Élaine B.
Intérêts littéraires : Biographies, Littérature, Voyages, Psychologie

Activités de Élaine B.

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Vingt-trois secrets bien gardés

Par Michel Tremblay
(4,5)
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Ce sont vingt-trois brefs récits de sa vie que Michel Tremblay nous offre, livrés de manière distanciée, mais avec un regard tendre et humoristique. Du premier souvenir d’enfance à la découverte de son orientation sexuelle, Tremblay ratisse son passé familial et professionnel le temps de ce court ouvrage et révèle quelques moments forts d’une existence d’écrivain bien remplie. C’est la variété dans le propos et dans le ton qui donne toute sa force à ce recueil que j’ai lu au bord de la piscine, le temps d’un après-midi chaud et ensoleillé. Et je peux bien l’avouer, tout ce qui sort de la plume de Michel Tremblay, je ne m’en lasse pas.
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La conquête du cosmos

Par Alexandre Fontaine Rousseau et Francis Desharnais
(4,75)
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Qu’ont bien pu penser ou dire Youri Gagarine, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins avant de se soustraire à l’attraction terrestre et de s’envoler vers le cosmos infini? Et bien, Alexandre Fontaine Rousseau et Francis Desharnais l’ont imaginé et nous le restitue dans cette bande dessinée au ton joyeusement décalé. Du 4 octobre 1957 avec l’envoi du premier Spoutnik soviétique dans l’espace jusqu’à l’alunissage d’Apollo 11, le 20 juillet 1969, les cases uniformes de Desharnais soutenues par les dialogues jubilatoires de Fontaine Rousseau racontent la rivalité entre l’URSS et les États-Unis pour conquérir l’univers interstellaire et s’en approprier la découverte. Entre les conversations et les impressions des scientifiques, le journal de bord de l’astronaute Collins et une brève incursion dans la guerre du Vietnam, la BD arrive à résumer avec légèreté cette course entre les deux géants de l’époque. « Mets ça dans ta pipe pis puff, Popov! » aurait dit, semble-t-il, JFK lors de son fameux discours du 25 mai 1961, lequel devait marquer sa présidence et permettre l’envoi du premier homme sur la Lune. Rigolade et sourire en coin au rendez-vous!
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Chercher Sam

Par Sophie Bienvenu
(4,44)
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« Parfois, les bons jours, j’ai l’impression d’être un aventurier. T’as pas le choix de voir ça de même quand faut réfléchir à un plan rien que pour aller chier. Mais y’en a pas beaucoup, des bons jours. La plupart du temps, j’arrive pas à me mentir. Je sais que devoir survivre au-dehors, c’est ce qui me fait survivre en dedans. » Mathieu vit au jour le jour dans les rues de Montréal, accompagné de sa chienne pit-bull Sam. Peu liant avec le genre humain, toute son existence semble reposer sur le soutien indéfectible de sa compagne de route à laquelle il offre ses pensées et ses craintes. Peu à peu, au fil du récit, on apprend pour quelle raison Mathieu se retrouve ainsi itinérant, habitant une solitude immense dans la multitude de la métropole. Sophie Bienvenu a réussi à faire sourdre la tristesse et l’abattement dans la voix de son narrateur tout en laissant le lecteur sur une note d’optimisme. Un court roman bien structuré qui suscite empathie et questionnement sur la parentalité. L’écriture simple, au plus près du parler quotidien, contribue également à faire corps avec le personnage principal, que l’on dirait à nos côtés en train de nous piquer une jasette. Bref, j’ai beaucoup aimé et lu en une journée.
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Enfant de salaud

