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Activités de la communauté

Le jeu de la musique

Par Stéfanie Clermont
(5,0)
2 personnes apprécient ce livre
2 commentaires au sujet de ce livre
Récit décousu où les histoires et les personnages s'enchevêtrent dans un ensemble où rayonne une jeunesse écorchée et resplendissante, à bout de souffle et pleine d'espoir. Stéfanie Clermont nous transporte du marché Jean-Talon à la Californie déchirée par les guerres de classe et de race en passant par les campagnes francophones de l'Ontario avec une grande habileté.

Petite et le vieux (La)

Par Marie-Renée Lavoie
(4,57)
9 personnes apprécient ce livre
6 commentaires au sujet de ce livre
Bien que ce soit le premier roman de cette autrice, je l'ai découverte via Autopsie d'une femme plate. Je m'attendais donc à un récit beaucoup plus léger... C'est bien écrit et la description des lieux (quartier Limoilou à Québec) est saisissante de réalisme!

Histoires qui ont du chien

Par Josée Bournival, Billy Robinson, Ariane Arpin-Delorme et Joanie Godin
(5,0)
2 personnes apprécient ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Le commentaire de Martine : Quatre histoires tout aussi bonnes qu'intéressantes, les quatre auteurs nous offrent des nouvelles différentes qui mettent en vedette nos amis canins et les êtres humains. Chacune des nouvelles a de l'originalité, du bonheur et de la sagesse. Je dois dire que la nouvelle qui m'a le plus touché est celle de la FIDÈLE COMPAGNIE de Billy Robinson. Et la nouvelle qui m'a fait ressentir le plus de tristesse est celle de Josée Bournival, quelle émotion qui se dégage de ce texte qui met en lumière le compagnon qui est prêt à tout pour sa maîtresse, une loyauté sans bornes. Un beau moment de lecture. C'est un recueil qui se lit avec le cœur léger et le sourire aux lèvres. Une belle lecture d'été, je vous le recommande sans hésiter. https://lesmilleetunlivreslm.over-blog.com/2022/08/histoires-qui-ont-du-chien-josee-bournival-billy-robinson-ariane-arpin-delorme-et-joanie-godin-editions-la-goelette-par-martine-levesque.html

La splendeur et l'infamie

Par Erik LARSON
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
En quatrième de couverture: « Il a été élu meilleur livre de l’année par le Washington Post et Barack Obama l’a désigné parmi ses livres préférés de l’année ». Pour ma part, j’ai repéré cette lecture dans la liste d’été de François Legault. Il faut s’accrocher, cette chronique quotidienne dans l’intimité du pouvoir donne des frissons d’un bout à l’autre. De Dunkerque à Pearl Harbor, et surtout le blitz allemand contre l’Angleterre. Une écriture extrêmement vivante et humaine basée sur des témoignages de première ligne. À couper le souffle.

Le p'tit docteur de Saint-François-de-Beauce

Par Daniel Lessard
(1,0)
1 commentaire au sujet de ce livre
Quelle déception ! Autant j'appéciais la rigueur et la profondeur des reportages de Lessard du temps où il était journaliste, autant son dernier roman (c'est le premier que je lis) est mièvre, superficiel et mal ficellé à souhait ! Pour un amateur de romans historiques, cet ouvrage vaut tout au plus la valeur du papier sur lequel il a été imprimé -- assurément pas 35 $ ! Jugement sévère ? Certes, car je m'attendais à tellement mieux de la part de Lessard et de son éditeur Pierre Tisseyre.

Le chemin d'en haut

Par J.P. Chabot
(3,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Un beau roman relatant des relations familiales passées difficiles qui refont surface au moment du décès subit des parents. C’est pour moi une belle découverte d’une plume très québécoise, comme une langue parlée à l’écrit. Sans vouloir comparer ni le propos ni la forme, j’y ai vu une ressemblance avec le joual de Lévy-Beaulieu et de Tremblay.

À la recherche du temps perdu

Par Marcel Proust
1 commentaire au sujet de ce livre
Je viens juste de recevoir ma brique: appréciation dans environ 1 an.....

