefois j’ai comme une grande idée » de Ken Kesey, qui, lui, est doré à l’or rouge. La sobriété de cette collection, élégante, s’étend au corps du texte qui offre un rythme de lecture vraiment agréable, nous poussant à prendre notre temps sans nous ralentir outre mesure : c’est génial ! Bon j’ai un peu peur du coté kitsch que l’étagère bariolée de cette maison donnera a ma bibliothèque, mais j’ai le temps de voir venir.
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Article 353 du Code pénal

Par Tanguy Viel
(3,8)
4 personnes apprécient ce livre
3 commentaires au sujet de ce livre
Je n’attendais RIEN de ce roman, Le titre ne m’attirait pas vraiment, pas plus que la couverture blanche de chez Minuit. J’avais pas vraiment envie de le lire, mais bon on me l’avait conseillé… Et puis c’était un coup de coeur de mon libraire, alors je me suis dit que j’allais m’y mettre.. ET WAW. C’est bon, ça fait du bien que la littérature contemporaine s’élève comme ça ! On suit un meurtrier (no spoil c’est dans les premières pages) qui raconte au juge pourquoi il a tué un homme. Il nous raconte toute sa région : comment l’économie avance, comment les gens sont broyés… Il parle doucement, franchement, honnêtement, de ces gens du quotidien : les pêcheurs, les commerçants, les ouvriers… Nombre d’entre vous connaissent l’histoire, je vais passer en vitesse. Ce roman a gagné mon coeur en parlant du Finistère nord : on est dans le Glaz, le bleu de la mer, le gris partout, le sel et le vent fou. Les bateaux qui claquent sur les quais et les chantiers qui ferment., ici l’arsenal de Brest Les gens, on les reconnait, ils pourraient être mes oncles, mes cousins. Erwan aurait pu être mon frère. J’étais comme un poisson dans l’eau dans ce monde qui est si proche du mien. Tout le livre est composé « comme le protagoniste parle », on retrouve son ton un peu bourru, terre à terre et pas toujours très raffiné, ses élans poétiques d’observateur de la côte, d’amoureux de son rocher. Ce phrasé nous accompagne à merveille dans cette « embrouille », parce qu’au final notre héros il « s’est fait avoir en beauté ». Viel est parfaitement éloquent : la tension est palpable, on suit cette vérité, la force de ce « témoignage », j’ai été scotchée ! La parole s’enroule autour des liens complexes qui unissent tout ce petit monde. Le tout est tellement humain ! Ca frappe juste, ça touche où ça fait mal, nous laissant sonné comme après une course en plein vent. L’incipit sonne un peu comme l’Etranger de Camus, tout semble être arrivé « parce que », mais la suite détricote l’absurde de ce destin brisé : personne n’est mort par hasard. Personne n’a agi à cause du temps ou par désoeuvrement. J’aime follement ce retournement : l’absurde de l’existence est vaincu. On s’oriente sur une réflexion sur le droit : à quel moment l’individu peut se faire justice ? Quand (et si) les lois n’empêchent pas quelqu’un de pourrir la vie d’une communauté, que faire ? On a bien sur la version du meurtrier, mais on a également la réponse de son fils, et celle du maire, toutes trois très différentes, mais toutes extrêmes. Comment ne pas penser à l’Agamemnon d’Eschyle ? Ici aussi un père est pris dans la tourmente entre bien commun et survie familiale. J’adore ces textes ludiques nous offrant de belles réflexions de droit commun. Mal/heureusement on sait la vérité de ces situations : ces villages appauvris par la fermeture de chantiers qui deviennent le jouet de projets « ambitieux » mais pas toujours très honnêtement menés… Qu’un appel d’une telle force se cache dans les propos d’un homme banal c’est un tour de force ! Notre belle Bretagne victime du chômage nous offre toujours des beaux humains. C’est toujours ça. « C’est toujours une certaine forme d’ignorance qui produit des pensées neuves. » Tanguy Viel
2 commentaires plus anciens
Murmures_numériques a apprécié, commenté et noté ce livre

Le cénotaphe de Newton

Par Dominique PAGNIER
(4,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
On est à l’est. Quelque part où la neige tombe sur des destins héroïques qui tournent mal. On plonge avec le narrateur dans un monde disparu depuis peu mais repoussé aux confins des mémoires, rejeté. Il parcourt les dossiers de la Stasi racontant la vie d’une famille d’architectes, d’artistes de théâtre, de révolutionnaires, la famille de sa Belle-Mère viennoise. On le suit de l’un à l’autre, déroulant la toile de ces destins qui finissent par fusionner dans une profusion de symboles. L’écriture boucle : nous ramène inlassablement aux étranges pissenlits russes, à une carte de tarot…Refrains des existences successives, qui les confond en une mélopée tragique. C’est infiniment le combat pour des idéaux qui prennent les Arius au coeur, combat pour les femmes, combat pour la liberté, toujours contre quelque chose, l’ennemi désigné, officiel, qu’il faut détruire, faire disparaitre du monde. L’écriture se déploie pour revenir enserrer la petite dernière de la famille dont le destin se brise dans un hurlement punk au pied du mur. Une famille marquée par l’obsession pour un bâtiment utopique qu’ils ne parviennent pas à construire, sphérique comme ce microcosme où tout le monde est interconnecté. Elle s’enroule autour de l’écriture blanche des rapport de Götz, agent mis sur le dos d’Arius. La laissant parfois apparaitre pour en reprendre les évènements peu après, les tisser avec les autres, mélangeant les sources et nous emportant confusément au-delà ce qui pu jamais être retranscrit : les sensations, les odeurs, les lumières… On s’immerge dans un univers délicieusement étranger : raide et presque froid dans ses lumières ternes, qui pourtant se teinte des réceptions viennoises, des soirées d’avant guerre, de rendez-vous secrets au petit jour ou de diner de gala. Les verts profonds des parcs, les folies des châteaux, juxtaposés aux rigueurs des constructions soviétiques : pas étonnant que notre architecte de narrateur soit ému ! J’ai été particulièrement touchée par cet imaginaire de l’Est lointain, ce monde de neige qui se niche au coeur de la Russie, où l’on entr’aperçoit des princesses sous des palais à bulbes dorés, perdus dans les steppes. Comme les destinées se brouillent pour former une immense mélopée, les paysages se rejoignent en un tableaux unique. Tout est musique : Schubert qui crée un premier drame, et le punk qui libère enfin l’énergie de la jeunesse est allemande. Cri de vie qui leur permet de vivre « sans avenir » dans des immeubles abandonnés, en rêvant d’autre chose que de la grisaille berlinoise. Après tout le cénotaphe de Boullet dont il est tant question permet une valse ronde et infinie… Comment ne pas penser à Austerlitz, où Sebald nous pose de même une existence, unique cette fois, qui dérive dans le même univers ? Plus terne cependant, sans la fulgurante artistique des obsessions familiales, ce roman ne m’a pas laissé le goût fort de celui-ci…
Suggestions de lectures pour Murmures_numériques

Voici des recommandations de livres personnalisées pour Murmures_numériques.

Par Paolo COGNETTI et Anita Rochedy
Éditeur Le Livre de Poche
Collection Le livre de poche
Paru le 27 septembre 2018
Par Rose-Aimée Automne T. Morin et Mathilde Corbeil
Éditeur Stanké
Paru le 11 février 2019