Élaine B.
Intérêts littéraires : Biographies, Littérature, Voyages, Psychologie

Activités de Élaine B.

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Vague (La)

Par Todd Strasser
(4,33)
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« Aujourd’hui, l’un de mes élèves m’a posé une question à laquelle je n’ai pas su répondre. - Et alors? - Le problème, c’est que la réponse ne figure dans aucun livre. Peut-être que les élèves doivent la trouver par eux-mêmes. » Ben Ross, professeur d’histoire au lycée Gordon, bute à expliquer à ses étudiants pour quelles raisons le peuple allemand a suivi jusqu’au bout l’idéologie nazie et son dogme sur l’eugénisme, aboutissant à la solution finale, dans l’extermination froide et méthodique d’une population ne correspondant pas à la race aryenne, celle élue par le Troisième Reich. L’expérience pratique qu’il met alors en place dans sa classe dans le but d’une compréhension pleine et entière de l’état d’esprit existant à l’époque hitlérienne aura des effets aussi étonnants sur les adolescents que sur lui-même. Un roman que j’ai lu dans une sorte d’urgence, un après-midi orageux, entraînée dans la spirale d’endoctrinement et d’influence créée peu à peu de façon géniale par l’auteur dans une formidable démonstration de l’importance pour chacun d’exercer son jugement et de constamment l’affûter. Une lecture à conseiller aux adolescents et à ceux qui oublient trop facilement les leçons de l’Histoire.
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La volonté

Par Marc Dugain
(4,0)
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La guerre est une ruse T.1

Par Frédéric Paulin
(4,0)
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« Et puis la tristesse, le deuil, en Algérie, de nos jours, c’est comme le sable dans le désert : des milliards de grains, les uns contre les autres, une étendue tellement vaste qu’on n’en voit pas la fin. » 1994, une année noire pour les Algériens pris au cœur d’une guerre civile que se mènent les diverses factions islamistes et les militaires à la tête du gouvernement. Décapitations, tortures, emprisonnements arbitraires, espionnage, exécutions sommaires, actes terroristes, filatures, explosions, chantage et menaces illustrent le quotidien dans lequel baigne l’Algérie en ce début des années 1990. Une toile de fond formée de sombres entrelacs se déployant dans un épouvantable chaos orchestré par des hommes sans scrupule et assoiffé de pouvoir, aux desseins mystérieux sur lesquels les services secrets français achoppent. De nombreux personnages peuplent ce roman aux multiples imbroglios et aux revirements inédits, dans une narration nerveuse qui sied bien au récit. J’en ai apprécié le montage et la portée historique, les relations franco-algériennes demeurant délicates et parfois sous haute tension. La guerre est une ruse étant le premier tome d’une trilogie, je continuerai donc mon incursion dans cet exercice romancé de la géopolitique avec le deuxième intitulé Prémices de la chute.
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Ce lien entre nous

Par David JOY
(3,0)
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« La balle de .45 à pointe creuse avait coupé le corps de l’animal en deux. La partie arrière du rat se débattait sur le sol tandis que la partie avant, toujours consciente, se mit à tourner sur elle-même sur ses pattes, puis rampa jusqu’à la moitié arrière qui gigotait et se jeta dessus comme si ce sale truc vivant était le responsable. Dwayne Brewer éclata de rire comme si c’était la chose la plus drôle qu’il ait vue de sa vie. Il était presque en larmes lorsqu’il reposa le pistolet à côté de lui sur le canapé et regarda l’endroit où le sang avait éclaboussé le mur, la viande d‘un violet rougeâtre semblable à de la chair de gibier. » La banalisation de la violence emprunte dans ce roman le visage de cet homme, Dwayne Brewer, dont le frère un peu simplet, Carol dit Sissy, est abattu accidentellement un soir par un braconnier à l’affût, lequel s’empresse de camoufler son forfait avec l’aide d’un ami appelé à la rescousse. S’enclenche alors une spirale vengeresse portée par un homme spolié du seul être qu’il aimait et dont la fureur, tempérée parfois par la lecture de versets bibliques, peine à être assouvie. David Joy connaît bien ces habitants des montagnes sauvages des deux Caroline. Chaque foyer possède ses armes à feu que l’on se transmet de père en fils avec fierté et qu’on utilise officiellement à des fins de chasse et de survie, mais qu’on réserve aussi pour se faire justice, une tenace arrière-pensée qu’un jour, il faudra se défendre ou se venger en les retournant contre un voisin, un parent, un policier ou quiconque aura offensé l’autre. Il y a quelques années, mon mari et moi avions campé dans les Blue Ridge Mountains, en toute candeur, émerveillés par la beauté farouche de l’endroit et sa nature luxuriante. Mais en terminant ce roman, je n’ai pu empêcher un frisson glacé me parcourir l’échine.
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Le Mammouth

