Élaine B.
Intérêts littéraires : Biographies, Littérature, Voyages, Psychologie

Activités de Élaine B.

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La douleur

Par Marguerite Duras et Agnès Verlet
(4,0)
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La peur viscérale et son corollaire, la douleur : avril 1945, Marguerite Duras attend des nouvelles de son mari Robert, déporté en 1944 vers un camp de concentration en Allemagne. La libération de ces camps sidère le monde et sème la consternation chez les épouses des prisonniers. Dans son journal, Duras rend compte de l’immense souffrance entourant le retour de ceux qui ont survécu à l’horreur, eux-mêmes changés à jamais. En premier lieu, je voulais lire le récit de Robert Antelme, L’espèce humaine, mais ne le trouvant pas sur les rayons de la bibliothèque municipale, je me suis tournée vers La Douleur, un recueil de textes écrits par Marguerite Duras sur sa participation à la Résistance au cœur de Paris. J’en ai vu des films sur la Seconde Guerre mondiale, mais ces courts récits de Duras montrent comme jamais tout le poids de la charge du résistant, évoluant au milieu de l’occupant nazi, côtoyant quotidiennement la trahison, la crainte d’être pris ou de donner des noms sous la torture. Une lecture mémorable, ancrée dans un réalisme cruel et poignant, au plus près de la vérité.
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La tristesse des éléphants

Par Jodi Picoult
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J’avais bien aimé Mille petits riens de Jodi Picoult et j’ai voulu récidiver avec un autre de ses romans. On m’a suggéré La tristesse des éléphants, un beau titre. Jenna, treize ans, souhaite retrouver sa mère Alice, disparue depuis dix ans sans laisser de traces. Contre l’avis de sa grand-mère, elle entreprend des recherches auprès d’une voyante excentrique bien nommée Serenity et d’un ex-policier Virgil, vaguement alcoolo et brouillon. L’intrigue est bien menée et chaque personnage porte tour à tour la narration, conférant ainsi au récit une dimension élargie des événements. En revanche, comme chaque chapitre a sa voix, la lecture manque de fluidité et on doit se référer souvent au début pour savoir qui parle. Les apartés sur les éléphants sont ce qu’il y a de plus intéressant dans ce roman qui verse dans le paranormal, rappelant le style et le propos du film de M. Night Shyamalan, Le Sixième Sens. Trois étoiles pour tout ce qui touche à l’étude des pachydermes, mais un gros bémol pour la conclusion tirée par les cheveux.
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Le goût du Goncourt

Par Luc Mercure
(4,0)
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Luc Mercure, à 19 ans, réalise son rêve de rencontrer son idole en littérature, Yves Navarre qui, deux ans plus tôt, a reçu le prix Goncourt pour son roman Le Jardin d’Acclimatation. Fin août 1982 donc, à la faveur d’un voyage en France avec son groupe de danse folklorique, Luc décide de prolonger son séjour et file en Provence, plus spécifiquement à Lioux, petit village pittoresque où réside Navarre. Une visite impromptue, un coup de tête, Luc connaissant l’adresse de l’écrivain suivant un retour d’une lettre d’admiration envoyée auparavant. Un simple croquis des environs dessiné à main levée par Navarre suffit à l’admirateur pour se décider. Le contact entre les deux hommes advient, mais ce qui se passe ensuite n’est pas à la hauteur de ce que s’imaginait Luc Mercure. D’où ce court récit autobiographique, retour en arrière de plus de trente ans, pour tenter de comprendre la genèse de cet événement fondateur dans la vie du jeune Mercure. L’écriture, de toute évidence, libère même si elle ne guérit pas tout. L’ouvrage mérite le détour pour la charge émotive qu’il véhicule, le fracas de ces idéaux de jeunesse sur la banale réalité. Et Le Goût du Goncourt me donne aussi le goût de revisiter l’œuvre de cet auteur que j’avais effacé de ma mémoire.
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À douze pieds de Mark Twain : cabotinerie