Pas prêtes à se taire : Portraits de féministes en citations

Par Esther Meunier et Léa Castor
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Éclatant et pimpant à l'image des femmes qu'il présente. C'est un excellent livre d'introduction à certaines figures féministes souvent moins connues. Le livre laisse des références à chacune d'entre elle pour ceux/celles souhaitant pousser leur recherche. Je le considère autant pour adulte qu'adolescent. Le format est très accessible et magnifiquement illustré.

La femme du lac

Par Laura Lippman
(5,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Le commentaire de Lynda : Laura Lippman est une auteure que j’aime beaucoup, j’ai eu le plaisir de lire, j’ai eu le plaisir de lire quelques-uns de ces livres et j’ai été contente de la retrouver. Par contre ce titre est un peu différent de ce que j’avais lu de cette auteure. Tout se passe dans les années 60, Maddie, mère et épouse, en a assez de sa vie et décide de tout quitter pour réaliser son rêve de devenir journaliste. Alors que tout se dessine pour elle, le corps d’une serveuse noire est retrouvé dans une fontaine de la ville. Alors qu’elle ressent que personne ne se soucie de cette mort, elle décide, elle de son côté, de trouver les réponses. Tout vient se compliquer avec les apparitions d’un fantôme, celui de Cléo, la serveuse retrouvée morte. Ce que j’ai aimé de ce roman, c’est que tout le monde a un droit de parole, donne son avis, et oui même Cléo le fantôme, qui se permet de dire ce qu’il pense, et surtout de vouloir décourager Maddie de poursuivre son enquête, il préférerait qu’on laisse Cléo reposer en paix. Cette histoire a une consonance de racisme, on survole également les droits de la femme dans les années 60. Un thriller qui nous tient en haleine, nos sens sont en alerte et on essaie vraiment de comprendre autant que Maddie, ce qui s’est passé, et ce qui se passe encore. Un roman historique, c’est bien certain quand on touche à la ségrégation des noirs aux États-Unis, c’est un roman qui même si c’est une fiction nous offre plein d’informations sur cette période, sur les noirs et sur les blancs. Il faut prendre le temps d’assimiler les premiers chapitres, étant donné qu’il y a quand même beaucoup de monde et on doit placer chacun à la bonne place. Une lecture que j’ai trouvé vraiment intéressante, le thriller est bien présenté et on tourne les pages rapidement pour arriver à savoir ce qui va se passer, et une fin qui vous surprendra au plus haut point! Un roman que je recommande et encore plus si vous aimez la période des années 60 et la vie aux États-Unis. https://lesmilleetunlivreslm.over-blog.com/2022/08/la-femme-du-lac-laura-lippman-guy-saint-jean-editeur-par-lynda-massicotte.html

Maudites chartes!

Par Louis-Philippe Lampron
(4,0)
1 commentaire au sujet de ce livre
Il s'agit d'une compilation des différentes chroniques de l'auteur au fil des ans, rassemblée sous différentes thématiques et mise en contexte. J'aurais aimé approfondir certaines problématiques, mais le tout reste très compréhensible et accessible.

Diane demande un recomptage

Par Marie-Renée Lavoie
(3,45)
7 personnes apprécient ce livre
4 commentaires au sujet de ce livre
J'étais très enthousiaste à l'idée de continuer les aventures de Diane, après la bonne surprise (inattendue) du premier tome. Il manquait toutefois un petit quelque chose à ce tome-ci pour être à la hauteur du premier, à mon avis. Si l'autrice continue avec ce personnage, cela ne m'empêchera toutefois pas de lire le troisième!

Autopsie d'une femme plate

Par Marie-Renée Lavoie
(3,73)
32 personnes apprécient ce livre
18 commentaires au sujet de ce livre
J'étais plutôt dubitative face à ce titre, que j'ai entamé par commodité dans l'autobus plutôt que par réel intérêt. Finalement, j'ai plutôt bien aimé! J'ai bien accroché à l'écriture de l'autrice, qui se lit bien et n'est pas complexe. J'avais peur de lire une série de clichés, vu le point de départ, mais finalement ce n'était pas ça du tout. Un bon moment de détente et de rire!