Par Sorj Chalandon
(4,0)
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« J’ai besoin de savoir qui tu es pour savoir d’où je viens. Je veux que tu me parles, tu m’entends, je l’exige! Je n’ai plus l’âge de croire mais j’ai l’âge d’entendre et d’accepter. Cette vérité, tu me la dois. » Après Profession du père, Sorj Chalandon revient sur la mythomanie du paternel dans ce roman autobiographique dont le récit prend place alors que s’ouvre le procès de Klaus Barbie en mai 1987 à Lyon. En couvrant les assises de ce procès hautement médiatisé, Chalandon journaliste se décide à fouiller le passé de son père durant la Seconde Guerre mondiale. Qu’a-t-il réellement fait lors cette période mouvementée, de son enrôlement dans l’armée française à dix-huit ans jusqu’à l’armistice? Pendant l’Occupation allemande jusqu’à la victoire des Alliés? Les hauts faits auxquels il a soi-disant participés, les actes de bravoure dont il s’est vanté auprès de son jeune fils, collent-ils avec la réalité? « SS de pacotille, patriote d’occasion, résistant de composition (…) » Une enquête personnelle dans celle plus vaste de Klaus Barbie, toutes deux parfaitement intégrées dans une narration précise et efficace, de laquelle on ne peut se défiler. Une histoire qui confronte et dérange et qui ne cesse de refaire surface tellement les blessures sont profondes. Je ne peux m’imaginer ce que furent ces années terribles d’occupation et d’épuration sur le territoire français, mais Sorj Chalandon, par son écriture sensible marquée de bienveillance, arrive à m’en donner une juste idée.
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Mon maître et mon vainqueur

Par François-Henri Désérable
(4,5)
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Il fallait la plume inspirée de François-Henri Désérable pour sortir des sentiers battus une histoire de triangle amoureux, perpétuel nœud gordien des passions humaines. Edgar & Tina, parents de jumeaux, sont sur le point de convoler en juste noces après quelques années de cohabitation. Sous la pression de la belle-mère snobinarde, Tina se résout à organiser une grande cérémonie. Mais entre-temps, lors d’une soirée entre amis sous l’égide du narrateur, elle fait la connaissance de Vincent Ascot (Vasco pour les intimes). À partir de là, le socle sur lequel son couple était solidement établi, oscille sous les assauts répétés d’une cour galante et charnelle menée par Vasco. Il n’y a pas de banalité dans ce récit où s’entremêlent dans un joyeux chaos envolées poétiques et articles de loi, sous l’œil et l’oreille attentifs d’un juge et de son greffier. Et que dire de la fin qu’on n’aurait pu mieux imaginer! Un roman qui confirme une fois de plus la virtuosité et la polyvalence de l’écriture de François-Henri Désérable.
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Wuhan, ville close

Par Fang Fang
(4,0)
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Du 20 janvier 2020 au 24 mars 2020, Fang Fang, écrivaine chinoise, a tenu un journal durant le confinement de sa ville natale Wuhan, d’où est partie l’épidémie de COVID-19. 9 millions d’habitants enfermés à leur domicile et 5 millions d’entre eux exilés aux limites de la métropole, empêchés de rentrer chez eux. Publié sur diverses plateformes Internet, à plusieurs reprises, bloqué par les modérateurs et vilipendé par certains internautes ultra-nationalistes, le compte-rendu de Fang Fang éclaire et renseigne sur la manière dont cette catastrophe a été vécue par les Wuhanais. On y apprend entre autres que dès le 27 décembre 2019, l’alerte avait été donnée par une scientifique sur l’émergence d’un nouveau virus de type SRAS, mais que, pour des raisons encore obscures et non enquêtées, un délai d’une vingtaine de jours a retardé une action diligentée et propagé indûment l’épidémie dans la ville. Fang Fang et ses concitoyens éprouvent d’abord de la peur, la terreur du SRAS en 2003 resurgit, s’indignent et sombrent peu à peu dans la tristesse et l’ennui pour finir par s’impatienter du manque de coordination et d’empathie des pouvoirs publics. Du temps qu’il fait aux anecdotes glanées ici et là sur le quotidien des confinés, Fang Fang parsème son récit de poésie et remet les pendules à l’heure sur les rumeurs qui circulent et les attaques qui lui sont adressées via les réseaux sociaux. Tenir ce journal s’est révélé un exercice salutaire autant pour elle que pour ses lecteurs. Loin d’être déprimant, l’ouvrage, écrit dans un style simple et épuré, s’avère instructif et maintenant que la 7e vague bat son plein ici, il est utile de se retourner vers les débuts de cette pandémie pour en bien saisir toute la pleine mesure.
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Voyage d'hiver