Par Victor-Lévy Beaulieu
(3,0)
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J’aime beaucoup ces biographies dans lesquelles l’auteur se transpose dans son sujet, se mouille en quelque sorte, et ose se révéler tout en racontant la vie d’un tiers. Comme Alexis Jenni l’a fait avec le naturaliste John Muir, Victor-Lévy Beaulieu s’implique personnellement dans le fil de son récit biographique sur l’écrivain américain Mark Twain. Sur une promesse qu’il avait faite jadis à son ami poète, VLB entreprend donc de raconter le parcours étonnant de Samuel Clemens né à Florida, Missouri en 1835 au sein d’une famille plutôt modeste, sans réel attachement à la littérature, mais qui croyait au grand rêve américain : devenir riche sans trop faire d’efforts. Les débuts de Twain en tant que journaliste s’entrecroisent à ceux de Victor-Lévy Beaulieu, lui-même issu d’un milieu pauvre et peu éduqué, et qui devient pigiste pour des magazines et de petits quotidiens dans les années 1960. Beaulieu a alors lu plusieurs ouvrages de Twain et croit y avoir trouvé sa voix/voie dans l’écriture de ses textes, ou à tout le moins son inspiration. La verve de VLB fait toujours son effet : c’est vivant, bien rendu et fouillé. Basé en grande partie sur l’autobiographie de Twain dictée à la fin de sa vie et qui ne devait être publiée que cent ans après sa mort, le livre souffre, en revanche, de multiples répétitions qui alourdissent la lecture. Je continue ma lancée sur cet auteur redécouvert il y a peu et mon prochain choix ira pour son essai sur Jack Kérouac.
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Donbass

Par Benoît Vitkine
(4,0)
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« (…) se sentait-on russe ou ukrainien? Monde slave autoritaire ou Occident décadent? Oligarques aux commandes ou gay prides sur les boulevards? La haine était au coin de la rue, dans chaque cage d’escalier; on formulait ses réponses avec de plus en plus de prudence. (…) On avait cessé de se disputer puisque seules les bombes étaient capables de se faire entendre. On n’espérait plus que la survie. » Lorsque j’ai vu passer Donbass de Benoît Vitkine sur mon fil d’actualités, je n’ai pas hésité à le placer dans ma PAL, peu importe les critiques, quoiqu’elles étaient unanimement favorables. Par incompréhension de ce qui se passe en Ukraine et par souci de m’immerger dans ces lieux étrangers et dans les pensées de ceux qui y vivent, j’ai ouvert ce roman dans l’espoir de mieux comprendre. Printemps 2018 : sur fond d’une enquête criminelle impliquant le meurtre sadique d’enfants, un chef de police, ex-militaire ayant servi l’ex-URSS en Afghanistan, s’interroge sur l’avenir de ses concitoyens dans un pays déchiré par les revendications politiques des séparatistes du Donbass qui n’ont cessé d’amplifier depuis le conflit russo-ukrainien de 2014. Avec lui, on parcourt les rues de sa ville, souvent désertées par les alertes aux bombardements, on entre dans les bars où les hommes se saoulent pour oublier, on vit le quotidien des vieilles grands-mères qui ont la garde de leurs petits-enfants déplacés et on se retrouve dans la tête abîmée de ces vétérans de l’armée, marqués à jamais par ce qu’ils ont fait et vu. Un roman policier qui dépasse son intrigue, démontrant surtout les ravages causés par la banalisation de la guerre, alors qu’on y voit des hommes qui la justifient et en tirent une sorte de glorification, d’autres qui, en retrait, en récoltent les bénéfices et la majorité qui souffre en silence, résignée. J’ai eu le réflexe de placer ce titre dans ma liste Grande Noirceur, mais me suis ravisée avec la fin qui laisse quand même place à un peu d’espoir.
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Brûlant était le regard de Picasso

Par Eugène Ébodé
(3,0)
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Eugène Ebodé raconte la vie de Mado Hammar née en 1936 d’un père suédois et d’une mère camerounaise à une époque où le système colonialiste européen vivait son ultime apogée sur le sol africain. Autour de cette fillette, qu’on séparera très tôt de sa mère Monica, un couple français résidant à Edéa, Jacques et Hélène Boissont, l’adopte afin de libérer de ses responsabilités parentales Gösta Hammar, retourné en Suède durant la Seconde Guerre Mondiale. Mado sera finalement éduquée dans un pensionnat catholique de Perpignan et habitera toute sa vie cette région des Pyrénées-Orientales, y prenant mari et pays, mais ayant toujours en tête de retrouver sa mère biologique dont on l’a tenue éloignée de façon délibérée. Une quête permanente logée profondément au sein de sa propre famille et de ses activités communautaires en vue de faire rayonner les artistes-peintres de Céret et leurs œuvres. Le parcours de cette femme est fort intéressant car inscrit dans les grands moments de l’Histoire du XXe siècle et de l’avenir du continent africain au seuil de l’indépendance de ses états. Cependant, Eugène Ebodé s’éparpille par moments dans des considérations plus terre à terre, cassant de ce fait le rythme de son récit. Le regard de Picasso s’est peut-être attardé mais sa présence dans le roman y demeure fugitive.
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Leur domaine