Sports et divertissements

Par Jean-Philippe Baril Guérard
(4,4)
10 personnes apprécient ce livre
3 commentaires au sujet de ce livre
Lu après Royal et Manuel de la vie sauvage. Je crois qu'une partie de mon appréciation vient du fait qu'on recroise les personnages principaux des autres titres. Encore une fois, un excellent livre pour ceux qui aiment adorer/détester le personnage principal!

Haute démolition

Par Jean-Philippe Baril Guérard
(3,88)
10 personnes apprécient ce livre
9 commentaires au sujet de ce livre
Un peu moins bon que ses livres précédents, à mon avis, mais demeure un excellent choix si vous aimez être déstabilisé!

La cite hantee

Par Douglas Preston, Lincoln Child et Sebastian Danchin
(1,0)
1 commentaire au sujet de ce livre
Cette série policière, pourtant intéressante, dérape maintenant vers un contenu fantastique mettant en vedette des monstres originaires d’une autre dimension et une machine temporelle. J’abandonne pour ma part.

Amande

Par Won-pyung Sohn et Juliette Lê
(3,0)
1 commentaire au sujet de ce livre
Je dois dire que je suis vraiment contente, en tant que libraire jeunesse, de recevoir sur notre rayon ado étranger ce roman venu de Corée du Sud. Nous en avons vraiment très peu. Comme ce roman m'a rendue émotive, j'ai prit le temps de décanter le tout avant de me lancer sur cette critique et ce fut une bonne décision, car en l'analysant plus à froid, certains éléments me semblent moins attrayants, au final. Une lecture mitigée, donc. Yunjae nous narre sa vie, de ses quatre ans à ses quinze ans. Il nous explique souffrir d'Alexithymie, que l'on peut définir selon deux axes: La difficultés à pouvoir communiquer ses sentiments à autrui et l' incapacité d’identifier ses sentiments et de pouvoir les distinguer de ses sensations corporelles [ Cairn; Psychoptropes, 2006]. Un déficit de l'affect qui peut être aussi bien lié à un traumatisme qu'une sous-croissance de "l'amande", qu'on appelle aussi "amygdale". Celle-ci joue plusieurs rôles, comme de reconnaître et identifier les émotions, mais aussi un rôle d'alerte et de reconnaissance du plaisir. Donc, en clair, les gens souffrant d'alexithymie ressent peu ou pas du tout leurs émotions, ont du mal à percevoir celles des autres, rêvent très peu, fantasme très peu et ont du mal à associer les éléments dangereux à la mémoire, donc ils peuvent se mettre en danger parce qu'aucunes peur n'est associé à une information mémorielle. Le garçon va devoir apprendre à se repérer dans ce monde rempli de codes et de conventions basés sur les sentiments et émotions, avec l'aide de sa mère. Vivant ensuite avec sa grand-mère comme troisième membre de la famille, Yunjae nous livre quelques anecdotes et passages de son enfance, avant le drame qui va le faire se retrouver seul. Lorsqu'un inconnu instable mentalement assassine sauvagement sa grand-mère et sa mère, qui sombre dans un coma long de plusieurs mois, l'adolescent se retrouve à gérer seul la petite librairie usagée de sa mère. À l'école, il est la cible de commérages, même les plus cruels. Mais les choses pourraient changer quand il prend l'habitude d'aller voir son voisin de palier, Monsieur Shim, qui devient son tuteur officieux, ainsi qu'avec l'arrivé d'un nouveau à son école, qui a une réputation de gars violent. L'autrice évoque, à la fin du roman, qu'elle souhaitait parler de l’interaction entre deux "monstres", un ayant trop peu d'émotions et l'autre trop, au contraire. L'idée en soi est intéressante et je ne cacherai pas le fait qu'une fois lancée dans le roman, je l'ai terminé en une lecture. Néanmoins, et c'est après y avoir réfléchit, je me demande si on peut dire que cette "amitié improbable" était saine. Et puis, je me suis aussi demandé s'il fallait impérativement avoir encore un personnage ultra-violent. On a souvent tendance, dans la littérature jeunesse, à traiter des héros masculins violents comme de pauvres petits enfants maltraités qui ne sont au final que le produit d'une société qui n'a pas suffisamment veillée sur eux. Sans banaliser le vécu de certains de nos ados, le hic que je vois dans ce genre de formule, c'est le fait de déresponsabiliser les comportements violents et même d'encourager à avoir pitié d'eux. C'est particulièrement notable dans les romances ados. Alors, je m’interroge, parce que je constate encore une fois qu'un