Activités de Murmures_numériques

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Une toile large comme le monde

Par Aude SEIGNE
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FLIN est un câble. Il traverse l’océan pour relier l’Europe et l’Amérique. Il relie donc tous nos protagonistes (qui sont nombreux !) et leur permet d’échanger. Les personnages nous prêtent tour à tour leur vie : on les suit dans leur cheminement avec Internet, ceux pour qui c’est un métier, ceux pour qui c’est une habitude, ceux qui le combattent. Ils gravitent dans un monde où la connexion est omniprésente, comme nous tous en fait. Cependant rapidement la chute commence : ils n’en peuvent plus, entre angoisse sociale, vacuité, pollution et burn out. La joie. La décision est finalement logique même si elle démarre un peu par hasard et un peu comme une blague. Les histoires personnelles se retrouvent grâce au réseau et fusionnent bien, j’aime ce moment d’union ! L’énergie déployée est folle, ils créent de l’espoir, je trouve ça superbe ! J’adorerais vous parler de la fin qui bien que « dramatique » m’a beaucoup plu !… Mais je vais me retenir ? Les problématiques d’identité sont assez bien vues : qui sommes-nous en dehors des réseaux ? Nous servent-ils ou est-ce nous qui les servons ? Comment ? Pourquoi ? Quel lien avons-nous avec ceux qui nous entourent ? J’ai beaucoup de tendresse pour certains personnages : Le libraire par exemple, sa passion pour les livres, sa débrouillardise instinctive, il est très attachant ! Comme la développeuse qui a construit son mode de vie presque autarcique, lui permettant de faire tout ce qu’elle veut dans ses journées, qui finalement s’ouvre par le choix militant qu’elle fait, même si elle a peur, même si c’est dur, elle accepte le monde et sort de sa bulle (enfin un peu). Le style ultra fluide est excellent : j’ai eu un vrai plaisir à me laisser porter, à suivre ces câbles et ces gens.
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Une toile large comme le monde

Par Aude SEIGNE

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Une toile large comme le monde

Par Aude SEIGNE

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Retour au Pays

Par Robin Hobb
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Ce court roman prend place dans un passé reculé, avant « l’assassin royal », avant « les aventuriers de la mer », mais dans le même univers. On suit un groupe d’expatriés qui colonise un marais inquiétant et pleins de bestioles. Tout est dangereux et menaçant pour ces citadins : même entre eux, ils sont incapables de s’entendre ! Alors quand une chasse au trésor dans une contrée abandonnée et habitée de fantômes, de réminiscence et de folie s’y ajoute… on est surpris que ça ne tourne pas plus mal ! On suit principalement une jeune femme, une jeune mère, qui essaie de mettre en ordre tout ce petit monde… L’écriture de Robin Hobb enrobe cette aventure de survie à merveille et les 100 pages de ce carnet de bord passent à grande vitesse. Je me suis vraiment attachée à cette femme qui progresse autant qu’elle peut (aussi vite qu’elle peut), qui se donne malgré ses réticences, qui s’abandonne à ce nouveau monde alors qu’elle est condamnée à cause de son mari qui lui devient de plus en plus imbuvable. Tout le roman est soutenu par les forces féminines de la communauté. Paru comme les autres volumes de cet univers chez J’ai lu, originellement publié comme nouvelle dans un recueil rassemblant de nombreux auteurs.
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Retour au Pays

Par Robin Hobb

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Watership Down

Par Richard ADAMS
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Des lapins qui discutent politique, je trouve l’idée géniale. De garenne en garenne, ils fuient et explorent pour fonder leur propre système : trop autoritaire ici, trop entre soi ailleurs… Ils vont et viennent à travers la campagne anglaise au gré d’un oracle bondissant. Chaque communauté lapine a son propre gouvernement et ses propres lois, proche souvent de la dictature, sauf pour ceux qui sont élevés « hors sol » par une petite fille. La violence est au premier plan : généralement le pouvoir tient grâce à elle, et s’équilibre souvent dans la crainte de l’Homme qui chasse, lâche ses chiens et terrifie les lapereaux. Qu’ils s’associent à d’autres animaux ou qu’ils se retrouvent pour panser leurs blessures, nos héros sont des condensés d’humanité (surprenant pour des rongeurs !). Ils ont même une sorte d’Espéranto, une « langue commune » qui leur permet de communiquer avec les mulots et les oiseaux. Seuls les hommes n’y comprennent rien et n’y répondent que par la violence… Ce roman est à la fois une merveilleuse aventure et un cours de socio-politique, à mettre dans les mains de tous les jeunes lecteurs ! Enfin pas trop jeunes car le texte est long et parfois dur. Les enjeux sont réels et parfois les protagonistes meurent. Il n’y a alors que la peine et l’oubli : as de retournement du sort, juste la force d’avancer quand même, puisque la nature est ainsi faite. Une version enfantine du Prince, parfaitement menée. La critique est enchâssée de légendes contées par les Lapins eux-mêmes pour qui le Conteur est fondamental (coucou Benjamin !) qui ponctuent leur progression : quand ils ont peur, quand ils ont froid, quand ils sont heureux d’être ensemble. Ils se racontent des fables comme les aventures du Lapin Originel Shraavilsha, ou les leurs propres, jusqu’à ce qu’elles se rejoignent. J’aime énormément que le tissage des différentes traditions soit ainsi montré : la culture de cette colonie se crée peu à peu sous nos yeux au fur et à mesure que Dandelion raconte aux nouveaux venus ses histoires. Pour ce qui est de l’édition, une fois encore Monsieur Toussaint Louverture est un génie. Tout est en place : le gris est bien géré et ne se fait pas trop lourd malgré la quantité de texte, la couverture texturée est très agréable en main et son illustration très graphique fonctionne à merveille, le grand format est un plaisir. Le colophon final est un vrai cadeau de passionné, cette fois encore, c’est moi qui vous remercie Monsieur !
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Watership Down