Par Jo Nesbo et Céline Romand-Monnier
(4,0)
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Attention, sérieux risques de dérapage sur les routes verglacées d’Os, Norvège : pneus d’hiver essentiels! Jo Nesbø assure grandement dans ce roman psycho-policier dans lequel deux frères, Roy et Carl Opgard, brisent les tabous et transgressent toutes les lois. « Nous avions traversé une frontière et nous étions revenus; on ne pouvait pas se rendre là où nous nous étions rendus sans être changés. » C’est Roy, l’aîné, qui raconte. Une enfance et une adolescence sous le joug d’un père rigide et sévère et sous le regard fuyant d’une mère installée dans l’abdication. Complètent le décor, une ferme familiale isolée en montagne, une communauté rurale où tous les habitants se connaissent et dont les histoires passées et les inimitiés refont surface peu à peu . Une intrigue magistralement orchestrée dans laquelle j’ai embarqué dès les premiers mots. L’auteur a réussi à donner une voix particulière au narrateur qui charme et horrifie en même temps tout le long du récit. Cette voix accroche et écorche. Elle est la force du roman. Chapeau bas M. Nesbø!
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La familia grande

Par Camille Kouchner
(3,66)
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Crépitements de flashs photos : Camille Kouchner ouvre l’album de sa « familia grande », une famille élargie, confort bourgeois et intellectualisme de bon aloi : grands-parents divorcés, parents divorcés, beau-père, belle-mère, enfants adoptés, tantes et oncles, cousins et cousines, tout plein d’amis. Une série de prénoms défilent, sur certains on s’étend un peu plus. J’entends déjà mon chéri me dire : encore du grattage de bobos! Quel en est l’intérêt? Une pulsion bienfaitrice pour elle de coucher sur le papier ses états d’âme, mais qu’en est-il de la nécessité de publier ce genre de texte? Je m’interroge encore après ma lecture durant laquelle j’ai ressenti malaises et inconfort. Une écriture télégraphique de laquelle émane froideur et distanciation pour décrire ce qui se passe dans le creuset d’une famille dont ses membres se prévalent d’une liberté tous azimuts, au quotidien et de surcroît, dans les gestes familiers et les pensées les plus intimes. Des bizarreries qui deviennent la norme, des enfants qui doivent s’y soumettre dans le plus grand secret, pour protéger des adultes insouciants et désinvoltes. Un déversement d’émotions longtemps refoulées constitue l’essentiel du récit, hanté de désamour et de désaveu. Un ouvrage positionné de façon inconfortable, entre voyeurisme et exhibitionnisme.
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Sainte-Souleur : Récits du presque pays

Par François Racine
(3,5)
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Seconde incursion dans la série des récits du presque pays imaginés par François Racine, Sainte-Souleur débute avec la légende de la Corriveau (Marie-Josephte), la célèbre meurtrière de plusieurs maris qui, après la conquête de la Nouvelle-France par les Anglais, a été pendue pour ses crimes et son cadavre encagé à la vue de tous dans son village de Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy. Les autres nouvelles s’inscrivent autant dans l’histoire ancienne du Québec (révolte des Patriotes de 1837-1838, l’exode des Canadiens français aux Etats-Unis entre 1840 et 1930) que dans le Québec moderne (le catastrophique glissement de terrain à Saint-Jean-Vianney en 1971). Certaines sont étonnantes, entre autres, celle qui pastiche le roman Cinquante nuances de gris ou celle de l’étudiant en littérature, descendant de l’homme fort Louis Cyr, qui, lors de sa résidence à Lowell (Massachussets), finit par se prendre pour son sujet, l’écrivain Jack Kerouac, écumant les bars du coin en jouant au matamore. Dans l’ensemble, Sainte-Souleur demeure dans la lignée du recueil éclectique qui tire justement son intérêt de cette diversité dans les récits.
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Fin seul