Par Pierre Samson
(4,0)
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L’action du roman se déploie autour d’un événement survenu le 6 mars 1933 à Montréal, alors qu’un policier tire à bout portant sur Nikita Zynchuck, un immigré ukrainien qui tentait alors de récupérer une malle remplie de ses vieilles fringues durant une opération d’expulsion de locataires. Celui qui était affublé du surnom de mammouth par son entourage peuplé de filles de joie, d’ouvriers au chômage et de quelques compatriotes, s’écroule sur le pavé, abattu d’une balle dans le dos. Pierre Samson s’est plongé dans les archives de la Ville de Montréal et dans celles de la Bibliothèque nationale du Québec pour pondre un roman au style baroque, « (…) formidable condensé d’un univers complexe, un macrocosme aux rouages plus sophistiqués qu’il n’y paraît, composé de boutiquiers et de pouilleux qui rêvent de s’alimenter, de s’habiller dignement, de se doter d’un toit, de prier en paix et qui, torturés par la faim, mal chauffés, couverts de haillons, ne croient plus en rien et contemplent les richards qui confient leurs voitures aux mécaniciens en salopette. » Ce meurtre perpétré par la force policière condense autour de lui les luttes prolétariennes menées par le parti communiste et ses tentatives d’embrigader le monde ouvrier alors bien présent à Montréal. Le mammouth, c’est aussi le portrait d’une ville ouverte à tous, se voulant cosmopolite, mais engluée dans les diktats de la religion catholique qui vouait aux gémonies la juiverie et son emprise sur le commerce local. Montréal s’affichait alors essentiellement en anglais, et même si aujourd’hui encore on parle de la lente et constante anglicisation de la métropole, rien n’est comparable à ce qui sévissait à cette époque. Une lecture étonnante sur un fait divers méconnu qui mérite le détour malgré quelques lourdeurs dans le récit, notamment ces longues énumérations d’entités commerciales apparaissant telles des litanies insérées dans un sermon. Trois étoiles pour l’originalité du sujet et son traitement dans un univers romanesque.
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Koba

Par Robert LITTELL
(3,0)
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Dans une tentative de justification et de réhabilitation face à la postérité représentée ici par Léon, un garçon de dix ans dont les parents ont été victimes du régime, le vieux Staline, terré dans son bureau surveillé jour et nuit par des gardiens, s’adresse à son jeune interlocuteur en lui cachant sa véritable identité. Soliloquant plus souvent qu’autrement, Koba (surnom de ses années de jeunesse) dresse un portrait édulcoré de sa gouvernance sous les yeux scrutateurs de Léon, qui le questionne innocemment sur son rôle dans la révolution bolchevique et l’avènement du communisme. Robert Littell connaît bien son sujet et l’a traité de diverses manières dans son œuvre romanesque et Koba ouvre une perspective intéressante sur l’époque stalinienne en donnant la parole aux enfants privés de leurs parents au nom du dogme politique. J’ai aimé cette approche mais j’aurais apprécié que le roman soit plus étoffé au niveau des personnages. Cela dit, les dialogues à eux seuls valent le détour et pour mieux comprendre l’histoire russe à travers le roman, Robert Littell s’avère incontournable.
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Yoga