personnage ado subit la violence physique, verbale et même psychologique d'un autre ado, qui ne sait pas gérer sa colère et cherche à entretenir une mentalité toxique du "plus fort" de la chaine alimentaire. Ici, le héro, en ayant cette particularité d'être émotionnellement restreint, ne souffre donc pas à proprement parler de la violence verbale ou psychologique - parce qu'il s'en moque. Cependant, il aura été tabassé à maintes reprises, que ce soit à coup de pied, à coup de poings ou en lui faisant des croche-pied. Ça rentre tout-à-fait dans l'intimidation et même les voie de faits. Mais pour une raison ou une autre, Yunjae cherche au contraire à s'en rapprocher. Même son de cloche du côté de Gon, ledit intimidateur. J'imagine qu'ils s'intriguaient mutuellement. Petit focus sur le personnage de Gon: En bas âge, ses parents l'ont perdu dans un parc d'attraction. Sa mère sera décédée d'une maladie avant de pouvoir le revoir. D'ailleurs, quand le père de Gon le retrouve, il est si déçu par ce qu'il a trouvé qu'il demande a Yunjae de prendre sa place pour les ultimes retrouvailles entre le fils et la mère, avant que celle-ci ne meurt. Gon a des comportements puériles, agressifs et il semble chercher l'attention. Surtout, il canalise très mal sa colère. Il a des problèmes avec l'autorité, que ce soit son père ou les instances scolaires. Une petite graine de bandit, en somme. Cela dit, si on suit l'autrice, on comprendra que Gon est en réalité très sensible et réactif. Il ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est. Ce qui peut être un peu rebutant toutefois, c'est que ce "je suis comme ça" ressemble beaucoup plus à une mauvaise excuse pour ne pas vouloir changer qu'un réel trait de personnalité ( les traits de personnalité n'étant pas, par définition, changeables). Personne, à moins de traumas ou d'éducation, ne nait violent. Ce n'est PAS un trait de personnalité. On a donc pas à accepter socialement la violence de ces gens. Mais bien sur, il importe de se montrer disponibles à ceux ( et celles) qui feront le choix de changer. C'est là que je deviens mitigée. Pour être honnête, j'ai senti qu'on cherchait à excuser Gon et son exécrable façon d'être, excusée par ses antécédents, peu claires, en fait, si on ne compte pas le fait d'avoir été "perdu". Je pense qu'il a une carence affective, puisqu'il n'a pas eu de foyer stable durant près de 11 ans. "Soyez ouverts, cherchez à le comprendre", nous évoque t-on, entre les lignes. Encore une fois, je suis bien au fait que la bienveillance et l'ouverture d'esprit sont des éléments capitaux pour favoriser l'aide aux personnes en détresse psychologique. Néanmoins, on ne peut pas "vouloir plus" que la personne. Si elle ne veut pas s'aider, ce n'est pas aux autres de vouloir pour elle. Dans le roman, j'ai senti que c'était là l'enjeu: Sauver Gon de lui-même. Je n'adhère pas à cette logique, parce qu'elle implique le sacrifice d'une autre personne. Ici, c'est Yunjae. Je n'exagère pas du tout, la fin nous l'illustre de manière limpide. Ça m,attriste un peu que, de tous les personnages, Yunjae se soit intéressé au pire prospect possible qu'est Gon. "Amande" me rappelle le roman "Dear Evan Hanssen", mais pas dans le bon sens. Les deux romans mettent en scène deux garçons dont l'un profite de l'autre. Et tout comme ce roman, "Amande" a été un succès dans son pays. Mais je me demande si, au delà du message de tolérance et de s'ouvrir aux ados qui vivent avec une différence, nous n'avons pas tendance à oublier que cela ne doit pas se faire dans un contexte toxique ou au détriment d'une autre personne. Dans "Dear Evan" , on a un ado qui, après imbroglio, est considéré à tort comme un ami d'un gars qui s'est suicidé. Et comme cela semble faire du bien autant à Evan que la famille du défunt, ce dernier porte le mensonge de leur amitié à des sommets. En clair, Evan s'est bâtit un réseau social sur le dos d'un ado suicidé. Dans "Amande", Yunjae se découvre des émotions entre autre parce qu'il a été "l'ami" d'un gars violent, qui lui même l'utilise pour passer ses nerfs. Encore une fois, je ne veux pas banaliser le vécu de certains de nos ados qui deviennent violents en réaction à des carences affectives et des sévices quels qu'ils soient, mais prétendre qu'il fait les "sauver", c'est faire fausse route. "Accompagner", "soutenir", "être