Par Raymond Cloutier
(3,5)
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« D’une valise chargée d’excès dès les premiers pas, j’ai voulu tirer une trame en même temps vraie et en même temps fictive, réelle mais enrobée d’inventions crédibles, toujours soutenue par des faits vécus. » Raymond Cloutier, comédien québécois né en 1944, raconte ici les étapes d’une enfance bousculée par les fantaisies parentales, les soubresauts de l’adolescence et les questionnements du jeune adulte. Son père désinvolte face à ses responsabilités familiales, sa mère d’humeur inégale, accrochée à l’alcool et aux pilules, sont incapables de l’encadrer efficacement et de l’épauler dans ses doutes. « Durant tout le parcours, c’est fin seul que j’ai dû trouver mes refuges. » Une misère affective qu’il traîne avec lui et dont on ne comprend l’origine qu’à la toute fin du récit. Des premiers souvenirs datant de 1948 jusqu’en 1966, l’auteur se confie aux pages qui défilent, d’une écriture dépouillée mais qui parle à tous. On revit aussi une époque marquée par l’éducation catholique, les pensionnats tenus par des religieux et cette chape de plomb qui pesait sur toute la société. Pour un enfant sensible carburant à l’instinct, l’art dramatique fut une échappatoire et l’on saisit bien son choix d’en faire un métier. « Ou me suis-je jeté dans les bras de la vie fictive pour fuir l’insécurité, le marasme affectif et l’instabilité perpétuelle? » Autofiction ou récit autobiograhique, peu importe, j’y ai vu la candeur et l’authenticité d’un homme d’âge mûr se retournant sur son passé, étonné presque du chemin parcouru.
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Les bourgeois de Calais

Par Michel Bernard
(4,0)
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Fin 1884, Auguste Rodin est pressenti par le conseil municipal de la Ville de Calais pour exécuter une sculpture en l’honneur des six bourgeois calaisiens qui, en 1347, se sont livrés comme otages au roi d’Angleterre Edouard III afin de sauver leur communauté assiégée. Le maire de Calais, Omer Dewavrin, est tombé sous le charme de l’artiste qui allie selon lui « la franchise du bon artisan et la ruse de celui qui veut réussir », véritable atout pour la création d’une œuvre d’art pérenne. Michel Bernard raconte la genèse de cette relation entre deux hommes amoureux de l’esthétisme et désireux de frapper l’imaginaire de leurs contemporains avec l’inauguration d’un monument sacralisant en quelque sorte un fait historique lointain, mais resté dans les mémoires pour son caractère tragique et fort. Ce roman m’a plu du début à la fin. Une narration classique portée par une écriture sobre tout en étant évocatrice nous restitue l’air du temps de cette fin du XVIIIe siècle. Le propos est inspirant comme tout ce qui touche à la beauté et à l’art.
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Malamute

Par Jean-Paul Didierlaurent
(3,5)
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Après son roman Le liseur du 6h27 que j’avais fort apprécié, il me fallait renouer avec la plume de Jean-Paul Didierlaurent. Malamute ne m’a pas déçue, même si j’avais deviné le fin mot de l’histoire bien avant la fin. Ce qui importe avant tout dans ce récit, c’est l’écriture de Didierlaurent, jamais à court de descriptifs pour dire le quotidien des gens simples et un parti pris pour sublimer la nature, dans ce cas-ci, l’hiver, saison souvent mal aimée. Une narration en deux temps assure la jonction de l’intrigue qui se déroule dans une petite communauté tablant sur ses montagnes pour attirer le touriste. Sur l’injonction de sa fille, inquiète pour sa sécurité, un vieillard isolé dans sa chaumière accepte de loger chez lui un lointain petit-neveu, opérateur de machinerie lourde. Et l’arrivée d’une voisine dans la ferme d’à côté finira de chambouler la quiétude, jusque là intacte, du vieux bonhomme. Une histoire bien racontée, n’est-ce pas tout ce que l’on recherche parfois?
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Ma Chine à moi

