L'âge de l'irréalité : solitude et empaysagement au Canada...

Par Vincent Lambert
Éditeur NOTA BENE
Paru le 16 avril 2018
ISBN 9782895185857

Ce livre est un exercice de lecture, presque de style. Le jeu consiste, à la manière des critiques de la Révolution tranquille, à inventer (et donc à réinventer) une tradition littéraire. D'où son titre un peu théâtral, qu'on dirait emprunté à la critique littéraire des années 1960, alors que le Québec semblait passer d'un âge à un autre, enfin sorti du Moyen Âge de la Grande Noirceur pour entrer dans son Âge d'or. Parler d'irréalité à propos de la littérature des années supposément sombres de 1860 à 1930 n'a donc rien de neuf ou d'étonnant. Depuis quelques décennies déjà, on juge cette littérature livresque et idéologique, grandiloquente et sentimentale, comme si elle exprimait les origines un peu névrotiques de la condition québécoise. Mais dans cette mythologie de la contrefaçon, inconsciente et ténébreuse, quelle place faire à des poètes comme Alfred Garneau, Eudore Évanturel, Albert Lozeau, Jean-Aubert Loranger ou encore Alfred DesRochers ?