attentif", oui, mais pas tout faire à sa place et certainement pas s'il faut souffrir pour ce faire. En outre, on parle vraiment trop peu des innombrables autres ados laissés pour comptes du fait d'être différents. C'est, il me semble, toujours miser sur le même groupe, celui des gars violents qui sont ou frôlent la délinquance. Le plus difficilement 'secourable", qui plus est. De plus, pour en revenir au roman, je pense que la relation entre les deux ados n'avait pas forcément à passer par la violence physique comme moyen de rapprochement. Ce rapport toxique va doucement s'amoindrir pour devenir une sorte de relation "amicale", où les deux ados se fréquentent seulement hors de l'école, surtout pour bavarder. Mais comme évoquer plus haut, Yunjae va tout de même se mettre en danger pour son "ami", alors je reste perplexe face à cette "amitié". Par contre, une relation que j'ai beaucoup aimée est celle de Yunjae avec le docteur Shim. On pourrait croire que c'est en grande partie à Gon que Yunjea se découvre des émotions, mais j'en doute, pour être franche. Gon est peut-être très sensible, son répertoire de borne à la "colère". Le reste du temps, il est juste insultant et fait dans la psycho-pop. C'est un personnage pas franchement sympathique. Mais le docteur Shim a réellement quelque chose à apporter à Yunjae et le fait de manière saine. Il est non seulement complètement ouvert d'esprit envers ce jeune en apparence froid et asocial, il est également patient, présent et réconfortant. Il vulgarise bien les concepts qui posent problème à Yunjae et il est altruiste. Il a réellement à cœur la sécurité et l'intégrité de l’adolescent, probablement en raison de son amitié pour la mère de celle-ci, mais il semble le faire de bon cœur. Si on doit quelque chose de la progression de sentiment de Yunjae, c'est surtout à lui qu'on le doit, je trouve. J'ai également du mal avec la fin, expéditive et surtout, hollywoodienne. Était-ce nécessaire d'aller dans un tel extrême? Et je doute fortement que les émotions se construisent spontanément comme cela semble avoir été le cas à la fin, comme si elles étaient simplement qu'un œuf difficile à pondre. Je trouvait justement le concept du roman intéressant pour ça: l'idée que les émotions et leur identification pouvait être travaillés, que ce pouvait être de l'ordre de l'apprentissage, comme c,est souvent le cas pour les personnes autistes. Mais ici, ça me semblait tenir plutôt du miracle, ce qui est ma foi, fort peu crédible. Pour les éléments positifs, je dirais que ça se lit tout seul. Il y a eu un énorme travail de la part de la traductrice du coréen vers l'anglais, qui se donne la peine de mettre les références coréennes en notes de bas de page et a fait prit grand soin de travailler les dialogues en fonction du bagage émotif de ses personnages. Ainsi, on sent le côté empirique et descriptif de Yunjae, pour qui les sentiments sont très abstraits, alors qu'on sent le ton vibrant et réactif de Gon. Là-dessus, il y a du beau travail. Découvrir le monde à travers le regard de Yunjae était en soi très intéressant. L'autrice y consacre beaucoup de temps, alors ne vous surprenez pas de trouver le début long. En même temps, cela nous permet d'apprécier la famille de Yunjae, la mère et la grand-mère, qui elles aussi étaient du genre colorés. Le simple fait de voir la maman travailler dur avec son fils pour qu'il s'adapte à son environnement social et physique était touchant. Ce l'était néanmoins un peu moins quand on comprend qu'elle craint surtout le jugement des autres. Sauf que, c'est là une crainte justifiée, dans un monde où les gens passent leur temps à juger autrui, c'est donc difficile de lui en vouloir. Au contraire, la grand-mère semblait croire que le petit garçon pouvait bien être lui-même et a accepté assez bien la différence de son petit-fils. Elles se complétaient bien, au fond. C'était une famille atypique vraiment rafraichissante. En outre, je conçois que le roman se veut une porte de réflexion autours de la différence. Nous avons encore tendance à ne pas savoir apprécié la diversité. Je pense aux introvertis, encore très mal comprits, aux minorités sexuelles et ethniques, aux autistes, aux personnes atypiques, aux gens ayant des syndromes, aux Intellos, aux Hypersensibles, aux doués, aux artistes, etc. Je me dis d'ailleurs