Par Jaume Cabre
(4,0)
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Je me suis réconciliée récemment avec les nouvelles et cela est dû particulièrement aux Récits du presque pays de François Racine et bien sûr, du sublime livre Chambres noires de Karine Giebel. Alors, quand se présente un ouvrage du même genre littéraire, écrit de surcroît par Jaume Cabre, il ne faut pas hésiter. Douze histoires différentes qui s’interpellent à travers les âges, traversées par la musique, l’art et l’emprise de la famille. Comme dans Confiteor, l’auteur use d’une narration fluctuante entre ses personnages, soumettant ainsi le lecteur à une intense concentration, car à partir de la première nouvelle intitulée Opus posthume, un fil se tisse jusqu’à la dernière, Wintereisse. En tout, douze très beaux récits riches d’une écriture admirable et qui se savourent doucement dans une lecture addictive, étonnante pour ce type d’ouvrage. Jaume Cabre, découvert avec l’inoubliable Confiteor, s’inscrit lui aussi avec bonheur dans mon temple d’auteurs admirés.
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Un intrus

Par Charles BEAUMONT
(4,5)
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« Jouez de leur ignorance, soulignez et reflétez leurs préjugés, faites-leur peur. » : des conseils qui auraient pu être soufflés à l’oreille de Donald Trump ou à tout aspirant dictateur de ce monde et qui planent sur le récit de ce roman paru en 1959. Un intrus est apparu sur mon fil d’actualité pendant que je lisais La vague de Todd Strasser et immédiatement, j’ai accroché au propos du résumé ainsi que sur la couverture un brin rétro mais combien éloquente. Autre atout qui m’a attirée, l’auteur est un contemporain de l’époque à laquelle se déroule l’histoire, soit celle de l’obtention des droits civiques pour les afro-américains et la fin de la ségrégation raciale. En dépit d’une traduction parfois imprécise, le roman fait mouche et ce, dès les premières phrases. Tous les personnages participent au fil narratif, même ceux qui nous paraissent secondaires, exigeant ainsi du lecteur une attention constante. J’en ai aimé aussi la structure et le style littéraire, oscillant entre la légèreté et la morale d’un épisode de la série « Papa a raison » et une crudité dans certains dialogues dignes des films les plus noirs et cyniques sur la question raciale aux Etats-Unis. Excellente initiative que d’avoir réédité ce roman dont on peut encore apprécier la pertinence encore aujourd’hui.
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Pieds sales (Les)

Par Edem Awumey
(3,5)
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« Longtemps, nous avons été sur les routes, mon fils. Et partout, on nous a appelés les pieds sales. Si tu partais, tu comprendrais. Pourquoi ils nous ont appelés les pieds sales. » Ainsi parlait la mère d’Askia lorsqu’il était enfant, tous deux exilés et revenus d’un périple à pied dans le Sahel, ayant perdu en chemin la trace du père, Sidi Ben Sylla Mohammed. En fuite lui-même à quarante-sept ans, Askia est maintenant chauffeur de taxi sans papiers à Paris et court la clientèle la nuit. En constante recherche de son père, l’homme au turban blanc, il croit l’apercevoir au détour des rues et s’en persuade au contact d’une photographe qui affirme l’avoir pris pour modèle une dizaine d’années plus tôt. Un récit peuplé d’errances, de fantômes, d’idéaux brisés et de fatalité, fort bien écrit et construit, et dont la brièveté agit ici comme une fulgurance. Une lecture belle et triste par un après-midi ensoleillé et venteux.
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L'abolition des privilèges