Par Emmanuel Carrère
(3,5)
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En ayant au préalable l’intention d’écrire « un livre souriant et subtil sur le yoga », Emmanuel Carrère s’est plutôt enfoncé dans un voyage intérieur pas mal rock’n roll. En janvier 2015, il se présente dans un centre de méditation Vipassanā pour, pendant dix jours, retraiter dans le silence en méditant intensivement parmi d’autres humains, assis sur un coussin zafu, dans une posture hiératique conforme au rituel yogique. Il n’y restera pas jusqu’à la fin. À partir de ce moment, le récit prend une autre tangente, celle qu’on n’attendait pas et caractéristique du style de l’auteur. C’est ce que j’apprécie particulièrement chez lui, cette maîtrise de la digression, de l’égarement narratif contrôlé. Il parle de ce qu’il connaît le mieux, soit lui-même, après tout comme il dit « Je suis un homme narcissique, instable, encombré par l’obsession d’être un grand écrivain. » Ses plongées dans des dépressions successives, spirale infernale du mal-être, l’ont amené à fréquenter des voies de guérison parallèles à la science médicale : la pratique du yoga, du tai-chi et de la méditation. Son expérience parle à tous et il sait trouver les mots justes pour montrer les méandres tortueux d’un cerveau perturbé, enlisé dans ses pensées négatives. Contrairement à William Styron, dans son récit Face aux ténèbres, Carrère arrive à parler de cette misère morale avec un certain détachement et une pointe d’humour, assurant ainsi un équilibre salutaire pour le lecteur et j’imagine aussi, pour lui.
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La saga des Cazalet T.1 : Étés anglais

Par Elizabeth Jane Howard
(3,0)
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Ma sœur m’avait glissé un mot il y a un peu plus d’un mois de cette saga familiale dans laquelle elle baignait confortablement depuis quelques tomes. Intéressée et confortée par son enthousiasme, j’en ai fait la réservation à la bibliothèque municipale. Mon chéri y a jeté un rapide coup d’œil et, d’une de ses mimiques qui veut tout dire, l’a promptement écarté de ses prochaines lectures. Ainsi soit-il. Il faut convenir que ce roman contient peu ou pas d’action, consistant en gros à une longue chronique du quotidien de la famille élargie des Cazalet lors des deux étés passés dans la demeure patriarcale située dans le Sussex en 1937 et en 1938, avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Un arbre généalogique est placé judicieusement en début de roman, facilitant ainsi sa compréhension, la narration s’employant à changer abruptement d’interlocuteurs au fil des pages. Chacun des personnages s’expriment donc dans un joyeux méli-mélo, entremêlant amourettes, relations conjugales, jeux d’enfants, liaisons adultères, préparations des repas, études et réunions d’affaires. Un style qui rappelle les séries britanniques dans lesquelles maîtres et domestiques se côtoient dans un ballet bien réglé, tout en évoluant dans deux mondes parallèles. Les premières pages du prochain tome qui sont révélées à la fin du livre ne m’ont pas tant emballée. Je ne ferme pas la porte à une seconde plongée dans cet univers, peut-être entre deux lectures plus exigeantes.
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Rêves de Russie

Par Yasushi INOUE
(3,0)
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« J’ai tenté d’écrire des phrases claires qui manquent peut-être d’élégance. Mais je me suis efforcé de faire que l’exacte vérité soit transmise dans son intégralité. Je n’ai aucunement cherché à écrire de belles phrases ou à divertir les gens. » Yasushi Inoué s’est visiblement collé sur ce que Katsuragawa Hoshû a relaté dans son Récit de la rencontre du shogun et des deux naufragés. Un style dépouillé au service d’une histoire pas banale, celle de navigateurs japonais échoués sur l’île d’Amtchitka dans l’archipel des Aléoutiennes le 21 juillet 1783, après une dérive de plusieurs mois dans l’océan Pacifique Nord. Rescapés par des Russes et les autochtones habitant l’île, les seize matelots nippons et leur capitaine Kôdayû séjournent un moment dans la péninsule du Kamtchatka, avant d’être emmenés à travers la plaine et la forêt sibériennes vers Okhotsk et Irkoutsk, dans l’espoir d’être un jour rapatriés dans leur patrie. Certains meurent des effets du scorbut ou de fièvres subites, d’autres de mort naturelle, tandis que les survivants se désolent à l’unisson de la nourriture, du froid et de l’éloignement de leurs proches. L’exil forcé sera long (presque dix ans) jusqu’à ce qu’une rencontre entre Kôdayû et l’impératrice Catherine II au palais de Tsarskoïe Selo à Saint-Petersbourg, vienne mettre fin à une attente interminable. Roman tiré d’un fait vécu, Rêves de Russie s’attarde aussi à l’époque historique elle-même (le tsarisme et des guerres menées en son nom, le développement économique de la Sibérie, les découvertes paléontologiques) en plus d’offrir une plongée dans les majestueux cours d’eau qui sillonnent une région marquée par un climat rude et saisissant. L’écriture répétitive et sans envergure m’a tout de même déçue et pour cette raison, je ne lui confère que trois étoiles.
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American Dirt