que le personnage de Gon aurait pu être simplement ça: un atypique, un hypersensible ou juste un gars plus ouverts que les autres, au lieu de nous représenter pour la énième fois un délinquant en construction, largement sur-représentés en littérature jeunesse comme "personnage qui fait pitié". Il me semble que le message aurait été plus adroit et plus révélateur s'il n'était pas une furie qui déteste tout le monde. L'extrême de l'émotion n'est pas forcément la colère ou la rage, ou ce besoin stupide de dominer les autres, et je m'agace que cette logique prédomine encore, surtout concernant les personnages masculins et spécialement les personnages masculins ayant une enfance difficile. En revanche, je conçois que ce sont les gens patients, attentifs et bienveillants ( comme M.Shim) qui font une différence chez les ados différents et qui vivent du rejet de par cette même différence. Il y a un petit constat que j'aimerais formuler: L'idée que les émotions peuvent passer par les gestes. Je remarque que Yunjae, quand il a perdu sa grand-mère, et que sa mère est plongée dans le coma, a prit des décisions surprenantes pour un ado atteint d'Alexithymie. Il a continué à aller voir sa mère, a prendre soin d'elle dans ses soins corporels, même légers. Il a chercher à tenir la librairie d'occasion. Il a chercher à développer ses aptitudes sociales. Ça n'a rien d'anodin, même Gon semblait incapable de penser aux autres, mais Yunjae, dans ses comportements et actions, avaient, me semble-t-il, plus d'humanité que son "ami". Et contrairement à Gon, il était en meilleure posture pour "changer", dans le sens "d'évoluer". Peut-être était-ce par convention ou par apprentissage. Mais ne sommes pas aussi le produit de nos actions que celui de nos pensées? Prendre soin de sa mère n'était-il donc pas une preuve d’affection et d'attachement? Ah, oui et il y a une sorte de "premier amour" aussi, dans ce roman, mais là encore, ça me fait soupirer, car, évidement, on a un béguin typique des romans américains: Le GROS béguin. Il aurait sans doute été plus cohérent d'avoir un béguin tout doux, progressif et moins intense pour un personnage comme Yunjae, mais on a un gros crush assez basique ici. Quoique je dis "basique", je reste fermement convaincu que toutes les personnes ne s'empêche pas de dormir, manger, penser et vivre juste parce qu'ils ont un "béguin". Bon point pour la traductrice: elle a mit le mot "béguin" et non "amour". Il y a tout-de-même une sacrée différence entre un gros coup-de-foudre pas franchement rationnel et censé et un amour sincère et profond. Et cette "première" fois émotionnelle arrive aussi de manière expéditive à la fin du roman. Enfin, il faut préciser que ce roman étant coréen, il tient compte de certaines spécificités du pays et de sa culture. Je pense au concept "d'adolescence" en Corée. On a assez bien établit en Amérique du nord et en Europe en général que les 14 ans et plus sont des "ados". Ils sont donc responsables de leurs actes et sont traités différemment des enfants sur le plan social et même scolaire. Ici, je constate que les "ados" coréens ne semblent pas être considérés comme chez nous. Ils sont appelés "enfants" et sont traités comme tels à l'école. Un peu comme chez les japonais, qui semblent eux aussi n'avoir que trois groupes: enfants, adultes et aînés. Gon et Yunjae ont pourtant 15 ans. Donc, un roman qui a sa pertinence, mais qui aurait vraiment gagné à ne pas tomber dans le pattern quasi chronique du "sauver le bad-boy de lui-même parce qu'il refuse de faire l'effort de s'aider". Les auteurs et autrices américaines adorent ce genre de concept, mais je constate qu'il est populaire même en Asie. On aurait peut-être eu un meilleur équilibre si le début était moins long et la fin moins "fourre-tout". Reste que c'est génial d'avoir un roman qui a la saveur de la Corée, avec ses références, ses valeurs sociales. Et contre toute attente, il y a même eu des passages comiques, car sans s'en rendre compte , Yunjae porte un regard critique parfois sur les rapports entre personnes. Un avis mitigé, en somme. Oh, et prenez le temps de lire les notes de l'autrice et de la traductrice, elles sont intéressantes. Pour un lectorat Jeune Adulte, 17 ans+. **Pour les profs et les bibliothécaires, ont a la présence de termes injurieux et de plusieurs scènes violentes.