Par Bertrand Guillot
(4,0)
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Au-delà du 14 juillet 1789, le 4 août de cette même année revendique aussi sa notoriété dans l’histoire de la Révolution française. À la faveur d’une séance nocturne, c’est à cette date que la toute jeune Assemblée nationale vota pour l’abolition des privilèges. Députés issus de la noblesse, du clergé et du tiers-état s’entendirent pour faire voler en éclats l’un des points les plus litigieux du royaume. Bertrand Guillot décortique pour nous les événements ayant mené à cette décision inattendue qui allait servir de tremplin pour toutes celles qui allaient transformer la France à tout jamais. Un récit original porté par les voix des acteurs de l’époque qui revivent sous la plume blagueuse mais studieuse de l’auteur. La narration, en ce sens, donne tout son éclat au livre, Bertrand Guillot intervenant de-ci de-là, n’hésitant pas à donner son opinion et établissant des parallèles fort adroits avec notre monde actuel. C’est brillant, léger et sérieux tout à la fois, édifiant et divertissant. Éric Vuillard a de la concurrence.
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Mémoire des embruns (La)

Par Karen VIGGERS
(2,0)
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Franchement, je me suis passablement ennuyée dans cette histoire de famille. Les personnages qui la peuplent sont falots, l’écriture plate et la construction boiteuse. Un récit à deux voix, celle de la matriarche Mary, malade et ancrée dans le passé et celle de son fils Tom, qui vit plutôt au jour le jour. Le début s’avérait pourtant prometteur avec l’arrivée d’un mystérieux étranger porteur d’une lettre embarrassante, mais le choix d’une narration duelle n’a pas fonctionné ici. Et que dire de l’absence de style littéraire! Entre les sempiternelles descriptions des nuages, de la mer et des oiseaux, rien n’est venu donner du tonus à l’intrigue, dont j’ai deviné les ressorts bien avant la fin. Grosse déception, mise à part la découverte d'un coin du globe méconnu, l’île de Tasmanie.
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Saint-Tourment : Récits du presque pays

Par François Racine
(3,66)
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Troisième opus des récits du presque pays concoctés par François Racine, Saint-Tourment est composé de sept nouvelles ralliant des événements marquants du territoire québécois tels le séisme de 1663 en Nouvelle-France, la légende amérindienne du Wendigo, la conscription durant la Seconde Guerre mondiale, l’ascension du FLQ (Front de libération du Québec) à la fin des années 1960, le déluge du Saguenay à l’été 1996 et l’hécatombe mortelle dans les CHSLD durant la pandémie de COVID-19. L’auteur aborde tous ces thèmes disparates à travers des personnages de fiction crédibles sur une toile de fond historique respectée à la lettre. J’ai beaucoup aimé ce voyage temporel entrepris avec Saint-Calvaire et Sainte-Souleur et j’espère que François Racine n’en a pas fini avec cet exercice littéraire original et instructif.
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De bonnes raisons de mourir

Par Morgan Audic
(4,0)
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La Zone, un territoire de trente kilomètres autour de la centrale nucléaire de Tchernobyl, se trouve au cœur de l’intrigue de ce roman policier, menée tambour battant par Morgan Audic. Et de son dénouement, peu nous importe à la fin, car tout ce qui habite le récit est autrement plus intéressant. La vie autour de la Zone, une trentaine d’années après la catastrophe, inquiète toujours la population, tout en générant par ailleurs un tourisme de voyeurs ainsi qu’une propension à attirer de douteux personnages qui s’y réfugient pour fuir la loi. Ainsi, entre des policiers affectés à la Zone par leur hiérarchie en guise de punition, des survivants de l’explosion de 1986, des mafieux qui tirent profit des débris laissés sur place et des groupes néo-nazis, Morgan Audic dresse un portrait saisissant de l’Ukraine déchirée par une guerre civile dans le Donbass pro-russe. « L’ancien militaire le regarda avec intensité. - Venir dans la Zone, c’est assister à l’avant-première de l’apocalypse. À ce que sera le monde sans nous, un jour. Et puis c’est le seul endroit qui soit bon pour des gens comme nous. Ici, on est libre, répéta-t-il. Totalement libre. »
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Saisons du voyage