Par Jeanine Cummins, Françoise Adelstain et Christine Auché
(5,0)
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Quelle terrifiante réalité que celle vécue par les citoyens des villes mexicaines gangrenées par les guerres entre les différents cartels de drogues! Un abandon et une faillite à tous les niveaux administratifs du gouvernement incitant nombre de familles à migrer vers « el norte » par tous les moyens. C’est le cas de Lydia et de son fils Luca, seuls survivants d’une rafle meurtrière ayant fauché seize membres de la famille, réunis chez la grand-mère pour fêter l’anniversaire d’une nièce. C’est le début d’un long et pénible périple de dix-huits jours sur plus de 2 600 kilomètres, à partir d’Acapulco, un endroit de rêve tombé aux mains assassines du gang Los Jardineros, jusqu’à Nogales située à la frontière américaine. « Si une Mecque touristique comme Acapulco pouvait se désagréger, alors plus aucun endroit sûr n'existait au Mexique. » À pied, en bus ou sur les toits des trains de marchandises, les deux fugitifs craignent continuellement pour leur vie et se méfient de tous. Heureusement, certaines rencontres s’avèrent bénéfiques, soulageant temporairement une souffrance morale et physique que l’on devine insoutenable par moment. Jeanine Cummins m’a émue tout du long avec cette histoire de migration forcée dont certains passages m’ont amené à plusieurs reprises des sanglots dans la gorge. Un roman puissant au propos implacable et prégnant, de surcroît fort bien écrit et construit, raconté d’une seule voix prenant tour à tour les pensées et les actes des personnages principaux. Sans contredit, cet ouvrage mérite amplement cinq étoiles.
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Lorsque le dernier arbre

Par Michael Christie
(4,0)
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En tant de crise et de malheurs, on cherche à se regrouper ou à se forger une famille d’occasion. C’est ce dont il est question dans ce roman aux ramifications semblables à celles des arbres, eux-mêmes au cœur du récit. Difficile de ne pas comparer avec L’Arbre-Monde de Richard Powers et d’en mesurer ainsi la moindre envergure du premier. Malgré cette douloureuse et inutile comparaison, Michael Christie sait raconter et ses existences humaines errantes en quête de sens, aux destins entrecroisés se déroulant sur une centaine d’années, offrent une plongée vertigineuse dans les rets du temps. Le roman est construit sur de brefs chapitres à la temporalité narrative changeante dans une mise en scène d’une foule de personnages reliés entre eux par le même fil conducteur. Divertissant et instructif, le récit touche à plusieurs enjeux familiaux et planétaires et s’adresse au lecteur curieux et avide d’action.
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Hors de l'abri

Par David Lodge
(4,0)
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Certains auteurs nous donnent le goût de s’en faire un festival de lectures. Récemment, c’était au tour de Jean-Paul Dubois et Iain Levison et quelques années auparavant, ce fut le cas avec David Lodge. Son humour et sa faconde nous ont séduits d’emblée, de là l’idée de lire en enfilade toute son oeuvre. Je croyais bien qu’on en avait fait le tour, mais ce titre, Hors de l’abri, m’a semblé être l’exception. Et bien, il s’est avéré que mon mari l’avait déjà lu, mais le relire lui a beaucoup plu. Ah, les bonheurs de la relecture! Un roman autobiographique à saveur initiatique dans lequel Timothy, l’alter ego de l’auteur, raconte son enfance londonienne marquée par le Blitz et surtout, son séjour chez sa soeur à Heidelberg en Allemagne en 1951, un moment-pivot dans son existence. C’est savoureux, intéressant et éminemment bien raconté. Un roman qui soulève un pan inédit du contexte d’après-guerre dans l’Allemagne vaincue et occupée par les armées alliées.
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Un papillon, un scarabée, une rose