Plessis

Par Joël Bégin
(3,5)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Le commentaire de Lynda : Un premier roman pour cet auteur, un roman que l’on pourrait appeler une fiction historique. Pourquoi historique, est bien parce que tout simplement l’histoire tourne autour de Maurice Duplessis, et plusieurs des personnages ont également existé pour vrai. Pourquoi une fiction, et bien tout simplement parce que l’imagination de l’auteur a élaboré plusieurs hypothèses sur la mort de Monsieur Duplessis. Est-ce vraiment une attaque cérébrale pour la énième fois, ou bien encore un complot, un attentat ? Joël Bégin, y va de plusieurs avenues, en invitant des personnages comme Émile Gingras ou encore Gégé Godin, des personnages colorés, et disons qu’ils apprendront en cours de route. Même si on connaît bien l’histoire de Duplessis, vous comme moi, avez entendu parler de cette période, fin des années 50, début des années 60. On connaît également toute la noirceur qui a tourné autour de M. Duplessis. L’auteur, tourne un peu ce drame à sa façon, en y intégrant une partie fictive et un peu humour, je dirais peut-être humour noir... Mais humour quand même. Le côté politique, est naturellement bien présente, mais en fait le cœur de ce roman est l’enquête, avec des personnages qui vont laisser une marque et que vous vous souviendrez probablement longtemps. Tout se passe principalement à Schefferville, et beaucoup à Trois-Rivière. Deux endroits que je connais de nom, mais que je n’ai jamais visités. Alors l’auteur m’aura permis un petit séjour dans ce coin-là. Politique, enquête, drame familial, mort, histoire, humour, si vous mêlez le tout, vous obtiendrez le prix Robert Cliche 2022, et avec raison. Les romans politiques ne sont pas mon point fort, par contre quand ça devient divertissant, enrichissant historiquement, on se laisse embarquer par la plume de l’auteur. Une plume nette, pas beaucoup de longueurs, une recherche historique bien faite, un beau mélange de réalité et de fiction, et une enquête qui nous permet de nous faire notre propre idée, pas nécessairement la bonne par contre. Je vous recommande cette lecture, si vous aimez les romans policiers-historiques, vous serez bien servi ! https://lesmilleetunlivreslm.over-blog.com/2022/08/plessis-joel-begin-vlb-editeur-groupe-quebecor-par-lynda-massicotte.html

Mort d'une héroïne rouge

Par Xiaolong QIU
(4,0)
2 personnes apprécient ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Lors d’une sortie de pêche dans un canal peu fréquenté du fleuve Huangpu, deux amis font la macabre découverte du cadavre d’une jeune femme pris dans l’hélice de leur bateau. Nous ne les reverrons plus dans la suite de l’enquête qui relève de la police criminelle de Shanghai. Chen Cao, chef de la brigade des affaires spéciales, et son adjoint Yu Guanming, doivent impérativement résoudre le crime crapuleux, d’autant plus que la victime, Guan Honguying, est bien connue pour son rôle de travailleuse modèle de la nation. Supervisés par le secrétaire du Parti et un commissaire politique près de la retraite, les deux policiers évoluent sur un fil de fer dans la conduite de leur enquête, car tous les indices pointent vers un ECS (enfant de cadre supérieur), censément protégé par le gouvernement. Campé en 1990, le roman détaille la vie quotidienne à Shanghai sous le règne de Den Xiaoping et les relations familiales, professionnelles et amoureuses de ses personnages. L’histoire chinoise occupe aussi une grande place dans le récit, évoquée, entre autres, par les paroles des plus grands poètes chinois. L’action se déroule très lentement, donnant ainsi la chance au lecteur de s’imprégner des coutumes et des mœurs de la mégalopole tout en suivant une intrigue des plus méandreuses. Le style littéraire de Qiu Xiaolong contribue à cet effet de temps qui s’étire, ce qui m’a bien plu.