Par Cédric Gras
(4,0)
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Qu’est-ce que le voyage? Pourquoi voyager? Cédric Gras, l’éternel bourlingueur, se pose, l’instant d’un récit, pour décortiquer ce besoin viscéral de quitter et de revenir. « Ceux qui ont l’espace dans le ventre et qui butinent le nectar du monde » trouveront à s’y repaître et ceux qui ne partent pas comprendront un peu mieux les premiers. « La Terre, vaste salle des pas perdus » arpentée joyeusement dans la jeunesse et plus sérieusement à l’âge mûr, Cédric Gras en rend compte magnifiquement dans ce recueil qui est plus qu’un compte-rendu de voyages mais bien une réflexion sensible sur la frénésie du tourisme et ses effets sur les beautés de ce monde. L’auteur nous invite à voyager autrement qu’à la vitesse de l’éclair, à s’arrêter aux lieux le temps d’appréhender l’autre et pourquoi pas, apprendre les rudiments de sa langue. Aller voir autre chose que l’attendu. Écrit avant la pandémie, Saisons du voyage arrive à point alors que l’humanité a des fourmis dans les jambes et souhaite renouer avec les horizons lointains. Un très bel ouvrage à posséder afin de pouvoir relire et savourer les phrases joliment tournées de Cédric Gras. « Nous ne sommes peut-être qu’une espèce de rupture dans l’évolution, un de ses plus marquants visages. Et cela aussi c’est un vertigineux voyage… »
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Simili

Par D. Strévez La Salle
(3,5)
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Dès les premières pages, mon mari a décroché en m’avouant, penaud, qu’il abhorre le joual dans la littérature. Il y trouve une dénaturation de la langue française, une sorte d’indignité qui l’attriste, particulièrement lorsque cet ersatz de français occupe toute la place. Je suis passée aussi par cette phase de rejet, au début de mon incursion dans la grande littérature classique. Comme si l’univers bien particulier du Canada français ou du Québec ne pouvait exister à sa pleine mesure dans le monde des livres. Michel Tremblay m’a depuis guérie de ce complexe. Dominique Strévez-La Salle retire les bienfaits qu’a apportés Tremblay avec ses personnages romanesques et théâtraux. L’action de Simili se déroule dans le village fictif de Saint-Silence-sur-la-Lièvre dans l’arrière-pays de l’Outaouais, où se côtoie une jeunesse avide d’action mais résignée à tourner en rond dans la campagne. Adolescents, Michelle Lamirande et Gabriel Marchand y débutent un bref béguin qui n’aura pas de suite. Dix ans plus tard, lorsque Gabriel, habitant désormais Montréal, aura la chance de renouer avec elle, ce sera dans un cadre plutôt inhabituel et aux conséquences douloureuses. Une histoire de gens ordinaires mais qui cherchent un sens à leur existence, englués dans les problèmes financiers et voulant s’y soustraire et s’en distraire à tout prix. J’ai aimé cette écriture un peu bravache, un brin baveuse qu’emploie l’auteur pour décrire son monde. La narration s’en trouve enrichie et le lecteur aussi. J’ai donc beaucoup aimé et m’en suis vantée auprès de mon chéri, espérant ainsi le guérir de ses opinions préconçues envers la littérature québécoise.
Suggestions de lectures pour Élaine B.

Voici des recommandations de livres personnalisées pour Élaine B..

Par Véronique Côté
Éditeur Atelier 10
Collection Documents
Paru le 11 novembre 2014
Par Karl Ove Knausgaard et Marie-Pierre Fiquet
Éditeur DENOEL
Collection Mon combat
Paru le 21 janvier 2019