Par Aimee Bender et Céline Leroy
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Étrange roman à l'écriture hypnotisante où l'on voit un papillon issu d'un motif sur un abat-jour tomber dans un verre d'eau, où un scarabée dessiné sur une feuille de papier sort de son cadre lors d'un voyage en train et où des roses séchées formant la trame d'un rideau s'en détachent et tombent sur le plancher. Unique observatrice de ces micro-événements bizarres, Francie, huit ans, apprend que sa mère, atteinte de troubles mentaux, vient d'être hospitalisée et ne peut plus prendre soin d'elle. Comme un témoin dans une course à relais, Francie est prise en charge par différents adultes (tante, oncle, baby-sitter et petit-cousin) dans la précipitation pour transiter vers une famille d'accueil. Plus tard, elle se remémore ce moment-charnière avec une forte puissance d'évocation, qu'elle nourrit constamment et de façon obsessionnelle, ayant toujours la crainte d'être elle-même folle ou de le devenir, terrible héritage génétique. Le récit semble banal à première vue dans ses descriptions minutieuses du quotidien de la narratrice, Francie, mais à force d'en énumérer le détail, celles-ci en viennent à prendre une tournure dérangeante, créant ainsi chez le lecteur un malaise inconscient. On s'attend à tout moment à ce que tout nous éclate au visage. Une lecture lancinante, d'apparence légère, mais finalement fort troublante.
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Hamnet

Par Maggie O'FARRELL
(5,0)
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Une écriture envoûtante et enveloppante anime ce roman historique dans lequel se déploie l’amour sous toutes ses formes. Et si le personnage principal se trouve être William Shakespeare, on ne peut qu’apprécier la virtuosité et l’imaginaire de Maggie O’Farrell à le faire revivre, lui et sa famille. De cette funeste année 1596 se transposant aux débuts de l’idylle entre Shakespeare et sa future épouse, j’ai apprécié chaque phrase de ce superbe récit, véritable écrin littéraire. En ouvrant ce livre, vous vous préparez à un gigantesque saut dans le temps, sans filet, seuls avec les mots chatoyants et la plume évocatrice de Maggie O’Farrell. Brillantissime!
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Ohio

Par Stephen Markley
(4,0)
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Dès les premières pages, les images sont fortes. Ohio, un roman dense et chagrin sur la perte des illusions adolescentes au pays de tous les possibles, le meilleur comme le pire. Un soir de 2013, quatre anciens amis du lycée de New Canaan convergent vers leur communauté natale sans concertation et ayant en tête des buts différents. Ceux qui sont restés au patelin, quant à eux, végètent et fréquentent toujours les mêmes bars du coin. Des rencontres fortuites et calculées, certaines banales et d’autres fatales, auront lieu dans les lieux-dits de leur passé d’étudiants, l’occasion de mettre les pendules à l’heure ou de se souvenir tout simplement. Stephen Markley signe un premier roman dérangeant et percutant. Une analyse détaillée des pires errements qui peuvent résulter de l’exaltation des émois adolescents combinée aux effets des drogues et de l’alcool. Une narration hors champ procure au récit un détachement permettant de mettre en scène les agissements de plusieurs personnages sur un continuum présent/passé fort bien réussi. Une écriture lyrique par moments mais qui s’avère aussi crue que son propos lorsque nécessaire. Un auteur à suivre.
Suggestions de lectures pour Élaine B.

Voici des recommandations de livres personnalisées pour Élaine B..

Par Karl Ove Knausgaard et Marie-Pierre Fiquet
Éditeur DENOEL
Collection Mon combat
Paru le 21 janvier 2019
Par Emily Carroll
Éditeur Rue de Sèvres
Paru le 5 mars 2019