Par Richard ADAMS

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Plouk Town

Par Jacques Roubaud et Ian Monk
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Monologue poétiquement glauque, absurdement trash. On suit la vie d’une communauté du Nord de la France où débarque un Anglais, probablement l’auteur lui-même, et qui mêle pauvreté, bêtise et violence inutile. Il n’y a aucune tendresse pour ces gens puants et veules. Est-ce vraiment une observation de la France profonde ? Une étude ? Ou plutôt une plongée (en apnée ayons pitié) ? Il n’y a pas une miette de tendresse dans ce regard, contrairement à « Un Gérard en Occident » qui pourtant aborde exactement le même thème. On est face à une poésie du dégoût contemporain : rien dans cette société ne mérite une esthétisation quelconque. Vulgarité, alcool, tristesse, solitude et crasse. Le tout transpire le misérabilisme. Et le pathos, un peu.
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L'éclipse du savoir

Par Lindsay Waters
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Ce court essai réfléchit sur le monde de l’édition universitaire. Comme le développait Schiffrin, les grands groupes ont la mainmise sur beaucoup de revues et de maisons d’édition numérique, ce qui cause énormément de problèmes. Entre autres on peut se souvenir : Que le fait de dépendre profondément du chiffre d’affaire impose un certain type d’articles, et l’abandon de pans entiers de la recherche ; Que ça implique un rythme de production élevé ; Que les abonnements aux revues scientifiques coûtent de plus en plus cher, ce qui ruine les bibliothèques… La qualité baisse mécaniquement comme l’accès à ces ressources. L’auteure avoue sa passion pour les livres papiers, « plus que les humains peut-être » dit-elle, et en tant qu’éditrice elle tient à ce média comme support de la culture et à sa diffusion. Même si ça coûte cher, même s’ils sont un gouffre pour les étudiants, autant financièrement que pour leur espace vital. Je tiens à noter le titre du premier chapitre « les barbares sont à nos portes » : les barbares étant les financiers qui pullulent (polluent ?) dans le monde de l’édition, et surtout à leur tête. Cette formulation m’a bien plu. Ce texte est court et percutant, touchant et cultivé. Il est paru chez Allia en version poche, ce qui le rend très accessible : et ça c’est positif ! Parce que les textes universitaires devraient être bien plus proches de nous… et pas seulement entre nos menottes d’étudiants.
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L'éclipse du savoir

Par Lindsay Waters

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L'éclipse du savoir

Par Lindsay Waters

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Cendorine et les dragons

Par Patricia C. Wrede et Yves Besnier
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J’aimais Camomille et puis j’ai grandi (un peu) (ça arrive) J’ai donc appris à lire. Ma maman (encore elle ! à croire que tout est de sa faute haha) (Désolée maman) m’offrait des « premiers romans » dont celui-ci. Une princesse s’ennuie et refuse de se marier : elle a autre chose à faire ! Elle se sent brimée par le système royal et s’enfuit chez les dragons : pour être « princesse captive volontaire ». J’adore cette idée ! Elle choisit son destin. Cela lui semble impossible et pourtant elle le fait, à la mesure de sa force et de ses erreurs. Elle se rend utile, elle apprend, elle change sa vision du monde. Elle envoie promener les princes qui veulent la sauver et leur indique d’autres princesses, elle devient pote avec les sorcières et combat les méchants. Une héroïne, une vraie ! Je m’identifiais beaucoup (comme dans « Cœur d’encre » que j’ai lu un peu plus tard)… surtout au moment où elle devient, rôle parfait, rôle génial, rôle de la joie : BIBLIOTHECAIRE des dragons ! C’est valorisé, de bout en bout dans ce roman. Ça fait plaisir de voir ces figures comme des héroïnes : être bibliothécaire, c’était dans mes possibles ! La réécriture du conte est top: on ne suit pas le prince, les dragons sont gentils et le « mal » vient d’autres humains. Cette vue est plus contemporaine et en tout cas me plaît beaucoup ! Mes premières lectures étaient très féministes, sans que je l’ai choisi ; j’ai eu la chance d’être imprégnée d’idées formidables (et nécessaires pour une fillette).