Monde T.2: Monde : Une odyssée au cœur des grandes conceptions

Par Steeven Chapados
(5,0)
1 personne apprécie ce livre
1 commentaire au sujet de ce livre
Le commentaire de Martine : Un ouvrage immense qui permet de retracer le parcours de génies qui ont marqué les découvertes scientifiques, philosophiques, religieuses en nous offrant aussi des échanges avec des grands penseurs comme Epicure, Platon, Aristote, Newton, Pythagore, etc. Ce qui permet au lecteur de comprendre les écoles de pensée, ainsi que leur approche comme des génies de leur discipline. Dans ce livre, on entreprend un voyage au cœur du monde du savoir humain. Encore un bel équilibre que nous offrent les textes et les supports visuels, un essai bien documenté avec toutes les références à la fin. Les concepts de la philosophie et de la science sont bien présentés et c'est une œuvre accessible, on ressent l'expérience du professeur dans la plume de Steeven Chapados. Je termine cette lecture enrichissante et pour ma part, c'est un outil que je vais garder pour m'y référer. Il expose des théories et des écoles des pensées ce qui nous amène à faire notre propre réflexion sur les différents sujets abordés. C'est un bel ouvrage qui devrait être disponible à tous et chacun, afin de découvrir et d'apprendre sur les différents génies qui ont influencé dans des domaines distincts, il reste pour moi, un outil de consultation inestimable. https://lesmilleetunlivreslm.over-blog.com/2022/08/monde-t2-une-odyssee-au-coeur-des-grandes-conceptions-philosophiques-et-scientifiques-steeven-chapados-editions-fidees-par-martine-levesque.html

Gilgamesh, roi d'Ourouk

Par Robert Silverberg et Robert SILVERBERG
1 commentaire au sujet de ce livre
Premièrement, le livre est magnifique du point de vue de sa forme physique. Une reliure souple, probablement même mole, avec un effet de relief des images directement inspirées de la Mésopotamie. Clairement un livre qui détonne dans ma bibliothèque Gilgamesh, roi d'Ourouk n'est peut-être pas la traduction la plus fidèle du récit millénaire de l'épopée de Gilgamesh, mais il n'en n'est pas moins appréciable. L'auteur cherche à réaliser peut-être une réinterprétation soucieuse du récit original tout en modernisant la forme de l'ouvrage(chapitre court, attention à une formulation des phrases plus intelligible pour le lecteur contemporain). Si, par curiosité, vous souhaitez vous enquérir de la première histoire écrite de l'humanité, je vous recommande certainement ce dernier avant un autre ouvrage peut-être plus près d'une traduction littérale. Ce livre saura éveiller en vous une curiosité de la Mésopotamie antique.
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Le comité de sélection du projet Une ville, un livre, composé de bibliothécaires et de libraires de Québec et de Wendake, présentait au début de cette année les quatre finalistes de l’édition 2022. C'est finalement la bande dessinée Rien de sérieux de Valérie Boivin (Nouvelle adresse) qui avait été lue durant le mois de mars! En compagnie de nos libraires, nous vous invitons à poursuivre de plus belle les discussions autour de ce livre.

L’initiative, inspirée de celle de la ville de Seattle, consiste à choisir un livre et de le célébrer par différentes activités auprès des concitoyens et concitoyennes. Rassembleur et polarisant, ce projet permet d’inspirer le goût de la lecture aux différentes communautés qui composent la ville. Ce projet nous a ainsi inspiré ce club de lecture!

Lecture en cours :

Rien de sérieux
Par Valérie Boivin
Éditeur FRONT FROID
Collection Nouvelle adresse
Paru le 2 mars 2021
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