Par Victor-Lévy Beaulieu
(4,0)
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« J’aurais dû vous prévenir : je suis de forme ectoplasmique et je fais tout à main gauche et je mange les mots à cause de ma dyslexie et je suis somnambule comme en mon temps d’enfance et j’ai toujours eu du sang de cochon dans mes veines. C’est ce qu’on appelle une singularité. » Aucun doute, c’est bien ce bon vieux VLB! Mon mari sortait de sa lecture régulièrement pour m’entretenir de son ressenti, ce qu’il ne fait pas d’habitude, vraisemblablement étonné par l’originalité de l’ouvrage, son contenu fort instructif, et la touche ô combien personnelle de l’auteur. Nous avons tous deux apprivoisé de longue date le langage de VLB dans ses scénarios de séries télévisées diffusées à Radio-Canada (Race de monde (1978-1981); L’Héritage (1987-1990); Montréal, P.Q. (1992-1994); Bouscotte (1997-2001). VLB est unique dans l’univers littéraire québécois. Il joue avec les mots, les déforme et les intègre dans des contextes complètement loufoques. Une écriture relevant plus de l’oralité et du conte, truffée de québécismes et de joyeuses métaphores. Ma Chine à moi se révèle au lecteur à travers les rêves opiacés du narrateur, « envaché » dans son fauteuil et perclus de divers maux physiques. Se désolant de sa « vieillardise », dans les fumées d’opium et les quelques shots de bourbon qu’il s’envoie derrière la cravate, il retourne souvent à son enfance à Trois-Pistoles, bercé par les récits de sa tante Lumina, sœur missionnaire en partance pour la Mandchourie et les travaux quotidiens de sa mère. Tel un bouddha ventripotent entonnant son mantra Om maṇi padmé hoûm, l’auteur s’entraîne au Non-Agir, principe taoïste qui l’habite depuis fort longtemps. Entre les visites d’un jeune écrivain qui le considère comme son mentor, ses crises de somnambulisme et son onirisme débridé, VLB nous parle de l’Empire du Milieu, de ses dynasties impériales, ses coutumes et sa philosophie et de l’histoire récente de la République chinoise, favorisant ainsi une meilleure compréhension de la Chine actuelle. Nous avons redécouvert et apprécié un auteur qui s’est fait discret ces dernières années, qui nous a emportés par son verbe délirant et son imaginaire foisonnant. Et sa vaste bibliographie nous assure encore de bons moments de lecture.
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Un océan de minutes

Par Thea Lim
(3,0)
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Le voyage temporel fait rêver depuis toujours dans la littérature et ce roman de Thea Lim avait tout pour plaire dès le départ. Décembre 1981 : une pandémie de grippe originant d’Atlanta force les Etats-Unis à fermer la frontière des états du Sud. Polly Nader et Frank Marino se retrouvent coincés à Galveston, Texas, incapables de retourner à Buffalo au Nord. Frank est rapidement infecté et sans soins, il risque d’y passer. TimeRaiser, une entreprise de voyages temporels, offre de payer les frais d’hospitalisation à tout citoyen prêt à partir pour le futur en échange d’un engagement de plusieurs mois. Polly fait ce choix crucial et tous deux promettent de se retrouver le 4 septembre 1993 au Flagship Hotel de Galveston afin de continuer et vivre leur vie de couple à peine entamée. Un bon départ pour une histoire fort originale, mais malheureusement son développement s’enlise et piétine dans une narration répétitive. Les personnages s’avèrent sans envergure, des silhouettes floues évoluant dans le récit sans qu’on parvienne vraiment à s’y attacher. J’accorde trois étoiles au roman principalement pour son canevas prometteur, désolée de n’avoir pu apprécier le reste.
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Poursuite

Par Joyce Carol Oates
(4,0)
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Un roman très court et dense, dont la brièveté dans la narration exige d’aller rapidement dans le vif du sujet. Ce que l’on constate dès les premières pages. Gabriella (Abby), vingt ans, est victime d’un accident de la route au lendemain de son mariage. Fruit d’une étourderie ou suicide délibéré? Le mari s’interroge, constatant du même souffle qu’il sait très peu de choses sur le passé de son épouse rencontrée lors d’une activité de bienfaisance. Se dévoilent alors, sur fond de rééducation physique et d’un lent processus d’introspection, des pans cachés de l’existence d’Abby longtemps enfouis dans sa mémoire car trop douloureux. Découpé au scalpel, le récit se déploie selon les points de vue des personnages, plongeant dans le passé et refaisant surface dans le présent, sans jamais laisser au lecteur d’autre choix que de continuer jusqu’au point final. Ainsi soit-il, j’ai lu ce roman en quelques heures, fascinée par la virtuosité et la grandeur de cette prolifique écrivaine, bien installée depuis fort longtemps dans mon panthéon personnel de la littérature.
Suggestions de lectures pour Élaine B.

Voici des recommandations de livres personnalisées pour Élaine B..

Par Véronique Côté
Éditeur Atelier 10
Collection Documents
Paru le 11 novembre 2014
Par Emily Carroll
Éditeur Rue de Sèvres
Paru le 5 mars 2019