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La terre qui penche

Par Carole Martinez
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Ce livre est beau comme une peinture. Trop beau, certains diront. On se met à fixer les mots plus que l'histoire. Mes passages préférés? Ceux de la Dame Verte (mes 5 étoiles vont à elle). L'un des portraits les plus réussis que j'ai lue d'une créature surnaturelle. J'aime ma magie réaliste. J'ai apprécié que l'autrice nous fasse douter ses origines. A-t-elle vraiment les cheveux verts sous son foulard ou est-elle une recluse qui habite la forêt? Et puis, il ne s'agit pas une simple illustration romancée et naïve d'un esprit de la nature. Elle est belle comme la rivière à laquelle elle est liée, oui, mais sans merci, comme la rivière l'est aussi. Elle a un mauvais tempérament, elle s'agace facilement. Les humains sont pour elle des insectes qui vivent et meurent pendant un court été de son immortalité. Tiens, goûtes-y un peu: « — Moi, il paraît que j'étais un petit monstre, quand je suis née. — Qui t'a dit ça? s'offusque la Dame. — Guillemette, la cuisinière. — Celle-là m'en veut encore d'avoir noyé l'une de ses filles! s'agace-t-elle soudain. S'ils s'imaginent que c'est simple d'être une rivière et de s'emporter sans le vouloir! Je suis une eau sauvage, soumise à ses humeurs. Ils disent que j'aime ça, voler les petits des autres, mais je ne suis pas l'ogresse qu'ils croient. C'est à eux de surveiller leurs enfants! Je suis une tentation, car je suis vivante et profonde. Je dissous tout, même le ciel immense que je mets à portée de leurs mignonnes mains. Ils se laissent prendre à la féérie des reflets, ils aiment voir dans les lumières sur ma peau. Est-ce ma faute si je brille de mille feux, si je suis pleine de poissons, si je suis un miroir où l'on peut se plonger et si je porte leurs petits visages sur mon dos? » « Cette mère-là me submerge d'amour et je ne respire plus. Cette mère-là exige tant qu'elle m'étouffe, qu'elle me prend dans sa toile, qu'elle me noie, que son amour dément me vampirise, me submerge, m'anéantit. ... L'eau a pris une couleur de lait qui m'écœure, elle s'est épaissie pour mieux m'engluer. Elle rugit son amour et je m'en veux tellement de ne pas être capable de tout accepter. » blogue: les.fleursbleues.com
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La terre qui penche

Par Carole Martinez

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